‹ Traité de médecine légale, contenant le traité des exhumations juridiquesChapitre 8 sur 55 · PREMIÈRE ENFANCE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ENFANCE

La première enfance a été subdivisée en trois époques : 1® depuis la naissance jusqu’à sept mois; 2“ depuis le septième mois jusqu’à la fin de la deuxième année ; 3° depuis le' commencement de la ti^isièmeannée jusqu’à la deuxième enfance.

Pt^MiÈRE ÉPOûüE : depuis la naissance jusqu’à sept mois. On ne

saurait attacher trop d’iiaportaBce à peconBaitre l’âge d’un enfant né depnis peu Jours ; je dirai en jeffet, en parlant de Vinfanticide, qu’il suffit quelquefois de déterminer approximatirement qu’un mfant est né depuis einq, dix, quinze ou vingt jours, pour prouver qu’il n’appartient pas à une femme que Ton accuse de l’avoir tué après l’avoir mis au monde. Or, des questions de cette nature me se présentent quedrop souvent devant les tribunaux, qui, à défaut de preuves testimoniales, ne peuvent les résoudre que d’après les rapports êtes -médecins : c’est ce qui m’engage à les traiter avec détail. J’nxaminerai successivement les changemens qu’éprouvent le cordon ombilical, la peau, Tépiderme , le système osseux , de canal digestif et la vessie.

€ordon ombilical. On lit dans les ouvrages de médecine légale, que Texistence du cordon ombilical annonce que Tenfant est né depuispeu, tandis qu’on pCTtt. croire qu’il avécu cinq Jours environ, si le cordon est tombé ; que, Jorsqu’il est frais, humide, spongieux, bien adhérent au nombril, la mort a suivi de très près la naissance ; -et <}u’cnfiii il a joui pendant qublque temps de la vie, si le cordon est flétri , sec, brunâtre, détaché en partie ou èn totalité, s’il y a au nombril une cicatrice complète ou un cercle rougeâtre qui suppure encore. Le cordon ombilical, ^ant sans contredit la partie du corps qui peut fournir les caractères les plus propres à reconnaître l’Sge de l’individu dans la première '-^ï^iode de la vie, on a lieu de s’étonner que son histoire n’ait pas été depuis long-temps mieux approfondie. J’ai tenté de remplie cette lacune en étudiant Torgane dont il s’agit sur un assez grand nombre de sujets, et en engageant Billard, alors élève interne à l’hospice des Enfans-Trouvés, à se livrer à des travaux du même genre {Voyez son mémoire dans les Achives générales de médecine, tome xii). Depuis, les recherches de M. Denys ont enrichi la science de faits nouveaux que j’aurai soin de signaler. Pour bien concevoir tout ce qui se rapporte à Thistoire médicolégale du cordon , il faut examiner sa flétrissure, sa dessieeation, sa ehute, le cercle rouge ou travail inflammatoire, et la cicatrisation de Vomhilie.

Flétrissure^ La flétrissure peut être regarc^ comme le pre-

mier ôegré de la dessiccation-, elle arrive plus tard dans les c<H*dons gras que dans ceux qui sont petits et minces ; elle s’effectue du sommet à la base du cordon. En général , on peut l’observer du premier jusqu’au troisième jour de la naissance : ainsi sur 15 enfans dont le cordon était seulement un feu fLétrî, il y en avait un âgé de cinq heures , 6 d’un jour, 4 de deux jours et 4 de trois jours.

C’est donc à tort que M. Devergie affirme que la flétrissure du cordon est toujours effectuée au bout de trente-deux heures ou de deux jours, au plus.

Dessiccation. La dessiccation du cordon peut commencer le premier, le deuxième et même le quatrième jour. Sur 86 enfahs, il y en avait 24 chez lesquels la dessiccation commençait au sommet, arrivait à la moitié, ou s’étendait déjà près de la base du cordon ombilical : 7 n’avaient qu’un jour, 11 étaient âgés de deux jours, 3 de trois jours, et 3 de quatre jours. — Le plus ordinairement la dessiccation est complète vers la fin du 3® jour: quelquefois cependant elle est opérée dès la fin du premier jour, c’est lorsque le cordon est très mince j tandis que dans d’autres circonstances , elle n’est à son maximum que vers le cinquième jour; sur 86 enfans , 25 offraient leur cordon entièrement sec; 5 étaient âgés de deux jours , 9 de trois jours , 5 de cinq jours , 4 de quatre jours , 1 d’un jour, 1 d’un jour et demi.

