‹ Traité de médecine légale, suivi du traité des exhumations juridiquesChapitre 7 sur 25 · SI · texte numérisé non relu

SI

Putréfaction des cadavres de vieillards enveloppés dans une serpillière , et enterrés au cimetièi’e de Bicêtre.

Nous ne saurions mieux faire connaître la marche que suit la putréfaction de ces cadavres qu’en rappor-

(i) C’est dans cet article que nous indiquerons la composition des terrains où nous avons inhumé les cadavres qui font l’objet de ce travail.

DES EXHUMATIOSS JUBIDIQUES. 3l

tant, avec tous leurs détails, les nécropsies d’une partie des corps que nous avons exhumés.

Lançon, âgé de quatre-vingts ans, mort le 5 mars 1 83o , à la suite d’une double pneumonie , et inhumé le 8 du même mois au cimetière de Bicêtre, fut exhumé le 23, quinze jours après l’inhumation; il avait été simplement enveloppé dans une serpillière , sorte de grosse toile claire, bien différente, par conséquent, des draps ordinaires (i). Quelque temps avant d’enterrer ce cadavre on avait tiré un coup de pistolet à bout portant dans la bouche , pour savoir jusqu’à quel point l’os maxillaire inférieur pouvait se fracturer.

La serpillière est entière et recouvre tout le corps , excepté à la partie antérieure et moyenne du thorax, où ses bords sont légèrement écartés ; sa couleur est un peu plus brune . qu’avant l’inhumation , et elle résiste encore beaucoup quand on veut la déchirer.

Le cadavre est également entier; mais en enlevant la serpillière on détache, dans quelques endroits, de petits lambeaux d’épiderme, dont quelques-uns adhèrent à peine à cette toile, et que l’on peut facilement en séparer : ces lambeaux offrent les caractères de l’épiderme qui est encore attaché à la peau , et dont nous parlerens

(i) Pendant ces quinze jours , la température avait presque constamment été de lo® à i4° thermomètre centigrade, à midi.

TRAITÉ

bientôt. La partie antérieure du corps est couverte de terre qui y adhère çà et là , et y est comme massée; on ne peut l’enlever qu’en détachant l’épiderme sousjacent.

La coloration generale de cette partie du cadavre , débarrassée de terre, est d’un blanc jaunâtre tirant légèrement sur le rosé dans certains points; toutefois l’abdomen est d’un vert clair ; en arrière , la, couleur est violette. On trouve quelques vers sur le ventre, mais particulièrement au dos. Le corps exhale une odeur assez fétide.

\I épiderme existe presque partout ; il est ridé , trèslégèrement soulevé , et facile à détacher en petits lambeaux, excepté dans certaines parties où il ne peut être séparé que sous forme d’un enduit; ces lambeaux sont minces, translucides, d’un blanc grisâtre, même lorsqu’ils proviennent de l’abdomen, qui est coloré en vert, comme nous l’avons déjà dit; on voit toutefois à la partie interne et inférieure de la jambe gauche un de ces lambeaux d’un vert-pré , et la peau sous-jacente est bledâtre et comme ecehymosée. L’épiderme de la face plantaire des pieds est trèsadhérent, plus sec et plus mat que partout ailleurs ;r celui de la face dorsale n’offre rien de remarquable. La paume des mains et les doigts sont recouverts par cette cuticule qui ressemble aæez à celle de la face plantaire des pieds; la face dorsale du carpe et du métacarpe en est presque entièrement dépourvue. Les ongles s’arrachent avec facilité; ils sont assez élastiques , un peu ramollis et à peine translucides ; la

DES EXHDMATIOlïS JDRTDIQDES.

peau (ju’ils recouvrent offre déjà une teinte rosée et même rougeâtre dans certains points.

La peau , colorée, comme il a été dit en parlant de la coloration générale du corps , est dans l’état naturel, si ce n’est qu’elle est un peu ramollie. Le tissu cellulaire sous-cutané et intermusculaire ne diffère pas de l’état normal , excepté à la partie postérieure du crâne et à la partie moyenne et supérieure du dos, où il est sensiblement ramolli sans être inlSltré , et à la partie inférieure du dos, où il est le siège d’une infiltration sanguinolente qui lui donne l’aspect d’une gelée rouge.

Les muscles sont en général d’un rouge pâle, ramollis et faciles à déchirer ; ceux de Fabdoraen sont de couleur livide et verdâtre ; ceux de la partie inférieure du dos sont plus ramollis, infiltrés de sérosité sanguinolente , et rougeâtres.

Les nerfs ^ les tendons aponévroses cartilages et les Ugamens sont dans l’état naturel.

La tête. La tête est couverte de cheveux gris assez adhérens. La face est encore très-reconnaissable ; elle est de couleur jaunâtre au front , au menton et à droite ; la partie latérale gauche est légèrement verdâtre , comme ecchymosée. Les orbites paraissent pleins ; les paupières sont appliquées sur la partie antérieure des globes oculaires qui est un peu affaissée j elles sont entières , un peu amincies et légèrement ramollies. Les yeux offrent encore toutes les parties qui les composent ; la cornée transparente est la seule membrane qui soit affaissée ; elle est notablement obscurcie ; l’humeur ^ vitrée présente une teinte bistre clair ; à cela près , les

membranes et les humeurs de l’œil paraissent dans l’état naturel. Les muscles destinés à mouvoir les globes oculaires sont pâles et ramollis, tandis que le paquet graisseux qui les environne est à l’état normal. Le nez est entier et dè couleur jaunâtre ; ses ailes sont légèrement déprimées. La bouche est largement ouverte. Les lèvres sont ramollies, amincies, d’un gris verdâtre à gauche , et d’une teinte plus claire à droite. Le menton et les joues sont couverts de barbe blanche ; les os maxillaires offrent encore quelques dents.. Les oreilles sont en partie dé^uillées d’épiderme; le derme , misà nu , est d’un rouge vif. La peau du çr^e , débarrassée de cheveux , est d’un rouge vif tirant sur le violet; celle des régions temporales est d’un rouge moins foncé : lorsqu’on l’incise , on voit quelle adhère encore fortement , et que le tissu cellulaire sous-jacent estdiumide et a une grande tendance à s’infiltrer, surtout en arrière et aux parties postérieures latérales.

Le cerveau, si ce n’est qu’il est un peu ramolli, est dans l’état naturel ; le ramollis sement est plus marqué dans la substance grise. Le cervelet, dans lequel on trouve proportionnellement beaucoup plus de substance grise, est sensiblement plus ramolli; la protubérance annulaire a également perdu de sa consistance ; toutefois, ces divers organes sont assez bien conservés pour servir à l’étude anatomique. La moelle épinière est à peu près dans l’état naturel.

Thorax. partie antérieure du thorax est couverte de poils gris qui y sont peu adhérens. Les deux cavités du -thorax renferment une assez grande quantité de

sérosité sangumolente ; il y a des adhérences . surtout à gauche. Les poumons , d’un volume et d’un aspect ordinaires , nagent sur l’eau , sont crépitans , excepté dans certaines parties du lobe moyen droit, qui sont rouges , dures et au premier degré d’hépatisation , et dans une grande partie du lobe supérieur gauche, qui est le siège de l’hépatisation gri^. Les plèvres, aux adhérence près , dont nous avons parlé, sont dans l’état naturel. La membrane muqueuse de la trachée-artère est d’un vert noirâtre plus foncé du côté des bronches et .dans les divisions de ceUes-ci , que du côté du larynx , où elle est à peine colorée en gris rougeati’e et piquetée de quelques points noirs. L’intérieur du larynx et la face inférieure de l’épiglotte sont-d’un gris légèrement violacé et parsemés çà et là de taches noirâtres. La membrane muqueuse laryngo-trachéale n’est pas sensiblement ramollie ; le tissu cellulaire qu’elle recouvre , surtout à la base de l’épiglotte , est in^tré. Les cartilages du larynx et de la trachée-artère sont dansl’état naturel.

Le péricarde, légèrement ramolli, contient quelques onces de sérosité jaunâtre ; du reste , il est à. l’état normal. Le coeur , très-volun^ineux , renferme beaucoup de sang noir, en partie coagulé, et n’offre rien de remarquable ; les valvules sigmoïdes sont ossifiées. L’aorte et les autres artères contiennent du sang noir en partie coagulé; leur membrane interne, de couleur naturelle , ne présente encore aucun indice de cette teinte rouge qui annonce une imbibition cadavérique. La veine cave inférieure renferme aussi du sang no h’ fluide , et n’est pas plus colorée que les artères.

TRAITÉ

Le diaphragme est dans l’état naturel.

Canal digestif. Il y a dans la cavité de l’abdomen une certaine quantité d’un liquide comme bilieux, La bouche offre , dans presque toute l’étendue de la voûte palatine, une couleür bleuâtre qui correspond à l’endroit par lequel avait pénétré la balle du pistolet. Le voile du palais , ses piliers , la luette et le pharynx sont d’un rose violacé , tirant sur le pâle , et présentent çà et là de petites taches bleuâtres , dues peut-être à des grains de poudre. La langue , d’une couleur violacée pâle , est sensiblement raraolbe , et offre , vers sa partie postérieure , des taches noirâtres comme celles qui existaient au voile du palais; L’œsophage, légèrement ramolli, paraît à l’état normal, si ce n’est qu’on y remarque à l’intérieur plusieurs petites tumeurs variqueuses remplies de sang noir liquide , tumeurs qui constituent évidemment une lésion pathologique. U estomac conlienl environ deux cuillerées d’un liquide brunâtre assez épais et fétide ; la membrane muqueuse, dans sa partie pylprique , présente une large plaque d’un gris bleuâtre, semblable au cérat mercuriel, qui s’é- ^ tend jusqu’à deux pouces au-delà du pylore ; dans les autres parties elle est jaunâtre , excepté toutefois vers le grand cul-de-sac, et dans l’étendue d’environ trois pouces carrés , où elle est rougeâtre et piquetée d’un rouge vif, sous forme d’une arborisation extrêmement fine , ce que l’on doit attribuer à une lésion existant avant la mort. On remarque aussi au-dêssous des autres parties de cette membrane muqueuse , qui ne sont pas colorées en gris bleuâtre , l’arborisation vasculaire

qui s’y trouve habituellement: du reste, cette membrane est sensiblement ramolbe , surtout dans sa partie splénique. La tunique musculeuse est grisâtre et ne participe nullement de la teinte bleue que l’on remarquait près du pylore. La membrane: séreuse est jaunâtre , et d’un jaune rose par places. Les épiploons sont un peu-plus gris qu’à l’état naturel. Les intestins grêles, d’un gris légèrement rougeâtre à l’extérieur, n’offrent que la première de ces couleurs à leur face interne ; on n’y découvre aucune trace de rougeur; leur membrane muqueuse est un peu ramollie ; les valvules conniventes sont très-apparentes. Les gros intestins sont dans l’état naturel.

