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TRICHOPHYTIE DU CUIR CHEVELU

Description clinique. — Une ou plusieurs plaques de forme arrondie, de dimensions variant de celle d'une lentille à celle d'une pièce de cinq francs et même plus, à progression centrifug-e, au niveau desquelles les cheveux sont cassés à ras de la surface cutanée ou à une petite distance de cette surface, caractérisent la trichophytie du cuir chevelu. Les fragments de cheveux qui persistent à la surface des placards, après leur rupture, sont toujours courts et leur ensemble rappelle celui d'une barbe mal rasée. Cet aspect est pathognomonique. Lorsque l'on cherche à extraire avec une pince ce qui reste des cheveux ainsi cassés, on y parvient difficilement : le cheveu se rompt un peu plus bas, sa racine reste fixée dans la peau ; le fragment que l'on saisit avec la pince est toujours court, avec des extrémités en forme de balai, de coloration noire, de dimensions transversales supérieures à celles des cheveux sains du voisinage et, dès qu'on le presse entre les mors de la pince, il s'écrase avec une grande facilité. Ces différents caractères sont dus à l'infdtralion du poil par le parasite qui dissocie son tissu et diminue sa résistance, et dont la seule présence suffit à en accroître le diamètre. A la périphérie de la plaque, les cheveux présentent cette môme infiltration avec épaississement et coloration foncée ; ils se rompent également par la traction ; mais leur fragilité est moindre que celle des moignons de cheveux disséminés sur ses parties centrales.

Les plaques de trichophytie du cuir chevelu sont souvent recouvertes de squames plus ou moins abondantes, fines, blanchâtres ou grisâtres, peu adhérentes; au début, où cet état pityriasique est plus prononcé, elles sont en même temps un peu tuméfiées et légèrement rouges à leur périphérie ; il est exceptionnel qu'il s'y développe des vésicules et l'apparition de lésions plus considérables doit être considérée comme une complication due le plus souvent à des applications locales intempestives.

Les plaques de trichophytie s'étendent pendant un certain temps, mais généralement elles cessent bientôt de s'accroître et dès lors restent stationnaires pendant un temps souvent fort long; c'est par mois que s'exprime leur durée, et, avant de pouvoir assurer leur guérison absolue, il faut avoir constaté à plusieurs reprises l'absence de poils cassés à leur niveau, et avoir vérifié au microscope l'intégrité de tous les poils qui peuvent être suspects.

Le développement successif des plaques de trichophytie, l'apparition de nouvelles plaques sous l'influence d'auto-inoculations, alors que les premières semblaient guéries ou sur le point de l'être, augmentent encore la durée de la maladie dans son ensemble.

Néanmoins, sa terminaison est la guérison, guérison parfois spontanée, chez les sujets qui approchent de l'âge où la trichophytie cesse de se développer. La guérison est toujours complète, sans cicatrices et sans alopécie consécutive, à moins qu'on n'ait eu recours à des applications trop irritantes.

Diagnostic. — L'aspect de tonsure ou de barbe mal rasée des plaques csl assez caraclérislique pour (\yio le (lia<2;-nostic de la Irichophytie du cuir chevelu soit le plus souvent 1res lacilr. j.a dil'licullé n'existe guère que lorsque les cheveux cassés sont pou nombreux ou (pu' les plaques sont en voie de guérison.

La pelade se distingue de la trichophytie par l'aspect uni et lisse de ses plaques dépourvues de poils et de fragments de poils; cependant dans certains cas (pelade pseudo-tondanle), où les cheveux fragiles se rompent près du niveau de la peau, le diagnostic peut devenir embarrassant ; il repose sur l'absence d'augmentation de volume des cheveux, qui sont fragiles, mais peuvent encore être extraits de la peau et ne se laissent pas écraser par la pince, dont l'extrémité est atrophiée, et qui enfin ne contiennent pas de spores de trichophyton ; il peut souvent être présumé en tenant compte de l'âge des malades, la pelade à cheveux fragiles étant susceptible de se développer à un ûge où la trichophytie ne s'observe plus.

L'eczéma du cuir chevelu se distingue de la Irichophytie par sa diffusion plus considérable et l'absence de zones tonsurées, circinées.

Le psoriasis peut donner lieu à des plaques arrondies, nettement délimitées, mais la chute des cheveux est loin d'y être aussi complète.