Pendant la dessiccation le cordon qui , au moment de la naissance , était frais , ferme , bleuâtre , arrondi , humide , opaqué , acquiert une douleur rdussâtre , brune , s’aplatit , se vrille et devient demi-transparent. Ses vaisseaux s’oblitèrent , deviennent tortueux et se dessèchent. — S’il est ordinaire de voir la dessiccation commencer par le sommet du cordon , quelquefois cependant elle se manifeste d’abord au , niveau de la ligature, malgré l’assertion contraire de M. Devergie, tandis' que la* partie du cordon qui le dépasse reste encore molle pendant quelque temps.

La dessiccation du cordon est un phénomène vital. Les preuves de ce fait important se tirent de ce que la portion du cordon qui tient au placenta, se flétrit et se f ouvrît comme un corps, inorganique , tandis que sa portion abdominale offre tous les

phénomènes de la dessiccation; 2° de ce que le cordon cesse de se dessécher aussitôt que la vie s’éteint , qu’il ne se dessèche pas du tout s^^enfant meurt en naissant , ou bien ne se dessèche que long-temps après et lentement ; 3° de ce que le cordon ombilical subit sur le cadavre une véritable putréfaction bien différente de la dessiccation normale : ainsi il reste mou et flexible ; ses vaisseaux sont assez béans, pour qu’on puisse y faire péné-, trer une injection ; il devient d’un blanc verdâtre , se fronce à son extrémité , se flétrit , l’épiderme se détache , enfin il tombe en putrilage du quatrième au cinquième Jour. On voit rarement le cordon ombilical d’un enfant mort-né sécher avant le cinquième ou le sixième jour. Ces faits seront d’une grande utilité , plus tard, lorsqu’il s’agira de déterminer si l’enfant a vécu et le temps pendant lequel il a joui de la vie (J^oy. l’article Infanticide) ; en effet , comme le dit Billard , quand on examine un fœtus quelque temps après sa naissance , ou lorsqu’on en fait l’exhumation , s’il porte encore son cordon , il faut bien observer si celui-ci offre ces caractères de la dessiccation normale, c’està-dire s’il est roussâire, aplati, vrillé, demi transparent, et si ses vaisseaux sont oblitérés et desséchés ; ou bien, s’il est encore mou ou dans un état de putréfaction analogue à l’état général du cadavre : car dans le premier cas , l’enfant n’était pas mort-né , et pouvait avoir vécu un ou deux jours , puisque la dessiccation, qui n’a lieu que pendant la vie, avait déjà commencé ; tandis que dans l’autre cas, l’enfant pourrait être mort-né ou n’avoir vécu que peu de temps, puisque le cordon ombilical, mollasse et seulement flétri, n’avait point enpore éprouvé sa dessiccation normale. Toutes les fois que l’on trouvera le cordon ombilical desséché, aplati, vrillé et noirâtre sur le cadavre d’un enfant, celui-ci a dû vivre au moins un jour, cet état du cordon ne pouvant être un effet cadavérique.

Chute du cordon ombilical. Le plus ordinairement le cordon ombilical se sépare de l’abdomen du quatrième au cinquième jour; quelquefois il tombe plus tôt ou plus tard. Sur 16 enfans chez lesquels la chute de ce cordon venait d’avoir lieu, il y en avait 2 âgés de deux jours, 3 de trois jours, 6 de quatre jours , 3 de cinq jours, 1 de six jours, et 1 de sept jours. On ne peut donc pas

indiquer d’une manière précise, d’après ce seul caractère, Tàge d’un enfant nouveau-né, quoiqu’il puisse servir dans beaucoup de cas à le faire connaître approximativement. L£^-j»embranes sont la première partie du cordon qui s’érode ; les artères ombilicales se rompent ensuite, la veine persiste plus long-temps. Si l’on examine alors les membranes, on voit qu’elles sont détachées circulairement, sans offrir aucun lambeau, tandis qu’il est rare de ne pas en apercevoir quand le cordon a été arraché.

