‹ Traité de métallurgie du ferChapitre 75 sur 137 · I. — Pratique et but du revenu · texte numérisé non relu

I. — Pratique et but du revenu

Le recuit après trempe se fait à une température relativement basse et variable selon le but qu'on veut atteindre. Depuis quelques années on substitue à l'expression « recuit après trempe » un mot nouveau « le revenu »,afin d'éviter toute confusion avec l'opération calorifique spéciale du recuit qu'on exécute après le forgeaçe. Malgré son analogie a[>parenle avec cette opération calorifique, le revenu a un but et des effets tout différents dont il sera ultérieurement question.

« Le revenu consiste à chauffer également en tous ses points U métal « trempé^ à une température plus basse que celle qu'il a subie pour la « trempe, vers 600"* environ pour les pièces de forge ordinaireSy mais « à des températures très variables pour certains objets tels que les « outils et les ressorts notamment. »

Lorsqu'il s'a^-it de crosses pièces ce chauffage est généralement fait dans les fours qui ont servi à la trempe, mais dont on pousse moins activement les foyers. On prend les mêmes précautions pour que le chauffage soit bien régulier, puis on les laisse se refroidir lentement dans le four même dont toutes les issues sont fermées.

Le revenu diminue la dureté, la résistance à la rupture et la limite élastique d'un métal trempé; cette diminution est d'autant plus importante que la température du revenu se rapproche plus de celle de la trempe ; rallongement est augmenté et la fragilité diminue.

Par fragilité, il faut entendre, d'après la Commission des méthodes d'essai, la propriété que possède l'acier d'avoir une limite élastique assez rapprochée de la résistance de rupture et de subir dans cet intervalle, sous des efforts appropriés, des déformations permanentes assez

faibles pour (juc la rupture s'ensuive.

Or, dans un acier trempé positivement, E, — et R ont augmenté,

A **/,, ayant beaucoup diminué : en faisant revenir légèrement l'acier trempé on a pour but de corriger dans une certaine mesure Tcxaiçération qu'a donnée à certaines propriétés le traitement si énergique de la tHMupe et, en tous les cas, de placer le métal à peu près en tous les points dans les mêmes conditions physiques.

11 y a toujours en effet, dans toute pièce trempée, des points qui auront été plus chauffés que d'autres, les parties minces étant aussi

TRAVAIL DE l'aCIER 245

plus chaudes que les parties épaisses. II en résuUe que, dans I\)pération de la trempe proprement dite, les points plus chauHes tremperont plus énerçiquement, de sorte qu'il y aura des tensions moléculaires inéçales tendant à rendre les pièces, sinon moins résistantes à l'essai de traction, du moins plus sensibles à Taclion des chocs, cVst-à-dire plus fraç^iles.

On s'aperçoit du reste de ces inégalités par le cintrement (jue prennent souvent les pièces de çrande longueur après la trempe.

Souvent même quand cette courbure est prononcée, il faut redresser ces pièces ; pour cela, on les chauffe à très basse température et on les redresse en frappant avec précaution à coups de pilon ou à l'aide d'une presse à çabarier.

Après le redressement on recommence souvent le revenu pour éviter qu'au tournaçe, quand onenlèvera la croûte extérieure delà pièce brute de fi)rt[^e, celle-ci ne se cintre à nouveau.

//. — Trempe et revenu des outils et petites pièces.

Les aciers pour outils sont livrés par les aciéries en barres laminées ou mieux martelées avec des instruments de forçeaç^e rapide (martinets, forti^euses, etc.). Ces barres de l^iiO à 2'"r)() de lon$:ueur ont des profds appropriés, ainsi celles pour burins ei bédanes sont livrées avec les petits cAtés arrondis.

Pour le service d'outillat»"e des ateliers de construction, on emploie généralement trois sortes d'aciers :

i° L'acier naturel de Styrie et de Carinlhie.

2'^ L'acier ordinaire ou de cémentation corrové ou martelé, obtenu avec des fers de Suède, de liussiey de Sheffield et de VArièffe.

3" L'acier fondu en petits liniçols obtenu au creuset, depuis le ])lus ordinaire jusfju'au plus fin.

Quant aux aciers Ressemer ou Martin Texpérience a appris (pi'ils pouvaient donner d'excellents outils ; mais il est acquis que les aciers qui les constituent résistent moins à l'usav^e, supportent moins bien les forgeâmes, trempes, et les revenus successifs (pi'on est obliti^é de leur faire subirau fur et à mesure de leur emploi, etc.. Quehpies métallurgistes estiment qu'il faut attribuer cette infériorité à l'existence de l'oxyde de fer interposé en traces très faibles dans un métal obtefin H 16

2(4 u£-7AUJ

fMjj'#or^ à uri^ «Ilur^ pla^ oq iiEMits f-xr^anti?' H que les rrartifs ne fAn'H!rrir<#rr«t fia.^ a iMmiu^r d'une fao^n aWJiie.

