IJ ROM III DUO SE
La bromhidrose accompno-ne soiivenl les liyporhidroscs axillairos et planlairos: elle est due à la lermenLalioii bulyri(jue des sécrétions cutanées, sous rinfluence de parasites existant à la surface de la peau (Tliinj. L'odeur très ietide qu'exhalent ces sécrétions est une gène considérable pour les sujets qui en sont porteurs.
Le traitement de la bromhidrose se confond avec celui de l'hyperhidrosc localisée qui la produit.
ANHIDROSE
La sécrétion sudorale peut être supprimée par suite de la présence de lésions cutanées multiples.
Cette suppression est générale dans certaines grandes dermatoses, telles que le pityriasis rubra, la dermatite exfoliatrice et l'ichtyose. Les cas d'anhidrosc généralisée congénitale sans altérations appréciables de la peau doivent être considérés comme des formes frustes d'ichtyose. L'anhidrose est également une des caractéristiques de la peau sénile. On l'observe à la phase cachectique du diabète et du cancer.
L'anhidrose locale s'observe dans les lésions inflammatoires de la peau, dans Taplasie lamineuse, dans la sclérodermie, etc.
Les bains de vapeur, les exercices énergiques, plus encore que les médicaments comme le jaborandi, peuvent provoquer une sécrétion sudorale qui reste toujours peu considérable chez les sujets anhidrotiques.
CHROMHIDROSE
On voit, chez certains sujets, la peau prendre dans des régions déterminées une coloration anormale et variable suivant les cas, qui a été considérée comme produite par des modifications de la sueur.
On a rapporté un certain nombre d'observations, généralement recueillies chez des hystériques, de sueurs colorées en jaune, en bleu, en vert, en noir, en rouge, se produisant soit à la face et en particulier à la. paupière inférieure, soit au thorax ou à l'abdomen. Le plus grand nombre de ces faits sont des exemples de simulation due au simple désir de se rendre intéressant; d'autres cependant paraissent incontestables et la coloration de la sueur peut être due à des composés organiques résultant de transformations du pigment sanguin.
Sous le nom de sueurs de sang ou dliématidrose, on a décrit d'une part des faits dans lesquels la coloration était rouge, sans qu'on puisse y trouver de globules rouges en nature, d'autre part des hémorragies véritables se produisant chez des névropathes, par l'intermédiaire des glandes sudoripares. Il ne s'agit dans ces divers faits que de simples curiosités, bien étudiées surtout par Le Roy de Méricourt(') et Parrot.
(') FouRÉ, Do la chromhidroso; chroinocriiiio parliolle ol cutanée do M. Le Roy ilo Mcricourt. Thèse de Paris, 181)0-1891. (Bibliograpliie très ôlemiue.)
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La sueur des aisselles peut présenter, chez des sujets non hystériques et plus particulièrement chez les femmes rousses, une coloration rouge ou jaune due à la présence de parasites étudiés par Balzer(*), Babès, etc., formant quelquefois des concrétions à la surface des poils; ces sueurs rouges sont souvent fétides.
MILIAIRE SUDORALE
On voit parfois survenir, à la suite de transpirations abondantes, physiologiques ou pathologiques, de très petites vésicules miliaires remplies de liquide transparent. Ces vésicules constituent la miliaire sudorale, acquièrent parfois alors des dimensions plus considérables, et forment à la surface des téguments des saillies incolores ayant l'aspect de gouttelettes transparentes; elles portent plus spécialement le nom de sudamina.
La miliaire peut reposer sur la peau de coloration normale {miliaire blanclie) ou sur une base érythémateuse plus ou moins nette (miliaire rouge). Elle se termine par rupture des vésicules et desquamation.
Parfois la vésicule est très peu apparente et semble faire défaut, la tache érythémateuse, de forme arrondie, qui l'entoure attire seule l'attention. L'éruption mérite alors plus spécialement le nom de roséole sudorale.
C'est encore à la miliaire qu'il faut rapporter certaines éruptions d'origine sudorale constituées par des vésicules de petites dimensions, généralement acuminées, groupées en grand nombre sur des placards rouges de forme irrégulière : ces éruptions, décrites parfois sous le nom défectueux cf eczéma sudoral, se terminent rapidement par desquamation. Elles se développent, à la suite de transpirations abondantes, sur des surfaces qui, au moment de la poussée sudorale, étaient recouvertes d'une substance imperméable ou soumises à une pression extérieure prolongée empêchant l'évaporation cutanée; leur configuration reproduit la forme des surfaces sur lesquelles s'exerce la pression ou le contact.