Cercle rouge à la hase du cordon, ou travail inflammatoire. La chute du cordon ombilical n’est pas toujours précédée d’un cercle rouge à l’ ombilic; bien au contraire, d’après Billard, les cas où l’on remarque ce travail inflammatoire sont beaucoup plus rares que ceux où on ne l’observe pas. Sur 86 enfans de differens âges, 25 seulement ont présenté des traces évidentes de ce travail sur le contour du bourrelet ombilical ; chez 17 de ces enfans la rougeur de l’ombilic était accompagnée de tuméfaction, mais sans suppuration ; chez les 8 autres, il y avait, outre la rougeur et la tuinéfaction, une suppuration bien établie. Ces enfans étaient âgés, savoir : 4 d’un jour, 9 de deux jours, 7 de trois jours, 2 de quatre jours, 2 de cinq jours, enfin 1 de quinze jours, dont le cordon était tombé depuis long-temps, et l’ombilic cicatrisé. Suivant M. Denys, dans la dessiccation opérée pendant la vie, la base du cordon est baignée par un fluide muqueux sécrété par l’anneau cutané temporaire, à la suite de la phlegmasie gu entraîne nécessairement la chute du cordon. De ces résultats contradictoires, il suit évidemment, que l’absence ou la présence d’un cercle rouge à l’ombilic ne saurait être considérée comme un caractère de grande valeur pour reconnaître si l’enfant est mort avant, pendant ou après l’accouchement (1).

Cicatrisatioti de Vomhilic. La cicatrisation de l’ombilic est complète, et ce suintement de l’ombilic est tari, dans le plus grand nombre des cas, du dixième au douzième jour. Souvent cette cicatrice èst fermée plus tôt, et le mode d’implantation du

(1) Le travail inflammatoire dont je viens de parler, et qui semblerait devoir hâter la chute du cordon ombilical, paraît au contraire la retarder, comme on a pu s’en convaincre en examinant les vingt-cinq enfans qui avaient présenté des traces évidentes de ce travail,

cordon ombflicai à rabcteroen- est une des causes du temps pïos ou moins long qu’elle exigu pour être achevée. Si le cordon est mince, que le bourrelet cutaùé qui l’environne , peu

saillant et peu prononcé, se fronce déjà sur lui-même, la cicatrice se fait promptement. Si, au contraire, le cordbn est épais, large à sa base, et que le bourrelet cutané soit rolumineux et avancé sur le cordon de 3, 4 ou 6 lignes, la cicatrisatiou se fait plus tard. On peut dire, en d’autres termes , qu’un ombilic mince correspond à un cordon grêle, et que la cicatrisation a dû se terminer avant le dixième jour ; tandis qu^un ombilic très saillant annonce que le cordon était très probablement épais, et dans ce cas la cicatrisatiott s’est opérée plutôt après qu’avant le dixième jour.

Pendant que ce travail de cicatrisati on a lieu, certains phénomènes se présentent sueeessivement à l’observateur; d’abord les deux artères ombilicales se réti’écissent par une sorte d’hypertrophie concentrique; la veine ne s’oblitère que lentement. Suivant M. Denys, l’anneau cutané temporaire se renversant , un espace, au fond duquel se trouvent les vaisseaux, la veine en haut et les deux artères en bas s’établit, et prend une organisation analogue à celle des membranes muqueuses. C’est là ce qu’il désigne sous le nom de cicatrice omhilicale temporaire. Les vaisseaux communiquent avec le sac muqueux par une ouverture très libre , ce dont en peut s’assurer à l’aide de Finsüfflation.