Le foie^ àe couleur verte à l’extérieur, surtout à droite, est un peu ramolli et ne présente rien d’extraordinaire. La^ésicule biliaire est distendue par une grande quantité de bile. La rate et le pancréas sont un peu ramollis.

Organes urinaires et génitaux. Les reins sont à l’état normal ; il en est de même de la vessie , qui renferme beaucoup d’urine. La verge est très-molle ; les corps caverneux sont affaissés et ne contiennent point de sang. Le scrotum est dans l’état naturel et couvert de poils , ainsi que le pubis. Les testicules , quoique ramollis , ont conservé leur forme, leur structure; il en est de même des épididymes , des cordons testiculaires et des vésicules séminales.

Remarque. Cette observation est remarquable par la teinte noirâtre de la membrane muqueuse de la partie moyenne et inférieure delà trachée-artère et desbron-

TÉAliÉ

ches , teinte qui n’est béf-tâmeïrieht pas le résultat d’unè lésion qui àürâit existé avant là ^ mort; d’une autre part , elle né^bus îiàràît pas devoir être cbhsidéréë cbinnie un pliénomèiié câdâvérîqUe, puisque nous ne l’avons jàttiais rencontrée , èt qU’au cofatrairè les càdàtî’és ^i sont restés Quinze, vingt-cinq ou quà- 'rântê jours dàris la lérrè, bffient uhè cbiôràtidii rbUgeâtre dè la riiémbràriè UiUqüéüse des vbiës araîériiiés. ( Vùj. pâgès @r et Si.) Tbiit porté à ctbire qüe bêtlé couleur èst dUe à l’ihtrbductibn dàris lé làrÿhx ét dans la tràchéè artèré , de la portion là plus flüidè dés maliêfës noirâtrés qUe râtine à feU avait làiSséèS dahs là BbuéKè; ces matières , ramollies par les mucosités èt là Sàlivë j àurâiéiit chéminé vers les broricîiès, comme l’eaU pénètre lorsque les càdàvrès sont plonges dàris éë liquidé^ comme là terre s’ÿ mtroduit elle-mèmé lorsque les corps sont énsévëlis tbut liüs. ( Vày. page 5 i . )

âgé de soîiànté-dix ans, mort lé 5 ihàrs i83b â là suite d’üné pneuftionié qui avait duré quâtbrzë jours, fut inhumé lé 7 du mêiUë mois âü ciirrëtièi-é dé Bicêtré, à la prbfondëur dè trois pièds ét déini; après avoir été simplement èhveloppé dans une Sei'pillîètë. L’exliumation eut Kéü lé là àviîl , trëntë-sèpt j'ourS après rinhürnatiôn. Un thérmornêtré centigrade / laisse pendant quelques minutes à un pied ëiivirbii àü-dessous de l’endroit où rèpbSàit le CorpS , marquait 9* -jb®, tandis qu’il s’élevait à iO" dàUs l’atiriosphèrè ; niàiS il est bon d’observér qùë la témpéràtUré , qui àvâit été

DES EXHDMXTIOîîS JüaiDIQDES. Sq

de 1 8° à 22® therm, cent., avait notablement baissé depuis deux jours. La température moyenne , pendant le mois de mars avait été de 8,9 -{- 0° therm. centigr., et pendant les douze premiers jours d’avril , de i3 à 22® à midi. Le cadavre est entier, couvert de terre et d’une grande partie de la serpillière , les autres portions de cette toile ayant été détruites ; plusieurs des lambeaux restans peuvent être facilement séparés ; d’autres , au contraire , et ils sont assez nombreux , sont entièrement mélangés avec la terre avec laquelle ils sont comme massés, et adhèrent tellement au corps, que pour les enlever il faut gratter assez fortement avec le scalpel , et alors on détache aussi de larges plaques d’épiderme qui restent étroitement unies avec le mélange de terre et de serpillière dont il s’agit. L’odeur qu’exhale le cadavre est assez fétide; son aspect est humide et luisant; on ne découvre ni vers ni mouches a sa surface. Sa partie antérieure offre une teinte générale d’un. jaune sale tirant sur le rose; cependant on remarque plusieurs plaques vertes à la partie antérieure des jambes et aux aines , et d’autres d!un rouge assez foncé disséminées cà et là; l’abdomen est vert dans toute sa moitié inférieure ; il est jaunâtre j plaqué de vert dans sa partie sus- ombilicale; les parties latérales et inférieures du thorax. Surtout à gauche, sont d’un gris verdâtre. En arrière, le tronc est rougeâtre , parsemé de plaques vertes et d’un rouge foncé.

U épiderme existe partout, excepté dans les portions que l’on a été obligé de gratter fortement pour enlever la serpillière et la terre; mais il se détache avec la plus

grande facilité par longs lambeaux d’un blanc grisâtre, translucides, se déchirant par la plus légère traction; toutefois , celui qui recouvre la paume des mains et la plante des pieds est presque opaque, beaucoup plus épais et d’un blanc tirant légèrement sur le jauné ; sa face interne , dans quelques pardes, est colorée en rouge ou en vert par un liquide séreux que l’on entraîne par le lavage , et alors on voit reparaître la couleur blanche du tissu. Les portions d’épiderme détachées avec la serpillière ne peuvent plus en être séparées que sous forme d’un enduit extrêmement mince , rouge , brun ou verdâtre. Les ongles qui recouvrent encore la plupart des doigts et tous les orteils, s’enlèvent aisément à l’aide de pinces ; ils sont de couleur ordinaire , faciles à couper, comme s’ils avaient été trempés dans l’eau , et translucides ; le derme qu’ils recouvrent est d’un rouge cerise , humide et luisant.

IjA peau , diversement colorée suivant les régions où on l’examine , offre les mêmes teintes que la surface du corps ; du reste , elle ne diffère de l’état naturel que par un certain degré d’amincissement. Le tissu cellulaire n’est pas saponifié; il est un peu ramolli, moins élastique et plus sec ; aussi forme-t-il, entre la peau et lès parties sousjacentes, une couche nioins épaisse que de coutume ; sa couleur est à peu près la même qu’à l’état naturel; celui.de la partie inférieure et postérieure des jambes est infiltré par une sérosité rougeâtre qui lui donne un aspect gélatineux.

Les muscles sont ramollis, d’un rouge pâle aux cuisses, aux bras, aux avant-bras, mais surtout au thorax,

DES EXHUMATIOISS JimiDIQDES.

où les grands pectoraux sont presque décolorés ; ceux des jambes et des pieds sont d’un rouge un peu plus foncé ; dans les portions de l’abdomen qui correspondent aux parties que nous avons dit être vertes, ils sont d’un rouge assez pâle,- enfin, ceux du dos sont encore plus ramollis, infiltrés d’une sérosité sanguinolente et d’un rouge plus foncé que partout ailleurs.

Les tendons et les ligamens sont dans l’état naturel; il en est de même des cartilages^ si ce n’est qu’ils offrent une couleur rosée dans quelques points. Les os n’ont éprouvé aucun changement notable; toutefois, à la face interne des tibias, ils sont rosés, ce qui tient sans doute à ce que la peau qui les recouvrait était plaquée de rouge foncé.

Tête. La face est reconnaissable, en sorte que l’identité pourrait être constatée ; elle est généralement d’un rouge sale dans son müieu , et d’un rouge violacé sur les côtés. Le front est jaune, plaqué de rouge cerise ; les paupières sont d’un blanc giisâtre rosé , amincies , entières , dépourvues de cils. Les globes oculaires sont très-affaissés et paraissent vides au premier abord ; la cornée transparente est notablement obscurcie ; cependant on trouve dans ces organes toutes les membranes parfaitement reconnaissables aux caractères qui leur sont propres, et toutes les humeurs ; à la vérité , pa.rmi ces dernières, le cristallin seul a conservé sa forme et ses propriétés; les autres sont remplacées par un fluide, peu consistant, de couleur bistre qui semble être due à la choroïde. Les paquets graisseux, qui occupent le fond des orbites sont imprégnés d’une matière huileuse jaunâtre, et nulle-

TRAITÉ

nient sapbnifiëés. Les muscles destinés à mouvoir les yeux sont téllémentpales et ramollis, qu’on a de la peiné à àperCévoir leurs fibres. Le nez est entier et fortement déprinié sur lés côtés; la peau qui recouvre les os prdpi-ës d’un brun nôirâtré; dans le reste dè son étendue , elle est d’un blanc jaunâtre ; les lèvres sont entières aussi , un peu ramollies et d’un jaune térreux ; la bouche est ouvérte; la membrane gingivale est d’ün blanc ^isâtre ét presque décolorée ; les os maxillaires sont encore garnis de quelques dents. Le menton est d’ün jaune terreux ; les jôueS sont jaunâtres dans leur nfoitié àUtéiiéüre , ét d’un rouge violacé en arrière et en haut. Les oreilles sont entières j en partie dépouillées d’épiderme^ et de couleur jaune rougeâtre sale; la gauche est sèche, la droite ésthuniide et assez ramollie. Des cheveux sont accolés sur la péaU du crâné j mais on les enlève facilement; après avoir ^atté dans cétte région àvëc un scalpel et avoir détaché lës chévéïix ét l’éjfidermè; On voit ^ue la peau est lie dé vin ; lé tissu célluîarfé est hximide et legèrëniént infiltré par Un lipide rougeâtre à là partie postériéurë ét inférieure ; du i-èste, on distingue très-bièn l’apOhévroSe crâhiénrië.

