THERMOMÈTRE
changemens de volume que subissent les liquides, suivant que la quantité de calorique augmente ou diminue dans l'intérieur de ces corps, ont donné naissance à un instrument précieux pour le physicien , qu'il dirige dans une multitude d'expériences, et qui est même devenu d'un usage presque général , par l'intérêt qu'ont tous les hommes à le consulter. Cet instrument est le thermomètre, qui sert à mesurer les degrés de la chaleur. Avant son invention, on n'avait que des indications incertaines et confuses sur les variations de la'tcmpératnre ; on se bornait à comparer entre eux les hivers les plus rigoureux et les étés les plus brûla ns , d'après certains efléts généraux qui offraient un rapprochement presque aussi vague que lesnnt par ellesmêmes les expressions de froid et de chaud. Le thermomètre nous a mis à portée de tenir un journal fidèle et détaillé des différentes saisons de chaque année, et des effets gradués de leur température.
Cet instrument, dont on attribue la première idée à un Hollandais nommé Drebbel , était d'abord très- imparfait , comme le sont la plupart des inventions humaines à leur naissance. Il consistait en un tube de verre, terminé d'un côté par une boule, et ouvert à l'eitrérailé opposée. On le plongeait, par cette môme extrémité, dans une liqueur colorée, puis, en appliquant la main sur la boule, pour échauffer et dilater l'air intérieur, on déterminait une portion de cet air à s'écbapper à travers la liqueur; en sorte que, quand on retirait ensuite la main, l'air qui restait , venant a se condenser par le refroidissement , permettait à la liqueur de s introduire jusqu'à une cer-
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Uine hauteur par 1« pression ih> l'aiT extérieur. L'initrnmbnt se trouvait alors en état de servir, et c'était la d datation <de «labr intérieur , ou- sa contraction, en vertu des variations de la température, qui en faisant descendre la liqueur suspendue dans le tube, ou en la Laissant remonter , indiquait les mêmes variations. Mais il est aisé de sentir ^ que cet instrument, dont la -marche était compliquée Lia (bis des effets du thermomètre et de ceux du baromètre; ne pouvak'donner que des indications équivoques.
Bientôt les physiciens s'occupèrent de perfectionner cette première ébauche, et d'amener l'instrument à n'être plus qu'un simple thermomètre. Tel était celui qu'on a nommé thermomètre de Florence, et qui consiste dans un tube de verre terminé de même par un* boule» mais que l'on soudait hermétiquement par le haut , après l'avoir rentpli d'une liqueur colorée jusque vers le milieu de sa hauteur.
On appliquait ensuite ce. tube sur une planche graduée, et l'on jugeait de La dilatation et de la contraction delà liqueur par le nombre des degrés parcourus. Mai* comme tout était arbitraire, etidans tu construction de l'instrument, et dans les divisions de réeheUa; chaque instrument avait un langage qui ne pouvait être entendu que par celui qui le consultait; et deux instrnmcns ainsi construits: ne pouvaient se servir mutuellement d'interprètes , ni mettre Les observateurs à portée déjuger si la chaleur avait été plus forte, ou le froid plus vif dans un Lieu que dans un autre. ■•> >i - 1 >>>
La perfection do thermomètre réside essentiellement dans la eéun ion de deux qualités, dont l'une est d'être comparable anrecJuirméute, dans les divers mouvemens de sa liqueur, et l'autre d^etre .comparable avec tous les thermomètres construits d'après les mêmes principes, «tues dan 6 des climatsdiil'érens. Pour concevoir en quoi consiste la première qualité , il faut se rappeler que le calorique communiqué» à un corp emploie une partie de ses molécules à élever la tempcraturei de ce corps, et l'autre à le dilater. L'élévation de tetnpé rature dépend de La quantité dont la tension du calorique sensible a été augmentées Qr-v on juge de cet acroissement de tension par la quantité de la dilatation , qui est l'effet dune autre partie du calorique, c'estrà*dtre de celle qui est devenue latente; Il faut donc, pour que U quantité delà
dilatation puisse «fonder la mesure de lWroisseroènt'de tension-, que la partie du calorique qui «art à dilater le corps soit proportionnelle à celte qui éiè*e<l* tempérât a ne. (Test ce qni ri'a pas Heu dans la plupart "irpsy où te rapport, entre lu portion de calorique qui dilate et Réchauffe, varie avec la 'dilatation elle-même......
«•obtenir laaecoade qUa littf , qttî rend les divers thermomètres comparables entre en*,, î» ftrut qutftes ïnouvemens dè la liqueur ie combinent tellement avec la graduation, dans chacun d'eux, que quand la température «si ht ménïe , dans les différens lieux, oh nous les supposons pinces, ils indiquent tous le même degré de leur ocbeHe. C'est vers ce bntque se sont dirigées d'abord les recherches des physiciens ; celles qui ont rapport à là première qualité, dont l'influence était alors méconnue ou négligée , tenaient à des procédés del.cats , réserves pour le temps où la théorie du calorique, si délicate elle-même dans son«nsemble, serait arrivée plus près de la perfection. Avantde faire connaître la construction qui réunit l'une et l'autre qualité , nous en décrirons Une qui répond à une époque mémorable dans l'histoire du thermomètre, et qui mérite d'être exposée, même après que l'on a trouvé ehcore mieux.
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Thermomètre de Réaumur.
Ce célèbre physicien, en imaginant son thermomètre, s'était proposé aemaaplir trois conditions : l'une, que la graduation partît d'un terme constant Ou il plaçait le *éro du thermomètre; la seconde, que les degrés eussent un rapport déterminé avec la capacité tant de la baule que de la partie du tube située entre cette boule et le point de zéro ; Ut troisième, que l'alfcohol qu'il employait eût un degré connu de dilatabilité auquel on pût toujours l'amener. Ily avaità choisir entre deo* termes constans, qui dès lors avaient été remarqués, savoir: h» chaleur de l'eau bouillante, et le froid produit par la congélation de l'eau, lise décida en faveur du dernier, comme étant celui qui semblait donner la timîte naturelle entre le chaud et le froid, et il choisit, pour le déterminer, l'instant de la congélation artiÛcielle de l'eau à l'aide d'un mélange de glace et de sel marin. On a substitué