Cette cicatriee temporaire se resserrerait du douzième au tren-^ tième jour après la naissance, et ne disparaîtrait qu’au quarantième jour, époque où s’établirait la cicatrice omhilicale permanente. '

Peau et chute de l’épidekme. Si la peau du cadavre est molle, unie, rose, recouverte d’un enduit sébacé blanchâtre, on est porté à croire que la mort a suivi de très près la naissance. Si la matière qui forme cet enduit est desséchée et fanée, il est permis de supposer que le nouveau-né a été exposé pendant quelque temps à l’air. Si la peau est rude, terne, jaunâtre, sans enduit, on peut soupçonner que l’enfant a vécu pendant quelque teinps. Si V épiderme tombe en desquamation, ou s’enlève par

petites écailles, par fragmeaos membraneox , l’enfant a joni pen dant quelque t«Bps de la vie, d’après Chaussier, M. CapuroB, etc. Le caractère tiré de la chute de l’épiderme m’ayant paru susceptible d’être mieux précisé, j’ai engagé Billard à profiter de son séjour à l’hoi^ce des Enfans-Trouvés, pour examiner tout œ qui se rapporte à l’exfoliatMn de cette couche tégumentaire.

Manière dont re fait V eæ foliation de l’épiderme. En s’exfoliant, l’épiderme présente des lignes ou sillons , des écailles plus ou moins larges, des lames irrégulières d’une grandeur variable, enfin une sorte de poussière. Cette exfoliation commence dans la plupart des cas par l’abdomen, puis par la base de la poitrine, les aines, les aisselles, l’espace inter^capulaire, les mem- Iffes, les pieds et les mains.

On remarque très fréquemment des lignes ou des sillons. On les voit surtout à l’abdomen , à la base de la poitrine , aux plis de Faine et de la région inguinale, au ccm, au poignet, au pli du bras, au jarret et sur le coude-pied. Ces lignes affectent ordinairement une forme demi-circulaire ; elles sont le résultat des fissures qui s’opèrent à la surface de l’épiderme ; elles ressemblent d’abord aux éraillures de la peau sur l’abdomen des femmes enceintes, mais bientôt elles en diffèrent en ce que les bords de chaque fissure se soulèvent et se renversent.

On observe les écailles épidermiques sur les parties latérales de la poitrine, au milieu des membres, sur les épaules, entre les deux omoplates, à la paume des mains et à la plante des pieds, au front, sur les fesses, aux éoudes, enfin aux extrémités des doigts. Ces écailles sont quelquefois furfuraeées, d’autres fois ce sont des lamelles assez grandes; toujours elles sont irrégulières.

L’exfoliation par lames diffère à peine de celle dont je parle ; elle résulte souvent de ce que l’épiderme vient à se soulever sur l’abdomen ou sur les membres depuis une ligne jusqu’à une autre ; une large couche épidermique se détache de la peau, et l’on doit toujours considérer alors comme en pleine activité, le phénomène dont il s’agit.

Il est des sujets chez lesquels l’exfoliation de l’épiderme se fait

sans la moindre apparence de lignes, ni de sillons, ni de lames. L’épiderme tombe, pour ainsi dire, en poussière, sans qu’il soit possible d’observer des périodes régulières ; l’exfoliation se fait d’une manière insensible.

Dès que l’épiderme se soulève, le derme apparaît au-dessous, rouge et humide ; cette humidité , produit de la sécrétion cutanée, ne tarde pas à se dessécher et à se concréter de manière à donner naissance à un nouvel épiderme , dont la formation est extrêmement prompte. Si la sécrétion dermique est trop abondante pour être aussitôt concrétée , si quelque cause s’oppose à son organisation, alors l’épiderme secondaire ne se forme pas; et il en résulte des excoriations humides dans diverses parties du corps, mais surtout au pli de l’aine ou de l’aisselle.

Epoque à laquelle commence i exfoliation de V épiderme. Sur 86 enfans, l’exfoliation de l’épiderme n’était pas encore commencée chez 43, tandis qu’elle avait lieu chez les 43 autres. Parmi les 43 premiers, 14 étaient âgés d’w?^ jour, 11 de deux, ^ A^ trois, 5 de quatre, 2 de cinq, 1 de neuf et 1 de dix. Aucun enfant mort-né ne présentait de traces d’exfoliation naturelle de l’épiderme.