Le cejvèràu: ne fèrriplit pàé là cavité dü Crâne ; il ëàt réduit à peu près àüï sept huitièmes dë son vblümé , ét il existé ën’ti'è lui. et la dure^iUèrë dès gaz âséëz fétides. Il semblé réduit en ünë bbuillié d’ün violet vérdâtrë â reitéi'iëür ; èii lincisant ,“ on s’assure qui! ést en éffët trés-ràmblli, et qü’il cbtdè cbmmé ürié bouillie trèsépaisse , d’ün ^s violacé dans quelques parties , d’un gris de fér dans d’autres et d’üne ^andé fétidité. On

DES EXHUMATldSS JURIDIQUES. 4^

peut encore distinguer les deux substances grise et blancbè, mais avec peine, et il serait impossible dê rèconnaîtÉe aucun des or^nes qui entrent dans la composition des ventricules, etc. Le cérvèlét est en coté pltis mou et plus putréfié que le cerveau. Les nerfs sblit d’un gris rosé et tfès-résistans. La duré-mèré est éntiêre , dé couleur bleué tirant süf lé vétt à l’extérieur, et d’un violet verdâtre à Sa face interné; sa structure et sa cOnsîstaiicë ne paraissent point changées.

Thorax. Il existé dans les cavités deS plèvres üiiè petite quantité d’un liquide Sanguinolent; céS mernbranès sont un peu tamoliies et grisâtres. L’iniérièür du larynx , dé la tràchée-artèrê èt dés btôncbes ést dè couleur olive clair, èürtôuf à l’éj^igldtte ët Sur lès Cercèâüx cartilàgihéüx j qUaiid dù lave la meïnbtâne iiiüquéüsé ,1a teinté verdâtre diminué d’intensité et sèmbié prendre un réflet livide; en ënlévant cëtté membrane, ôii voit que là turiiqüê müscülâirè est rdUgéâtté ét ramdlliè ; les cartilages du larynx et de la trachéë- artère sé coupent ét se cassent facilement. LéS pôumdns Sont nioUs , emphyséinàtèüx , Crépitaris , éxcepîé dàUs quèl- <jues jiàrties j de couleur et dé volume ordinaires , et riàgéarttsur l’eaU; leui’ partie postérieUré éSt gorgée de sang , ce qui dépend en graudé partie d’Uii éngorgémènt qui avait èù liéli pèndantla vie ; quélques pdirtidns dé cette mêhié région pféSehtéht lés câfâctérés dé l’hêpàtisâtion roUgé et grisé ; dû resté j dans tdütés lès àutréS parties, là Sfûücturé dé cét organe éSt pàrfâiterùënt rëcônnaissabléi Lé pérlcaédé rèrtfërmé Uhpéu dé sérb- Mté sangùihdlénte ; H ést légèrènféfit toü^âti’é; pàr

TBA.ITÉ

suite de l’imbibition de sang , et se déchire assez facilement. Le cœur, de volume et d’épaisseur ordinaires, est ramolli et contient du sang en partie fluide, en partie coagulé; la couleur de ses parois internes est un peu plus foncée qu’à l’état naturel ; la valvule tricuspide présente quelques taches noirâtres, qui sont aussi l’effet de l’imbibition, et qu’on pourrait, jusqu’à un certain point , confondre avec celles que déterminent certains poisons ; du reste-, on reconnaît toutes les parties qui composent l’organe dont nous parlons. L’aorte, l’artère et les veines pulmonaires renferment du sang moitié liquide, moitié coagulé; leurs parois internes sont à peine colorées en rougeâtre clair, et cette teinte peut s’enlever en grande partie par le lavage; les tuniques sont ramollies et se séparent facilement les unes des autres. Les artères des membres contiennent aussi du sang noir épais; leur -membrane interne est beaucoup moins rouge que celle des veines correspondantes, et se. détache avec la plus grande facilité. Les veines des membres renferment également un péu de sang noir épais ; leur tunique interne est d’un rouge assez foncé, même après avoir été lavée ; du reste, elle est lisse, et paraît dans l’état naturel. Le diaphragme est un peu ramolli et de couleur ordinaire.

Canal digestif . La membrane muqueuse de la bouche est d’un gris légèrement verdâtre, surtout en arrière; en avant, sa couleur est un peu plus claire; du reste , elle est ramollie. La langue a perdu beaucoup de sa consistance; elle est d’un vert préqjlaqué de livide en haut dans sa moitié .postérieure , tandis qu’elle est

DES EXHDMATIONS JURIDIQUES. 45

d’un gris rouge antérieurement ; sa face inférieure est pâle dans toute son étendue; sa structure ne paraît avoir subi aucun changement. L’arrière-bouche offre aussi une teinte verdâtre. L’œsophage est d’un rouge cerise à l’extérieur; intérieurement il est d’un vert pré sale, comme la langue dans son tiers supérieur; la membrane muqueuse est au contraire d’un rouge pâle dans ses deux tiers inférieurs; on voit çà et là, dans toute son étendue, des taches ou plutôt de petites élevurës comme lenticulaires noirâtres , qui sont de véritables ecchymoses formées par du sang épanché et coagulé entre les membranes muqueuse et musculeuse; cette dernière tunique est d’un rouge violacé , .et peut être facilement séparée des autre.»; , qui sont toutes sensiblement l’amollies. Il est évident , d’après ce qui précède , que l’œsophage ne saurait être considéré comme étant le siège d’une inflammation. -

12 estomac renferme à peine une cuillerée d’un liquide lie de vin ; il est rouge à l’extérieur, surtout en bas dans une assez grande étendue de la grande courbure; cette . surface externe est très-lisse; la membrane muqueuse, après avoir été lavée, est généralement grise, tirant un peu sur le rosé; dans les parties qui correspondit à la grande courbure, elle est d’un rouge assez 'foncé. Près du pylore , on remarqué une injection vasculaire très-fine d’un rouge cerise vif ; on y voit aussi de grosses veines remplies de sang noir; cette arborisation est un effet évident d’une lésion de l’estomac ; du reste , la membrane muqueuse gastrique est encore assez adhérente et peu ramollie. On ne voit pas, dans la ré-

4§ TilAIT^

gipn pylorique, ces pkques vertes tirant sur l’ardoise, que nous avom observées dans d’autres puyertures. ( ?3* ) La membrane est un peu ramplUe

et de couleur naturelle ; la tunique séreuse paraît à l’état normal. . Les éÿiphoris ^ont aussi up peu plus mous j quelques-uns de leurs vaisseaux Spnt gorgés de sang npir. canal intestinal est trèsTdisteudp par des ga?; sa couleur extérieure est naturelle, excepté daps les portiops qui correspondent au foie et à la rate, où elle se rapproche de celle dp ces depx PiÇg^nes ; la nrePl* brape muqueuse est §?â-Satre t dans certaines parties, çe^ pendant , elle .est rosée et mçme; violacée ; là où elle est couverte par des excréînens , elle pf/re une tcinte jaunitoef mai? <îuati4/in )a laxe , on démelie, un endpît dp cette couleur, et on voit qu’elle f^t aussi grisâtre, mélée de ^Viioletot de rose.

La rate est noire, extrêmement. ramoUiC} au poipt qu Op la déchire en renleyant ; il n.’est plus possible de reconnaître sa structure, hejpie ressemble tout-ù-^it ù

celiii d-Çs. cadavres .que l’on pjuyre. peu .de temps ;après la iport^ si^eja’cft qft’iies? nmpeppiusmw. eîjù’pne cpuleuriplus hrppe.Jia yésicpîe dubel estià-l’état normal j la hile qicelie renferme est épaisse,^ jaunâtre , et communique cette .têinte à ,la tunique interne.

Organes uriM.ir.es et génitaysc.X^p^^ mpt tçfSramollis ; on en sépare aisément la memtra*^® externe ; ils sont d’une couleur .foncée , mais ;On y. 4i?tingueencore bien -les trois substànces, Ija yessie. est pmple et d’une couleur trosée. à l’intérieur ; du reste., elle ne ppf raît pas ayolr subi d altération. La verge est entière ,

DES EXHTJMATIONS JURIDIQUES.

ramollie, en partie dépouillée d epiderme ; son extrémité libre est violacée; on distingue parfaitement la structure des corps caverneux, du canal de l’urètre , des testicules , etc. , mais ces organes sont très-ramollis ; la tunique albuginée est très -légèrement violacée.

âgé de soixante-huit ans, mort le jp janvier i83o, d’une attaque d’apoplexie, fut inhumé tout nu le surlendemain au cimetière de Biçêtre, dans ime fosse particulière , creusée à quatre pieds environ : depuis long-temps cet individu était en proie aux symptômes d’uné hypertrophie du cœur. L’exhumation eut lieu le 9 mars i83o à dix heures du matin, c’està-dire quarante-sept jours après celui de rinhuraation. La température moyenne de l’atmosphère ay^t été, dn 21 au 3i janvier, de 1,6— 0° ; pendant le mois de février, de i°,2 — 0° (i), et pendant les neuf premiers jours de mars, de 10,2 -f- o® au maximum. Examen du corps. Le cadavre est entier, ni affaissé, ni ttiinéfié, un peu humide et couvert de terre qui est comme massée à sa surface. On enlève cette terre ayec précaution à l’aide d’on scalpel, et quelque spin que l’on prenne, on détache presque partout en mênie ternps des lambeaux d’épiderme. Lorsque le corps est ainsi débarrassé de la terfe

(i) Sur ces quarante jours , le tbermoinètre centigrade marqua , pendant Tingt-deux jours, depuis i jusqu’à i6?;au-dessous de zéro.