Le faviis donne lieu à des godets caractéristiques ou, lorsque ceux-ci sont tombés, à des plaques cicatricielles et alopéciques irrégulières, au niveau desquelles on trouve quelques cheveux généralement gros et secs.

Traitement. — Un grand nombre de traitements ont été proposés contre la trichopliylic du cuir chevelu, la plupart vantés trop prématurément, avant une observation assez étendue et assez minutieuse.

L'épilation par la pince ou par les moyens artificiels, tels que la calotte de poix appliquée sur le cuir chevelu et enlevée- en entraînant les poils qui y adhèrent, l'élimination des poils malades grâce à une inflammation provoquée du cuir chevelu, les divers parasiticides. tels sont les moyens habituellement employés ou mieux associés dans les diverses méthodes de traitement.

Parmi les parasiticides, les pommades au turbith, le sublimé en lotions, en pommades ou sous forme d'emplâtre, l'emplâtre mercuriel de Vigo. le biiodure de mercure (Ouinquaud), la chiTsarobine (Unna), sont actuellement les plus usités. Les pommades et les emplâtres méritent la préférence, le trichophyton cessant de se développer lorsqu'il est maintenu à l'abri du contact de l'air.

Les divers parasiticides, ainsi que l'a fait remarquer avec raison E. Besnier, agissent souvent plus en [qualité d'irritants qu'en qualité de parasiticides. Cette action irritante doit être redoutée et oblige à les employer souvent à doses faibles, en raison des cicatrices et de l'alopécie qu'ils peuvent déterminer. Aux agents du traitement proprement dit de la trichophytie, il faut joindre des soins de propreté assidus, et en particulier des lavages réguliers du cuir chevelu destinés à le débarrasser des fragments de poils infdtrés qui pourraient devenir l'origine d'aulo-inoculalions nouvelles; dans le même but et pour permettre une surveillance de tout le cuir chevelu, les cheveux seront coupés et tenus ras. Enfin, la tète sera couverte d'un bonnet fréquemment lavé, pour éviter la contamination des sujets qui approchent le malade.

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TRICHOPIIYTIE CIRCINÉE

Description clinique. — Une tache lenticulaire d'un rouge assez vif, disparaissant par la pression, avec une légère desquamation furfuracée de l'épiderme, marque le début dtî la trichophytie des parties glabres ; à sa surface, et principalement à sa circonférence, apparaissent souvent de petits soulèvements épidermiques un peu translucides, ayant l'aspect d'un grain de millet, et renfermant une gouttelette de liquide. La tache s'étend par sa circonférence ; sur son bord, des saillies vésiculeuses ou simplement squameuses continuent de se développer ; la partie centrale reste rouge, se couvre de squames minces, qui se détachent bientôt, en même temps que la peau reprend sa coloration normale. Par suite de cette progression excentrique et de la disparition des lésions au centre, la plaque se transforme en un anneau véritable.

La progression excentrique s'accomplit rapidement, de sorte qu'en quelques jours la plaque a atteint la dimension d'une pièce de 1 franc ou de 2 francs ; une plaque unique dépasse en 2 ou 5 semaines la largeur d'une pièce de 5 francs. Si des plaques voisines se touchent par un point de leur circonférence, elles se confondent en un contour polycyclique ou sinueux. Il est rare qu'une même région offre plus de 5 ou 4 cercles trichophytiques ainsi confondus.

La trichophytie circinée occupe le plus souvent la région dorsale du poignet et de l'avant-bras, le cou, la face, en particulier au niveau du menton et dans la région du maxillaire inférieur. On la rencontre encore dans la région inguinale^ surtout chez l'homme, où elle forme un large placard à contours polycycliques dont les bords saillants sont rouges et nettement délimités tandis que la partie centrale est de coloration brunâtre.

Diagnostic. — La forme régulièrement arrondie des lésions, leur extension rapide, leur siège sur les parties découvertes et, au besoin, la recherche du parasite permettent de reconnaître facilement la trichophytie circinée.

Vérythème marginé a bien une disposition circulaire, une évolution rapide, mais ses éléments sont plutôt érythémateux que squameux ; ils sont plus nombreux dans une même région et n'atteignent pas des dimensions aussi considérables que ceux de la trichophytie.

