‹ Traité de médecine légaleChapitre 55 sur 167 · LES COUPS ET BLESSURES · texte numérisé non relu

LES COUPS ET BLESSURES

assassins qui ont intérêt à faire croire à un suicide , ou a tromper sur le genre de mort, s'adressent toujours aux gros vaisseaux ou au cœur pour y faire une grande plaie. Leur fraude est aisée à reconnaître , car ce cœur et ces gros vaisseaux ne donneront point d’hémorrhagie ; au moins il ne s’écoulera pas du sang en quantité suffisante pour rendre raison de la mort par sa perte. Un coup qui aura intéressé le tissu pulmonaire ou le foie pourra avoir fait couler du sang eu nappe ; mais cela ne suffira pas pour expliquer la mort, il faut que quelques gros troncs aient été atteints et aient largement saigné. L’embarras est un peu plus grand pour distinguer les contusions faites pendant la vie d’avec celles qui auront été faites après la mort. Chaussier, cite dans la thèse de M. Rieux sur l’ecchymose,a distingué, comme nous venons de le faire, pour les violences produites par les autres instruments, le cas où les contusions auraient été faites immédiatement

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us avons déjà eu plusieurs fois 1 occa- après la mort ou beaucoup plus tard , 20

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a de taire la distinction des effets cada- ;ques dans les lésions occasionnées par lence extérieure. ÎNous avons dit en >i l’ecchymose réelle différait de la sudation ou des lividités cadavériques, çchias avait déjà clairement établi te différence. D'autres auteurs ont né depuis le résultat de leur obserion ou de leurs expériences, pour mguer les plaies ou violences faites is la mort de celles commises pendant ie. Ln instrument piquant introduit s les tissus d’un cadavre un quart Mire ou vingt minutes après la mort, .c.isionne quebicn rarement un écouent de sang, alors même qu’il a trasé des organes parenchymateux des iseaux. A la même époque , la plaie 2 par un instrument tranchant est un saignante; ses bords se recouvrent de ’ plastique. Mais passé vingt minutes ine demi-heure, la plaie n’occasionne ’ ! . “’roorrhagie; les lèvres de la plaie . ,laf:‘.rdes. La même plaie faite pena vie aurait abondamment saigné ; nuslcs lèvres auraient été plus écar- . gontleps et rouges par la double 0,1 de I instrument et de l’air La -'stance de quelques symptômes vi- , I hémorrhagie pendant les nrpcs vingt minutes qui suivent |a ’. l,rnl lîl continuation de la vie mque dans le système capillaire < Jans I,;, (tro, vamsc.Ttii , ,-tu cœur.l,

St dfja etemtc complètement : or, les

ou 30 heures par exemple. Dans ce dernier cas, la distinction est aisée ; dans le premier, elle est difficile; nous entrerons dans les détails en rapportant des expénences plus précises. Le professeur Christison d’Edimbourg a fait frapper de coups de bâton des cadavres à diverses distances de la mort ; il a vu que les coups violents portes plusieurs heures après la mort, produisent sur le cadavre des traces qui sous le rapport de la couleur ne diffèrent pas du tout de celles qui résultent des coups reçus peu de temps avant la mort ; qu’en général les changements de couleur, de même que la lividité cadavérique, sont produits par l’effusion d’ùne couche excessivement mince de la partie fluide du sang à la surface de la peau sous l’épiderme , mais quelquefois aussi par l’épanchement du sang en une couche sensiblement épaisse dans Je tissu même de la peau; qu’entin du sang peut etre épanché dans le tissu cellulaire sous-cutané, au point de rendre rouges ou même noires les cloisons membraneuses qui séparent les cellules adipeuses , mais celle dernière altération n occupe jamais un grand espace. Un médecin de Paris a réduit la question à des termes plus précis : I\I. Devèrgic avant suspendu un cadavre par le cou , pour essayer si la suspension déterminerait la rupture delà membrane interne des euro tides, vif. ce cadavre tomber sur le. sol , ensuite de la rupture de la corde. La face