!>-«» }^îte(( piece:^ d<^ ifiuïrkine^. le« f^tili» travaillant sor toute leur fj^npli^rrie. elr.,. vr tremf>?nt en entier : dans aueon cas, p^^ur une tffpttu^ trempe il ne faut jeter b pièce dans le baquet à tremper, à moins qijV||#r «#- v>il 1res (jelile. Si la |#ièee reste immobile pour se refroidir, il *'st finir que la rourtie de liquide qui Ten^ekjppe s'échaufTe et n*a plus h même action. iJans les «rr^fçses pièces, il se f«irnie une couche d'air ^haud ou de «a}>eur qui nuit au refroidissement. Il faut donc yrutu^uft la pièce dans le t#ain de trempe.

IJeau esl employée |K>ur les ressorts de voiture, les ressorts de fil d'acier, les [lelils outils.

IJean mvonneme ou au lait de chaux est employée pour tremper certaines pU^a^ de taillanderie et de coutellerie; la pièce en entrant dans IVaii se recouvre d'une léçère couche de savon ou de chaux, ce qui emi^Vhe la saisie trop prompte d*un acier mince ou sujet à ta[>er.

L*mu mlée et légèrement additionnée de œl ammoniac est employée (Kiur les limes et nl[ies. Avant de les chauffer pour la trempe on enduit les limes d*un enduit ilcstiné à protéirer les dents contre les cou|>s d** feu, rel euiluit est une pAle faite avec un peu de farine salée.

La liuif* ne subit pas de revenu, Ias:ue est seule soumise à cette opération |>ar immersion dans un bain de plomb fondu.

Pour le chauila<re avant trempe on a de plus en plus recours au rliaiiffaLTe dans un bain de plomb fondu.

Ij* plomb est employé pour tremper les forets de bijoutier et d'armurier; après les avoir rhauifés au rousre cerise peu avancé, on les enfonce dans un linçol de plomb qui fond au contact. Les forets ne sont pas revenus après celle trempe.

LliuiU* ou le plomb fondu, elc... peuvent être employés pour les scies, ressorts, ciseaux, etc.

Pour pr(>tétr<.r 1<» tranchafit de certains outils on enduit souvent leur extrémité d'un peu de résine avant de les tremper.

Les aciers nalurelH de Styrie, communément appelés aciers sauvages, prefUMMit lii trem[*e an rou^e peu avancé; ils doivent être chauffés au ditirlMUi lie bois, car Icsoufn» du combustible minéral leur est fort nuisible M hi lrem[>e. On obtient avec cet acier de très grandes duretés nécessaires pour les outils de tj^raveurs ; les forets en acier naturel sont très utiles [lour pen*er les aciers durs.

Les outils difficiles à chauffer rés^ulièrement au contact du comlmstible (tarauds par exemple^ limeSy etc. ) sont chauffés (fans un tube en terre réfractaire avec du coke tout autour ; on peut ainsi en chauffer plusieurs à la fois et les surveiller pour éviter <prils ne se hrùlent.

On peut même, pour durcir certains aciers au cas où ils seraient trop doux, emplir le tube de poussier de charbon.

Les pièces de forge ordinaires, ou petites pièces de machines, etc., sont ordinairement revenues au rouçe sombre plus ou moins avancé.

Pour les petites pièces aux(|uelles on veut laisser une grande dureté {outils, pièces (Varmes, etc..) et qui sont assez petites pour (pron puisse les nettoyer et les polir après tremjie, on juge le revenu fait à une température assez basse, par la couleur cpie conserve la pièce après celte opération.

Le chauffage donne en effet une irisation de la surface due à la présence de lames minces d'oxyde de fer produites par ce chauffage même. La couleur de la lame mince varie avec son épaisseur et par conséquent avec la température qu'a prise le métal. Le phénomène est assez constant pour qu'on ait pu en déduire une sorte de mesure de l'intensité du revenu.

Les couleurs qui .se produisent et les températures de revenu correspondantes .sont énoncées dans le tableau ci-après :

Jaune paille clair 221°

Jaune paille foncé 232**

Ambre 243»

Gorge de pigeon 254**

Lilas 263'

Violet foncé 277®

Bleu indigo 280*

Bleu ordinaire 2î)3®

BleupAle 317'*

Vert d'eau 352°

Gris noir 400**

Un grand nombre d'outils n'ont pas besoin d'être entièrement trempés: dans unburin, un ci.seau, etc.. seul le tranchant doit être trempé. Dans ce cas voici comment on opère :

Pour la trempe partielle d'un outil on trempe seulement la partie à

MKrtLLnwiK MJ PK»

.iiili<#T--t in r>rr.ti((* l*- :a "haÉt^r .Ip l'.ïiitn* parTÎP p<mr rpniin» rHI* iini y^i- ■ri*mni»<*. Pnir him jiieer't^s '-oiilMini ilii r»ïvenu, il Ëiat blan- ■-hir «ir fil jTM '.a Mrtit* îrpmp«*.

