ACIERS CORROYÉS — ACIERS FONDUS AU CREUSET
Principe du procédé.
Lorsqu'on veut épurer la fonte aussi complètement que possible il faut prolonger l'affinage presque jusqu'au fer doux,puis arriver à Tacier de nuance requise par une recarburalion convenable : c'est ce qui se pratique dans les procédés Bessemer et Marlin-Siemens. Comme cette recarburalion accompagnant, comme on sait, la désoxydalioriy se fait pari'introduction d'ime fo7ite d^ns le bain d'acier, on ramène toujours dans le produit final une partie des impuretés ou, si l'on veut, des corps étrangers que renferme la fonte.
Si donc on veut obtenir de l'acier pur^ comme on drsait autrefois, ou de Vacier dont les propriétés caractéristiques seront principalement dues au carbone, et c'est ce qu'il convient de dire aujourd'hui, on devra recarburer avec le charbon proprement dit ou des réactifs charbonneux purs; c'est le principe de la cémenlaiion.
Il y a cependant une différence essentielle dans la façon de procéder à la recarburation du métal : tandis que dans les procédés Bessemer et Martin on opère sur un métal fondu on cémentera sur un métal solide et porté à haute température.
De là, nécessité de fabriquer préalablement du fer par un autre procédé d'élaboration. Si donc ce fer est plus ou moins pur, l'acier cémenté qui en résultera le sera plus ou moins ; mais il est bien évident, et c'est ce qui justifie ce que nous avons dit plus haut, qu'en partant d'une fonte donnée, on aura toujours de l'acier plus pur en affinant cette fonte pour fer doux et cémentant ce dernier, qu'en affinant la même fonte directement pour acier.
Lorsque le fer sort de l'appareil où on l'a cémenté, sa constitution a
changé à cause de Tincorporation du carbone qui s'est effectuée; nous verrons plus loin que la répartition de ce corps dans sa masse est loin d'être régulière, aussi y a-t-il nécessité de donner au produit une certaine homogénéité. On y arrive par deux moyens : ou bien on soumet au corroyage ou raffinage les barres de fer cémentées en opérant comme pour les métaux puddlés, ou bien on casse ces barres en menus morceaux qu'on introduit dans des creusets pour les faire fondre.
Il en résulte qu'il y a lieu d'étudier d'abord la cémentation proprement dite, puis les procédés destinés à donner l'homogénéité au métal cémenté : soit le raffinage ou le corroyage et la fusion au creuset.
La cémentation est la plus ancienne des méthodes indirectes de fabrication de l'acier: l'historique de ce procédé est peu connu. Suivant BeckmaUj les anciens auteurs n'y font aucune allusion, mais il a été remarquablement décrit par Réaumur en 1722, dans son traité de l'art de convertir le fer en acier.
Si l'origine de la cémentation elle-même et de la transformation de l'acier cémenté qui en résulte en produit relativement homogène par voie de corroyage est peu connue, il n'en est pas de même du procédé consistant à fondre au creuset cet acier cémenté; c'était le seul du reste qui jusqu'en 18o6, permît d'obtenir l'acier à l'état liquide.
Nous reviendrons plus loin sur ce point spécial.