TRAITÉ

qui le recouvrait, on voit que la face est assez peu altérée pour qu’ôn puisse constater l’identité , que la couleur générale du cadavre est d’un blanc pâle antérieurement, si l’on eii excepte la partie latérale du thorax et de l’abdomen , qui est d’un rose légèrement violacé ; cette couleur est d’autant plus foncée que l’on s’approche davantage du dos : on remarque aussi aux parties internes des cuisses, des jambes, des bras et des avantbras, des plaques d’un rouge violet. En somme, au premier abord, l’aspect de" ce cadavrè diffère à peine de celui d’un sujet mort depuis peu de jours, ét qui n’a pas encore commencé à se putréfier. La partie -postérieùre du tronc est couverte, comme la partie antérieure^, de terre massée, mais plus humide; la peau de cette région est d’un blanc rosé tacheté de violet à sa partie supérieure ; partout ailleurs elle est violette.

L’épidèrme tient à peine aq derme et a été enlevé presque partout avec la terre qui couvrait le cadavre. En examinant lés portions de terre massée, qui font pour ainsi dire corps avec les lambeaux de l’épiderme , 6h voit qüé cèlüi-ci ne saurait être séparé de k terre, et que sa surface libre , celle qui correspondait à la peau, est grise, sillonnée et légèrement humide ; il semblerait quédans'toutes ces parties l’épiderme â déjà éprouvé une altération qui l’a rendu légèrement graisseux, et qui aurait probâblement fini par former un enduit que l’on rencontre plus tard à la surface de la peau , et dont nous ferons mention en temps opportun. Les parties où l’on trouve encore l’épiderme sont les paumes des mains, les plantes des pieds, entre les

DES EXHU-MA.ÎIOSS JURIDIQUES. 49

doigts et les orteils; tandis que la face dorsale des mains, des doigts, des pieds et des orteils, en est complètement dépouillée, excepté toutefois vers les dernières phalanges des doigts et des orteils, où l’on en trouve encore quelques lambeaux. Cet épiderme est soulevé à la paume des mains; il est rugueux, plissé et semblable à celui de la même partie sur lequel on aurait appbqué pendant long-temps un cataplasme émollient : du reste, il est blanc, sillonné, épais, légèrement translucide, et se décbire à la plus légère traction. A la plante des pieds , il est beaucoup plus soulevé qu’aux mains , et prêt à tomber : son aspect est le même. Les ongles existent partout et se détachent avec la plus grande facilité; ils sont légèrement ramollis : le derme qu’ils couvrent est d’une couleur rouge semblable à celle de la gelée de groseille.

La peau de couleur naturelle, si ce n’est aux parties' déjàmentionnées en parlant de la coloration extérieure du corps, offre la même consistance et le même aspect qu’à l’état normal. Le tissu cellulaire et les muscles sont dans l’état naturel , si ce n’est que le tissu cellulaire de la partie postérieure du crâne est infiltré d’une assez grande quantité de sérosité sanguinolente; que celui de la région lombaire est encore plus infiltré , et offre un aspect comme gélatineux; que les muscles fessiers et les portions de ceux qui sont à la partie inférieure du dos , sont livides ; et qu’il en est de même de ceux de la partie postérieure des cuisses qui sont d’une couleur beaucoup plus foncée que ceux de la partie antérieure. Les tendons^ les aponévroses, les ligamens et les os sont

à l’état normal. Les nerfs présentent un-e teinte rosée^ dU/ reste , ils ressemblent parfaitement à ceux des cadavres récens.

La tête est -garnie de cheveux que l’on peu t enlever' facilement. Les orbites sont fermés par les paupières qui sont rapprochées et enfoncées , en sorte qu’au premier abord les cavités orbitaires ne paraissent qu’à moitié pleines. En écartant les paupières qui sont amincies, et auxquelles sont éncore attachés quelques" cils, on aperçoit le globe de l’œil très-affaissé, et dont la cornée transparente est singulièrement obscurcie; du reste , on reconnaît toutes les parties qui le composent , ainsi que les musclés et le paquet graisseux qui sont logés dans les orbites. Le nez hest que très légèremen t affaissé. Les lèvres, les joues le menton sont dans l’état naturel, si ce n’est qu’ils sont légèrement ramollis, et que leur couleur, lorsqu’on en a bien enlevé la terre qui les recouvre , est d’un gris jaunâtre, La bouche est béante, et renferme de la terre très-humide. Les oreilles sont entières, ramollies et à peine déformées. Le cerveau est mou , surtout du côté gauche , où le ramollissement semble dépendre d’une lésion pathologique; en effet, en levant l’hémisphère 3e ce côté par tranches, on voit, après avoir séparé les parties les plus extérieures qui sont saines, que près du ventricule latéral correspondant , il existe une certaine quantité de sérosité sanguinolente, et que la masse encéphalique est jaunâtre et comme pukacée :.on trouve aussi une grande quantité de sérosité sanguinolente à là base du crâne; les vaisseaux cérébraux sont en grande partie gorgés

DES EXHDMATIOXS JCniDKJTÎÉS. 5l

de sang noir. La dure-mère est dans l’état naturel ; il en est de même du cervelet , qui paraît seulement un peu ramolli par suite de la décomposition putride.

Thorax. Il n’y a point de sérosité épanchée dans les cavités des plèvres ; on ne voit non plus aucune trace d’adhérences ; au premier ahord^ les organes renfermés dans ces cavités paraissent à l’état normal. Les poumons sont gris , marbrés de rose et de noir en avant; ils sont légèrement emphysémateux, crépi tans , et leur structure n’offre rien d’extraordinaire. Postérieurement ils sont d’un violet foncé, ce qui semble tenir autant à ce que le cadavre s’est refroidi étant couché sur le dos , qu’à la difficulté avec laquelle la circulation pulmonaire s’était exercée pendant les derniers temps de la vie; du reste, la structure de cette partie postérieure des poumons diffère un peu de celle des autres parties : en effet , ils sont plus denses , d’un rouge homogène , un peu gorgés de sang , tandis qu’il y en avait à peine en avant : on dirait que postérieurement les poumons avaient subi un commencement d’hépatisation avant la mort. Quoi qu’il en soit, ces organes sont dans un état de conservation tel , qu’on reconnaîtrait parfaitement toutes les altérations pathologiques dont ils pourraient être le siège.

Le larynx et la trachée-artere sont entiers et à l’état normal , si ce n’est que la membrane muqueuse qui les tapisse intérieurement a une couleur rouge foncée, surtout entre les cerceaux cartilagineux. On trouve à l’intérieur de ces organes et jusqu’aux divisions bronchiques une quantité notable de terré imbibée de liquide et en

bouillie, qui a pénétré par la bouche. Le péricarde ne renferme pas de liquide. Le cœur, très-volumineux , est légèrement ramolli , et contient dans ses ventricules comme dans ses oreillettes du sang noir en partie coagulé; les parois du ventricule gauche offrent à peu près neuf lignes d’épaisseur, et sont évidemment hjperthrophiées ÿ la couleur intérieure de ce ventricule est naturelle , tandis que celle dü ventricule droit est d’un viuleî foncé; cette teinte semble même pénétrer toute l’épaisseur de ses parois. On neremarqùe aucune granulation à la surface de cét organe, dans lequel, dü reste, on reconnaît à merveille toutes les parties. La crosse de X aorte contient du sang en partie coagulé; sa membrane interne est d’un rouge clair , effet de l’imbibition qui ne s’étend cependant pas au-delà de cette membrane. Les artères des membres renferment du sang coagulé ; leur membrane interne est légèrement rosée. La veine cave contient du sang noir à moitié coagulé'; elle est rougeâtre à l’intérieur ; ce qui tient encore à une imbibition cadavérique. Le diaphragme est dans l’état naturel.

Organes de la digestion. La langue est entière , ramollie, dépourvue d’épiderme; on y remarque encore les papilles lenticulaires qui Se trouvent à la partie postérieure de sa face supérieure, et qui formentle V, dont la pointe est tournée en arrière. Entre la base dè la langue et l’épiglotte, on trouve une certaine quantité de terre imbibée de liquide et en bouillie , qui pénètre dans le larynx, c-omnie nous l’avons déjà àSx.\l œsophage renferme dans sa moitié supérieure de là terre molle et

fîn bouillie;sa membranemuqueusèestd’un grisrougeâti-e, plaquée et piquetée de violet ; la moitié inférieure de de ce conduit musculo-membraneux ne contient point de terre , et la tunique muqueuse qui entre dans sa'composition est un peu plus rouge qu’à la partie supérieure ; du reste , elle est lisse partout : les diverses teintes dont nous parlons s’étendent aux autres membranes. U estomac renievme environ deux cuillerées d’un liquide brun rougeâtre; sa membrane muqueuse, généralement d’une couleur aurore tirant un peu sur celle de l’ocre , est grisâtre dans certains points et de couleur vert-bouteille tirant sur le bleu près du pylore, où l’on voit une plaque longue de trois pouces , offrant cette dernière couleur ; cette tunique interne est ramollie et s^ détache très-facilement: ainsi enlevée , elle présente les diverses teintes dont nous venons de parler. Piien dans cette coloration n’annonce une inflammation , tandis qu’à l’extérieur ce viscère est généralement rotige, surtout dans lesq)arties correspondantes aux portions intérieures de couleur aurore: cette rougeur pourrait simuler jusqu’à un certain point une inflammation. L’intérieur du duodénum est d’un rouge brun jaunâtre, tandis que le jéj unum est grisâtre, excepté dans quelques points où il est jaune; ces portions jaunes sont emphysémateuses et soulevées par des gaz épanchés dans le tissu cellulaire sous^muqueux, de manière à simuler au premier aspect de petits paquets graisseux. La membrane muqueuse des autres intestins est d’un gris légèrement jaunâtre. A l’extérieur, tout le paquet intestinal offre une teinte giise légèrement rosée, teinte qui

TRAITÉ

s’est surtout manifestée depuis que l’air atmosphérique a agi sur les viscères de l’abdomen. Les gros intestins contiennent des matières fécales.

Le foie^ la vésicule biliaire, les épiploons sont dans l’état naturel. La rate est un peu ramollie, le pancréas un peu plus gris qu’à l’état normal.

