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IDENTITÉ, DES RESSEMBLANCES , ET DE LÀ PHYSIONOMIE, ETC

iaqnc nouveau pays qu’on traverse un >sie de presque toutes les personnes vue lesquelles on a vécu intimement.

» lelquelois , mais plus rarement, une e sonne a son Sosie dans le pays même u’il habite, et la ressemblance donn :

eu à «les méprises fort plaisantes. Pour tie cela arrive ainsi , il faut que le lieu ii vivent les deux individus ait une cerlineétenducet une population assez conidérable pour qu’on les aperçoive ra relent à côté l’un de l’autre. Dans un petit ays et dans une population bornée, leur ipproehcment fréquent aurait bientôt it voir leur dissemblance, et l’illusion 1 serait dissipée. Après les voyageurs, ■s habitants desgrandes villes sont donc *s plus exposés à rencontrer de ces jeux e la nature. Pline a fait un chapitre )us le titre de Exempta simililuclinum , ais tous ces exemples ne sont pas chois dans le temps où il vivait’ la cornaisance, ou l’erreur d’optique, augente par le temps encore plus que par ispace. Il nous raconte que le grand nnpée aurait à peine pu être distingué i plébéien Vibius, et de l'affranchi ublicius ; Cneus Scipion ressemblait •odigieusement à un esclave nommé irapion , le proconsul Sura à un pêleur sicilien , les consuls Lentulus et tVtellus aux deux comédiens Sphinter et amphilius. Valerius Maximus raconte le Laodice ayant assassiné son époux ntiochus, roi de Syrie, et voulant réier a sa place, mit dans son lit un cerin Arlimor, qui ressemblait trait pour lit à Antiochus. Les grands et le peue, introduits dans la chambre royale, «tendirent cet imposteur leur recomander la reine et ses enfants. Ils print cette recommandation pour la derère volonté du roi lui-même. De noe temps, nous avons toujours vu les ands personnages avoir des Sosies dans us les rangs île la société La resseinance aperçue par hasard était accrédi- - comme une énigramme ou comme une ttlerie. S tns doute il en était ainsi à >me, mais le rapprochement des pressions, des modèles et des copies, me rait. croire volontiers que les exemples 'es par Pline avaient été choisis parla alice plutôt que par l’adulation.

TV u» al|<,n» maintenant, à l’exemple ' rodéré, emprunter aux causes cébres quelques procès d’identité qui aient la ressemblance pour base prinlale. Nous commencerons par ceux ut les enfants ont été les sujets. A cet

âge les traits étant vagues, s'oublient plus aisément, changent en peu de temps; la supputation qu’il faut faire pour les reconnaître est une nouvelle chance d'erreur.

François-Michel IVoiscn, fut perdu à l’âge de trois ans , le 13 août 17(50. !)<ux ans après, sa marraine, voyant passer nu enfant, croit reconnaître en lui son lilleul et le ramène à sa mère, qui croit le rcconnaîtrcnussi. U ne autre femme vient bientôt réclamer cet enfant, en affirmant qu’il est en pension chez elle depuis deux ans, deux mois de plus par conséquent que l’intervalle pendant lequel Michel IVoisen avait été perdu. Un commissaire de police intervient et adjuge l’entant à la mère, qui réclamait son enfant en pleurant de joie el d’inquiétude. La femme chez laquelle l’enfant était eu pension avertit la veuve Labrie , qui, selon elle, était la mère véritable. Le lieutenant de police renvoie l’affaire devant le Châtelet, qui confirme provisoirement l’ordonnance du commissaire de police: alors on voit une scène semblable a celle que produisit jadis le jugement de Salomon : la veuve Labrie pousse des cris et tombe évanouie comme si eUe avait entendu son arrêt de mort.

Une révision de ce jugement est provoquée, et des chirurgiens sont requis pour examiner l’enfant. François-Michel Noisen avait été saigné au bras droit ; il avait eu à la partie interne du genou gauche un dépôt ouvert par des caustiques; il n’avait pas eu la petite vérole. L’enlant réclamé avait une cicatrice au genou, et de plus quelques marques sur le nez que l’on attribua à la variole. Les avis des chirurgiens furent partagés: par un jugement définitif l’enfant fut déclaré appartenir à la veuve Labrie, et alors se renouvela du côté des époux Noisen la scène de désespoir et de tendresse.

