TUBERCULOSE CUTANÉE
Le bacille de Koch détermine, par son action sur les téguments, des lésions dont la plupart étaient autrefois rangées dans le cadre de la scrofule et constituaient une grande partie des scrofulides graves.
Ces lésions présentent comme caractères communs leur longue persistance, leur tendance fréquente à l'ulcération, leur coïncidence habituelle avec des altérations tuberculeuses des viscères qui peuvent, soit précéder les lésions cutanées, soit leur succéder à plus ou moins longue échéance.
Toutes offrent au microscope les caractères génériques des lésions tuberculeuses. Toutes également ont ce caractère — qui les éloigne de la plupart des tuberculoses viscérales, et les rapproche des autres tuberculoses dites externes ou chirurgicales, rangées avec elles dans les manifestations de la scrofule — d'être peu riches en bacilles tuberculeux et de posséder une virulence très faible ou atténuée : il semble que le tégument externe, en raison de sa température peut-être, constitue pour le bacille de Koch un médiocre terrain de culture qui diminue sa virulence.
Les diverses localisations cutanées de la tuberculose présentent, dans leurs caractères extérieurs et dans leur évolution, des différences trop considérables pour pouvoir être décrites dans un seul paragraphe.
En outre, à côté des lésions produites par le bacille de Koch et auxquelles convient le nom de tuberculoses cutanées, certaines dermatoses méritent le nom générique de tuberciilides, proposé par Darier pour une de leurs variétés. Ces dermatoses présentent avec la tuberculose des relations manifestes affirmées par la clinique qui en montre le développement exclusivement ou à peu près exclusivement chez des sujets porteurs de foyers tuberculeux, et cependant
IGEORGES THIBIERGE.^
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leurs lésions peuvent n'avoir pas les caracLcrisliqucs liislologiques delà tuberculose, le bacille (le Koch y l'ait défaut ou tout au moins sa présence y est encore contestable. Avec plus ou moins de vraisemblance et de probabilités, ces lésions ont pu être considérées comme produites non par le bacille de Koch, mais par ses toxines et être désignées sous le nom de toxi-tuberciilkle^{^). Quoi qu'il en soit de cette théorie, encore contestable et dans son ensemt)lc et dans ses détails, ces alTections doivent aujourd'hui trouver place à côté des dermatoses produites directement et indiscutablement par le bacille de Koch. Aussi rangerons-nous dans ce chapitre :
1° La tuberculose ulcéreuse de la peau ;
2" La tuberculose verruqueuse ;
5" La tuberculose gommeuse ;
¥ Le lupus vulgaire;
S"' Le lupus érythémaleux:
6° Le lichen scrofulosorum:
7" Les tuberculides nécrotiques ;
8" L'érythème induré.
A propos de chacune de ces affections, nous exposerons ce que l'on sait ou ce que l'on suppose au sujet de leurs relations avec le bacille de Koch et ses toxines.
La liste des manifestations cutanées imputables à la tuberculose, pourrait encore être accrue, car on a décrit des érythèmes, des eczémas d'origine tuberculeuse, mais il s'agit de faits ou très rares ou très discutables, qui ne rentrent pas dans le cadre de cet ouvrage.