Organes urinaires et génitaux. Les reins et la vessie qui est vide, sont dans l’état naturel. La peau du pubis est couverte de poils qui s’enlèvent avec beaucoup de facilité. La verge est ramollie , flasque , mais entière ^ on y reconnaît toutes les parties qui la composent. Les testicules, leurs enveloppes, les cordons testiculaires et les vésicules séminales sont dans l’état naturel , si ce n’est qu’ils sont légèrement ramollis.

Bjemarqu^es^ ÇiQKXQ observation nous paraît devoir fixer notre attention sous plusieurs rapports, Le cadavre, quoique enterré nu dans un terrain qui hâte beauco up la décomposition des corps, s est parfaitement conservé, ce qui dépend en grande partie de l’abaissement notable de la température pendant uqe grande partie du temps qu’a duré rinhumation;,- 2® l’introduction d’une certaine quantité de terre jusqu’aux divisions des bronches et jusqu’à la moitié de l’œsophage j 3® la possibilité de constater encore les diverses altérations pathologiques du cei^eau, du cœur, des poumons, etc. ; 4° la rougeur de la membrane interne du4arynx , de l’œsophage et dé l’extérieur de l’estomac, et l’engorgement des poumons; celui-ci paraît reconnaître pour cause à la fois le genre de mort auquel le sujet avait succombé , et l’inhumation prolongée.

DES EXHC5IATIOSS JURIDIQUES.

OBSERVATIOrC 4^-

N"^*, âgé de. soixante-dix ans , mort à ia suite d’ime péricardite chronique , le 20 janvier i8.3o, inhumé le lendemain au cimetière de Bicêtre, après avoir été simplement enveloppé d’une serpillière, fut .exhumé le 16 mars suivant’, cinquante-quatre jours après l’inhumation. La température moyenne de l’atmosphère pendant ce temps a été marquée à la page 47-

Le cadavre est entier et couvert de terre humide et comme massée. Lorsqu’on enlève la majeure partie de cette terre, on voit que la serpillière est détruite sur les parties latérales des bras , des jambes , à l’abdomen et à la parüe postérieure du tronc; les portions de toile qui restent et qui sont appliquées sur le .corps , ne peuvent être détachées sans enlever, nn même temps l’épiderme sous - jacent. Le cadavre , débarr^sé de toute la terre et des débris de la serpillière , est ineigre ; l'abdomen est notablement enfonj^é,, au point que les fosses iliaques sont parfaiteinent dessinées,; la face, quoique déformée, est encore assez reconnaissable pour qu’on puisse constater l’identité. On ne découvre ni vers .ni mouches; l’odeur n’est pas très-fétide- La coloration générale de la partie antérieure est rosée; cependant l’abdomen et la pax'tie interne ^tle. la jambe gauche sont d’un bleu verdâtre ., et l’on remarque des plaques assez larges, d'un rouge vif , vers lés malléoles internes , rà la partie interne des genoux et des cuisses , vers le haut de la poitrine , sur des deux côtés du col

TSAITlï

et vers la région zygomato-niaxiilaire droite. La partie postérieure du tronc offre également une couleur grisrosée, excepté à la région lombaire du côté gauche, où il existe une plaque verdâtre , ayant à peu près quatre pouces carrés.

Épiderme, La majeure partie de répiderme, ainsi que nous l’avons déjà dit , a été enlevée avec la serpillière, partout où celle-ci existait. • Cet épiderme peut encore être détaché de la serpillière à l’aide du scalpel, et alors on voit qu’il présente différentes nuances qui peuvent être réduites aux couleui's grise , rosée et pelure d’oignon rouge : il est translucide , ramolli et trèsfacile à déchirer. Dans les parties que la serpillière ne recouvre plus , et dans celles quelle recouvre sans adhérera la surface du corps , l’épiderme existe encore : ainsi, on lé trouve à l’abdomen, à la partie interne des cuisses, sur les parties latérales du thorax et interne des bras et avant-bras : il est à noter que les membres thoraciques étaient immédiatement appliqués contre le thorax, et le touchaient par conséquent. On trouve encore l’épiderme à la plante des pieds et entre les orteils , où il est soulève en grande partie et prêt à se détacher; sa couleur est blanche, tirant légèrement sur le verdâtre ; sa consistance moindre que dans l’état naturel; les portions qui ne sont pas encore enlevées sont ridées et plissées. Les paumes dés mains et les doigts aussi sont entièrement couverts par cette cuticule , qui est d’un blanc mat, ridée, fortement plissée, et semblable à celle qui aurait été pendant long-temps en con* tact avec des cataplasmes émolliens. Lorsqu’on cherche

DES EXHDMATIOÎÏS JÜPaDIQDES.

à séparer 1 epiderme de la face , on n’en obtient que de très-petits lambeaux, et on le détache sous forme d'un enduit gris-rosé , comme onguentacé.

Les ongles existent, mais ils adhèrent assez faiblement aux doigts et aux orteils pour pouvoir être séparés par la plus légère traction ; ils sont ramollis, et la peau qu’ils recouvrent est rouge comme la gelée de groseille.

La peau diversement colorée, comme nous l’avons déjà dit, laisse apercevoir les empreintes de la serpillière partout où celle-ci adhérait et pressait : aussi remarque-t-on, par exemple, à la partie antérieure des cuisses, sur la poitrine , etc. , des lignes jtransversales et parallèles aussi rapprochées l’une de l’autre que -le sont les fils de la serpillière. Dans plusieurs parties privées d’épiderme, et notamment à la partie antérieure des cuisses , la peau offre un luisant remarquable, qui, au premier abord, paraît dépendre exclusivement d’un enduit graisseux qui la recouvre , mais qui tient réellement à la peau elle -même, puisqu’il persiste après avoir enlevé cet enduit. Du reste, la peau ne diffère pas, par ses autres propriétés, de ce qu’elle est à l’état normal chez des individus maigres.

Le tissu cellulaire sous-cutané est dans l’état naturel , excepté à la partie inférieure du dos , à la région massetérienne , temporale et cervicale droite , et à la pai^tie postérieure et latérale de la tête , où il est rougeâtre et même livide et infiltré de sérosité sanguinolente;

Les muscles des euisses , et surtout ceux à^& jçtmbesy

TRAITE

sont un peu ramollis et offrent une teinte livide tirant légèrement sur le vert ,* ceux de l’abdomen sojit encore plus ramollis et d’une ;Couleur semblable à ceux, de la jambe j ceux du thorax et des membres thoraciques sont moins altérés , et paraissent même dans l’état naturel ; leur couleur est rouge vif, et leur ramollissement à peine marqué : il en est de même de ceux du col, excepté toutefois à la partie latérale droite, où ils sont très-ramollis et livides, parce que la, tête a été penchée dé ce coté pendant tout le temps de l’inhumation f ceux de la partie supérieure du dos sont à l’état normal, tandis qu’inférieurement et dans les régions fessières ils sont infiltrés , livides et très-ramollis.

Les tendons et \es aponéi>rQses sont à l’état naturel ; il en est de même des nerjs^ des Ugamens et des carülages n’èst quds offrent une légère teinte rosée.

Tête. Elle est couverte de cheveux gris., assez peu adhérens pour qu’on les :enîève facilement avec le scalpel, longs d’environ un pouce , entremêlés de moisissure blanche, fine., qui est aussi en partie appliquée sur ^eux. La peau du orâne, dépouillée de cheveux, est d’un jaune-rosé au front., d’un rouge vif au-sommet de la tête et àlâ -régionoccipitale, où la couleur est même plus foncée : du reste, elle n’offre rien de remarquable. Ainsi qué nous l avons déjà dit ,1e tissu cellulaire sous-jacent est infiltré d’une sérosité san^ guinolente, notamment =;à la parue; latérale dioitc Les sourcils sont rentiers , noirs. Les jBàMpiérj ô ne soi t, que légèrement dépriinées et enfoncéesq en,>soi qc< c

DES EXHTJMATI05S JURIDIQUES. . $9

les orbites paraissent presque pleins : elles sont amincies et de couleur rose pâle, excepté au grand angle de l’œil, où elles sont d’un rouge livide : la droite est dépourvue de cils, tandis qu’on en observe encore quelques-uns à la gauche. Les globes oculaires sont affaissés , ternes , mais entiers ; on y reconnaît toutes les parties qui les composent : la cornée transparente, qui est particulièrement obscurcie, offre de légères granulations ; le paquet graisseux qui se trouve à la partie postérieure de la cavité orbitaire est dans l’état naturel j les muscles de l’œil sont ramollis et pâles. Le nez est entier et de couleur grisâtre ; ses parties latérales sont un peu déprimées. Les lèvres sont également entières, jaunâtres, rapprochées l’une de l’autre et ramollies. La bouche est fermée j les os maxillaires sont garnis de dents ; le menton , qui est d’un jaune légèrement rosé , est couvert de barbe , ainsi que la lèvre supérieure. Les oreilles sont entières aussi : la droite , dépouillée d’épiderme, est d’un rouge Hvide , hupaide et comme infiltrée; la gauche est affaissée, comme desséchée, jaunâtre, et enduite d’une espèce de pommade : cette différence tient, comme nous l’avons déjà dit , à ce que la tête était penche'e du côté droit. La joue droite est jaunâtre en haut , d’un blanc grisâtre en bas , et rosée vers le milieu ; elle est humide et luisante : les régions parotidienne , temporale et auriculaire du même côté sont tuméfiées , d’un rougecerise , humides et infiltrées d’une grande quantité de sérosité sanguinolente, tandis qu’à gauche toutes. ces parties , en y comprenant la joué, sont d’un blanc jaunâtre, comme

TRAITÉ

desséchées et ternes, excepté ^’ers la commissure, ou l’on remarque une petite partie humide et un peu luisante.

