ÉTUDE DBS PROPRIÉTÉS DES DIVERS ACIERS
ture ils doivent exiger d'un métal pour répondre à des besoins connus, les producteurs quels procédés ils doivent employer pour l'obtenir. La métallograpliie deviendra le lien nécessaire entre la fabrication des métaux et leur emploi.
La 7nélallographie microscopique paraît avoir eu plusieurs centres indépendants de création.
Les publications du D'Sor&y, de She/fisld, remontent à 1864 et celles du professeur Marlens^de Berlin, à 1878. Tandis que le D' Sorby s'était borné à créer une technique complète pour l'examen des coupes de corps opaques sous de forts grossissements et étudiait à cet effet les divers métaux dérivés du fer, le professeur Martens analysait de préférence et concurremment avec les coupes, les lois générales de la rupture, les cassures, les soufflures et les cristallisations des métaux.
En 1880, M. Osmond commençait avec M. \yerlh ses remarquables travaux sur la structure cellulaire de l'acier; nous avons vu combien avait été fécond l'emploi du microscope entre les mains de ces savants expérimentateurs .
Puis ces recherches microscopiques étaient perfectionnées sous l'impulsion du D' Sorhy et plus tard V Allemagne leur donnait la consécration officielle en créant sous la direction du professeur Jtfflrt^/W l'Institut technique de CharloUenbourg, dont l'installation remarquable permet non seulement les travaux isolés de quelques chercheurs, mais offre encore aux industriels le moyen de faire contrôler leurs produits.
Récemment M. U. Le Verrier, Ingénieur en chef des mines, a muni son laboratoire du Conservatoire des arts et métiers des appareils nécessaires aux éludes micrographiques.
B. — Mode opératoire de l'analyse micrographique. — On ne peut étudier une cassure avec un fort grossissement ; quand on veut examiner un échantillon donné, il faut en obtenir une coupe plane que l'on polit.
Pour opérer le polissage, il faut d'abord dégrossir la plaque à la lime ou à la meule; on continue en se servant de papiers émeris de plus en plus fins en ayant soin de croiser les rayures et on achève avec du rouge d'Angleterre dit à l'or ou du rouge àl'oxalate. On imprègne de ce rouge un morceau de drap à poil ras fixé sur le plateau d'une machine à polir horizontale : on humecte et on donne de 1000 à 2000 tours de manivelle en ajoutant de temps en temps un peu d'eauelen appuyant très
332 MÉTAXLrRGlE DU FER
peu à la fin. Il reste toujours des petites slries qui ne çénenl pas, à la condition qu'elles soient rares.
La méthode générale comprend trois opérations successives qui sont :
1°) — Le polissage en bas relief reposant sur Tinéçale dureté des constituants de Tacier.
On saupoudre de rouge un parchemin humide tendu sur une planche bien plane en bois dur : on le porte sous un robinet d'eau et on brosse pour éliminer tout le rouge qui n'a pas pénétré dans les pores de la peau. Sur ce [)archemin rougi on frotte la surface métallique en ajoutant de temps en temps quelques gouttes d'eau : il est quelquefois utih* de terminer le polissage avec du sulfate de chaux précipité.
Les constituants les plus durs apparaissent en relief et on distingue les reliefs des creux en plaçantl'objectif du microscope un peu au-dessous du point et en le relevant lentement.
2") — Le polissage-aiiaque consiste à ajoutera l'action mécanique de la poudre à polir celle d'un réactif liquide dont l'activité est exaltée par le frottement.
Le réactif employé par M. Osmond est l'infusion de racine de réglisse (|ui, associée au sulfate de chaux, colore certains constituants à l!exclusion des autres ou avant eux.
3**) — L'attaque se pratique sur la coupe repassée au rouge pour enlever toute trace des deux opérations précédentes.
M. Osmond emploie à cet effet la teinture d'iode qu'il applique par touches successives à raison d'une goutte par cm*. Après l'attaque on lave à l'alcool et on sèche avec un linge fin ou mieux avec un jet d'air.
Au microscope on adjoint, pour l'éclairage oblique, le miroir parabolique de Sovl)\i et le miroir de Liebevkiinh qui se fixent l'un et l'autre surTobjeclif ; pour l'éclairage normal, on a recours au prisme à réflexion totale de Sachet,
Pour photographier les indications du microscope M. Osmond se sert de la petite chambre noire verticale de Sachet, éclairée à l'aide d'une lampe à huile de colza : dans ces conditions, une pose de 40 minutes est suffisante.
C. — Sature des constituants des aciers au carbone. — M. Osmond appelle constituant primaire tout élément de structure que des réactions microufraphiques permettent de considérer comme une espèce.
Ces constituants, sans compter la scorie, sont actuelUment au nombre