Les vésicules de miliaire sont dues à l'épanchement, dans les couches épidermiques, de la sueur arrêtée dans son cours par l'obstruction de l'orifice glandulaire.
Les miliaires ne réclament aucun traitement. Dans les cas de roséole sudorale ou de placards pseudo-eczémateux, des applications de poudre d'amidon ou quelques bains d'amidon suffisent à calmer le léger prurit qui peut exister.
HIDROCYSTOME
Robinson (de New-York) (-) a décrit le premier sous ce nom une affection qui avait été jusqu'à lui confondue avec la dyshidrose et qui est constituée par de petits kystes résultant de la dilatation des glandes sudoripares.
Description. — Les lésions de l'hidrocystome se présentent sous l'aspect de petites saillies arrondies, hémisphériques ou légèrement acuminées, de volume variant de celui d'une pointe d'épingle à celui d'un très petit pois. Elles ont l'aspect de grains de plomb enchâssés dans le derme, ou de grains de sagou. de
(1) Balzer et Barthélémy, Contribution à l'élude des sueurs colorées. Annale:< de Derniaiologie, 1884, p. .317.
{^) RoBiN'Sox, riidrocystome. Journal of culaneous and genito-nrinary diseases. IS'JÔ, p. 'i'.)"».
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l;i|)i(>c;i ciiils. Leur coloralion csl hlaiirliàlrc ou ^risàlrc, (iiK-hiiicfois U'f^èrcmonL \ i()lac(''('. Kilos soni dures cl i'(''sislMnl('s. Copoiidaiil, Iorsqu\)ii los perce avec une épinij;"lc, on en l'aiL sorlir une gouLlelcLLe de liquide clair el ahsolumenl incolore, semblable an conlenn des sndamina. Elles ne se rompent jamais el disparaissent par résorption de leur contenu liquide. Les éléments sont d'abondance variable, parfois très discrets et disséminés, d'autres fois confluents. Le siège de l'hidrocystomc est exclusivement le visage, principalement le pourtour des yeux : front, espace intersurcilier, paupières, nez, quelquefois les lèvres.
L'alïection a une marche paroxystique. Elle apparaît généralement au printemps, ou au commencement de l'été, ses éléments sont d'autant plus nombreux et développés que la chaleur est plus intense et que le visage est le siège d'une transpiration plus abondante; lorsque vient la saison froide, ils deviennent moins apparents, parfois môme disparaissent complètement, pour reparaître l'année suivante. Une fois développée, l'alïection persiste, se reproduit chaque année pendant toute l'existence.
Étiologie. — L'hidrocystomc est une affection assez rare qui se développe surtout chez les sujets adultes et hyperhidrosiques exposés à l'action directe de la chaleur : Robinson en a observé de nombreux exemples chez des cuisinières et des blanchisseuses. Cependant l'intervention de cette dernière cause déter minante n'est pas nécessaire (').
Anatomie pathologique. — Les recherches de Robinson, Darier, Adam ont montré que l'hidrocystomc est en rapport avec une altération des glandes sudoripares : chacun des éléments est un kyste à parois épaisses revêtues d'épithélium cubique et développé soit par dilatation du conduit excréteur de la glande à la partie inférieure du chorion (Robinson, Darier), soit aux dépens de la glande elle-même (Adam).
Cette dilatation canaliculaire ou glandulaire se fait sous l'influence de l'hyperhidrose, vraisemblablement en raison de la gène apportée à l'excrétion sudoi'ale par une oblitération partielle du conduit sudorifère.
Diagnostic. — L'hidrocystomc ne peut être confondu avec aucune autre affection.
Il diffère de Veczéma par sa longue persistance, la dureté des kystes, leur permanence sans tendance à la rupture.
Il diffère des sudarnina également par la consistance des lésions, leur longue durée.
Il se distingue de la dysliidrose non seulement par sa localisation spéciale à la face où cette affection n'a jamais été observée authentiquement, mais encore par la dureté de ses éléments, par leur longue persistance, la reproduction annuelle des lésions beaucoup plus régulière que dans la dyshidrose.
Traitement. — On peut essayer de modérer par une médication interne riiyp(M"hidrose qui accompagne l'hidrocystomc et provoque la distension de ses cléments; mais il y a peu à compter sur son action préventive, car il faudrail en prolonger l'emploi d'une façon exagérée.