Le cerveau remplit la cavité du crâne 5 le sinus longitudinal supérieur paraît fortement injecté. Après avoir incisé la dure-mère, on aperçoit les vaisseaux qui rampent à la surface du cerveau , et qui sont fort injectés; coupé par tranches, cet organe paraît ramolli, surtout à la partie antérieure des hémisphères , où la substance grise offre déjà une teinte verdâtre ; toutefois , ce ramollissement est encore loin d’êtré pointé au point de rendre la masse cérébrale diffluente : partout ailleurs lés deux substances, parfaitement distinctes, sont de couleur naturelle. Les dewx ventricules latéraux ne renferment aucun corps étranger, et l’on y distingue tellement bien les parties qui les composent, que l’on pourrait faire servir cet organe à l’étude de l’anatomie. IA cervelet est entier , mais beaucoüp plus rainolli, surtout inférieurement et postérieurement où il est livide ; toutefois, il n’est pas diffluent , et on peut encore y reconnaître les deux substances. La dure-mère et les deux autres membranes , de l’encéphale semblent dans l’état naturel.

Thorax. Sa conformation est ordinaire ; lorSqù’oai l’ouvre, on voit qu’il est presque entièrement rempli par les viscères , qui , au premier abord , paraissent dans rétat naturel. Les poumons, de volume ordinaire , d’un gris ardoisé à leur partie antérieure , sont d’un vert-bouteille en arrière ; ils sont crépitans , légèrement emphysémateux et gorgés de sang ; dans

DES EXHUSIATIONS JURIDIQUES. 6l

quelques-unes de leurs parties, surtout à la base, ils offrent la densité et l’aspect d’un poumon au premier degré d’hépatisation : du reste, et partout ailleurs, leur structure est parfaitement reconnaissable. Les plèvres sont dans l’étât naturel; il n’y a aucun liquide épanché dans leurs cavités; on observe seulement quelques légères adhérences. Le larynx et la trachée-artère sont entiers , et ne contiennent point de terre comme chez le sujet de l’observation 3® ( voj-. pag. 5 1 ) ; mais il faut noter, que chez celui-ci la tête était encore entière, enfermée dans la serpillière au moment de l’exhumation, tandis|que l’autre cadavre avait été inhumé tout nu. La membrane muqueuse qui tapisse ces organes est rougeâtre, surtout dans les parties qui correspondent aux cerceaux cartilagineux: cey;e rougeur est ùn effet évident de la putréfaction.

Le péricarde est entier et distendu par douze onces environ d’un liquide séro-sanguinolent ; sa surface externe n’offre rien de remarquable ; mais à l’intérieur il est le siège d’une multitude de fausses membranes ayant beaucoup d’analogie avec celles que nous allons décrire en parlant du cœur. Cet organe, d’un volume considérable, est d’un rose pâle; les parois du ventricule gauche sont à peine épaissies ; le ventricule droit est aminci et très^dilaté ; l’un et l’autre renferment un peu de sang en partie coagulé; intérieurement, surtout à droite, les cavités du cœur offrent une couleur rouge assez foncée,, ce qui est le résultat d’une imbibition cadavérique : du reste , on ne remarque aucune granulation sur cet orgfine. Sa surface externe est recouverte , dans

traité

toute son étendue, d’une couclie épaisse d’une à deux lignes, d’apparence et de nature plastique, d’une couleur blanche jaunâtre , analogue , pour la colcftation , à la couenne qui se forme souvent à la surface du sang tiré, de la veine dmn individu affecté de certaines phlegmasies aiguës; seulement sa consistance paraît plus grande; elle adhère partout au cœur. A la surface qui correspond à la cavité du péricarde , elle est villeuse et surmontée d’une grande quantité de petites éminences coniques, semblables aux papilles de la langue des chats. Cette couche pseudo-membraneuse s’étend également à la surface des gros vaisseaux revêtus par le feuillet séreux du péricarde. Sur le feuillet pariétal du péricarde , on remarque également cette même fausse membrane; seulement elle offre dans cette partie de son trajet moins de résistance, parce que son épaisseur est d’environ moitié moindre. Sa surface est aussi chagrinée d’une autre manière; au lieu d’éminences coniques, ce sont des saillies qui forment des cloisons laissant entre elles des enfoncemens réguliers et à peu près égaux, qui donnent à cette fausse membrane l’aspect ridé de la membrane muqueuse de la vésicule biliaire , ou mieux , ce qui lui donne en petit l’aspect de la face interne de la panse du bœuf. '

Cette production pseudo-membraneuse est évidemment le résultat d’une péricardite bien organisée; Le laps de temps écoulé depuis la mort de l’individu jusqu’à l’ouverture du corps, ne semble avoir altéré en rien les caractères anatomiques de eette inflammation.

DES EXEUSIATTOSS JURIDIQUES. 6?)

Au quatrième jour de l’exposition de la pièce au contact de l’air , la fausse membrane a perdu sa couleur, ses formes, s’est détachée d’elîe-même des surfaces auxquelles elle adhérait, et est tombée en-déiiquium putride. A cette époque , le péricarde a paru lisse et résistant encore à la putréfaction. Sa couleur , ainsi que celle de la surface interne du cœur, était d’un t iolet livide.

L 'aorte , à son origine , ne diffère de son état naturel que par une couleur rosée de sa membrane interne^ les artères des menibres, qui renferment une certaine quantité de sang noir fluide , sont également colorées à leur intérieur, ha. -veine cave inférieure contient aussi du sang noir, en partie fluide et en partie coagulé, et offre la coloration rougeâtre dont nous avons parlé, surtout dans leur membrane interne. Le diaphragme est dans l’état naturel.

Abdomen et canal digestif. Ainsi que nous l’avons déjà dit , les parois abdominales sont verdâtres ; après les avoir incisées, on s’assure que les viscères remplissent toute la cavité abdominale, qu’ils présentent une teinte générale d’un gris rougeâtre , et qu’il n’y a aucun liquide épanché, ni aucune trace d’adhérence. La bouche, la langue, le voile du palais , le pharynx , sont verdâtres, parsemés de plaques livides’; tous ces tissus sont sensiblement ramollis. œsophage est d’un ^ris verilâtre supérieurement; à sa partie moyenne, et inférieurement, cette teinte est piquetée dé rouge et de violet. Id estomac est rougeâtre à l’extérieur ; il est d’un vert foncé sale à Fintérieur : cette teinte n’intéresse

TRAITÉ

que la membrane muqueuse qui est ramollie, surtout vers le grand cul-de-sac et à la grande courbure : toutefois la couleur verte dont nous parlons est marbrée , surtout à l’extrémité splénique , de taches d’un rouge brun, qui, au premier abord, pourraient faire croire à une inflammation , et qui sçnt évidemment un effet cadavérique. Les tuniques musculeuse et séreuse sont d’un gris rosé. Les épiploons sont également rosés et dans l’état naturel. Les intestins offrent cette même couleur à l’extérieur; leur surface interne, au contraire, est diversement colorée : dans les premiers intestins grêles elle est grisâtre, parsemée de points rouges; dans ceux de ces intestins qui répondent à la partie droite du cadavre , elle est d’un rouge livide , uniforme, qui simule au premier aspect une inflammation intense; mais on n’y voit aucune arborisation, aucune trace de vaisseaux injectés : on trouve aussi des portions des gros intestins dont la membrane interne est colorée en violet; toutes les parties ainsi colorées sont enduites d’une petite quantité d’un liquide épais; couleur lie de vin , que l’on peut enlever sans, que la membrane muqueuse perde sa couleur.

Le foie^ à peine ramolli , est dans l’état naturel , si ce n’est que la membrane péritonéale se détache facilement. La vésicule biliaire est a l’état normal..

La rate est entière, ramollie , d’un gris ardoise à l’extérieur , et d’un roùge brun à l’intérieur. Le pancréas est grisâtre.

Organes urinaires et génitaux. Les reins, un peu ramollis, sont dans l’état naturel , si ce n’est que les’

DES EXHDMATIOSS JURIDIQUES. 65

bassinets paraissent un peu plus dilatés. La vessie est distendue et contient une assez grande quantité d’urine sanguinolente ; elle est de couleur rosée à l’extérieur et à l’intérieur ; les fibres de la membrane musculeuse sont réunies en colonnes cylindriques entrecroisées, d’un jaune-rose, semblables jusqu’à un certain point aux colonnes charnues du cœur ; en un mot , c’est ce qu’on appelle vulgairement une vessie a colonnes. La verge , quoique ramollie , présente toutes les parties qui la composent, et dans leur rapport naturel,* les testicules sont entiers , notablement ramollis aussi , et de couleur livide ; on peut, également reconnaître les vésicules spermatiques et les cordons testiculaires.

Remarque. Cette observation est remarquable par la conservation du péricarde et du cœur , des poumons et de la vessie , dont les lésions ont pu être appréciées et décrites, aussi bien quelles l’eussent été deux ou trois jours après la mort : ce fait répond suffisamment à ceux des auteurs qui ont prétendu que les exhumations juridiques tentées long-temps après la mort ne pouvaient être d’aucune utilité.

A^, âgé de soixante-dix-huit ans, mort le 28 novembre 1828, fut enterré sans bière, et enveloppé seulement d’une serpillière , le 29, vingt -quatre heures après la mort; il avaitsuccombé à une pneumonie qui avait duré un mois. L’exhumation eut lieu le 3 avril 1829, quatre mois quatre jours après l’inhumation. La température moyenne de l’atmosphère avait été en décembre de

TBXITÉ

4,5 -f o°; en janvier, de 2-^0°; en février, de 2,7 -j- o®; en mars, de 5,7-f-o° therm. cent.

Le cadavre est entier; ia tête, renversée en arrière, est penchée sur le côté droit ; la face est couverte de terre à un point tel qu’on ne petit distinguer ni ses cavités ni ses saillies, excepté celle qui est formée antérieurement par une partie du bord alvéolaire supérieur ; l’ps maxillaire inférieur, séparé de la tête , est resté dans la fosse. La cavité buccale est remplie de terre molle, humide. Des cheveux assez nombreux sont accolés aux os du crâne , sur lesquels il y a à peine des traces de parties molles.

n existe encore au cou une certaine épaisseur de parties molles , d’une couleur gris fauve sur les parties antérieure et moyenne, et livide verdâtre sun les parties latérales ; la coloration gris fauve représente un triangle dont la base , de trois ou quatre pouces de large ^est en haut, et correspond à trois ou quatre lignes au-dessus de l’os hyoïde, et le sommet à la jonction des muscles sterno-cléido-mastoïdiens , près de la fourchette du sternum. La coloration livide verdâtre des parties latérales offre aussi une forme triangulaire dont la base occupe les deux tiers internes de la clavicule , et dont ie sommet s’élève jusqu’à la hauteur de la partie supérieure du larynx , à deux pouces à peu près en dehors de cet organe.

