‹ Traité de métallurgie du fer, Volume 1Chapitre 55 sur 100 · I. — Les combustibles intermoléculmres · texte numérisé non relu

I. — Les combustibles intermoléculmres

Nous savons que ce sont des combustions intermoléculaires qui déterminent l'affinage dans le procédé Ressemer acide.

A ce point de vue, le procédé Thomas n'est autre que le procédé Ressemer dans lequel on a modifié la nature des combustibles. On ne trouve dans le Ressemer acide que trois combustibles principaux : le silicium — le manganèse — le carbone. Il ne saurait être question du phosphore ; on sait, en effet, que si Ton traite des fontes phosphoreuses on retrouve le phosphore intégralement dans le bain d'acier ; il y a donc nécessité de ne traiter que des fontes aussi exemptes que possible de ce métalloïde.

Au convertisseur basique on se propose précisément d'affiner les fontes phosphoreuses ; un quatrième combustible intervient forcément, c'est le phosphore.

Or, on était tellement habitué à ne considérer, que le silicium comme

METALLURGIE DU FER

combustible principalement efficace au Bessemer acide qu'on ne craignait pas d'utiliser des fontes phosphoreuses ayant encore une certaine quantité de silicium, quantité insuffisante pour nuire en fin d'affinage mais suffisante toutefois pour donner au début, par sa combustion, une certaine chaleur au bain.

L'influence calorifique du phosphore, ou pour mieux dire, son rôle comme combustible intermoléculaire était par suite méconnu, puisqu'on croyait indispensable à cet égard la présence du silicium dans les fontes traitées. Et cependant, quoique ayant un pouvoir calorifique moindre que le silicium (5000 calories au lieu de 7000), le phosphore n'en est pas moins un combustible précieux.

Le silicium brûle au début de l'affinage ; la silice formée s'unit comme on le verra, soit à la chaux d'addition, soit de préférence à la paroi basique du revêtement. Le phosphore au contraire brûle à la fin, le laitier que forme l'acide phosphorique,s'unissant à la chaux, remonte à la surface répartissant toute la chaleur dégagée dans un bain déjà fluide.

Les conditions de combustion du phosphore sont donc plus avantageuses tant au point de vue de la répartition de la chaleur que de celui du temps plus court pendant lequel elle s'effectue.

Quoi qu'il en soit, les premières fontes affinées au convertisseur basique contenaient jusqu'à 1,30 de silicium.

C'est à l'usine de Hoërde en Allemagne, sous la direction de M. Massenez, que revient le mérite d'avoir la première établi sur une base vraiment rationnelle le procédé Thomas,en utilisant le phosphore des fontes comme combustible dans l'opération et sans craindre d'en voir une trop grande proportion se substituer presque entièrement au silicium.

Le phosphore, suivant l'expression devenue classique, n'était plus traité « en ennemi » mais en « allié ».

En résumé, les proportions de silicium et de phosphore des fontes à affiner au procédé basique sont renversées si on les compare à •celles qu'il fallait réaliser dans les fontes à affiner au procédé acide.

Si les fontes sont peu riches en silicium, elles seront blanches et, comme elles n'auront pas été obtenues en allure chaude, elles contiendront forcément du soufre.

Le soufre interviendra donc comme un cinquième combustible principal au Bessemer basique ; on verra qu'il se brûle dans la cornue en

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