Enquête inédite du Bulletin des Armées
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seurs alpins, fut atteint par une balle aux deux bras, et quitta la ligne pour aller se faire panser à l'arrière. Le soir, et quinze jours de suite, il manqua à l'appel. On le chercha en vain dans toutes les ambulances. Il fut porté disparu.
« Le 18 septembre 1916, le 13e bataillon revint dans le même secteur où la ligne avait été portée à environ 3 kilomètres en avant. Dans la nuit du 18/19 un ami intime deD..., le sous-lieutenant V..., vit en rêve, dans un trou d'obus, au bord du Chemin Creux, au pied d'un saule, D... agonisant, qui lui reprochait violemment de laisser ainsi mourir sans secours son meilleur ami.
« V. . ., officier le plus froid du monde, calme, sceptique, était pourtant obsédé par son rêve. Il alla trouver S..., son commandant, qui ne le prit pas au sérieux d'abord, puis, par complaisance, et pour en finir, accorda une courte permission à V... pour faire une enquête dans le Chemin Creux. V... y arrive, et retrouve le cadre de son rêve. Au pied d'un saule, une baguette avec cette étiquette. « Ici deux soldats français ». Rien ne pouvait faire soupçonner la présence en cet endroit des restes de D... Pourtant, en fouillant, on découvrit que c'était bien D... qui avait été inhumé là depuis quinze jours environ. Cet étrange fait pourrait être attesté par les officiers du 13e bataillon de chasseurs; mais ils ont autre chose à faire ».
Le Dr Ollivier (à Huelgoat, Finistère) part à cheval pour voir un malade, dans la campagne, à 20 heures. La nuit est noire. Son cheval bute, M. Ollivier tombe et se casse la clavicule. A ce moment même, (21 heures) Mad. Ollivier, allant se mettre au lit, est prise d'un tremblement nerveux, appelle sa domestique, et lui dit : « 7/ est arrivé quelque malheur, mon mari est mort ou blessé i ».
On peut supposer la monition ; mais une coïncidence fortuite est possible, et même vraisemblable.
Un soldat, paysan de la Creuse, raconte en termes très naïfs à M. Raymond Mialaret, qu'un matin sa petite fille, de sept ans, l'a vu en rêve, étendu à terre et ayant du sang au bras gauche. Elle a raconté le rêve à sa mère, qui a dit que c'était un cau-
i. Hall, tél., trad. franc., 78.
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chemar. Or cette même nuit le soldat fut blessé au bras gauche l.
M. Fraser Harris, maître de conférences à Saint-Andrew, étant absent de Londres, va passer son dimanche dans un petit hôtel de famille, quand soudain il aperçoit la façade de sa maison de Londres. Sa femme était devant, sur le pas de la porte et parlait à un ouvrier qui tenait un grand balai dans ses mains. « Ma femme avait l'air très affligé. » M. Harris comprit que cet homme très misérable lui demandait secours. Or, à ce moment précis, Mad. Fraser Harris, à Londres, voyait un malheureux qui cherchait du travail. Il demandait à balayer la neige qui encombrait la rue, et déclarait n'avoir rien à manger ni pour lui, ni pour ses enfants. Plus tard, revenu à Londres, M. F. Harris reconnut que cet individu correspondait en réalité à sa vision-.
Le lieutenant G.., en secteur aux environs de Reims, n'a pas reçu de lettres de sa femme depuis trois jours. Une nuit, il rêve qu'il la voit étendue sur un lit, pâle et comme morte. Il se réveille en sanglotant et attend des nouvelles avec impatience. Ce n'est que trois jours après qu'il apprend que, la nuit de sou rêve, sa femme avait failli périr d'asphyxie et d'incendie. La chambre a été toute noircie, et il a fallu changer les literies. Longtemps Mad. G... s'est ressentie de ce commencement d'asphyxie3.
Une petite fille de dix ans, à Montluçon, voit en rêve son papa (le lieutenant D . . ., officier au front) dans le train, venant en permission , et elle ajoute qu'il avait un manteau de caoutchouc (qu'on ne lui connaissait pas). Le lendemain matin, le lieutenant D... arrive un mois plus tôt qu'on ne l'attendait, et avec un manteau de caoutchouc acheté en cours de route *.
Le professeur S. Venturi, directeur de l'asile d'aliénés de Garofalo, raconte qu'il était parti à la campagne à Possuoli, quand, poussé par un pressentiment de force inconnue, malgré toutes diffi