‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 2)Chapitre 143 sur 173 · VERRUE · texte numérisé non relu

VERRUE

DESCRIPTION. — Les verrues sont des excroissances cutanées, arrondies ou à contours polycycliques, suivant qu'il y a une ou plusieurs verrues réunies. Leur surface est rugueuse, papilliforme. Elles sont habituellement sessiles, parfois pédiculées. Quand elles sont volumineuses et agglomérées, elles prennent un aspect tubériforme ou en chou-fleur. Leur couleur est d'un jaune gris, quelquefois d'un brun noir. Elles siègent particulièrement aux mains et à la face, mais on peut les rencontrer dans toutes les régions, même à la face plantaire du pied (2). La verrue est persistante ou passagère; dans ce dernier cas elle disparaît spontanément. Elle est rarement solitaire, car elle est auto-inoculable. En général indolente, elle peut se crevasser, s'enflammer et devenir alors très douloureuse.

(1) Gaucher, Bull, de la Soc. clin, de Paris, 1883.

(2) DuuHBUiLH, Ann. de dermat., mai 1895.

J'observe en ce moment un malade qui présente, depuis trois ans, une plaque de verrues agglomérées àla face palmaire du pros orteil. II s'est fait successivement de nombreuses inoculations de verrues isolées sur le reste du pied. (Gaucher.1

La verrue est une hypertrophie circonscrite du corps papillaire et de l'épiderme ; au centre de l'hypertrophie papillaire on trouve une anse vasculaire simple ou ramifiée, entourée de cellules embryonnaires et de fibres conjonctives fines; le corps muqueux est hypertrophié et recouvert d'une couche cornée épaisse. Majocchi a découvert dans les verrues une bactérie [Bacterium porri) ; Kiihnemann l'a cultivée et inoculée avec succès ; Variot l'a également inoculée d'un sujet à un autre. C'est donc une affection contagieuse et inoculable.

A côté des verrues communes, Besnier a décrit les verrues planes juvéniles, qui s'observent sur la figure et la face dorsale des mains des jeunes sujets. Ce sont des petites saillies aplaties, grosses comme des têtes d'épingle, en général très nombreuses, se développant par inoculation sur les excoriations déterminées par le grattage, disparaissant spontanément au bout de quelques années. On ne les confondra pas avec les adénomes sébacés de la face.

TRAITEMENT. — Le traitement des verrues consiste à les détruire au moyen d'un caustique (nitrate d'argent, acide azotique) ou même à l'aide du thermocautère ou du galvanocautère. — La magnésie calcinée à l'intérieur, à petites doses longtemps continuées, a quelquefois donné des résultats.

Les verrues planes juvéniles, quand elles sont de petites dimensions, peuvent disparaître par des frictions avec une pommade à l'acide salicylique ou à l'acide pyrogaUique.

PAPILLOME SIMPLE.

Lésion circonscrite, caractérisée par une hypertrophie delà couche papillaire du derme, qui doit être distinguée des lésions papillomateuses secondaires, observées quelquefois sur des plaques d'eczéma invétéré et de lichen simplex chronique, dans les vieux psoriasis, dans le pemphigus chronique, le sycosis, certaines syphilides tertiaires, et dans la tuberculose verruqueuse (1).

ÉTIOLOGIE. — On a observé cette affection chez des tonneliers, cordiers, vanniers, laveurs de vaisselles, limonadiers, raffineurs de pétrole. (Derville et Guermonprez.)

DESCRIPTION. — Le papillome siège le plus souvent aux mains, à l'extrémité des doigts, surtout au pouce, autour de l'ongle qu'il décolle par son bord libre ; quelquefois au pied, au niveau du talon. Il présente l'aspect d'une plaque étalée, à bords surélevés, de forme irrégulière, de grandeur variable. Sa surface est granuleuse, rude au toucher, fissurée, sèche, recouverte d'un épais revêtement corné. Sa

(1) NoTiN, Th. de Paris, 1885.

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