(') TuiDiF-RGE, De rhidi'ofysl()me.J/i»((/t's de Dermal.. ISU,'). p. U78. — Hassac.i;t. De l'hidrocyslome. Thèse de Paris, 18',)5-U(3.
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Lorsque les malades exigent un traitemenl, le seul applicable est rouverlure et la deslruclion des kyslcs au moyen des cauLérisalions ignées.
DYSHIDROSE
Définition. — On donne, depuis T. Fox, le nom dedyshidrose à une afleclion vésiculeuse qui se produit généralement à l'occasion de transpirations abondantes, et que cet auteur considérait comme résultant de la rétention de la sueur dans les conduits sudoripares insuffisants à son excrétion.
Quoique cette pathogénie soit des plus discutables, la dénomination de dyshidrose est trop généralement admise pour pouvoir être actuellement modifiée.
Cette affection a encore été décrite par Hutchinson sous le nom de cheiropompholix, par Robinson sous le nom de pompholix(^).
Description. — La lésion initiale de la dyshidrose est une vésicule, de forme arrondie et hémisphérique, de coloration blanche, transparente ou un peu opaque, de consistance ferme, et à parois plus épaisses que la vésicule eczémateuse. Les dimensions de cette vésicule varient de celles d'une tête d'épingle à celles d'un grain de chènevis. Elle peut même devenir plus volumineuse encore par cohérence et fusion de plusieurs éléments voisins; on voit alors de larges soulèvements bulleux irréguliers, sur la paroi opaque desquels on distingue des points plus clairs et un peu brillants correspondant aux vésicules initiales.
Le contenu des vésicules est un liquide transparent, clair, non poisseux, ne tachant pas le linge comme celui de l'eczéma.
Les vésicules de dyshidrose sont parfois entourées d'une zone érythémateuse pâle et peu étendue; le plus souvent, la peau ne présente à leur niveau aucun changement de coloration.
Les vésicules évoluent de façons très différentes : les plus petites peuvent se dessécher rapidement ou se rompre en laissant à leur place une desquamation blanchâtre à contours irréguliers, au-dessous de laquelle la peau a une couleur à peu près normale; lorsqu'elles sont plus volumineuses, elles peuvent se dessécher plus lentement, s'affaisser et leur enveloppe se transforme en une plaque épidermique épaisse, consistante, de coloration sombre, qui ne se détache qu'au bout d'un temps assez long; d'autres fois elles se rompent et la peau sous-jacente, d'abord rouge et légèrement suintante, ne tarde pas à reprendre son aspect normal. Les lésions de la dyshidrose peuvent être infectées par des microbes pyogènes : leur contenu se trouble et la guérison est plus longue à obtenir.
L'éruption de dyshidrose se traduit par une sensation de cuisson, de tension cutanée, plus rarement par des démangeaisons véritables; ces sensations sont réveillées par la pression sur les vésicules tant que celles-ci n'ont pas commencé à se dessécher.
La dyshidrose évolue sous forme de poussées aiguës, se produisant avec une grande rapidité et se répétant parfois à quelques jours d'intervalle. Elle est .susceptible de récidives multiples à échéances éloignées.
Les lésions occupent le plus ordinairement les mains. Elles sont particulière-
(') Parez, De la dyshidrose. Thèse de Paris, 1806-1897. (Celle Ihèse renferme une ])il)liographie très élcndue el reproduit les documents les plus importants pour Thistoire de la dyshidrose.)
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iiicnl ri'é({uciilos sur les laces Jalrrales des doigis cL y l'ormeul do pelils groupes de vésicules aboutissant rapidement à la production de petites sipiames blanches, à contours sinueux; j)arrois, l'éruption de la face latérale des doiu^ts persiste plus longtemps sous la forme de vésicules plus larges, suivies d'une desquamation en plaques épaisses. Sur la face dorsale de la main, les vésicules sont généralement de volume peu considérable, mais parfois très nombreuses. Sur la face palmaire, elles tendent, en raison de l'épaisseur et de la résistance de ré})iderme, à se réunir les unes aux autres et arrivent parfois à former de larges soulèvements bulleux ou phlycténulaires à contours arrondis. Il en est de môme cl la plante des pieds.
Les localisations à la main et au pied sont de beaucoup les plus habituelles; cependant l'affection peut se développer sur les autres régions découvertes, sur les avant-bras, le cou; elle peut même, mais plus rarement, se produire sur les régions couvertes par les vêtements et y prend facilement l'aspect eczématiforme. Le visage seul semble être complètement à l'abri de la dyshidrose.