Us en appelèrent au parlement, qui confirma le jugement, en s’appuyant surtout sur les titres et la possession d’état. La dissidence des chirurgiens laissa croire aux juges que les signes tirés de l’inspection du corps étaient équivoques. Cependant la marque du genou, que la mère Labrie attribuait à un bouton suppuré, devait différer beaucoup de la cicatrice profonde, plisséeet irrégulière, telle que l’a faile toujours un caustique ayant produit une perle de substance. La veuve Labrie déclarait que son enfant n’avait jamais élé saigné; le jeune Noisen devait au contraire porter sur son bras la

cicatrice d’une plaie faite par la lancette, et trois chirurgiens affirmèrent reconnaître une cicatrice pareille. Les chirurgiens du Châtelet, ne pouvant nier la cicatrice, l'expliquaient par un abcès dont la mère ne parlait pas. La petite "vérole dont l’enfant portait trace sur sa figure, il pouvait bien l’avoir eue depuis sa disparition ; mais ce qui est plus inconcevable , c’est que le tribunal et. les chirurgiens n’aient fait aucune attention à une déclaration de la veuve Labrie, déclaration confirmée par le mari et la bellemère, qui l’avaient déjà faite chez un notaire de Melun. L’enfant Labrie avait les pieds courts, épatés, et les doigts qui suivent le pouce joints et point fendus. Les chirurgiens du Châtelet passèrent légèrement là-dessus, estimant que l’âge avait pu changer celte disposition première. L’enfant avait les pieds bien conformés. Il nous semble probable qu il n’appartenait pas à la veuve Labrie, bien que celle-ci s’en crût réellement la mère, et prouvât sa croyance par sa tendresse et par ses émotions. La femme chez laquelle l’enfant était en pension savait sans doute le secret de ce procès : ayant perdu par quelque accident ou par une maladie son pensionnaire, elle l’avait remplacé par un enfant enlevé. Un peu de ressemblance avait trompé lesparenls, qui le voyaient rarement, puisque l’enfant dit en pleine audience que la veuve Labrie ne pouvait pas être sa mère, puisqu’elle le laissait manquer de pain.

Un cabaretier de Strasbourg avait placé son enfant malade des écrouelles à l’hôpital Saint-Louis où il mourut. Une femme à qui le cabaretier avait recommandé son fils, vint à l’hôpital pour le voir, et se fit remettre à sa place un autre enfant qui sans doute lui ressemblait un peu, et qui était scrofuleux comme lui. Cet enfant fut remis au cabarelier qui l’emmena à Strasbourg. L’enfant appartenait à un bourgeois de Paris, qui vint à son tour à l’hôpital, et le réclama vainement. A force de perquisitions, on découvrit la méprise, et l’on força le cabaretier de revenir de Strasbourg avec l’enfant qu’il croyait le sien, et dont il recevait les caresses. Le parlement ayant fait compulser les registres de l’hôpital , y trouva la preuve de l’entrée et de la mort de l’enfant du Strasbourgeois, ainsi que de l’entrée de l’autre enfant, lequel fut en conséquence adjugé au bourgeois qui le réclamait, et

qui avait pour lui les litres et la posession constante.

La veuve Lemoine était mère de trois fils : deux, Pierre et Jacques, s’évadent de leur domicile ; elle s’adresse à la police pour avoir de leurs nouvelles. Trois mois après ses voisins croient reconnaître Jacques dans un enfant conduit par un mendiant nommé Munrousseau ; la veuve Lemoine ne partage pas celle illusion : ni le nombre, ni la qualité des personnes qui reconnaissent Jacques ne peuvent triompher de ses scrupules.

Le mendiant est arrêté comme voleur d’enfants , et la veuve poursuivie pour qu’ehe ait à reconnaître l’enfant qu’elle renie. Celui-ci, assez grand et assez intelligent pour profiter de tout ce qui se passe autour de lui et des leçons qu’on lui fait, préféré assez nettement une mère riche à un père mendiant. Les juges condamnent la veuve, qui en appelle au parlement, mais tout à coup l’autre fils fugitif réparait , et rapporte la preuve officielle de la mort de son frère Jacques chez un gentilhomme qui les avait logés tous deux pendant 17 jours. Le curé qui l’avait enterré, les Irèrcs de la charité dans le cimetière desquels cet enterrement avait eu lieu, avaient joint leur certificat à celui du gentilhomme. Alors un chirurgien qui avait d’abord cru retrouver sur la têle du fils de Mourousseau la cicatrice d’une plaie qu’il avait pansée à Jacques, montra de l’embarras et de l’hésitation. Le parlement rendit le faux Jacques au mendiant, et à celui-ci la liberté.

Martin Guerre était absent depuis huit ans : tout à coup sa famille croit le voir reparaître. L’aventurier, qui profite de celte illusion , est mis en possession des biens et de la femme de Martin Guerre: il en a deux enfants, et vit Irois ans avec elle. Alors s’élèvent des doutes sur son identité j le parlement de Toulouse entend trois cents témoins. Tren»e ou quarante croient reconnaître Martin Guerre, avec qui ils avaient été intimement liés dès l’enfance; un nombre à peu près pareil de témoins certifient que c’csl un imposteur, et que son véritable nom est Arnauld 13u ti I le ; le reste est dans l’incertitude. Les juges étaient disposés à le reconnaître pour Martin 1 Guerre, moins par une conviction nette que par intérêt pour les enfants, lorsque ' le véritable Martin Guerre arriva et fut 1 confronté à l’impo leur, qui l’avait dé- ' pouillé de tout, jusqu’à sou nom. L’im-

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