Hall, tél., trad. fr
vue depuis deux ans, est morte. Vraiment il n'y a pas lieu de parler ici de monition. C'en est peut-être une ; mais rien ne le prouve.
11 faut en dire autant de l'observation du Rév. WiLsoNqui a une sensation vague et intense de maladie, au moment où meurt son frère jumeau. « C'était, dit-il, une trayeur panique : je frissonnais comme à l'approche de la mort. Mon frère est mort à peu près quatre heures avant que je n'aie été saisi de cette impression douloureuse. » Qu'il y ait eu, dans ce cas, monition, c'est assez possible; car il s'agissait de sou frère et de son frère jumeau, tout de même M. Wilson n'a pas alors pensé à lui, de sorte qu'il vaut mieux supposer une simple coïncidence entre ce malaise indéterminé et la mort du frère de M. Wilson1.
Si nous nous plaçons au point de vue de la lucidité, nous n'avons pas à faire état de ces monitions vagues, qui ne se rapportent pas à un fait réel, concret, déterminé, totalement inconnu du sujet. Même nous ne les appellerons pas des monitions, car nous réservons ce mot à l'avertissement d'un fait extérieur réel. Tant que le percipieut n'a aucune connaissance, plus ou moins précise, de cette réalité, ce n'est plus une vraie monition.
A. — De l'hypothèse d'une coïncidence fortuite.
La plus fréquente critique qu'on adresse à la réalité des monitions, c'est que le hasard peut les donner.
Nous allons présenter, comme il convient, cette objection dans toute sa force.
« Il y a, tant en France qu'en Angleterre, environ 1.500.000 décès par an, et mille fois plus de chutes, de blessures, d'accidents sérieux, redoutables, suivis de syncopes, d'hémorragies, de délires, sans compter les minuscules incidents tels que ceux dont les monitions sont indiquées ; cela fait environ 1500 millions de cas. Or, comme l'enquête s'étend sur soixante années environ, c'est à peu près cent milliards de cas fortuits pouvant être objets de monitions. Or on a pu (péniblement) recueillir 500 cas; la proportion des monitions aux faits pouvant les provoquer est donc de 500 sur