VERRUES
Définition. — On donne le nom de verrues à des excroissances papillaires de la peau, généralement arrondieset plates, quelquefois acuminées, ordinairement multiples et occupant presque uniquement les parties découvertes du tégumonl.
Description. — Les verrues sont constituées par des saillies de forme arrondie, ordinairement sessiles, quelquefois cependant un peu rétrécies à leur base. Leur surface est irrégulière, rugueuse, ressemblant à un velours ras, parsemée de saillies de volume variable correspondant à des papilles hypertrophiées; entre ces saillies, on voit des dépressions plus ou moins profondes, tantôt très superficielles, d'autres fois très accusées et entamant jusqu'au derme. Leur coloration est généralement grise ou jaunâtre, quelquefois noirâtre.
Lorsque les verrues sont volumineuses, on les voit souvent se réunir pour former des surfaces bourgeonnantes.
Si on coupe une verrue horizontalement, on voit nettement sa structure papillaire. Après qu'on l'a arrachée, sa base saigne assez abondamment.
Les verrues persistent généralement pendant un temps fort long et ne disparaissent qu'à la suite d'un arrachement accidentel ou d'un traitement régulier.
Parfois uniques pendant un temps plus ou moins long, elles finissent par dcA^enir multiples, en raison de la facilité avec laquelle elles se réinoculent."'
Les verrues peuvent occuper les différentes régions de la peau. Elles ont pour siège ordinaire la face dorsale des mains et des doigts, assez fréquemment aussi leur face palmaire, le poignet. Autour des ongles, elles sont particulièrement gênantes, douloureuses et rebelles. A la plante des pieds, elles affectent une forme spéciale (^), ressemblent à un durillon légèrement saillant, dont les couches superficielles sont dures et semblables à l'épiderme corné normal et dont la partie profonde est molle, comme feuilletée, laissant après son ablation une perforation profonde dans l'épais épidémie plantaire.
Au visage, les verrues sont souvent pédiculées, effdées à leur extrémité. Au cuir chevelu, elles forment une saillie nettement limitée, rétrécie à sa base, composée de nombreux prolongements cornés, minces et effilés, qui peuvent atteindre un centimètre de long.
Sur les muqueuses, où elles peuvent également s'inoculer ('), elles revêtent un aspect analogue, mais les prolongements sont moins longs.
Les végétations des organes génitaux ne sont peut-être que des verrues modifiées parleur siège spécial, car elles coïncident très souvent avec des verrues du tégument.
On voit assez fréquemment chez les jeunes sujets une forme spéciale de verrues que E. Besnier a décrite sous le nom de verrues planes jîivéniles (^). Ces
(*) W. DuBREUiLH, Contribution à l'étude clinique et anatomique de la verrue plantaire. A^inales de Dermatologie, 1895, p. 441.
(*) Rasch, Note sur 2 cas de papillomes bénins de la muqueuse buccale. Anûnlcs de Dermatologie, 1895, p. 6.
{^) J. Darier, Verrues planes juvéniles. Annales de Dermatologie, 188S, p. 617.