N'>i*i tonn^^to^ -nmme -si'flnplp la trempe >^l le revt>nn •!*««

I^ :i!inn -^i 'rp-mor * un .•cnlimelrp ■!« tranrhani bien parallèle au [iiv.^11 !»• :'-*3ii.

t m r'miif •nsiiire'i' »nnn iv.^ un '"oqisilnr. ■iiurr«*par«rx«'mple. txi

4 ir \<--> iinnitiirt-t rirr IVrir|iim>> t^t on atti'ntl i^iif la rhaleur He la ftartir ii'>ii Pfmp'-- lui >l.,iin<: U "-nrilfur ■Taractmsliqiie du iwenu,

t'oitr !•■ t.iiririfV,! |i; Mpii; iicc moment un rcplonzeroutildansl'euii (ii.iir (■r(i[..'<h'T Je rriptiir 'riiH!;mfnti>r i1'in(<fnsité.

Il V :i li*-ii '\'- rt-marqiifr qii*> ivrif s^-onde immersion ne donne pas (le I r<'m[H-, *~ar I» Icmid-ratiin- iIm rontil nV-il plus assez élevée pour la r/tilj'icr.

(»n i-ii'*(ilci|nfl((iiff.(is cp qu'on ap[iellc un revenu 0« rfcu// « l'huile

TRAVAIL DBLACICII

l>*fl

(iiiiir li's Ijimii's ili- scies, les ressoris, les petites pièces et siirtniil le'^ taillHiils fins. (lii eiidiiil la pitxc d'ItuUe ([u'oii allume, ce (|iii ilniiiir la tenijiéralure pour obtenir le recnit demandé.

Pour obtenir un recuit réijulier dans une pièce d'une certaine longueur [larmids, par e\en]ple)on la nettoie et on lapolita[)rès la lreni]H% puis on la place dans du sable ou t;rès contenu dans une bofte en l(Me soumise A la chaleur d'un rt'ctiaud. Le çrès se chauffe alors n'^ulièrcment l't donne une nuance uniforme à la pièce à faire

Bann

elle

obtenu sa

Pig. lïiï.

iB

'.'fi, pari il" plongi'c •lans le bain <Io trempe.

— .4fl, («rlic i^hïulli^iiau rouga ceriscolair. — DC liarlitt dont In ohaleur >.o nSpand clans la iiartin f.'rt |H)ur la fairB revenir. A^< liu'on l'a sorltp du hain

du la sort de la liotte f|uaiHi couleur et on la nettoie avec une brosse; puis, nvcc une autre brosse fine imbibée d'huile, on la frotte légèrement pour la mettre à l'abri de l'oxydation. Li-s tarauds, en particulier, doivent être revenus à la conleur ambre.

Certaines pii^ces avant subi une trempe complète sont blanchies comme il a été dît, pais on les fait revenir sur une barre de fer chauffée BU rouge.

Quand elles sont très petites, au heu de les fcire revenir sur une barre de fer chauffée, on les «rre avec de petites tenailles préalablement '** ircmpr. chauffées.

D'autres pièces, telles que les ressoris de voiture par exemple, sont revenues au bois fumant, ^'lissant, etc.., on les sori du fourqui les recuit et on jut^e de la température du revenu en les frotlanl avec un morceau de bois dur. Selon que le bois çlissera, noircira, fumera, etc., on fixera le revenu en les plonj^eant dans l'eau.

En terminant ces considérations d'ordre pralique,nous dirons quelques mots de la trempe des fïU d'acier â (grande résistance cl des cordes de piano, fabrication dont Sheffield a eu longtemps le monopole

L tl que M. Evrard a introduite en France.

m Après un étiraçe très prolongé à la filière et recuits appropriés dont on a parlé plus haut, le fil passe sur des bobines qui hii font traverser d'abord un bain de plomb fondu porte' au rouge où il s'échauffe à une lempèralure parfaitement déterminée, puis un tube m'i il esl arrosé

L avec de l'eau ou de l'huile, suivant lede^rédc trempe qu'on veut avoir.

y^/ur <#>rr^ It r^r^nm ûprè^ trompe, on pmt ensuite le faire passer d»rk^ 13» «utn- \nip* fiiAiiffé oâ il se renut.

^> s •ul <"^ fiU a Ir*^ zntnd^i rfâslance qui rendent de srrands ser- %'j'y* p>:jr U faJ>nr)(îon d^* dbîes et qii ont été utilisés pour le frelta?<r d^ riMÈfsZLs en entourant le tube d'un épais faisceau.

Page 1