Ex foliation de V épiderme chez 43 enfans. Elle commençait , à peine chez 11 d’entre eux, tandis qu’elle était en pleine activité chez les 32 autres. Chez trois des onze premiers enfans, l’épiderme n’était encore ni fendillé ni écailleux, mais il commençait à perdre çà et là, et simtout à l’abdomen, son adhérence avec la peau, car en le pinçant ou en le frottant, il semblait se mouvoir lui seul sous la pression des doigts ; il était excessivement sec et contrastait par son aspect avec les autres parties du corps où la peau était lisse et l’épiderme parfaitement tendu sur elle ; il offrait quelque ressemblance avec les pellicules qui se forment à la surface du lait, quand il est sur le point d’entrer en ébullition. Ces enfans étaient âgés, l’un d’un jour et demi, l’autre de deux jours, et le troisième de trois. Le lendemain et les jours suivans, on vojmit des lignes fendillées et des écailles nombreuses ; enfin l’épiderme est tombé. — Les 8 autres enfans chez lesquels l’exfoliation était à peine commencée ne présentaient que quelques lignes à l’abdoraea et à la base de la poitrine ; 3 étaient âgés d’un

jour, 1 de trois jours, 1 de quatre jours et S de deux jours ; chez ces trois derniers, on voyait de légères écailles à l’aisselle, et des lignes dans le sens des plis du cou et de l’aine.

L’exfoliation était en -pleine activité chez S2 sujets ; un seul était âgé d’un jour, 7 de deux jours, 9 de trois jours, 5 de quatre jours, 6 de cinq jours, 1 de sept jours, 2 de neuf jours et 1 de quinze jours.

Époque à laquelle finit l’ ex foliation de l’épiderme. La durée du temps pendant lequel s’effectue cette exfoliation est très variable. Elle peut se terminer au trentième, au quarantième jour et même au deuxième mois. Elle dure bien plus long-temps chez les enfans qui tombent dans le marasme, par suite d’affections throniques.

Différences entre V ex foliation naturelle de l’épiderme et le soulèvement produit par des maladies^ ou par la putréfaction. Dans l’exfoliation naturelle, la peau a bien la coloration rosée particulière aux nouveau- nés, mais elle est rarement enflammée; l’épiderme, toujours sec, ne tombe pas après avoir été soulevé par un fluide, il se fendille et se renverse en se roulant comme une coquille ; si on cherche à l’enlever avec les doigts , il se brise aussitôt, et l’on ne voit pas les connexions celluleuses et vasculaires qu’il pourrait avoir avec le derme, se déchirer en même-temps.

Les phlyctènes qui précèdent la gangrène, ou les bulles érysipélateuses, sont toujours accompagnées d’un épanchement sousépidermique d’un fluide sanguinolent ou séreux, et n’existent d’ailleurs qu’au niveau des parties enflammées. Quant aux vésicules et aux pustules, leur aspect est trop tranché pour que l’on puisse les confondre avec l’exfoliation dont il s’agit.

Le soulèvement de l’épiderme, qui est le résultat de la putréfaction, est accompagné d’un état général de décomposition, propre à donner l’éveil sur la cause qui le détermine. D’ailleurs, ^ on observe en arrachant les lames épidermiques putréfiées, des tractus ou filamens peu résistans, mais susceptibles cependant de s’allonger assez pour qu’qn puisse aisément les voir, ce qui^n pas lieu dans l’exfoliation naturelle.

Conclusions. Il résulte de ce qui précède, 1° que l’exfoliation

épidermique est un phénomène delà vie extranatérine, puisqu’on ne l’observe pas chez des fœtus au sortir de rutérus ; par conséquent lorsqu’on pourra constater qu’elleexiste surle cadavre d’un enfant, on conclura que ce cadavre n’est pas celui d’un enfant mort-né, pourvu que l’on évite dans ce cas de confondre la chute de l’épiderme par la putréfaction avec l’exfoliation natnreile ; 2“ qu’elle commence à une époque extrêmement variable; toutefois elle n’a jamais lieu immédiatement après la naissance, et il faut au moins qu’un jour s’écoule pour qu’elle se manifeste; d^oà il suit que toutes les fois qu’on verra sur le corps d’un enfant l’épiderme se fendiller et se soulever, il sera permis de soupçonner que l’enfant a au moins un jour; d° que c’est du troisièmeatr cinquième jour qu’elle est dans la plus grande activité chez la plupart des enfans ; 4° qu’il n’est guère permis de rien statuer de général sur sa durée et sa terminaison, ce phénomène présentant sous ce rapport, des variétés infinies ; 5° que dans tous les cas*, avant de chercher à tirer des conséquences médico-légales de l’état de l’épiderme, il importe de reconnaître, ce qui n^st pas difficile, si l’exfoliation de la couche épidermique est, naturelte, ou si elle est le résultat d’une maladie ou de la putréfaction! page 85.)

