I. — La cuve
La cuve a, le plus souvent, .deux enveloppes : une paroi réfractaîre qui est la cnve proprement dite et une enveloppe extérieure qu'on appelle la chemise.
L'intervalle de dix centimètres environ existant entre la cuve et la chemise est quelquefois rempli de coke ou de fragments de briques.
Ce remplissage a pour but de transmettre régulièrement la pression à l'extérieur, sans s* opposer toutefois à la dilatation.
Si l'intervalle est libre, on augmente un peu l'épaisseur de la cuve; le courant d'air passant dans l'intervalle ne servant plus qu'à la rafraîchir légèrement en prévenant sa désagrégation trop rapide sous l'action de la chaleur. La chemise d'épaisseur plus réduite n'a d'autre but, dans ce cas, que d'abriter la cuve contre les actions extérienres.
A. — Cuve proprement dite. — La cuve est en briques très réfractaires fortement alumineuses pour résister à la corrosion des laitiers, elle a 80 cm. d'épaisseur dans le bas, 60 au ventre, 40 au gueulard : ces nombres sont approximatifs, bien entendu.
Les briques employées pour sa construction ne ressemblent en rien par leurs formes aux briques ordinaires ; elles sont façonnées dans un
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moule spécial pour chaque fourneau et leur épaisseur est celle de la cuve elle-même.
Certains constructeurs de hauts-fourneaux paraissent cependant avoir renoncé à ce dressage si soigné ; l'emploi de petits matériaux et de joints moins finis semble devoir s*introduire peu à peu dans la pratique.
Les anciens hauts-fourneaux avaient des épaisseurs de cuve exagérées (2 mètres dans le bas), afin d'éviter les pertes de chaleur. La perte de chaleur était certainement moindre ; mais, en revanche, la concentration d'une si grande quantité de calorique favorisait la corrosion.
B. — La chemise. — La chemise est constituée par des briques ordinaires dont elle a l'épaisseur, elle doit être légère et dégagée.
Contrairement à ce que l'on faisait autrefois, son épaisseur sera relativement faible. On ne peut, en effet, quelle que soit l'épaisseur, éviter les pertes de chaleur; en exagérant celte épaisseur on ne fait que les pallier, tout en facilitant, comme on Ta dit, les corrosions internes.
Il vaut mieux se résoudre à cette perte et conserver les parois, grâce à ce refroidissement salutaire.
Quant à la dilatation, l'épaisseur exagérée ne l'empêche pas ; il faut lui permettre de s'exercer sans que son action soit trop nuisible.
C'est à la légèreté de la construction qu'on a recours dans ce but.
Fig. 20. La chemise est tronconique d'ordinaire, armée de
C, Chemise.— frettes horizontales reposant sur des briques en saillie et D, Cuve propre- * . i • , i «. .n
ment dite. — fermées par des pièces rapportées pressant sur des feuiUes f^l^l^ll^^'^^"^ '^'^ ^^ plomb pour faciliter la dilatation. Ces frettes sont souvent reliées par des fers placés suivant les génératrices; on a alors le frettage en crinoline.
Dans les hauts-fourneaux en tour ronde, la forme extérieure de la cuve est cylindrique; dans ce cas, la chemise est environnée d'un revêtement complet en tôle de fer.
C. — Cuve sans chemise. — Les hauts-fourneaux du type Buttgenbach n'ont pas de chemise ; la cuve est directement cerclée.
Malgré les perles de chaleur et les fissures qu'occasionnent les variations calorifiques et les influences climatériques, il ne paraît pas dé-
montré que la durée de ces hauts-fourneaux soit diminuée. En tous cas, ils sont facilement réparables puisque leurs fissures sont visibles.
En Angleterre et aux Etats-Unis, on les a souvent recouverts d'un léger blindage en tôle pour les rendre moins vulnérables aux variations extérieures.
Ces hauts-fourneaux, d'une construction légère et économique, paraissent donner de bons résultats.