AFFECTIONS CUTANÉES PRODUITES PAR DES CHAMPIGNONS PARASITES
(dermatomycoses).
TRICHOPHYTIE
On décrit depuis Malmsten, sous le nom de trichophyton tonsurans, un champignon parasitaire découvert en 1844 par Gruby, qui lui avait donné le nom de mentagrophyles.
Ce champignon peut se développer soit sur le cuir chevelu, où il donne lieu à l’affection appelée teigne tonsurante ou herpès tonsurant, soit dans la région delà barbe, où il produit souvent des lésions dermiques profondes auxquelles on donne le nom de sycosis parasitaire ou, mieux, de sycosis tri chophy tique, soit encore sur des régions dépourvues de poils où sa présence se traduit par des lésions superficielles en forme de plaques arrondies appelées herpès circiné ou mieux trichophytie circinée, ou enfin dans les ongles.
Description du parasite. — Les spores du trichophyton sont de forme arrondie, de volume variable dans les différents cas, constituées par une membrane transparente et homogène, renfermant une masse de protoplasma parfois très granuleux, au milieu duquel est un noyau arrondi ou elliptique ; elles se colorent plus difficilement par les réactifs que les spores de l’achorion. Les tubes de mycélium sont longs, réguliers, peu flexueux, assez grêles, formés d’articles placés bout à bout et n’ont que des ramifications rares et éloignées.
Grawitz, à la suite d’expériences de culture et d’essais d’inoculation à des animaux, a admis l’identité du trichophyton avec les parasites du favus, du muguet, du pityriasis versicolore, etc. Duclaux et Verujski ont montré que les cultures du trichophyton sur les divers milieux se distinguent aisément de celles de l’achorion : les cultures du trichophyton se développent toujours plus rapidement que celles de l’achorion ; elles revêtent des formes macroscopiques différentes et les filaments obtenus diffèrent très notablement pour les deux champignons ; c’est seulement sur les milieux peu favorables à leur développement que leurs cultures offrent les ressemblances indiquées par Grawitz, mais l’analogie de ces formes de souffrance ne peut faire méconnaître les dissemblances fournies par les formes bien développées.
MALADIES CUTANÉES
Le trichophyton se développe sur la plupart des milieux de culture employés dans les recherches bactériologiques. E. Vidal a montré que son développement s’arrêtait lorsqu’on le maintenait à l’abri du contact de l’air.
Lorsqu’on examine au microscope, après dégraissage par l’éther, coloration à l’éosine ou au violet de Paris et action de la potasse concentrée, un fragment de cheveu trichophy tique, on le trouve infdtré d’une quantité considérable de spores arrondies, disposées en séries linéaires ou en chapelets; en certains points, les spores sont réunies en amas volumineux qui dissocient les éléments du poil, et produisent la rupture de sa couche corticale ; les spores se rencontrent jusque dansle bulbe du poil ; on les voit également à la surface du poil, où elles forment des grappes plus ou moins abondantes. Les tubes de mycélium sont généralement peu nombreux relativement à la quantité des spores lorsque l’infiltration trichophytique est très considérable. Au contraire, dans des poils peu altérés, le mycélium prédomine sur les spores.
Le mode de pénétration du parasite dans les poils a été diversement interprété : d’après Thin, il traverse les couches externes du poil et s’étend ensuite dans le poil, tant vers sa racine que vers son extrémité libre; pour Balzer, le champignon descend le long du poil, arrive ainsi jusqu’au bulbe pileux, pénètre à ce niveau dans le poil et l’envahit de bas en haut.
Les poils de la barbe sont rarement infiltrés de trichophyton ; le parasite ne se développe qu’à leur surface ; en pénétrant dans le follicule pileux, il détermine son inflammation et celle des tissus voisins, ce qui constitue le sycosis.
En dehors du cuir chevelu et de la barbe, le trichophyton ne se développe pas dans les poils : sur les membres et le tronc, on le voit seulement à la surface des follets, où, d’ailleurs, on doit le rechercher de préférence, car c’est à leur niveau qu’il est le plus facile à reconnaître. Dans l’épiderme, il occupe les couches les plus superficielles du corps muqueux.
Étiologie. — La trichophytie se transmet par contact direct ou indirect. Les traumatismes superficiels, tels que les écorchures produites par les instruments de toilette, en permettant l’insertion du parasite, facilitent la contagion.
Dans les écoles, la transmission se fait directement avec la plus grande facilité ; aussi voit-on de véritables épidémies se produire après l’arrivée d’un enfant trichophytique. En dehors des écoles, la maladie se propage le plus ordinairement par les objets de toilette et en particulier par les instruments des coiffeurs, peignes, brosses, ciseaux, rasoirs. Elle peut avoir pour origine un animal atteint de la même maladie, qui se rencontre plus particulièrement dans l’espèce bovine, chez le cheval et chez le chien.
D’une façon générale, la trichophytie est beaucoup plus fréquente chez l’enfant que chez l’adulte. La trichophytie du cuir chevelu est même presque exclusive à l’enfance et à l’adolescence ; elle devient rare à partir de 16 à 17 ans et ne s’observe plus après 20 ans. La trichophytie circinée est plus rare chez l’adulte que chez l’enfant ; les localisations inguinales offrent cependant leur plus grande fréquence dans l’âge adulte ; le sycosis trichophytique, seul, et en raison de son siège dans la région de la barbe, ne se développe pas avant l’âge d’adulte, et il est exceptionnel chez les vieillards.
TRICHOPH YT1E .