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ET DE

THÉRAPEUTIOUE

PAR

PIERRE MERKLEN

Médecin de l'hôpital Laënnec.

SÉMIOLOGIE DU CŒUR

Les maladies du cœur se caractérisent par des signes fonctionnels et des signes physiques. Les premiers, révélateurs de la lésion et, plus souvent, de son aggravation, traduisent Tinsuffisance ou la soulTrance de l'organe. Ils sont inconstants et tardifs, n'appartenant, en général, qu'à une période avancée des cardiopathies dont l'évolution a été jusque-là silencieuse. Ce sont, d'ailleurs, des signes communs qui appellent l'attention du côté du cœur, mais ne permettent un diagnostic certain et précis que dans un petit nombre de cas. L'examen physique donne, au contraire, des résultats d'une certitude rigoureuse et conduit, dès les premiers jours, à la détermination du siège et de la nature des lésions, surtout quand elles occupent l'endocarde et le péricardci. Si l'étude des signes physiques tient une place prépondérante dans la sémiologie du cœur, l'analyse des principaux signes fonctionnels n'en est pas moins l'introduction nécessaire. Elle permet de déterminer les circonstances et les phénomènes qui doivent inciter à l'examen du cœur, parfois d'en soupçonner l'origine et la signification. Elle montre encore que les troubles qui

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paraissent le plus directement en rapport avec une alïection cardiaque, tels que les palpitations et les douleurs précordiales, en sont souvent indépendants.

SÉMIOLOGIE FONCTIONNELLE.

Les signes fonctionnels sont de deux ordres. Les premiers ont pour siège eu pour point de départ le cœur lui-même : ce sont les signes fonctionnels directs, qui comprennent la dyspnée, les 'palpitations, les douleurs précordiales, les troubles divers du rythme cardiaque. Les signes fonctionnels indirects résultent ou du retentissement des désordres du cœur sur les autres organes et sur la santé générale, ou d'une même maladie causale qui porte ses effets sur différentes parties de l'appareil circulatoire.

L'étude complète des troubles fonctionnels indirects embrasserait une grande partie de la pathologie. Leur simple énumération suffit pour la sémiologie générale. La plupart des maladies de cœur aboutissent à son insuffisance et à sa dilatation, d'où les rétrostases veineuses et, plus tard, les dégénérescences viscérales. Les poumons, le foie, les reins, le cerveau même, subissent successivement ou simultanément le contre-coup des désordres cardiaques et manifestent leur altération par dos symptômes propres, signes indirects de l'affection cardiaque. A vrai dire, il s'agit de complications bien plus que de signes fonctionnels, et leur description appartient à la symplomatologie de l'asystolie. Les embolies d'origine cardiaque sont une seconde source d'accidents à distance. La gêne de la circulation et les lésions aiguës ou chroniques de l'endocarde favorisent la formation, dans les cavités du cœur, de coagulations sanguines qui, se détachant ou se fragmentant, donnent naissance à des embolies cérébrales, rétiniennes, spléniques, rénales, pulmonaires, etc., conséquences et parfois signes révélateurs d'une cardiopathie jusque là non soupçonnée.

L'affection cardiaque peut n'être qu'une des déterminations de V artériosclérose, maladie de tout le système cardio-vasculaire : les reins, le cerveau, l'aorte et les artères coronaires sont aussi atteints que le myocarde lui-même, parfois avant lui, et traduisent leur souffrance par des phénomènes extracardiaques qui conduisent à l'examen du cœur. Ainsi en est-il des accidents urémiques, céphalée, épistaxis, troubles oculaires, troubles gastro-intestinaux qui résultent de la sclérose rénale : des vertiges, des ictus, des parésies transitoires ou durables, des troubles de l'intelligence relevant de l'artériosclérose cérébrale; du pouls lent avec attaques apoplectiformes ou épilcptiformes dues à l'artériosclérose bulbaire; des crises d'angine de poitrine liées à l'aortitc et à la coronarite. Parfois aussi l'artériosclérose déterminé des troubles nutritifs, une pâleur cireuse

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des téguments, de l'amaigrissement avec perte des forces qui précèdent ou accompagnent les premières manifestations d'une myocardite chronique : ce sont encore des signes indirects, qui tiennent à la maladie causale et non à sa détermination cardiaque.

Il n'est pas jusqu'aux névroses qui ne soient parfois révélatrices d'une aflection cardiaque ou cardio-artérielle. La neurasthénie (Régis), avec ses stigmates les plus caractéristiques, peut n'être que la résultante de l'altération générale de la nutrition qui accompagne l'évolution de l'artériosclérose. L'hystérie est fréquemment associée au rétrécissement mitral pur (Armaingaud, Giraudeau). Il existe même une épilcpsie cardiaque (Lemoine, Potain), qui paraît également en rapport avec les troubles circulatoires dus au rétrécissement mitral. Derrière la névrose, il faut parfois soupçonner et rechercher la lésion cardiaque, et l'examen physique du cœur s'impose chez les hystériques et les neurasthéniques, en l'absence môme des troubles fonctionnels directs. Ceux-ci méritent une description spéciale.

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