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LÉSIONS DE LA NUTRITION DES CELLULES

penser d'indiquer en quelques mois leur rùle dans la palhologie générale de la nutrition. Car les lésions de" nutrition des éléments analomiques sont l'aboutissant des troubles fonctionnels généraux.

La vitalilé des cellules peut être augmcnlée ou tliuiinuéc ou pervertie sous l'influence de causes diverses : altérations d'origine sanguine, c'est-à-dire par appori excessif ou insuffisant de sang, ou apport normal d'un sang adultéré; — modifications de l'influx nerveux, engendrant les lésions trophiques; — réactions contre des irritations traumatiques ou des corps étrangers; — influences directes comme celles des agents physiques (chaleur, froid, électricité) ou des matières loxicjues (poisons minéraux, organiques ou microljiens, charriés par les plasmas jusqu'au contact des cellules, qu'ils aient été introduits dans l'économie ou fabriqués en elle).

Les lésions qui résultent de I'augmentation de l.v vitalité des cellules sont leur hype}'tro2}hie, c'est-à-dire leur accroissement de volume individuel sans modifications notables de leur structure, leur hyperplasie ou augmentation de nombre par divison directe ou indirecte (karyokinèse); la régénération qui aboutit à cicatriser les plaies, à combler les pertes de substance, à restaurer les tissus détruits, est un processus ressortissant à l'hyperplasie et suppose une activité plus grande imprimée momentanément à la nutrition de la partie en voie de régénération.

La DIMINUTION DE LA VITALITE sc traduit par ïatrophie des cellules, c'est-à-dire l'amoindrissement de leur volume; on distingue l'atrophie simple des dégénérescences : car la cellule simplement atrophiée, si son protoplasma occupe moins d'espace, s'il est môme souvent chargé de granulations graisseuses ou pigmentaires accumulées autour du noyau, conserve cependant ses propriétés physiques, chimiques et biologiques reconnaissables, quoique affaiblies.

Les troubles, même passagers de la nutrition, tels que peut en engendrer l'état de fatigue, ou l'excitation électrique, peuvent se traduire objectivement par une diminution de volume du corps cellulaire et du noyau, par la disparition de la substance chromatique du protoplasma. (Ch.-Am. Pugnat, Ac. des se, nov. 1897.)

La PERVERSION DE LA VITALITÉ dcs ccllules sc manifeste par une série de modifications régressives, d'altérations profondes du protoplasma qui sont comprises sous le nom de dégénérescences : tuméfaction, trouble ou dégénérescence granuleuse; nécrose de coagulation; dégénérescences fibrineuse, graisseuse, granulo-graisseuse, muqueuse, hyaline, colloïde (cireuse ou vitreuse). L'accord n'est pas unanime entre les histologistes au sujet de la description de ces divers processus. Leur aboutissant ultime est la nécrobiose ou mort de la cellule.

Les troubles généraux de la nutrition ont souvent pour effet de saturer les plasmas de matières chimiques, minérales ou organiques, venues du dehors ou fabriquées dans l'organisme, qui, par précipitation ou par infiltration, se déposent dans les tissus, tantôt dans le protoplasma des cellules, tantôt dans la substance intercellulaire. Les lésions de nutrition qui en résultent sont comprises sous la dénomination générale dlnfUtrations ou surcharges. Elles diffèrent surtout des dégénérescences en ce qu'elles portent une atteinte moins profonde à la vitalité des cellules. Cependant les surcharges provoquent plus ou moins rapidement, suivant leur nature, des réactions vitales de la part des cellules, qui peuvent alors subir l'hypertrophie, l'atrophie ou la dégénérescence, enfin la nécrose.

[P LE GENDRE.-

Les plus importantes des surcharges minérales sont les infiltrations calcaire et ura tique.

Les SUBSTANCES ORGANIQUES qui peuvcnt infiltrer les éléments cellulaires sont la plupart issues de la vie normale, mais produites en excès : tels sont les divers pigments de Téconomie, d'origine sanguine, biliaire, cutanée, etc. (surcharges pigmentaires), la graisse (infiltration ou surcharge g)'ai.'<:<euse), la matière glycogène (surcharge glycogénique). D'autres sont fabriquées par des processus pathologiques; telle l'infiltration amyloïdc.

Pour réaliser la thérapeutique des dispositions morbides qui, suivant qu'elles sont plus ou moins durables, méritent les noms de diathèses, d'aptitudes ou d'opportunités morbides, il faut se rappeler qu'elles sont toutes la conséquence d'un trouble plus ou moins durable de la nutrition, résultant de l'hérédité, de l'innéité, ou de tout ce qui peut influencer et dévier la nutrition : action nerveuse centrale et périphérique, ingesta, troubles des grands appareils.

C'est donc en supprimant ces diverses influences ou en les combattant que nous pourrons remettre en bonne voie la nutrition déviée.

Dans cette étude de thérapeutique générale, nous ne pouvons mieux faire que de nous inspirer des leçons que M. Bouchard a consacrées à la question des diathèses (*) et qui sont encore inédites.

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