‹ Traité de métapsychiqueChapitre 125 sur 327 · A. S. P., 1899, IX · texte numérisé non relu

A. S. P., 1899, IX

MONITIONS DE MORT 357

Le fait suivant, dû à M. Pyrrhus Bessi l, est uu cas de monition de mort par la cristalloscopie accidentelle. M. Bessi, à Panicole (en Italie, près de Pérouse), étant la nuit, seul dans sa chambre, à travailler, se repose un moment. Alors sa lampe s'éteint à demi ; il la veut rallumer, et la lampe s'éteint tout à fait. Pourtant la chambre reste éclairée d'une vague lueur : et il aperçoit dans un vieux miroir qui était dans sa chambre, comme s'il y avait une ouverture qui laissait entrevoir une autre pièce de la maison, une autre chambre, d'autres meubles, et dans cette chambre une vieille dame, qu'il reconnut, qui s'assit devant une table, prit quelques feuilles de papier dans un tiroir, et se mit à écrire lentement, puis plaça le papier dans une enveloppe, posa sa tête sur le fauteuil, et s'endormit. Le lendemain matin M. Bessi apprit que cette dame était morte dans la nuit, et que dans le tiroir de la table on avait trouvé son testament olographe.

Le récit suivaut vient de m'être donné par un membre éminent du barreau de Paris, que j'appellerai A... car je n'ai pas le droitde mentionner son nom. Le fait est très ancien, puisqu'il s'agit de la grand'mère de M. A...

Mad. A... veuve de très bonne heure, avait étéun soircourtiséeun peu trop vivement par un très proche parent B... et elle en avait été quelque peu offensée. A quelque mois de là, étant à la campagne, en hiver, et soignant son enfant malade, elle trouve qu'il fait froid dans la chambre, et, comme c'était au milieu de la nuit, pour ne pas éveiller les domestiques, elle descend au bûcher afin d'aller chercher du bois. Au moment où elle ouvre la porte du bûcher, elle voit devant elle B... qui se met à genoux, lui prend les mains, et lui dit : « Pardonnez-moi ! pardonnez-moi ! » Elle est interloquée ; car la vision est aussi nette que la réalité... Mais bientôt tout disparaît. Au matin, elle apprend par un télégramme que B... venait de mourir.

Le Rév. Barrer, à 23 heures, étant dans son lit, aperçoit avant de s'endormir la figure (souriante) d'une de ses tantes qui était à

1. J'ai vu et j'ai entendu. — Revue des Etudes Psychiques, 1901, 21-33 ; 97-168.

358 GRYPTESTHÉSIE ACCIDENTELLE

Madère. Il tressaille, raconte aussitôt la vision à sa femme, et le lendemain matin à différentes personnes. Or cette tante de M. Barker à la même heure (en tenant compte de la différence de longitude) mourut à Madère1.

M. Baeschly, de Saverne, âgé de vingt ans, est seul avec son père dans la maison, quand, vers minuit, il se fait un terrible fracas. Le père et le fils se lèvent, n'y comprenant rien. Une seconde fois le même fracas recommence. Le père et le fils, après s'être recouchés, se relèvent etse rencontrent de nouveau devant la porte ouverte. Une troisième fois la porte se rouvre avec fracas. Alors ils la lient avec une grosse corde. Quelque temps après une lettre leur annonce que le frère de M. Baeschly était mort en Amérique, le même jour, à une heure de l'après-midi. Il paraît que, mourant, s'éveillant d'un coma prolongé, il avait dit :« Je viens de faire un grand voyage; j'étais chez mon frère à Brunatte »3.

Miss Beale, alors âgée de quatorze ans, voit entrer dans sa chambre, au milieu de la nuit, la figure d'un homme habillé d'une robe de chambre flottante; il semblait avec la main chercher son chemin, et disparut. Miss B... effrayée, appelle une de ses compagnes, qui couchait dans la même chambre. Celle-ci lui dit : « C'est sans doute C. . . , mon frère ». Le lendemain matin , au déjeuner, C... affirme qu'il n'est point venu, mais il avait vu, lui aussi, au même moment, une forme entrer dans sa chambre et une forme qu'il avait reconnue pour être l'ombre d'un ami (de mauvaise santé, mais qu'il ne croyait pas en danger) qui jadis lui avait dit : « Celui qui de nous deux mourra le premier viendra voir l'autre ». Or, en réalité, cet ami était mort cette même nuit, comme on l'apprit plus tard 4.

1. Hall, tél., tr. fr. 249. Ce cas est noté par Grasset1 comme ne prouvant rien. Mais la critique de Grasset est inopérante. En effet il parle d'un rêve banal, léger, comme probablement le R. P. Barker en a eu des centaines et des milliers dans sa vie. Mais non ! mais assurément non ! Ce fut une hallucination assez nette pour qu'il la raconte, comme un phénomène singulier, peut-être unique dans sa vie, à sa femme et à ses amis. Et puis est-ce que la simultanéité du jour et de l'heure ne compte pas ?

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