‹ Traité de médecine (volume 5)Chapitre 28 sur 109 · BLENNORRHAGIE UROGÉNITALE DE LA FEMME · texte numérisé non relu

BLENNORRHAGIE UROGÉNITALE DE LA FEMME

L'étude de la blennorrhagie de la femme est loin d'être achevée. Il est nécessaire de contrôler le diagnostic par l'examen bactériologique, et c'est seulement quand celui-ci aura été fait qu'on pourra affirmer la blennorrhagie. Et même il est impossible d'affirmer qu'une vaginite, qu'une salpingite, etc., dont le pus ne contient que les agents ordinaires de la suppuration, n'a pas été causée par le gonocoque, et qu'il ne s'est pas fait une infection secondaire.

Ainsi les muqueuses urogénitales de la femme ne réagissent pas autrement en présence du gonocoque qu'en présence de tout autre microbe, ou du moins nous ne connaissons pas encore les diiTérences.

Uréthrite blennorrhagique. — L'uréthrite de la femme est plus souvent due au gonocoque qu'à un autre agent : Horand a rencontré le gonocoque 164 fois sur 288 cas qu'il a examinés à ce point de vue. Mais elle est rarement due au gonocoque chez les petites filles et chez les vierges.

Elle (lélnilo par une période aigiu"' qui dure en moyenne 20 à oO jours. Les besoins d'uriner sonl fréquents, les mictions douloureuses et accompag-nées d'une sensation de cuisson. Si l'on introduit le doigt dans le vagin et qu'on pèse <le bas en liaul sur l'orifice unUhral, on fait sortir une goutte de pus.

L'uréthrite de la femme se complique rarement de cystite. Son plus grand inconvénient est le passage habituel à l'état chronique et sa durée indéfinie.

Le traitement consiste princi[)alement dans les badigeonnages de la muqueuse avec une solution de nitrate d'argent.

Vulvite et vaginite. — L'uréthrite peut rester la seule lésion d'une blennorrhagie qui a disparu des muqueuses génitales une fois sa période aiguë passée ; nuiis à la période aiguë il y a toujours une vulvite, qui est l'origine de la lésion uréthrale.

La vulvite gonococcique peut exister chez les petites filles, elle y est rare. Horand n'a vu le gonocoque que 8 fois sur 85 cas de vulvite qu'il a examinés.

Les glandes vulvo-vaginales s'abcèdent rarement au cours de la vulvite aiguë ; mais l'infection gonococcique peut favoriser le développement d'une infection secondaire staphylococcique (Bumm).

La vaginite est plus fréquente que la vulvite, parce que, bien plus souvent que celle-ci, elle persiste à l'état chronicpie.

Métrite, salpingite, ovarite et péritonite. — Il est rare de trouver le gonocoque dans les métrites, alors même qu'elles semblent, à l'origine, être blennorrhagiques.

La salpingite blennorrhagique a été signalée par Ricord, Requin et Bernulz; il existe peu d'examens bactériologiques du pus des salpingites, mais on y a trouvé en général le gonocoque (Bumm); pour Terrillon, la salpingite serait aussi fréquente que l'épididymite blennorrhagique, et se rencontrerait environ 2 fois sur 10 blennorrhagies. Les lésions sont ordinairement bilatérales.

Le péritoine est souvent enflammé, soit au voisinage de la trompe atteinte de salpingite, soit sous forme de péritonite aiguë ordinairement mortelle.

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