Système osseux et dentaire {V. p. 107 et 113).

Canal dicestif et vessie. Sire^-^nmae ne contient, que peude mucosités, si le gros intestin est encore rempli de méconium , s’il y a beaucoup d’urme dans la vessie, la mort a probablement suivi dé très près la naissance ; l’enfant, au contraire,, aurapro-r bablement vécu pendant quelque temps, si Ifestomac renferme du lait ou d’autres substances alimentaires, s’il n’y a plus de msé^ conium dans l’intestin ni d’urine dans la vessie (F. pour plus de détails sur le méconium, la page 75),

Les caractères suivans, indiqués par Fodéré et par d’autresaur teurs de médecine légale, me paraissent tout au plus devoir être considérés comme secondaiips dsui^ la solution du problème qui m’occupe. Jusqu’au quaramième jour, Ifenfont est faible petit;;, sa tête est molle et plus ou moipspeschée n avant en arrière os sur 1^ cètés, suivant sa vigueur Bats*reile, La fontanelle antp:

rieure est d’autant plus molle qu’il s’approche moins du quarantième jour. Ses yeux sont peu sensibles à la lumière ; il ne voit ni n’entend ; ses cris ont fort peu d’étendue ; la chair est molle , le nombril saillant. Du deuxième au cinquième mois, ses pleurs sont plus marqués ; sa tête est redressée j ses traits formés ; iLest plus colorê.5 ses yeux cherchent la lumière ouïes objets brillans; il s’agite à l’orGcasiou d'un bruit très fort, le sommeii a plus de durée ; il a plus besoin de téter ; enfin sa stature est plus marquée. Du sixième au septième mois, il témoigne du plaisir à voir sa nourrice et<d’autres personnes ; il porte ses doigts et tous les corps durs à la bouche 5 il mâche le pain avec facilité (Eodéré , Médecirm légale, b i, p. 10). La connaissance des maladies auxquelles Lenfant est sujet pendant cette époque de la vie, me semble encore beaucoup moins propre à résoudre le problème que les caractères dont je viens de parler en dernier lieu; aussi ne ferai-je pas l’énumération de ces affections.

I^EuxiÊME ÉPOQUE. Dcpuis le septième mois jusqu’à la fin de la deuxième année. Cette époque est smdout caractérisée par l’éruption des dents .et par les changemens qu’éprouve le système osseux .(F. art. Idextité, p. 102^.

Je rejetterai, comme caractères de la période de la vie dont je parle, les maladies auxquelles l’enfant est exposé, et je n’attacherai qu’une médiocre importance à des phénomènes d’un autre genre mentionnés parles auteurs, et que je vais faire connaître : à l’enfant commence à articuler des sons, il est jaloux de sa nourrice ; il n’éprouve plus ce mouvement semblable au hoquet qu’il avait souvent dans les premiers.mois .; il commence à pouvoir cet^ûr ses excrémens; il balbutie des mots ; les mouvemens sont plus sûrs etiaprogréssion moins chancelante-

Troisième époque ; depuis deux ans jusqu’à sept.

Eruption et oesufieotioud’amtre^^dents , et Système os s eMse.

{F. p. 102 et lis).

Il me semble inutile de dire que pendant cette période de la vie les sens seperfectiomient successivement, les membres reçoivent des formes plus prononcées, , etc. ; des caractères de cette nature^ outre qu’ils sont connus de tout le monde,, ne présentent pas

assez de précision pour déterminer l’âge d’un enfant à deux on trois ans près.

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