avait frappé contre le pavé : on vit avec surprise s’écouler du nez une quantité de sang qu’on évalua à un quart de verre. En même temps, il se forma sur la pommette gauche une ecchymose d’un poucede diamètre ; sur le dos du nez, il s’était fait une petite plaie qui saigna peu. L’ecchymose lut ouverte le lendemain : elle était presqueen tout semblable à celle qui auraiteu lieupendantlavie. Beaucoup de sangétait infiltré dans le tissu cellulaire qui sépare l’os de la peau. Celle-ci colorée en violet comme dans les ecchymoses un peu fortes. Mais la contusion ne formait pas une tumeur rénitente ; au contraire , elle présentait une mollesse contre nature : le sang y était en partie coagulé et en partie liquide. M. Devergie fit plus tard appliquer des coups de bâton sur différentes régions des cadavres, à différentes distances de la mort ; voici le résultat qu’il obtint. Quatre heures après la mort, la percussion ne produit sur la peau que la tache parcheminée , semblable à un point de la circonférence du cou serré dans la pendaison et débarrassé de la corde depuis quelque temps. La violence a rapproche les mailles du tissu en en chassant les liquides. Le tissu s’est rapidement détaché à l’air. Avant quatre heures de mort, un coup porté un peu obliquement produit une excoriation qui devient bientôt une plaque brunâtre, offrant quelquefois une injection vasculaire* La percussion sur des parties profondément charnues, telles que le basventre, les fesses, les cuisses, ne produit rien. Sur les parties qui ont un point d’appui avec une certaine épaisseur de peau, telles que le front, la pommète , les cotes, la crête iliaque, les rotules , elle peut produire une ecchymose semblable à celle du vivant, a cela près quelle ne sera pas rénitente, que la peau n’en sera pas résistante et injectée, le sang extravasé est en loyer et fluide. Dans quelques cas très-rares, on peut produire une ecchymose avec infiltration sanguine du tissu cellulaire et un peu de coagulation du sang. Cette chance peut rendre la distinction difficile ; il faut alors étudier les circonstances concomittantes du délit. Nous n avons pas besoin de dire que rien sur un cidavre ne peut simuler une ecchymose produite plusieurs jours avant la mort.

Les différentes teintes violette, verte, jaune, qui entourent le centre bleu, lui donnent alors un caractère spécial.

On peut avoir à résoudre la question

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de savoir si des viscères ou des muscle ont clé rompus ou déchirés pendant I vie ou après la mort. Les expérience faites par Chaussier et par M. Richeran sur des cadavres précipités d’une grand hauteur ont prouvé que les déchirures d foie, de l’estomac, de la rate, étaient pos sibles. L’absence d’épanchement et d'ei chymose serait l’indice que ce désordi n’a pas eu lieu pendant la vie. La ruptui du diaphragme, qui a lieu par fois sur vivant à cause de la tension de ce muscl est bien difficile sur le cadavre. Peut-êti faudrait-il le poids d’une roue de voitu passant sur le ventre, pour refouler le di, pliragme assez fortement pour le déebire Quand l’expert est appelé auprès d’i blessé vivant, il a à décider silesblessur sont légères, c’est-à-dire si elles n entr; neront qu'une incapacité de travail moi dre de vingt jours ; si elles sont grave c’est-à-dire non mortelles, mais en traîna une incapacité de travail de plus de vin jours; enfin si elles sont mortelles. La J qui nous régit pose ces trois grandes di1 sions. Les juges, et surtout le ministère p blic désirent qu’on réponde catégoriqu ment. Ils disent que l’expert est appi pour porter deslumières et non pour énu tredes doutes. Cette réflexion s’applicj surtout aux cas où les doutes de 1 exp sont charitables pour l’accusé. Mais médecin instruit sait que la médeci ni même la chirurgie ne sont point • sciences mathématiques; leurs prévis!

ne sont pas infaillibles; la blessure plus légère en apparence peut ainei une terminaison funeste ; on a vu un dividu succomber à une petite pl qu’il s’était faite à la narine en se tj dant avec des ciseaux les poils de d partie. D’un autre côté, on a des exe pies avérés de lésions intéressant les ganes les plus importants et auxque le blessé à survécu. Hippocrate , Va sius, Paré, Fodéré, tous les médec sont unanimes sur ces deux proposit!

