‹ Traité de métapsychiqueChapitre 150 sur 327 · Flammakion, Loc. cil · texte numérisé non relu

Flammakion, Loc. cil

RicHEr. — Métapsycliique. 25

380 CRYPTESTHÉS1E ACCIDENTELLE

eût sonné, vint voir ce qui se passait. Lorsque je lui eus dit que j'étais venue pour voir Wenand, il me dit : « C'est impossible » et alors il m'annonça que Wenand était mort, mais que lui, mon père, n'avait pas voulu me le dire encore.

Malgré l'autorité de M. Carrington, je ne puis accorder grande confiance à l'histoire qu'il nous raconte de Mad. H..., une femme du peuple sans doute. Elle voit son fils, qui était au front, devant sa porte, et s'étonne de ne pas le revoir dans la soirée. Elle laisse la porte ouverte, mais l'enfant ne revient pas. Le lendemain il reparaît de même, puis disparaît. Le surlendemain il revient une quatrième fois. « Cette fois, dit-elle, mon fils, ne me laisse pas : assiedsloi et prends une tasse de thé avec moi ». Alors le fils monte dans la chambre. Elle le suit. Il s'afïale sur le lit, puis il disparaît, et le lit était couvert de sang. Le premier jour de l'apparition coïnciderait avec la mort de ce jeune homme.

Ce récit est d'une si haute invraisemblance (psychologique) qu'on ne peut en rien accepter. Tout au moins faudrait-il avoir quelques documents sur l'état mental de Mad. H...

En mars 1890, la comtesse E. Kapnist1, sortant du théâtre avec sa sœur, au moment où elle va entrer dans sa voiture, hésite, car elle voit dans la voiture une figure à silhouette émoussée, diaphane, presque indécise. La vision ne dure qu'un instant; cependant on peut distinguer les moindres détails, le nez prononcé, la raie des cheveux de côté, la barbe rare et d'un blond foncé, pas de chapeau, et une redingote noisette. La sœur de la comtesse E. K... ne voit rien, quoique Mad. E. K... lui ait dit : « N'as-tu rien vu en face de toi? » A quelque temps de là, Mad. E. K... apprend qu'un certain sieur P..., qui répondait tout à fait à la description, est mort, à la suite d'une longue maladie, deux jours après la vision. M. P. . . avait, en mars 1889 promis à I. K..., sœur de la comtesse Kapnist, de reparaître devant elle, mais sans l'effrayer.

Le D' Liébexult rapporte le cas de Mad. B..., de la Nouvelle- Orléans, qui, magnétisée par M. Liébeault, ne tarda pas à donner des preuves de lucidité par l'écriture automatique. Un matin, elle

i. Myehs, Humait personality, II, 49.

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se sent poussée à écrire. Le message provenait d'une certaine Marguerite qui annonçait sa mort (à Coblenz dans un pensionnat). On a vérifié par la suite que, réellement, Marguerite, l'amie de Mad . B. . . , était morte le même jour ' .

Un de mes confrères, médecin distingué, nullement crédule, m'écrit que dans la nuit il rêve qu'il passe devant une jeune femme de ses amies, Mad. L..., en pleurs, la figure couverte d'un grand voile de deuil. Au réveil, le lendemain matin il en parle à ses parents, en s'étounant que cette jeune femme, habituellement gaie et insouciante, se soit présentée à sa pensée en habits de deuil. « Vers 8 heures du matin, ma sœur, dont Mad. L... est une belle-sœur, nous téléphone que M. L..., souffrant depuis trois jours, a été pris dansla soirée, la veille, de symptômes graves de péritonite, qu'il a été transporté àJa maison de santé, opéré à minuit dans un état désespéré, et qu'il vient de mourir. Je n'avais pas vu, ajoute le Dr X..., M. et Mad. L. . . depuis une quinzaine, et ma sœur, seule relation commune, ignorait avant cette nuit que M. L... fût souffrant. »

Ce qui est très intéressant dans cette monition, c'est qu'elle est manifestement symbolique. Ce n'est pas du tout le mort qui se présente. C'est une information. Et c'est important pour la théorie, puisque cela semble prouver que les soi-disant apparitions ne sout pas des fantômes des morts qui arrivent, mais des informations, de véritables monitions.

Mad. Frances Lightfoot est réveillée dans sa chambre par un bruit violent. Il lui sembla qu'on ouvrait violemment sa porte (fermée à clef d'ailleurs) et que quelqu'un ou quelque chose entrait dans la chambre. Une figure apparut, couchée horizontalement au-dessus de son lit et une voix impérieuse lui dit clairement et distinctement : «Frances, j'ai besoin de vous. Venez avec moi, tout de suite. » Elle pense alors à Mad. Reed, une de ses meilleures amies,, qui était aux Indes, et dit : «Elle est morte », puis elle inscrivit son rêve sur son carnet. Le lendemain, causant avec sa sœur, elle lui dit : « Mad. Reed est morte ». La vision a eu lieu huit à neuf heures après la mort de Mad. Reed*.

i. Pliant, of the Living, I, 293.

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