FAVUS DU CUIR CHEVELU
DESCRIPTION. — • Il débute par des taches rouges qui s'agrandissent peu à peu et sur lesquelles apparaissent des points jaunes saillants, dus à l'accumulation du parasite. Ces points jaunes sont d'abord très petits, mais, à la loupe, on aperçoit à leur centre une dépression traversée par un poil. Ils s'accroissent peu à peu, deviennent plus larges, en soulevant l'épiderme. Dix ou vingt jours après, on constate l'existence de plaques croûteuses, lenticulaires, sèches, d'une couleur jaune soufre, présentant à leur centre une dépression cupuliforme, en forme de godet, traversée par un poil. Le godet favique s'accroît et peut atteindre 1 centimètre de diamètre. Quand ces godets sont bien délimités, ils caractérisent le favus urcéolaire. Le godet se trouve formé de couches concentriques ; les plus anciennes, centrales, sont blanches ; les périphériques, récentes, sont jaune soufre. Il est très adhérent à la surface cutanée ; si on l'arrache, on trouve au-dessous de lui la couche profonde de l'épiderme rouge, humide, déprimée en cupule. A la loupe, on voit au centre de la dépression, l'orifice du follicule pileux. Au bout d'un certain temps, la lame épidermique qui recouvrait le godet se rompt, la croûte se désagrège et devient pulvérulente (poussière parasitaire) . Quelques croûtes tombent et sont rapidement remplacées par d'autres.
Parfois il n'y a plus apparence de godets, les croûtes deviennent tellement épaisses qu'elles forment comme une carapace en forme de bouclier [favus scuti forme). Lorsque les croûtes, encore plus anciennes, plus décolorées, forment des amas saillants plus ou moins épais, on a le favus squarreux. Dans ce cas, les croûtes se fragment lent et adhèrent aux cheveux comme dans Yimpetigo granulata. Ces trois formes peuvent coexister sur le même sujet.
D'autre part, les poils envahis par le parasite deviennent ternes, secs, atrophiés, frisottants et lanugineux ; ils s'arrachent facile-
ment, mais ils ne se cassent pas; quelquefois ils tombent tout seuls.
Si on examine un de ces cheveux au microscope, on trouve dans son intérieur les spores caractéristiques.
Le favus ne détermine que des démangeaisons légères, qui peuvent persister pendant tout le temps delà maladie ; celles-ci, dans certains cas, peuvent manquer complètement. Mais, symptôme caractéristique et spécial, les croûtes répandent une odeur de souris, appréciable même à une certaine distance et qui peut contribuer, dans les cas douteux, à faire le diagnostic.
COMPLICATIONS. — L'inflammation des follicules pileux peut donner lieu à une suppuration limitée, sous forme de petites pustules circumpilaires remplacées bientôt par des croûtes, et qui résultent d'une infection pyogénique secondaire. On peut observer aussi une éruption secondaire d'impétigo. Chez les individus prédisposés, il se développe parfois de l'eczéma. Ces inflammations secondaires peuvent causer des adénites cervicales, dont quelques-unes suppurent et des abcès sous-cutanés du cuir chevelu. Il n"est pas rare non plus de voir la phtiriase compliquer le favus.
DURÉE. — Non traité, le favus a une durée fort longue, qui atteint parfois jusqu'à quinze ou vingt ans. Néanmoins, il peut guérir spontanément, mais alors les bulbes pileux sont détruits, le derme présente une sorte d'atrophie cicatricielle, caractérisée d'abord par un état luisant rouge de la peau ; cette cicatrice finit par être complètement décolorée et glabre au bout d'un certain temps, elle est indélébile. Quand la maladie est traitée de bonne heure, la guérison peut être obtenue en quelques mois, sans qu'il reste de place dénudée, mais presque toujours les cheveux sont plus rares et plus secs.
Forme atypique. — Besnier a décrit une forme dans laquelle l'affection est généralisée à tout le cuir chevelu, constituée par des lamelles grisâtres ou jaunâtres de faible épaisseur, ou par une desquamation très fine. Quelquefois, en soulevant les squames, on voit un petit godet jaunâtre autour de quelques cheveux; le cuir chevelu répand souvent, mais pas toujours, l'odeur de souris caractéristique du favus. Cette forme est accompagnée de quelques petites plaques d'alopécie très limitée, qui pourraient la faire confondre avec la pelade, la pseudo-pelade et même le lupus; les cheveux ternes, atrophiés, secs, s'arrachent plus facilement qu'à l'état normal. Son diagnostic est souvent difficile; il se fait par l'odeur spéciale du favus et par l'examen microscopique des cheveux dans lesquels on constate la présence des spores d'achorion.
Quelquefois le favus simule l'impétigo (variété impéligini forme de Dubreuilh).
DIAGNOSTIC. — Il est en général facile. L'eczéma, éruption plus