L’expert doit donc résister aux désirs ministère public et ne prendre des c clusions tranchantes que lorsqu’elles vront diminuer les charges de l’acc Pour le charger, au contraire , il di s’entourer de précautions: si la blés lui parait grave, il dira dans son prei rapport quelles peuvent être les cha heureuses ou funestes, exposera le ti mentqu’il juge convenable et se réscr de donner un pronostic pins positif un rapport subséquent, qu’il ajourné cinq ou six jours. Dans ce second rapf

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imême s’il le faut dans un troisième, il peste qui régnait alors à Rome. Le fisc ‘terminera approximativement combien poursuivit l’auteur de la blessure Si/oius

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guérison doit encore se faire attendre ; dira s’il y a à craindre quelque diffor- ;té ou quelque infirmité permanente • temporaire. Si les blessures sont lé- :res, l’expert déclarera dès la preière visite que leur guérison aura lieu i moins de vingt jours ; il y ajoutera uir l’honneur de son art la réserve suinte : à moins de circonstances extradinaires et dont je ne cois pas la pro-

comme meurtrier. Zacchias, consulté par son avocat, établit que la blessure, quoique grave, était cependant de nature à guérir, puisqu'elle n’avait pas été suivie immédiatement des symptômes qui accompagnent les blessures mortelles de la tête ; que la maladie qui avait tué Ansovini était la peste alors régnante ; enfin, que, loin d’avoir été rendue plus facile . ... . j / - — -jr - par la blessure, la contagion ou l’inva-

uilite. Quant aux blessures delà troi- sion de la peste en avaitpu être reculée, me espèce, la nécessité de la mort ne puisque les médecins conseillaient d’ouit être prononcée que quand cette ca- vrir des exutoires à titre de préservatifs ; trop lie est arrivée. Les ressources in- que le blesséavaitprisla peste d’un ami qui les de la nature pourraient donner un le visitait, et qui en était mort avant lui. menti a un médecin qui serait moins 2° Les passions du malade , sa négliconspect. La mort, bien que succé- gence ou celle des assistants. Le blessé it a une blessure grave, n’est pas tou- peut refuser de se soumettre à un traitei > imputable à 1 oilenseur ; il en est ment convenable , à une opération némeme des complications qui aggra- cessaire. IJ peut déranger l’appareil mis ic les blessures entraînant incapacité sur sa blessure, faire des écarts de rétravail de plus de vingt jours , coin- gime , boire de l’eau-de-vie , de la bière .ations qui amènent des infirmités en excès, comme l’étudiant blessé en duel raanentes ou temporaires. Les acci- et cité par Frédéric Hoffmann. Il peut its peuvent provenir de plusieurs cir- être en proie à la nostalgie, à la crainte istances que nous allons étudier : on d’un jugement, d’un supplice, comme, r donne le nom de sur-causes, parce après les émeutes de Paris et de Lyon, les ils ne sont pas proprement dépendants blessés prisonniers dans les hôpitaux, et a nature de la blessure et ne sauraient qui s’attendaient à passer de là dans les . impu tes a son auteur. Fodéré les prisons et devant les cours d’assises. Les

îr nua ?" ? e[S S,î;T^ ; , pyrents » les amis , les assistants du ma-

Constit utmn individuelle du blesse, Jade , peuvent aussi mettre obstacle au

le, Snt ité?edCn CS- °U C0 ex,'t>antes- traitement ou exciter ses passions , la co-

^ : TrSl Wn C,Tplete des lère’ la cvainle’ ledésespoir; lefaire parler

o.te’ S fnïIîdanS?eqU! G cœui; cst <Iuand 11 a «ne plaie de poitrine, etc.