Le psoriasis produit des squames plus blanches, plus épaisses, plus adhérentes; la surface de ses éléments est plus uniforme, leur extension moins rapide et leur nombre plus considérable en môme temps qu'ils sont disséminés sur des surfaces plus étendues.

h'eczéma donne souvent lieu à des plaques rouges et squameuses à contour circulaire; mais ce contour est moins régulièrement arrondi, le centre ne présente pas de tendance à la guérison, les squames sont plus larges et souvent mélangées aux sécrétions des vésicules eczémateuses ; le prurit est plus prononcé, la durée plus longue et l'extension toujours beaucoup moins rapide.

Le pityriasis rosJ, que Kaposi fait rentrer à tort dans la trichophytie cutanée,

314 MALADIES CUTANEES.

se caractérise par le développemenl de plaques nombreuses, de dimensions variées, mais génëralemenl peu considérables, n'ayant pas la rapide extension centrifuge de celles de la trichopbytie cutanée, disséminées d'abord sur la partie supérieure du thorax et s'élendanl ensuite de haut en bas sur le tronc et les membres; ces pla([ues, de forme arrondie ou le plus souvent ovalaire, ont un contour érythémaleux légèrement saillant et souvent bordé en dedans par des squames minces; sur les j)arlies centrales de la plaque, lépiderme présente un aspect plissé très particulier que Ion ne rencontre pas dans la trichophytie.

Traitement. — La trichophytie circinée est une des affections les plus faciles à guérir, en raison de la superficialité du siège du parasite ; les subtances qui amènent l'exfoliation épidermique sont les agents les plus efficaces de son traitement, et en première ligne la teinture d'iode appliquée en frictions un peu énergiques; les pommades au soufre, au turbilh, les lotions au sublimé, etc., n'ont ni l'efficacité, ni la rapidité d'action de ce moyen si simple.

SYCOSIS TRICHOPHYTIOUE

La région delà barbe peut être le siège de lésions analogues à celles de la trichophytie circinée, caractérisées par une desquamation plus ou moins abondante recouvrant des surfaces de forme phis ou moins nettement arrondie : c'est là le pity/wsis alba des auteurs; l'épidcrme est, en pareil cas, seul atteint, les poils sont complètement respectés. Il n'en est plus de même dans le sycosis trichophytique (sycosis parasitaire de Bazin et de ses successeurs)

Des nodosités de volume variable, de coloration rouge plus ou moins vive, centrées par un poil, de consistance ferme, enchâssées dans le derme, ou repo- .sant sur une base dure, caractérisent le sycosis ; par la pression on fait parfois sortir une gouttelette de pus du centre de ces nodosités qui sont isolées, disséminées ou réunies en un ou plusieurs placards et qui occupent presque toujours la région maxillaire inférieure, rarement la lèvre supérieure.

Lors<{u'on cherche à arracher le poil qui centre une nodosité de sycosis, on l'extrait facilement, et on le trouve entouré par une gaine blanchâtre caractéristique, en môme temps qu'il est épaissi.

Le sycosis trichophytique coïncide souvent avec la présence, sur les parties adjacentes, des squames blanches ou grisâtres qui caractérisent le pityriasis alba.

La durée du sycosis trichophytique est toujours longue et se chiffre par mois; néanmoins, il se termine ordinairement par la guérison complète, spontanément ou sous TmlUience d'un traitement approprié, à moins quil ne devienne le point de départ et la cause occasionnelle, chez un sujet prédisposé, d'une h^ion {)lus persistante, telle (pie l'eczéma; sauf le cas de contamination nouvelle, le sujet atteint de trichophytie sycosique n'est pas exposé à une récidive de sa maladie.

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Diagnostic. — La constatation du trichophyton est le signe pathognomonique du sycosis; mais cette constatation est souvent assez difficile à faire; on doit chercher le parasite sur les poils cassés et engainés de la périphérie des plaques sycosiques et non sur les poils dont les follicules ont suppuré, le trichophyton disparaissant dans les points où la suppuration s'est produite.

L'eczéma de la barbe donne rarement lieu à des lésions inflammatoires assez prononcées pour produire de véritables nodosités constituant le sycosis non parasitaire des auteurs. L'eczéma récidivant de la lèvre supérieure, qui chez les arthritiques se développe à la suite du coryza chronique, se rapproche du sycosis trichophytique par Tépaississcment qu'il détermine dans les téguments, mais en diffère par son siège exactement sous-nasal, sans tendance à s'étendre aux parties voisines, par sa longue durée, enfin par ses récidives opiniâtres. La longue durée et la tendance aux récidives caractérisent également les autres formes d'eczéma de la barbe qui pourraient être confondues avec la trichophytie.

