‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 4)Chapitre 26 sur 205 · ICTÈRE CATARRHAL. — SYMPTOMES · texte numérisé non relu

ICTÈRE CATARRHAL. — SYMPTOMES

individus des troubles digestifs parfois assez intenses, qui peuvent s accompagner d'ictère. Aussi a-t-on décrit des ictères saisonniers, vernal, automnal, apparaissant sous forme épidémigue.

L'ictère catarrhal est une maladie des jeunes gens et des adultes, en raison même de son étiologie; it est également par cela même plus fréquent chez l'homme que chez la femme.

SYMPTOMES. — L'ictère catarrhal débute par les signes ordinaires d'un embarras gastrique : anorexie, nausées, vomissements, diarrhée, langue saburrale, fatigue, courbature, léger mouvement fébrile vespéral.

Vers le cinquième ou sixième jour, l'ictère apparaît, ordinairement léger. Les matières fécales se décolorent et parfois deviennent graisseuses (1) : les urines contiennent des pigments biliaires. Le prurit, le ralentissement du pouls se montrent ; lë/foie et la rate ne sont pas tuméfiés, ou ne le sont que légèrement,. >m

Cette période dure huit à quinze jours, puis on observe les signes d'une désobstruction progressive du cholédoque : les selles se recolorent peu à peu ; les troubles digestifs ont déjà disparu ; l'ictère diminue, puis s'efface.

Cette affection d'apparence si bénigne laisse le malade amaigri, affaibli, et la convalescence est souvent assez longue.

Dans certains cas, déjà signalés par Niemeyer, Frerichs, l'affection se prolonge bien au delà des limites ordinaires. M. Dieulafoy (2) a décrit cette variété sous le nom d'ictère catarrhal prolongé. Pendant deux, trois mois et plus, on voit persister l'ictère avec des variations de son intensité, des rémissions plus ou moins accentuées suivies de poussées nouvelles, et des modifications parallèles de la coloration des fèces et de la teinte des urines. Le foie devient parfois très volumineux; la rate est tuméfiée. Les épistaxis sont fréquentes; le malade maigrit et s'affaiblit notablement dans certains cas.

La persistance de l'ictère et son évolution par poussées sont dues sans doute à une infection plus profonde des voies biliaires, à une angiocholite atteignant déjà les fins canaux intrahépatiques. Ces variations de l'ictère, ces poussées, sont à rapprocher de celles dé la cirrhose biliaire hypertrophique dont la lésion primitive est une angiocholite canaliculaire.

L'ictère catarrhal se termine ordinairement par la guérison. Le pronostic en est donc favorable. Toutefois, en particulier chez les

(1) Cet état des selles peut être dû en partie à l'obstruction du canaJ de Wirsun# par un bouchon muqueux occupant l'ampoule de Vater, ainsi que Frédéric Millier l'a observé dans un cas (Zeitsch. f. klin. Med., Bd XII, 1887).

(2) Dieulafoy, De l'ictère catarrhal prolongé (Sem. méd., 11 juillet Wèè). — Hélène IIei<zenstein, De l'ictère catarrhal prolongé. Th. de Paris, 1890.

Thaité de médecins. V. — 1

alcooliques, les saturnins, il n'est pas rare de voir l'affection se modifier sans cause appréciable et se transformer en ictère grave plus ou moins rapidement mortel.

DIAGNOSTIC — Le diagnostic est ordinairement facile; les circonstances étiologiques, la phase préictérique avec signes d'embarras gastro-intestinal, l'absence de douleur ne permettront pas de confondre l'ictère catarrhal avec l'ictère de la lithiase biliaire.

L'ictère de la période secondaire de la syphilis se reconnaîtra à l'existence de manifestations spécifiques muqueuses ou cutanées.

La forme prolongée de l'ictère catarrhal peut prêter à plus d'erreurs; c'est surtout avec la cirrhose biliaire hypertrophique, avec l'obstruction calculeuse du cholédoque, le cancer de l'ampoule de Va ter et enfin le cancer de la tête du pancréas qu'elle risque d'être confondue- Outre les symptômes propres à chacune de ces affections, leur évolution même permettrait de rétablir le diagnostic.

TRAITEMENT. — Les purgatifs, la diète lactée, les alcalins seront simultanément employés contre les troubles gastro-intestinaux. On prescrira en outre, contre le catarrhe biliaire, le calomel, le salicylate de soude, les grands lavements froids selon la méthode de Krull : tous les matins, un lavement avec deux litres d'eau à la température de 15° à 18°. Souvent en quelques jours la cholédoque redevient libre.

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