‹ Traité de métallurgie du ferChapitre 30 sur 137 · IV. — Défauts des pièces coulées · texte numérisé non relu

IV. — Défauts des pièces coulées

Il nous suffira d'appeler Tattention sur les principaux défauts des pièces obtenues par voie de moulage pour montrer condjien de difficultés se présentent dans un art pour lequel il n'est pas possible de fornuder de règles fixes, puis(pie les objets à fabricjuer sont de formes et de dimensions essentiellement variables.

A. — Gouttes froides. — Si la coulée a été trop rapide^ si le jet a été interrompu ou si le métal a été versé d'une hauteur trop grande, le moulage contiendra des (louttes froides, c'est-à-dire des projections de fonte hors de la portée réelle du jet.

(^es globules de fonte, atteints plus tard par la fonte liquide qui monte dans le moule au fur et à mesure que la coulée s'achève, seront à ce moment en partie solidifiés et ne se relieront que très imparfaitement à la masse même du métal car leur oxydation superficielle constitue un obstacle pour une bonne soudure. Dans les pièces minces, les gouttes Froides sont à.craindre, car elles peuvent en compromettre la résistance»; il en sera <le même si elles se trouvent dans des régions à saillies ou à norvures «[ui devront être plus tard l'objet d'un travail quelconque d'ajustage à froid.

B. — Reprises, cendrures, etc. — Les reprises proviennent d'une suspension plus ou moins prolongée, (pielquefois d'un simple temps (Tarrct de la coulée quand la fonte n'est pas très chaude, ou bien d'une roulée trop lente en fonte froide et peu limpide.

Lt?s cendrures ([ui donnent des surfaces malpropres, des angles inégaux ou arrondis, (piand elles ne proviennent pas de la négligence du

mouleur ([ui a mal lissé ou nelloyé son moule, résullenl d'une coulée trop froide ou d'un jet insuffisamment nourri ou trop lonj^.

En ii^énéral, dans les coulées bien conduites, aucun temps d'arrêt ne <loil se produire dans la coulée : on ne pourra cependant pas toujours éviter les reprises de fonte car elles proviennent aussi d'une mauvaise circulation de la fonte dans les moules, des jets insuffisants dirigeant la fonte, soit devant de forts noyaux, soit dans des régions de faible épaisseur. La fonte doit aboutir par plusieurs jets dans les parties les plus massives du moule :ces parties remplies ainsi les premières formeront une sorte de bassind'où la fonte s'échappera avec régularité pour passer par les conduits plus étroits. Si les jets sont trop éloignés les uns des autres, la fonte a un trop grand parcours à faire pour arriver aux extrémités ; dans ce cas elle peut durcir en blanchissant dans les parties minces ou extrêmes.

Ouand les reprises entraînent une solution de continuité, elles constituent un défaut dangereux et entraînent le plus souvent le rebut de la pièce.

C — Soufflures j piqûres, etc.. — Leri soufflures sont de petites cavités ou poches situées le plus souvent dans les régions supérieures des moules remplies les dernières ou près des parois. L'air remplissant le moule et les gaz que la fonte laisse échapper en se refroidissant sont chassés par le métal liquide jusqu'aux points culminants où toutes les précautions, pour en favoriser l'échappement, ont pu être incomplètement prises.

Dvî plus, le refroidissement de la fonte peut être assez rapide, soit parce qu'elle n'est pas coulée suffisamment chaude, soit parce que certaines régions du moule sont trop amincies, pour emprisonner les gaz qui, gagnant les surfaces, n'ont pas eu le temps de s'échapper.

Les soufllures résultent non seulement d'unecoulée trop froide ou de l'insuffisance du nombre des orifices pour l'échappement des gaz hors des moules et des noyaux, mais aussi de l'excès d'humidité ou d'une mauvaise préparation ou qualité des sables employés.

(îénéralement, les soufflures sont peu visibles sur les objets qui restent bruts de coulée et ne sont découvertes qu'à la suite du travail d'ajustage.

Comme on ne peut absolument pas les éviter, on s'efforce de diminuer le plus possible leur gravité par une coulée assez chaude, une

80 MéTALLURGlE DU FER

honiie préparalioli des sables, quelquefois même une pression mécanique exercée sur la fonle liquide à la surface des masseloltcs, etc

En outre, on dispose les modèles de telle sorte que les parties qui doivent être absolument saines soient placées au fond des moules ; ainsi les plateaux de presse, les marbres à dresser, etc... sont coulés avec la surface à dresser sinon renversée du moins fortement inclinée. Les cylindres sont coulés debout ; souvent même et pour les cylindres de presse notamment, il sera bon de les couler pleins, sans noyau : ce sera sans doute plus onéreux mais on aura alors de grandes chances de ne pas rencontrer de soufflures sur la surface intérieure alésée.

Quand les soufflures sont faibles, elles prennent le nom de piqûres et sont surtout apparentes après le travail à froid.

Enfin, nous devons simplement énumérer les défauts provenant soit de la confection vicieuse des moules, soit de la forme même des pièces,

t>liC« • .

Pour ce qui concerne la forme même des pièces, il est clair (juVii général la fonderie n'a qu'à exécuter la commande qui lui est confiée, mais il appartiendra au constructeur d'étudier la forme des pièces autant en vue des difficultés de fabrication qu'en raison des nécessités «le leur emploi s'il désire, soit payer moins citer, soit avoir ;)/ms de sécurité.

Une pièce viendra bien au moulage si les épaisseurs sont aussi égales que possible, si Ton a évité dans sa construction les brusques changements de formes, les parties attachées entre elles à angles tro[> vifs ou par liaisons trop faibles.

Il y aura lieu de chercher les raccords en formes adoucies ou soutenues par des congés proportionnés, d'employer judicieusement les iHTviires de consolidation (qui doivent disparaître à V ajustage) et enfin, «Tune manière générale, de rechercher la plus grande simplicité de forme et les proportions les mieux balancées.

Page 1