Le sycosis trichophytique n'est en réalité qu'une péri-folliculite engendrée par la présence de microbes pyogènes pullulant grâce à l'irritation que détermine la présence du trichophyton. Il n'y a donc rien d'étonnant que des folliculites diverses puissent le simuler : L^nna, Bockhardt et Tommasoli en ont étudié certains types produits par des microcoques et des bacilles : ces sycosis non trichophy tiques sont caractérisés par l'absence de l'état pityriasique et par la présence du champignon, bien plutôt que par leur évolution qui peut être identique à celle de la trichophytie.

Traitement. — L'épilation joue ici un rôle encore plus important que dans la trichophytie du cuir chevelu. L'emploi des émollients, cataplasmes, pulvérisations, etc., doit souvent suivre l'épilation et précéder l'usage des parasiticides, lesquels ne doivent jamais être employés à dose irritante.

TRICHOPHYTIE UNGUEALE

Les ongles sont parfois envahis par le trichophyton, chez des sujets présentant une quelconque des localisations précédentes du parasite. Cette lésion, assez rare, étudiée par C. Pellizzari, Dubreuilh, Lespinasse, est caractérisée par l'épaississement de l'ongle, qui est strié longiludinalement et transversalement, ou parsemé de points jaunes ou bruns; il se courbe, son extrémité libre se relève ou s'infléchit vers la pulpe, sa surface devient irrégulière; sur une coupe, il est formé de deux couches, l'une superficielle, cornée et compacte, l'autre friable, fibreuse, ayant l'aspect de la moelle de jonc, molle et se dissociant facilement; le voisinage de la lunule est respecté, au moins pendant un certain temps.

Ces' lésions doivent être recherchées avec soin, car elles peuvent être la cause de la dissémination de la trichophytie par le sujet qui en est porteur ou de ses récidives chez celui-ci dans des régions diverses.

La constatation du parasite dans les lames unguéales permet seule de reconnaître exactement la nature des lésions dans les cas de trichophytie primitive-

nient uiiii^néale, far cclle-oi ne présente aucun caractère clinique qui la distingue absolument du l'avus et surtout de l'eczéma et du psoriasis des ongles. Le traitement consiste dans le grattage de l'ongle, son décapage par macération dans un tloigtier de caoutchouc, et l'application de parasiticides.

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FAV.US

On donne le nom de favus (de favus , rayon de miel) aux lésions déterminées par un champignon découvert par Schônlein (1859) et appelé achonon Schœnleiim.

Ce champignon habite ordinairement le cuir chevelu, où il amène la chute des cheveux (ju'il infitre en même temps qu'il envahit l'épiderme : l'affection est désignée sous le nom de teigne faveuse ou de favus du cuir chevelu.

Il peut également se développer sur les régions glabres, y produisant des altérations analogues à celles qui occupent le cuir chevelu autour des poils (favus cutané ou favus des parties glabres). II peut encore, mais beaucoup plus rarement, végéter dans le tissu unguéal. Enfin, dans un cas observé par Kaposi et Kundrat et resté unique, le favus de la peau s'accompagnait de lésions des muqueuses des voies digestives (œsophage, estomac, intestin), dues à la présence du même parasite.

Description du parasite. — Le champignon du favus est constitué par des spores et par des tubes que l'on met en évidence avec les diverses matières colorantes employées en technique microscopique et, en particulier, l'éosine et le violet de méthylaniline, après dégraissage à l'éther et action de la potasse.

Les spores, de forme arrondie ou irrégulière dans les godets faviques, sont aplaties par pression réciproque dans les cheveux faviques et offrent alors une forme quadrilatère. Elles mesurent de 5 à 7 a de diamètre, sont disposées en chaînes ramifiées et sont formées d'un épispore cellulosicjue, d'un protoplasma assez abondant et d'un noyau beaucoup plus petit que celui du microsporon furfur et souvent caché par le protoplasma.

Les tubes du mycélium sont ténus, simples, noueux, cloisonnés ou articulés et ramifiés ; certains dentre eux renferment des spores, d'autres sont vides.