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ssement des os du crâne, leur ra- remarqué que les plaies de tête se cué-

Ssementou leur nécrosé par le virus rissent plus difficilement à Paris rru’à

Zln ’unVr™"™-’ "" !empéramenl Avie*lon i contraire, à Avignon

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use. quia rendu les os friables. Boh- , VanSwieten, Belloc, Mahon, esnt avec raison que l’accusé ne peut responsable de toutes ces ci remises qu il ignorait ou auxquelles il ne ’a,t certainement pas en faisant la lUpC; V\ursuiv°ns : un blessé n’est n a r/ Çlc» maladies régnantes, sur- ?u / Tr- cs sont épidémiques et con- ‘ 1. ' 110 m*'*ladie de cc genre peut

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lement qu’a Paris. Fodéré professe ™énie opinion P°dr les côtes de la Méditerranée ; Amatus Lusitanus et Zacchias disent qu’à Florence et à Bologne les plaies de tete sont souvent mortelles, tandis qu’elles guérissent fort bien à Raguse et a Rome. Joseph Quercélanus a signalé 1 air de 1‘ errare comme très-favo- 1 abic a la guérison de ces mêmes plaiescette disposition favorable ou fâcheuse

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saient réciproquement de se servir d’armes empoisonnées. Enfin une prison , une salle d’hôpital, l’infirmerie d’une maison de détention , d’un vaisseau, oh le blessé aura été déposé , peuvent avoir un air tellement corrompu que la pourriture d’hôpital y attaque les plaies et lasse tourner à l’adynamie tout mouvement fébrile.

4°Négligence ou ignorance de l’homme de l’art. Zacchias, Roderic à Castro, Fal’inani, l’ont dit, employer un mauvais méclecinest égal à n’en pas employer du tout. On pourrait renchérir sur cet avis. J’ai vu des médecins turcs passer un séton dans le trajet d’une balle qui avait brisé l’os de la cuisse. A la vérité , ces Hakius en turban n’avaient pas été gradués par une faculté européenne. En faisant valoir ce quatrième chef pour diminuer les charges contre l’offenseur, l’expert devra se souvenir que la charité commande de ne pas divulguer trop haut les torts d’un confrère, et surtout de ne pas lui en prêter d’imaginaires. Car, encore une fois, notre art n’est pas tellement certain que des ressources claires et précises aient été prévues pour tous les cas qu’on peut avoir à soigner. Il est mille points de la médecine et même de la chirurgie pour lesquels les traitements les plus contradictoires ont été recommandés. D’ailleurs , puisque la nature désobéit si souvent aux remèdes rationnels , pourquoi croire qu’elle obéit toujours aux traitements dangereux.

On se croyait autrefois obligé d’indiquer le nombre de jours que devait durer un traitement. L’expérience a prouvé qu’on s’exposait à être trompé par l’événement en indiquant ces chiffres avec trop de précision. Il est cependant quelques cas ou la loi demande la fixation d’autres limites que celles des articles 309 et 3 1 1 , moins ou plus de vingt jours. D’après l’art. 231 relatif aux blessures faites aux magistrats, la peine de mort est applicable si la mort a succédé aux blessures dans les quarante jours. On n’a pas besoin d’un expert pour constater si quarante jours se sont écoulés entre le jour des blessures et celui de la mort; mais ses lumières sont indispensables pour juger une question que cet événement soulève toujours : la mort est-elle la conséquence des blessures ou en est-

elle indépendante. Pour répondre, il faut s’assurer s’il y a eu ou non des surcauses, et s’il en a existe, juger leur valeur. Il nous semble qu’on peut et qu on

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doit, lorsque le terme de vingt jours < dépassé pour la guérison d’une blessui indiquer le nombre de jours de plus q cette guérison exigera, surtout si ce no bre doit être petit. Ceci pour facili l’application de l’art. G de la loi de ji <824, qui modère les peines portées j l’art. 309 du Code pénal , lorsau’il ) des circonstances atténuantes : or, le p de durée de la blessure prouve sa léf reté et est une circonstance fort at nuantc.La loi des Lombards, plus terri que notre article 231, rendait l’offensi responsable de la vie du blessé pend:

tout un an. Des lois plus anciennes n’i pas été plus circonspectes. La loi Moïse [Exode, cliap. 21) ordonne le lion, œil pour œil, dent pour dent, m pour main, existence pour existence ; < absout cependant l’auteur de blessu qui auront fait aliter le patient, poui que le patient finisse par se relever marcher en s’appuyant sur son bat L’offenseur qui l’a blessé avec son po ou avec une pierre en est quitte pi lui payer le temps qu’il lui a fait per elles frais de son traitement (v. 18, 1 Moïse dans le même chapitre s’est moi le protecteur des domestiques ou claves. Leur liberté est la con quence et le dédommagement d’une b sure que leur aurait fait le maître cette blessure peut être légère , ca suffit d’une dent cassée (26, 27). L:

romaine dite aquilia, faite au profit maître, pour excuser ses violences co l’esclave , établit une distinction ]j cieuse, qui malheureusement ne s’é; dait pas aux hommes libres sous l’em romain, mais que quelques pays de c écrit appliquèrent plus tard à toi monde. Si verberctlus fucrit servus mortifère , nerfliyenlia auteni périt de vulnerato actio erit , non de oc Il est regrettable que notre légish n’ait pas établi des degrés, des dis tions dans la punition du meurtre crime est évidemment moindre qua est commis sans armes tranchante piquantes. Avec un bâton ou scs po un homme peut avoir le malheur tuer un autre, mais sûrement son iij tion n’était pas de tuer. Il sera cond; aux travaux forcés à perpétuité pour cédé à un mouvement de colère, pro\ peut-être par des insultes et des inj Il sera bien cruel pour l’expert dai cas semblable, de se renfermer dai attributions et de lancer une déclaj»

qui fait tomber une peine si ter J

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souvent les données de la science douteuses, et l’expert demande aux instances du délit des lumières pour er sa conscience. Il remplit les fonc- . d'un jury anticipé. C’est surtout [ne la peine doit être si fort en disortion des intentions du coupable, ne ses actes ont eu des résultats si •s, si imprévus, si peu désirés par qu’il peut être licite à la conscience ;xpert de venir à son secours en inétant des sur-causes, en les suppoleut-ètre, comme ces jurés qui, dans nrps où les tribunaux poursuivaient el comme un crime, tandis que l’on publique l’excusait et l’encouraeomme une sauve-garde de l’hon- . acquittèrent le champion qui avait malheur de tuer son adversaire, en rant que celui-ci avait succombé, pas au coup d’épée , mais à une n de poitrine.

loi française n’a prévu qu’un cas de ire faite dans l’intention spéciale de er. L’art. 31 0 du Code pénal punit des ux forcés à perpétuité le crime de casn, et si la mort arrive dans les quajours, le coupable est condamné t. Par castration, le législateur n’a ntendu seulement l’ablation des fess. Ln arrêt de la Cour de cassation, r septembre 1814, assimile au délit dration l’amputation de la verge, même que les testicules auraient îpectés. Cecrimespéciala d’ailleurs •évu par l’art. 2 du Code pénal, ert peut donc avoir à constater s’il 1 l’une ou l’autre espèce de castraû l’intention de l’offenseur était de une mutilation ou simplement de ■r ; enfin, le cas de mort échéant, si rt a été la suite de la castration et 'une sur-cause. Nous avons déjà dit ans le cas d’outrage à la pudeur femme, celle-ci ayant commis pour emc l’une ou l’autre castration, excusée par la loi. L’art. 325 classe :c cas la castration parmi les meuru blessures excusables. La loi .'inconsidéré comme mutilation les "es faites à la figure et les punit de inakstone rapporte à ce sujet l’hisl un avocat nommé Coke, qui avait - des sicaires de tuer son ennemi, ci crurent avoir accompli leur mani frappant la victime au cou et au . niais le blessé ne succomba pas; oui défiguré. Coke, traduit en jus- >mrne coupable de mutilation, souic son intention avait été de tuer

son ennemi et non de le mutiler. La tentative d’homicide non suivie de mort était punie d’une peine moindre que la mutilation. Les juges eurent donc à prouver que Coke était coupable d’un délit en réalité moindre, pour le condamner à une peine majeure. Filangicri a reproché aux Anglais d’avoir conservé des traditions des barbares ce respect pour les traits de la face, plus grand que le respect de la vie. Les barbares du Nord pouvaient s’appuyer de l’autorité d’un homme trèspolicé du Midi, qui à la vérité était un payen. Platon (lib. 9, de legibus ) regarde une plaie qui cicatrise la figure comme un délit pire que la blessure la plus grave dans une autre partie du corps.