Étiologie. — La dyshidrose peut s'observer à tout âge. Elle se développe spécialement, dans ses formes intenses, chez les sujets arthritiques et nerveux, ou chez les sujets fatigués par une cause quelconque. Dans ses formes atténuées, elle est d'une fréquence extrême et n'est l'attribut d'aucun tempél'ament.
Cette affection ne s'observe que dans la saison chaude : elle se montre à la suite de transpirations abondantes, et généralement sur les parties qui, au moment où elles sont en transpiration, sont exposées à l'air et au soleil.
Diagnostic. — La dyshidrose est souvent confondue avec les eczémas; elle en diffère par la consistance ferme et dure des éléments, par leur développement rapide, par l'absence de sécrétion séreuse à la suite de leur rupture.
Il est cependant des cas où le diagnostic est fort embarrassant : certains eczémas dyshidrosiformes se caractérisent par la présence de vésicules dures, réunies en groupes d'étendue variable; l'évolution plus lente des vésicules, la coexistence en d'autres points de lésions manifestement eczémateuses permettent seules la distinction. D'autre part, on voit parfois la dyshidrose se modifier et prendre l'aspect eczémateux, et le diagnostic avec un eczéma est impossible si on n"a pas suivi l'évolution de raffection.
Dans quelques cas de tricliopliytie, les vésicules prennent l'aspect de celles de la dyshidrose : la configuration régulièrement arrondie des lésions, le petit nombre de leurs foyers permettent de reconnaître la trichophytie.
Dans la gale, les lésions cutanées sont polymorphes et aux vésicules s'associent des pustules, des lésions de grattage et des sillons; le prurit est plus violent que dans la dyshidrose et l'affection a une marche plus lente.
Anatomie pathologique. — Les lésions histologiques de la dyshidrose ont donné lieu à des interprétations variées.
Elles consistent en des cavités situées au-dessous de la couche cornée de l'épiderme, entre celle-ci et la couche de Malpighi. Elles débutent entre les papilles (R. Crocker, G. et F.-E. Hoggan), et en se développant se portent vers la profondeur de l'épiderme. Le siège inlerpapillaire des vésicules a fait admettre par R. Crocker que, conformément à l'opinion de T. Fox. les vésicules avaient pour origine une dilatation des conduits sudoripares consécutivement à
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une hypci'hidrosc rapide; mais Iloggan, Williams, Sanli, Breda n'ont pu trouver de connexion entre la vésicule et le conduit sudoripare. Ce ne serait ([uîi une période ultérieure, d'après Hoggan, que la vésicule s'ouvrirait dans le conduit sudoripare altéré et renfermerait de la sueur.
Il faut bien reconnaître, malgré ces obscurités, que la dyshidrose affeclc diniquement des relations étroites avec l'hyperhidrose.
Unna, ayant constamment trouvé dans les vésicules une espèce spéciale de bacilles, pense que ces bacilles préexistent à l'éruption chez certains sujets et ne révèlent leur présence par le développement des vésicules cjue lorsqu'une transpiration abondante, en macérant l'épiderme ou en provoquant le grattage, permet leur pénétration à travers la couche cornée.
Traitement. — Les formes légères de dyshidrose ne réclament aucun traitement.
Lorsqu'il existe des vésicules nombreuses mais peu volumineuses, il y a avantage à ramollir l'épiderme par des bains émollients répétés et suivis d'applications de poudre d'amidon et de pâte additionnée de i à o pour 100 d'acide salicylique, ou à recourir aux enveloppements humides comme dans l'eczéma aigu.
Dans les formes intenses avec décollements épidermiques étendus, le traitement local est celui des briilures : les applications de Uniment oléo-calcaire amènent un soulagement dans les troubles fonctionnels; mais il est préférable d'ouvrir aëeptiquement les vésicules et de faire un pansement occlusif rigoureusement aseptique.
HIDROSADÉNITES
La seule affection qui mérite actuellement le nom d'hidrosadénite est celle que Velpeau a décrite sous le nom d'abcès tubéreux et dont Verneuil a montré les relations avec les glandes sudoripares. Cette affection est du ressort de la chirurgie.
Les tuberculides nécrotiques (voir page 104) ont été décrites par Politzer et par W. Dubreuilh sous le nom d'hidrosadénite suppurative disséminée : leur siège au niveau des glandes sudoripares dans certains cas incontestables n'est pas assez constant pour conserver cette dénomination.