Dans les godets, les éléments du champignon sont agglutinés par une substance amorphe, connue en botanique sous le nom de glaire ou de gangue amorphe.

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Les spores du favus n'infiltrent pas le poil en totalité et dans toute son épaisseur comme le font les spores du trichophyton : elles y forment des chaînes ramifiées constituant des réseaux à mailles allongées dans le sens de l'axe du poil ; aussi le poil favique est-il moins friable que le poil trichophytique.

Le mode de pénétration du parasite dans le poil a été diversement interprété. Pour Kaposi, les éléments du champignon développés à la surface épidermique suivent la gaine de la racine du poil jusqu'à la base du follicule, pénètrent dans le bulbe ; puis, affectant un trajet rétrograde, remontent dans le poil lui-même, qu'ils envahissent de bas en haut, tandis que dans d'autres points du trajet du poil ces éléments arrivent latéralement dans le poil, à travers les gaines de la racine. Unna, n'ayant jamais trouvé de filaments parasitaires dans le bulbe pileux, rejette la théorie « du détour » imaginée par Kaposi. Pour Balzer, la pénétration se fait tantôt directement, tantôt par la voie détournée.

Quoi qu'il en soit du mode d'envahissement du poil, il résulte clairement des recherches de Lebert, Robin, Gudden, Kaposi, revisées et complétées par Balzer, que le champignon a pour siège initial l'épiderme dans lequel il végète ; par le fait de sa végétation dans l'infundibulum pilaire, se développe la lésion (jue l'on désigne sous le nom de godet, puis le poil est envahi ; plus tard, les gaines externe et interne du cheveu sont franchies, le parasite pénètre dans le derme; par suite de la destruction des papilles pilaires, les poils tombent, laissant à leur suite une alopécie cicatricielle et définitive.

L'achorion peut être cultivé sur la plupart des milieux employés pour les cultures de bactéries et de champignons. Duclaux et Verujski ont montré que, contrairement à l'opinion émise par Grawitz, les cultures de l'achorion différaient absolument, par leurs caractères morphologiques, de celles du trichophyton. Sur la gélose, les cultures de l'achorion forment des masses d'un jaune sale, déprimées à leur centre, rappelant de tous points l'aspect des godets observés sur la peau des sujets atteints de favus.

Ouincke, ayant constaté des différences d'aspect dans les cultures de champignons provenant de sujets différents, a admis que le favus pouvait être produit par trois espèces différentes de champignons qu'il distingue par les désignations a, fi, Y ; des recherches ultérieures l'ont amené à ne plus admettre que deux espèces, l'une, a, ayant le plus souvent pour siège les régions glabres et et déterminant le favus herpétique, l'autre se développant dans le cuir chevelu et donnant lieu au favus vulgaire. Bien que confirmées en partie par Elsenberg, les vues de Quincke ne sont pas admises par la généralité des auteurs.

Étiologie. — Quel que soit son siège, le favus débute presque toujours dans l'enfance, pour persister jusqu'à un âge plus ou moins avancé.

Ses localisations, soit initiales, soit secondaires, sont souvent favorisées, comme l'ont fait remarquer Kôbner et Gailleton, par toute excoriation ou lésion cutanée antérieure ouvrant une porte d'entrée à travers le tégument.

La cause réelle, unique et suffisante du favus est la transmission directe ou indirecte (par les coiffeurs, par exemple) de l'achorion à un sujet sain par un sujet antérieurement atteint de la même maladie. La transmission peut se faire de l'homme à l'homme ou de l'animal à l'homme, certains animaux, les

chais, les j)oiilos, les rats en |)aiiiculier, élanl parfois alleints de favus. La maladie à arhorion s'observe presque exclusiveinenl à la campagne, les cas de favus ohscnvés à Paris et dans les grandes villes provenant à peu près constamment des villages avoisinants. En outre, elle est plus frécjuente dans certains pays que dans d'autres. En France, où elle est notablement plus commune que dans les autres parties de l'Europe, elle a certaines régions de prédilection : les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de la Seine-Inférieure, des C(>tes-du-Nord, du Finistère, de l'Aveyron, du Tarn, de l'Hérault, des Landes, des Basses-Pyrénées et s'observe plus rarement dans les départements du Centre et de l'Est (J. Bergeron, IL Feulard).

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