Puisque nous avons jeté un regard rétrograde sur la législation ancienne, des blessures, disons un mot du préjugé qui a pendant plusieurs siècles déshonoré l’humanité. Quand un cadavre était trouvé sur la voie publique ou qu’un homme était trouvé mort chez lui de mort violente, on faisait approcher de ce cadavre les individus arrêtés par suite de soupçon du crime. Si le sang venait à couler de la plaie ou des ouvertures naturelles du cadavre, c’était une preuve que le prisonnier arrêté était l’assassin. Cet écoulement de sang devant l’assassin s’appelait cruentation. Zacchias raconte, d’après des témoignages qui lui paraissent respectables, qu’en Allemagne on coupait le pouce des cadavres, qu’on le gardait et l’observait en présence de chaque prisonnier que la justice arrêtait : s’il saignait on mettait le prisonnièr à la torture pour lui arracher l’aveu de l’assassinat. Fabre, Lyaccius, Novald, Korrnann, ne disent pas combien de prisonniers ont été appliqués à la question par suite de la cruentation des pouces conservés à cet usage. Libavius dit quelque chose de plus curieux : il parle d’une main rôtie qui sua le sang en présence de l’assassin. Zacchias a réfuté ces assertions en homme de bon sens ; mais, après les avoir rapportées en homme crédule, à qui les opinions de son siècle et le témoignage d’un grand nombre d’auteurs imposent visiblement, il a pris la peine de considérer la cruentation comme un miracle, et de la réfuter de ce point de vue. J! a entrevu le fait naturel qui fut sans doute l'origine de l’hypolhèse merveilleuse. Il dit qu’a près certaines maladies on voit sortir du sang par les ouvertures naturelles des cadavres; mais que le sang coule dans la solitude, devant pa-

rents et amis aussi bien que devant indifférents ou ennemis. Ce phénomène que nous avons noté dans l’histoire de la putréfaction est, selon toute apparence, l’origine du préjugé de la cruentation, en même temps que du vampirisme. La crédulité et l’imagination des siècles barbares se seront allumées, en ouvrant des tombeaux quelques jours après les funérailles ou en surveillant des morts qu’on avait gardés un peu long-temps avant de les enterrer. Des rapprochements auront été faits entre le cadavre et les vivants, et une fois l’on aura conclu que le cadavre saignait pour accuser un ennemi bien portant, une autre fois que le sang qui le souillait avait été sucé la nuit à un ennemi, dont.la santé dépérissait. Zacchias, maître du fait naturel si indignement travesti par l’ignorance et la superstition, n’avait qu’un pas à faire pour achever de convaincre lui-même et autrui. Il n’avait qu’à mettre publiquement le cadavre d’une victime en présence de son assassin : il était dans un temps et dans un pays où la chose était facile, mais cette logique expérimentale et simple n’était pas encore de mode. A des assertions absurdes , à des faits faux , on ne savait opposer que des arguties subtiles ; il fallait être un homme supérieur pour se servir de raisonnements solides.

Il nous reste maintenant à classer selon le vœu de la loi les blessures en trois espèces, simples, graves et mortelles.

Plusieurs auteurs estimables ont été audelà de ce vœu en dressant des échelles graduées des diverses blessures et notant à un jour près la durée probable de chacune. Ces tableaux peuvent être utiles à consulter dans les cas où l’on a à indiquer précisément le nombre de jours avant lesquels la guérison ne saurait avoir lieu. M. Biessy de Lyon en a rédigé un que MM. % Briand et Brosson ont transcrit dans leur Manuel. Dans la liste des plaies et blessures que nous allons donner pour chaque classe, la gravité va presque toujours en croissant. On pourra recourir au tableau de M. Biessy, si l’on veut déterminer un chiffre plus précis que celui de moins de vingt jours ou de plus de vingt jours demandés par la loi.

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