Le larynx et la trachée-artère sont presque entièrement dénudés au cou ; les clavicxües sont à nu, excepté à la partie interne du côté droit, où l’on voit une couche extrêmement mince d’une matière ramollie,

comme graisseuse, dans laquelle on ne trouve plus du traces ni de fibres ni de peau.

Le thorax est entier, affaissé; la partie supérieure du sternum, et l’extrémité interne de la première et de la seconde côtes, sont entièrement dénudées. Les autres côtes sternales sont couvertes par une membrane trèsmince , un peu humide , qui est évidemment le reste des parties molles qui les couvraient dans l’état ordinaire; on n’y découvre plus de fibres musculaires. Les parties latérales, qui correspondent aux deux tiers externes des muscles pectoraux , présentent une coloration livide tirant sur le vert-bouteille ; il existe aussi sur d’autres parties du thorax , et surtout latéralement, un enduit d’un jaune fauve visqueux, semblable à de la poipmade.

Les parois abdominales sont déprimées, appliquées sur la colonne vertébrale , et entières , excepté à la partie droite, où elles présentent, au niveau des deux dernières fausses côtes , une ouverture irrégulière qui a un pouce de diamètre environ : dans presque toute leur étendue, elles ont une couleur verdâtre, à peu près analogue à celle que nous avons déjà signalée pour la région thoracique externe et supérieure; cette couleur est remplacée, vers l’ombilic, dans une étendue ovalaire, de quatre à cinq pouces dans son diamètre vertical, et de deux pouces et demi dans le transA'ersal, par une teinte d’un gris jaunâtre. L’épiderme n’existe plus sur ces parties.

Les pubis sont dépourvus de poils; on en voit quelques-uns d’une couleur blanche, accôlés aux parties

TRAITÉ

latérales du scrotum. Il est facile de distinguer le sexe auquel appartient le cadavre. On ne remarque sur la partie antérieure des crêtes iliaques qu’une membrane mince semblable à du périoste épaissi.

Aspect extérieur des membres. Les cuisses sont entièrement recouvertes de parties molles, très-affaissées, nullement infiltrées , plissées longitudinalement , et d’une couleur verte livide. Les rotules sont à nu vers leur partie moyenne nt antérieure. Les tibias sont entièrement dénudés à leur partie antérieure et latérale interne,- il existe encore des parties molles en de-^ hors et en arrière; mais elles sont en partie détruites dans les espaces interosseux, surtout en avant; il n’y a plus de traces de peau. Les jambes et les pieds sont couverts , dans quelques parties , de terre et de quelques brins de serpillière pourrie. Les pieds sont entiers , si ce n’est que les dernières phalanges des orteils, du côté gauche , sont tombées , et que le gros orteil du côté droit , est le seul qui soit conservé ; il existe encore sur ces parties des membres inférieurs, des restes de la peau ; très-visibles vers la plante, où l’on trouve de larges por-. lions épidermiques séparées du dermeparune substance molle, demi-fluide, roussâtre. Les bras sont accolés aux parties latérales du thorax ;les avant-bras en demi-flexion s’avancent sur l’abdomen, de manière que les mains sont appuyées sur les pubis; les uns et les autres sont recouverts de partiv^s molles ; la grosse tubérosité de l’humé- ^ rus gauche est la seule partie de cet os qui soit dénudée. Les mains sont entières, dénudées aussi à leur face postérieure ; on y trouve cependant encore des tendons

durcis, desséchés. La face palmaire est pourvue de peau sans épiderme.

Les différentes articulations des membres supérieurs et inférieurs ont parfaitement conservé leurs rapports; elles tiennent encore assez fortement entre elles.

Le corps , en général , surtout là où il existait encore de la peau , avait un aspect luisant et humide.

Tête. Les os du crâne sont presque entièrement dénudés ; toutefois, à la partie antérieure ou coronale , on aperçoit une membrane mince qui est évidemment formée par les restes de la peau et du muscle occipito-frontal, et sur laquelle il;^y a quelques cheveux blancs accolés.

Les fosses temporales sont vides; les os y sont à nu et couverts de quelques cheveux ; il n’y a plus de traces de peau ni de muscles. Le bord supérieur des apophyses zygomatiques est tout-à-fait à découyert.

Après avoir enlevé la terre qui couvrait la face , on trouve des sourcils gris , qui tiennent à . peine à une membrane mince qui recouvre la fosse orbitaire; les yeux n'existent plus, et on n’aperçoit dans la fosse orbitaire , qui est en partie vide, qu’une masse ayant la forme d’un cône creux, dont la base est en avant, réduite en gras de cadavre , et au milieu de laquelle on voit quelques fibres d’un rouge pâle , indice des parties musculeuses qui entourent ordinairement l’œil.

Sur la région molaire et canine de l’os maxillaire supérieur, on trouve une membrane demi-dénudée , reste des parties molles, que l’on détache avec facilité, et dans laquelle on ne peut reconnaître d’organisation ; le bord

TRAITS

alvéolaire et les apophyses montantes sont à nu; il n’existe plus de dents; les alvéoles sont oblitérées.

Le nez est réduit à ses os propres, qui sont en partie recouverts par une mernbrane mince, reste de la peau, et que la plus légère traction fait tomber. Les fo^s nasales sont remplies de terre ; il n y a plus de cavité buccale, l’os maxillaire inférieur étant tombé. On ne voit aucun reste de la langue : cette disposition permet d’apercevoir la face antérieure des corps des vertèbres supérieures,

CoH. Une membrane peu épaisse , molle , humide , débris des parties molles qui unissaient l’os hyoïde et le maxillaire inférieur , se trouve comme plissée au-dessus du premier de ces os ; il est impossible d’y distinguer des traces de muscles, mais la peau y est bien manifeste. On y voit aussi quelques fibres d’uu blanc grisâtre, assez résistantes, semblables à desrestes dè portions celluleuses épaissies ; cette membrane est d’une couleur brunâtre en dedans; vers la portion qui correspond à la partie inférieure du pharynx , on y remarque aussi quelques vers blancs.

L’os hyoïde existe encore en entier, et tient au la^ rynx par une membrane celluleuse, blanchâtre, audevant de laquelle jon ne trouve pas de fibres musculaires.

Sur la partie latérale droite du cou , on découvre les restés du tendon du digastrique , dont les fibres musculaires ne sont plus visibles.

Le larynx est entier, en partie recouvert par une membrane mince , nullement musculaire, assez molle.

CES EXEDMATIOSS JVRIDIQUES.

humide , reste évident des parties qui couvraient cet organe. Le cartilage thyroïde , qui est entièrement ossifié 5 est comme vermoulu au centre de ses faces latérales. Le cartilage cricoïde est également ossifié , et se brise avec la plus grande facilité; il est uni à la trachéeartère et au cartilage thyroïde par une membrane sèche qui ne ressemble plus à celle qui unit le cartilage thyroïde à l’os hyoïde. Celle-ci était molle , humide , d’un blanc grisâtre , semblable en quelque sorte par la couleur à la face interae d’un morceau de peau qui a macéré pendant long-temps ; l’autre était sèche et d’une couleur jaunâtre assez foncée.

La trachée-artère est entièrement à nu à sa partie antérieure; on distingue parfaitement les anneaux qui la composent ; quelques-uns ne tiennent plus entre eux ; et dans les endroits où la membrane inter-annulaire existe, elle est considérablement amincie. En séparant la partie latérale gauche de la trachée-artère des parties molles qui y sont accolées, on distingue très-bien l’œsophage, qui est aminci , mais intact. Les parties latérales du cou sont recouvertes par la peau qui a une couleur verdâtre, luisante, humide; les parties sous-jacentes sont formées par des débris de matière celluleuse , et d’autres parties molles, humides, comme infiltrées, brunâtres, qui sont évidemment des restes de muscles , mais au milieu desquelles on ne reconnaît qu’imparfaiîcment la structure fibreuse. Toutefois, on distingue bien la partie inférieure du muscle sterno-cléido-mastoïdien; on voit très-bien aussi, après avoir éloigné le larynx et la trachée-artère de la colonne vertébrale, les

TRAITE

muscles longs du cou, dont la structure fibreuse est on ne plus évidente. L’artère carotide du côté droit est bien visible; sa membrane interne est très-friable et s’enlève par le plus léger frottement en fragmens membraneux, que l’on écrase entre les doigts comme de la graisse ; la carotide gauche est détruite.

Les parties molles qui recouvrent supérieurement la face antérieure de la. colonne vertébrale, s’enlèvent avec la plus grande facilité , et les os restent à nu. Presque tous les corps des vertèbres cervicales sont soudés entre eux.

Thorax. Les parois thoraciques sont formées par une partie des muscles grands et petits pectoraux , et par les côtes , qui sont en partie recouvertes par une membrane mince d’un jaune fauve un peu foncé ; les espaces intercostaux ne sont pas perforés; ils sont remplis par la membrane dont nous venons de parler , par les débris membraneux des muscles intercostaux, dont il n’existe plus que des traces très-imparfaites de fibres musculaires , et par la plèvre qui est lisse à l’intérieur, légèrement humide et d’une coufeur verdâtre sur les parties latérales et un peu postérieures. La surface interne du thorax est aussi légèrement colorée en verdâtre. La portion qui reste des muscles pectoraux est trèsamincie, verdâtre, à l’extérieur comme à l’intérieur, et d’une structure évidemment fibreuse. En ouvrant le thorax, on s’assure que les clavicules tiennent encore au sternum par des parties ligamenteuses très-peu résistantes et desséchées.

