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Enquête du Bulletin des Armées

Richkt. — Métapsychique. 22

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d'abréger beaucoup cet intéressant récit, plus remarquable peutêtre comme prémonition que comme monition1.

Mad. C... demeurait dans une maison (Blake street, n° 6) appartenant à Mad. Appleby. Cette maison était, paraît-il, hantée par la mère de Mad. Appleby, Mad. Blackburn, qui y était morte. Mad. G... y était depuis 5 jours, quand elle voit une forme semblable à celle de Mad. Blackburn : « Si vous doutez que ce soit moi, dit le fantôme, voici la date de mon mariage aux Indes. » Le fantôme indique alors à Mad. C..., qu'elle devait aller à Maresby, voir la tombe de M. Georges Howard (dont le nom, la datcde mariage et la date de décès furent données), qu'on trouverait dans l'église la sépulture de Robert Hart, qu'en arrivant à Maresby on ne lui demanderait pas, à elle, Mad. C..., son billet de chemin de fer, qu'elle logerait chez un homme brun, nommé J. Wrigh^, que la femme de ce Joseph Wright avait un enfant enterré au cimetière, qu'elle trouverait des roses blanches, sur les tombes. En réalité, tout se passa comme Mad. Claughton l'avait prévu.

On notera que jamais Mad. Claughton n'avait entendu parler ni de Maresby, ni d'aucune des personnes mentionnées.

M. Fred. Marks, étant à Newhaven, a vu, dans la journée, alors qu'il s'était endormi sur son lit, son frère, qui était sur un petit bateau à voile, prêt à sombrer dans une tempête. Il vit deux jeunes gens, dont son frère, dans le bateati. L'un des deux essayait de rejeter l'eau, l'autre d'accrocher la voile du mât. Le navire se redressa enfin, et parut aborder au rivage. Or, ce même jour, à 200 milles de là, à Wallingford, sur le lac Oneida, Charles Marks et un sien ami faillirent être noyés dans une tempête terrible, qui les assaillit sur le lac Oneida.

Le D1 Marcel Baudouin, que je connais pour un observateur scrupuleux, a pu (ce qui est rare), observer un cas de monition. Étant en visite chez Mad. X..., il la voit tout d'un coup, à 11 heures et demie du matin, pleurer d'abondantes larmes, au milieu d'une conversation banale. Une heure après, on venait chercher Mad. X...

1. 11 faut le lire avec soin dans le récit original, P. S. P. R-, XI, 547.

MOMTIONS 339

pour lui dire que sa sœur était grièvement malade. De fait Mad. Z... la sœur de Mad. X... avait été prise d'une crise aiguë (et mortelle) d'angine de poitrine, à l'heure même où Mad. X... avait eu, en présence du Dr M. B... une crise de larmes inopinées, elle qui ne pleure presque jamais, que jamais le Dr Baudouin n'avait vue pleurer, et qu'il n'a pas vue pleurer depuis1.

Le capit. M... est frappé, le 27 août 1914, d'une balle en pleine poitrine, et laissé pour mort sur le terrain, vers 23 heures et demie. Or cette nuit, à la même heure, un de ses fils, âgé de quinze ans, qui dormait profondément, se lève, va réveiller sa mère, et lui dit : « Maman, papa est blessé, mais il n'est pas mort ».

M. Fryer s'entend appeler par son frère « Rod », avec tant de netteté, qu'il le cherche dans toute la maison. Plusieurs jours après, son frère lui dit qu'en descendant du wagon il est tombé violemment sur le quai, et qu'en tombant il avait crié le nom de son frère : « Rod ! » Les heures correspondent exactement.

Mad. X..., nullement mystique, et n'ayant aucune tendance à croire aux choses dites occultes, voyageant en chemin de fer dans la journée, s'endort un instant, et voit une scène qui lui paraît réelle. Un de ses amis, à cheval, essayant avec son cheval de franchir un petit mur, faisait une chute sans trop de gravité. Or ce fait, que rien d'habituel ne pouvait lui faire connaître, était exact.

Mad. West, en Norvège, attendant son père et sa mère qui voyageaient, rêve qu'elle les voit en un traîneau qui se heurte contre un autre traîneau allant en sens inverse. Mad. West voit son père faire cabrer le cheval qui passe sur lui ; elle s'écrie alors : « Père, père! » puis elle se réveille, effrayée, et, quand le matin son père arrive, elle lui raconte son rêve : « Vous n'êtes donc pas blessé? J'ai vu le cheval se cabrer! mais je n'ai pu voir si vous étiez blessé ou non ». En réalité, M. Cowes, père de Mad. West, en descendant rapidement une pente, croisait une carriole, et, pour ne pas la heurter, faisait cabrer le cheval qui se renversa. M. Cowes fils, qui suivait, fut fort

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inquiet, et il ne se rassura que lorsqu'il eut vu son père sans blessures.

A l'hôpital de Munich1 un soldat aviateur, retenu à l'hôpital pour une affection pulmonaire, se réveille au milieu de la nuit, dans la cour ; il a eu un accès de somnambulisme, et il a rêvé qu'il a, en avion, volé jusqu'à Schleisheim, qu'il a vu là une sentinelle, son ami N..., qui s'est mis à trembler de peur. « Ne me reconnaistu pas ? » dit alors A... « Ah! c'est toi, dit N..., que viens-tu faire ici? » Le lendemain matin, A..., persuadé qu'il y a quelque chose de réel dans son rêve, écrit à N... pour le lui raconter. En même temps, comme l'indique le timbre de la poste, N... écrit à A... pour lui dire qu'étant en sentinelle pendant cette même nuit, il l'a vu, lui a dit : « C'est toi, Joseph? » J'ai entendu distinctement sa voix, ajoute-t-il. Les deux lettres se sont croisées.

Mad. May Lichfield, lisant le soir dans sa chambre, a la sensation soudaine que quelqu'un entre chez elle. Elle ne voit rien, mais sent un long et tendre baiser sur le front. Levant la tête, elle aperçoit son fiancé, debout, derrière sa chaise, et qui se penchait sur elle comme pour l'embrasser encore. Puis tout disparaît; mais elle a le temps de distinguer tous les traits de sa figure, sa haute taille, ses larges épaules. Ce même jour, loin de là, M. Lichfield, son fiancé, était victime d'un grave accident de cheval, qui ne se termina pas mal ; mais il perdit connaissance, et pendant longtemps fut assez malade. Au moment où l'accident lui arriva, il pensait à May, et disait : « Ma petite May, que je ne meure pas sans te revoir ' » .

Mad. Paget à 22 heures descend à la cuisine, et soudain elle voit son frère Miles qui entre et se dirige vers elle pour s'asseoir. Il avait son uniforme de marin, et l'eau brillait sur sa vareuse et sa casquette. Elle supposa que c'était la pluie qui avait mouillé ses vêtements, et s'écria : « Miles, d'où viens-tu? » Alors, il répondit avec sa voix habituelle, mais très vite : « Pour l'amour de Dieu, ne

i. Zwei deutsche Professoren gegen die Télépathie, par S. Clep.icus (Psychische Studien, XLIV, 1917, 350.

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