MASSON ET C'% ÉDITEURS
, IBRAIRES DE l'aCADÉMIE DE MÉDECINE 120, BOULEVARD SAINT-GERMALN
MDCCCXCIX
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Le Traité de médecine s'est distingué par un triple caractère : il a été le premier livre didactique où ait trouvé place la doctrine des maladies par trouble préalable de la nutrition; il a été, chez nous, le premier traité de médecine interne qui ait donné à la doctrine de l'infection l'importance et l'ampleur qui lui appartiennent ; il a offert de la pathologie du système nerveux un tableau complet, écrit sous son inspiration, par les élèves du Maître qui avait le plus contribué aux progrès étonnants accomplis en un tiers de siècle dans cette branche de la science. Ce triple caractère a valu au livre son succès, que nous affirme notre éditeur. Ce succès, auquel MM. Masson ont certainement contribué par leurs soins et leurs sacrifices, a été invoqué comme argument en faveur de la publication d'une nouvelle édition.
Fallait-il un livre nouveau? une édition nouvelle suffisait-elle?
Quand la médecine s'engage dans des voies inexplorées, quand des doctrines nouvelles surgissent, on ne tarde pas à ressentir le besoin de condenser en un tableau d'ensemble les conceptions et les acquisitions nouvelles; il faut aux élèves et aux praticiens un livre nouveau, inspiré de l'esprit nouveau, écrit par des hommes nouveaux. La première édition du Traité de Médecine avait répondu à un tel besoin. Mais on n'adapte pas les vieux moules aux formes nouvelles. On ne rajeunit pas les livres vieillis; Habent sua fata.
Quelque grand événement médical capable de changer notre orientation s'est-il produit pendant ces sept dernières années? Je ne le crois pas. La doctrine qui était nouvelle subsiste; ce qui est nouveau c'est qu'on ne la combat plus; elle se confirme et se consolide. Les idées poursuivent leur développement, quelques-unes débordantes rentrent dans les limites qui leur conviennent. Des médecins qui verront comme nous, pourront exprimer autrement que nous, dans des livres différents, les idées médicales et les faits médicaux (jui sont exposés dans le Traité de Médecine. Mais l'heure de sa disparition n'a pas sonné. Tel qu'il est on le lit toujours, on réclanie de nouveaux
tirages. Nous résistions parce que nous voulions qu'il fût complété et corrigé. C'est ce que fait cette seconde édition.
Elle ne se présente plus avec le prestige d'un nom qui à lui seul était une garantie, mais la Rédaction reparaît tout entière telle qu'elle était au premier jour, sans que ces sept années qui sont un grand espace dans la vie des livres et dans la vie des hommes ait réussi à l'entamer. Si la mort de Charcot a découronné notre œuvre, son esprit reste parmi nous et les élèves qu'il a formés compléteront la lâche qu'il avait approuvée. L'un d'eux qui recevait plus particulièrement la confidence de sa pensée avait, en accord avec lui, organisé la première édition. Son activité et son dévouement assurent la publication de la seconde édition. J'ai cru accomplir un acte de justice et j'ai agi selon mon cœur en priant M. Brissaud de prendre à côté de moi la place qu'occupait notre maître.
Bouchard
Cauterets, 0 juillet 1898.
LES BACTERIES
Par L. GUIGNARD
LY'volution de la Bactériologie montre Timportance sans cesse croissante des conditions riui relèvent de Torganisme dans la genèse des maladies infectieuses. Néanmoins, cette prédominance de la cellule animale n'implique en rien Fabandon des notions dépendant de la cellule bactérienne.
De son côté, en effet, cette cellule bactérienne bénéficie des découvertes qui s'accumulent; aux conceptions premières s'ajoute une série de faits : polymorphisme, variations de fonctions, éducation des germes, diversité de leurs habitats hors de l'économie, à la surface de nos mucjueuses, modifications imposées aux microbes par les agents atmosphéricfues, atténuation de leur activité réalisée par la chaleur, la lumière, etc.
L'histoire naturelle de ces microbes s'enrichit de jour en jour, sans parler de celle des autres parasites plus ou moins élevés dans l'échelle des êtres vivants. — Ignorer cette histoire naturelle, c'est s'exposer aux pires erreurs, erreurs dont il serait facde de fournir des exemples ; c'est se condamner à prendre pour des infiniment petits distincts des formes successives d'un seul type, d'une unique espèce.
Comment, par exemple, comprendre la résistance de ces êtres, si on ne possède aucun renseignement sur le mode d'existence de leurs spores? Comment concevoir les variations morbides, si on n'a pas examiné les propriétés de sécrétion de ces germes, les oscillations de ces propriétés? — Il faut savoir ce C[u'est une Bactérie, ce Cju'est sa structure, ce C[u'est sa composition ; il importe de connaître son genre de nutrition, de reproduction; il est nécessaire d'être fixé sur ses fonctions, sur ses rapports avec les milieux ambiants, etc., pour parcourir avec fruit les chapitres consacrés aux maladies microbiennes.
Ces considérations, si aisées à multii)lier, justifient la place réservée aux données exposées par le professeur Guignard, dans le but de révéler cette histoire naturelle, cette botanique des Bactéries; elles établissent pourquoi ces données précèdent notre étude relative à l'infection ou plutôt ouvrent la voie à cette étude. A. C.