Poumons. Les poumons sont aplatis .et légèrement

crépitans , ce qui est sans doute dû à des gaz produits par la putréfaction , et dont quelques bulles soulèvent la plèvre pulmonaire; ils ont une couleur verdâtre, livide, beaucoup plus foncée du côté droit que du côté gauche : on ne peut reconnaître leur organisation. Lorsqu’on ouvre le poumon gauche , sa substance peu humide est cependant loin d’être desséchée, et présente une surface d’un vert bleuâtre, un peu ardoisé, et des filamens blanchâtres entrecroisés. Le poumon droit offre au contraire, surtout vers la base, lorsqu’on le coupe , un aspect gélatineux d’un bleu livide mêlé de rouge lie de vin: il est très humide, et il s’en écoule un liquide brun noirâtre. Les diverses parties des poumons surnagent, à l’exception de celles qui sont coupées à la base du poumon droit.

A l’intérieur , la trachée-artère a une coloration légèrement verdâtre, et renferme des granulations grisâtres, comme graisseuses, de la grosseur de deux têtes d’épingle à peu près, de forme irrégulière, et qui semblent dues à une réunion de granulations beaucoup plus petites. On suit avec facilité les divisions des bronches, dont la face interne est colorée en rouge livide. Il n’existe pas de liquide dans le côté gauche de la poitrine, tandis que dans le droit il y a environ trois ou quatre cuillerées d’un liquide brun noirâtre épais , qui en occupe la partie inférieure.

Le péricarde est intact, d’une couleur rouge livide, claire à l’extérieur ; sa consistance est à peu près celle qu’il a ordinairement; cependant il est un peu moins résistant ; il renferme deux cuillerées environ de sang

TRAIT^é

épanché, fluide et noir : sa surface interne est d’une couleur rouge brunâtre, surtout vers la partie inférieure et postérieure qui a été le plus en rapport avec le sang épanché.

Lé cœur est aplati et flasque ; il est encore assez volumineux ; sa surface externe , colorée en roüge foncé par le sang contenu dans le péricarde, présente peu de graisse; les cavités sont vides,' d’une couleur brune, tirant sur le chocolat ; l'es colonnes charnues sont bien manifestes, et ont dans certains endroits une couleur moins foncée; le ventricule gauche présente vers la partie inférieure une perforation dont il est difficile d’assigner la cause, et qui certainement a donné passage au liquide qui se trouvait dans le péricarde.

L’aorte renferme une certaine quantité de sang noir qui a communiqué une couleur brunâtre â sa surface interne ; celle-ci est comme ulcérée dans une grande partie de son étendue: les trois membranes qui forment les parois de ce vaisseau peuvent être facilement séparées.

Abdomen. Les parois abdominales sont entièrement conservées, à l’exception de l’ouverture dont nous avons déjà parlé. Elles offrent peu de graisse, sont peu épaisses et assez souples ; on y reconnaît très-bien la peau , sans épiderme, des aponévroses, des fibres musculaires et la membrane péritonéale.

La cavité abdominale renferme peu de graisse; les intestins sont entièrement conservés et aplatis, encore assez humides à leur surface. Il n’existe pas de liquide dans cette cavité.

DES EXHtTMATIOÎîS JURIDIQUES. ^5

L’estomac se déchire aTec facilité; ses parois sont amincies; il contient une petite quantité d’un liquide brunâtre, épais, fétide. Il n’a pas été possible d’en séparer les trois membranes ; mais on en a trouvé deux bien distinctes. La surface de cet organe, d’une couleur grisâtre vers la partie moyenne, est verdâtre à droite; cette coloration est due à l’imbibition de la bile.

L’intestin grêle présente une coloration analogue vers son commencement; il est parfaitement intact, humide , et renferme une matière brune visqueuse, verdâtre, moins foncée et plus épaisse que celle qui existe dans l’estomac. Les valvules sont bien conservées. Les parois très- amincies de cet intestin , beaucoup moins épaisses que celles de l’estomac , peuvent néanmoins être divisées facilement en deux feuillets membraneux.

Les gros intestins contiennent une certaine quantité d’une matière demi-fluide , jaune verdâtre , reste des fèces ; ils sont aussi bieji consenrés que les précédons. Pour mieux faire juger de l’état d’intégrité du canal intestinal , nous dirons qu’il n’ a pas été très-difficile de l’enlever dans toute son étendue, à l’exception de l’estomac qui a été déchiré.,

La raie est en bouillie noire, très-foncée, semblable à du cambouis; cette bouillie imprègne un peu les parties voisines, et leur communique une couleur semblable à la sienne.

Le foie est très-ramoUi; sa membrane externe est en partie détruite , et ce qui en reste se déchire avec la plus grande facilité. La substance de l’organe, d’une

TRAITÉ

couleur verte foncée, ne présente plus de traces de son organisation primitive. La vésicule biliaire est entière et presque pleine d’un liquide ayant la couleur ordinaire de la bile , mais plus épais et moins visqueux.

Les reins sont très-ramollis , en partie dépourvus de membrane extérieure, et se déchirent avec la plus grande facilité; leur coloration est généralement rosée, excepté supérieurement, et surtout à gauche, où ils sont noirâtres. Les bassinets et les calices sont faciles à reconnaître ; mais les substances corticale et tubuleuse sont entièrement confondues.

Le^^uretères, qu’il est facile de suivre jusqu’à la vessie, sont diminués de volume, et leurs parois trèsamincies;

Vessie. Elle est distendue par des gaz , et renferme environ deux cuillerées d’un liquide jaunâtre , fétide , dans lequel nagent quelques mucosités; elle est blanchâtre, ou du moins à peine colorée ,'et présente à peu près le même aspect qu’elle a dans l’état sain ; elle est un peu amincie dans quelques parties ; on y reconnaît très-bien des fibres charnues.

La verge est flasque et aplatie ; le gland et les corps caverneux, à leur terminaison , sont tombés en putriîage, et de couleur lie de vin; lorsqu’on coupe la verge transversaleinent , on y distingue parfaitement l’orifice ùrétral, et la membrane fibreuse qui sert de cloison et d’enveloppe aux corps caverneux : ceux-ci sont petits, , d’un brun ibncé ; leur structure spongieuse n’est plus apparente.

Les testicules extrêmement petits ne présentent rien

qui dénote leur organisation primitive ; l’épididyme , au contraire , est dans un état presque complet de conservation • cependant il est un peu moins volumineux que dans l’état naturel; mais la conservation , ici , contraste d’une manière bien tranchée avec l’exiguité du testicule.

Membres supérieurs. Us tiennent encore au tronc par des parties molles, musculeuses, tendineuses et ligamenteuses. La capsule articulaire scapulo-humérale est déchirée et en partie détruite. La peau , dépourvue d’épiderme , molle , assez résistante , recouvre d’autres parties molles , formées par des muscles , des fibres aponévrotiques , etc. Les vaisseaux et les nerfs sont parfaitement conservés; on pourrait facilement suivre le trajet des troncs principaux ; ils forment, dans les aisselles, les plexus qu’on y remarque ordinairement : il en est de même à l’avant-bras. Les os des mains, comme nous l’avons déjà dit, sont entièrement dénudés à la face dorsale; ils sont seulement recouverts en partie par des tendons 'desséchés et dénudés également. En incisant la peau privée d’épiderme qui se trouve à la face palmaire , on aperçoit des tendons , des parties musculeuses , des nerfs et des vaisseaux. Les extrémités des doigts sont dépourvues d’ongles.

Les articulations de l’épaule avec le bras , du bras avec l’avant-bras , et celles du poignet, sont maintenues par les parties molles et des fibres ligamenteuses moins résistantes que dans l’état normal. Les surfaces articulaires sont encroûtées de cartilages amincis.

Membres inférieurs. La peau des cuisses est dans le

même état qu’aux bras et aux avant-bras; seulement la couleur en est plus foncée. Lorsqu’on incise , on trouve les muscles ramollis, diminués de volume, humides, de couleur plus foncée que celle des tégumens; du reste, ils ont conservé leur aspect fibreux. Les vaisseaux et les nerfs sont très-distincts. La rotule , dont une portion est à nu, tient encore au reste du membre par les ligamens. Les jambes sont en partie dénudées, dépourvues de peau ; mais il existe des parties molles dans les espaces interosseux, et un peu en dehors sur le péroné; elles sont moins foncées que celles de là cuisse ; mais leur putréfaction est telle qu on ne peut y distinguer positivement des fibres musculaires. Les tendons sont très-évidens. Les pieds sont dans un état analogue à celui des mains ; ils sont moins entiers. La partie dorsale est sèche, dénudée; on y voit des tendons également desséchés, qui sont appliqués à la surface. La pèau existe encore à la région plantaire, où l’on trouve aussi des portions d’épiderme, qui, il est vrai, ne tiennent plus au derme; les parties sous-cutanées diffèrent à peine de celles qui existaient sous la paume de la main.

Les articiilations sont dans un état semblable à cellés des membres supérieurs; les ligamens croisés sont conservés , mais facilement déchirables.

Les vertèbres, en partie dénudées, sont presque toutes soudées ; celles qui ne le sont pas tiennent peu entre elles. t

Partie postérieure du tronc. Elle est d’un vert livide peu foncé, et presque entièrement Couverte par la peau

qui est détruite dans quelques parties. Les tissus so.usjacens sont ramollis , infiltrés d’un, liquide rougeâtre et de gaz , ce qui donne un aspect gélatineux aux parties musculaires ; celles-ci sont de couleur lie de vin, mêlée de vert foncé. Les tendons sont très-distincts.

Cavité crânienne. La masse encéphalique occupe les trois quarts de la cavité crânienne 5 la dure-mère est bien conservée et a une couleur verdâtre livide. Le cerveau est très-mou , fétide , d’un gris verdâtre plus foncé à l’extérieur qu’au centre , ce qui fait qu’on distingue les deux substances. Le cervelet est entièrement réduit en bouübe d’un vert grisâtre. Il est impossible de reconnaître ni sa forme ni son organisation.

Les os se cassent assez facilement ; ils sont un peu moins humides que dans l’état ordinaire ; la substance médullaire est plus jaune que dans l’état naturel.

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