J. S. P. R., mai
380 CRYPTESTHÉSIE ACCIDENTELLE
avec une de ses amies, accidentellement, en Australie. Toutes deux étaient parties en voiture à un cheval. On retrouva leurs corps et le corps du cheval; deux chapeaux de femme flottaient à la surface. Mad. Green n'avait jamais vu sa nièce, elle ne pouvait donc pas la reconnaître.
On notera l'abondance des détails précis qui fait que ce rêve monitoire est un des meilleurs que nous possédions.
Le général Fytche, en Birmanie, voit un matin, à son lever, en plein jour, un vieil ami, qu'il croyait loin, entrer dans sa chambre. Puis l'ami disparaît. Personne de la maison ne l'avait vu entrer ni sortir. Et cependant le général avait cru le voir en chair et en os. Quelque temps après, il apprit que son ami était mort subitement, vers le même moment, à quelque 600 milles de là1.
Marianne Griffiths, sortant de la table de famille au milieu du déjeuner, un dimanche, va, sans cause appréciable, dans le jardin, et contemple pendant longtemps l'eau du bassin. Puis, à sa sœur qui arrive la chercher, elle dit avec terreur : « Il se passe quelque chose d'horrible ! 0 mon pauvre cher H... » A ce moment, H.., frère de Marianne, se noyait en prenant un bain dans une rivière peu profonde. Il n'y avait aucune raison pour que Marianne eût quelque inquiétude sur le sort de son frère2.
LecoloDelH.Aétantà Londres, couché dans sa chambre, s'éveille à l'aurore et voit devant lui Poole, son compagnon d'armes, en costume kaki, avec une épaisse barbe noire (qu'il ne portait pas quand H... le connaissait). H... savait que G... était parti pour le Cap (guerre du Transvaal). L'apparition était si nette que H... la prit presque pour une réalité : il distingue la figure, les yeux toutà-fait vivants, le costume kaki, et le casque. H... s'assied sur son lit, regarde le fantôme de P... et lui parle ; alors P.. lui répondit : « Je suis tué (I am shot) ... à travers les poumons » . Et en disant cela il leva lentement sa main droite sur la poitrine. « Le général me commanda
3. G. Delanne, Les apparitions matérialisées, 1911, II, 18 et P. S. P. R. v.).
démarcher », dit-il. M. H... raconta cette apparition à quelques camarades, et il apprit le lendemain que Poole avait été tué à la bataille de Sangshook. Il avait l'uniforme kaki, portait toute sa barbe, et le poumon droit avait été traversé. Les heures coïncident. La nouvelle de la mort de Poole n'arriva à Londres que vingtquatre heures après que le colonel H... eut raconté son rêve.
M. Marius S. Griffin, à la Jamaïque, voit en rêve une vieille dame pour laquelle il avait beaucoup d'affection. Elle paraissait vêtue de blanc. Cela commença par un rêve, et finit par une vision, très nette, qu'il aperçut au pied de sou lit. « Et cependant, dit il, je n'aurais pas pu distinguer les traits, tant la nuit était noire, si c'avait été une personne vivante. » Il écrit son rêve sur son carnet. Bientôt il apprend que cette dame est morte au même moment qu'il l'avait vue. Il paraît que, quelques minutes avant de mourir, cette dame disait : « Dites à Marius que fai pensé à lui1».
Le général H... étant sous la tente, près de Bombay, voit, à 2 heures de l'après-midi, la forme de sa sœur, en vêtements de nuit. Il écrivit aussitôt pour en demander des nouvelles, et il apprit qu'elle était morte au moment où elle lui avait apparu... « Je suis aussi sûr du fait que de ma propre existence, » ajoute le général2.
M. H... de Genève, étant élève d'un pensionnat, raconte qu'un matin un de ses camarades dit à haute voix devant plusieurs personnes qu'il a vu le frère du professeur (professeur du même pensionnat et absent pour quelques jours) étendu sur l'herbe, avec un trou noir au milieu du front. Ce rêve effrayant fait une grande impression sur tous les élèves. Le lendemain on apprend, sans que M. H... puisse exactement préciser la coïncidence du jour et de l'heure, que le rêve était conforme à la réalité, et que X. . . était mort d'un accident de chasse. En voulant traverser un fossé, le fusil était parti, et la charge tout entière lui avait pénétré dans la tête.
Suzanne H... anciennement servante de Mad. A... se marie et va