Le Uiminage ordinaire
A. — Quelques mots sur V action du laminoir. — La théorie mécain'qn<; du laminoir ne ressortit pas à notre étude, elle est du domaine de la méranirpie. Nous ajouterons cependant que l'étude de son action n'(îsl pas aussi simple qu'elle le paraît et présente une véritable difficullé (le compréhension, car c'est au fond la même question que celle <ln patinante «le la locomotive. Il ne suffit pas de se payer de mots et «le «lire que la barre passe dans le laminoir parce (\uelle adhère aux cylindres.
Lorsrpi'un corps en mouvement, pressé contre un autre corps, frotte sur lui, il peut l'entraîner dans sa course ou glisser sur sa surface; cela dépend de la pression que les deux corps exercent l'un sur l'autre, de la masse du corps à entraîner et, en général, de la résistance qu'il oppose au déplacement. Le laminoir lamine ou patine; le mouvement produit étant, en tous cas, celui qui correspond au plus petit effort.
(( La marche de la locomotive, dit M. le capitaine d'artillerie Dih
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« guet (I) est inverse de celle du laminoir, et les mouvements de Tune « peuvent aider à comprendre ceux de l'autre.
« Considérons . donc une locomotive attelée à un train assez lourd « pour qu'elle ne puisse démarrer, elle patine. L'ne force en sens inw verse du mouvement, un frottement estexen'é par le rail sur la jante a de la roue, frottement d'autant plus fort que la locomotive est plus « lourde, que la pression sur le rail est plus considérable. La locomo- « tive n'avance pas parce que ce frottement de glissement est inférieur a à la somme du frottement de roulement de tout le train (y compris a la locomotive) et de lu composante du poids du train parallèle à la « rampe.
« Le rail exerce un frottement sur la locomotive, inversement la « jante exerce sur le rail un frottement dans le sens du mouvement : « cette force tans^entielle, exercée « par la roue, est capable de déplacer « le rail auquel elle est appliquée, « s'il est libre et si la pression et, par c( suite, le frottement de la roue sont (( assez puissants. Le rail alors se w déplacera d'avant en arrière com- <i me la barre qui passe au laminoir.
a Lorsque le lamineur présente « une barre entre les cylindres, il
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<Y donne naissance a un frottement,
a d'autant plus fort que la pression de la barre est plus grande et cpii « retarde le mouvement de rotation; inversement les cylindres frottent « sur la barre comme la roue sur le rail et tendent à l'entraîner dans « le sens de leur mouvement.
« Aussiy dans certaines limites, Vouvrier n'a-t-il quà pousser suffi- « samment la barre pour la faire prendre entre les cylindres. »
Telles sont les conditions d'ordre mécanique que nous avons cru devoir rappeler avant l'étude pratique de cet engin si remarquable par sa simplicité et la régularité de son travail.
B. — Définition du laminoir. — Les laminoirs sont des cylindres en
(I) Les études du capitaine Duguet sur la « Hémtance des corps solides » pn-senlenl un haut intérêt, elles éclairent sous un jour nouveau certaines questions fort ardues do la mécanique générale.