‹ Traité de métapsychiqueChapitre 24 sur 327 · La Survivance humaine, trad. fr., p · texte numérisé non relu

La Survivance humaine, trad. fr., p

-1. Quelques expériences de transmission de la pensée à grande distance {A. S. P., 1910, XX, 14-21 et 40-54).

106 MÉTAPSYCHTQUE SUBJECTIVE

Ce qui prouve que l'expérience a été bien faite, c'est que pour les couleurs le nombre des succès a été 48, et que le nombre probable était aussi de 48.

D'autres expériences ont été faites avec des dessins. Quelquesunes des reproductions sont intéressantes, mais elles se prêtent mal au calcul des probabilités. Nous aurons dailleurs l'occasion d'y revenir, à propos de la clairvoyance des sensitifs.

Un mémoire important sur la lucidité a été présenté en 1913, à Konigsberg, comme dissertation inaugurale, par MaxHoppe. M. Hoppe fait l'analyse méthodique, détaillée, des cas de lucidité pour divination des cartes et des chiffres. Et il peut établir, ce que je lui accorde volontiers, que les preuves ne sont pas extrêmement rigoureuses, même quand on a opéré sur des sujets sensibles. Mais il faut aussi reconnaitre que, malgré la facile application du calcul des probabilités à ces divinations, ce n'est pas par ces sortes d'expériences que se peut définitivement démontrer la cryptesthésie. Les somnambules et les médiums n'aiment pas ces épreuves, qui n'ébranlent pas leurs sensibilités comme peuvent le faire la flamme d'un incendie ou le fracas d'une automobile renversée. Pourtant la critique de M. Hoppe est pénétrante. Il critique avec juste raison mes expériences faites avec Léonie ; mais je n'avais pas attendu le mémoire de M. Hoppe pour les trouver très médiocres. Il n'admet pas non plus la lucidité de M. Reese. Or, sur ce point, ses objections me paraissent sans aucune valeur. Quant aux expériences qu'a faites M. Hoppe avec une seule personne, elles sont négatives : mais cela ne prouve absolument rien. En somme M. Hoppe s'est limité à la critique, justifiée d'ailleurs, de mes vieilles expériences de 1884. Je pense qu'il lui serait difficile maintenant de garder la même opinion, sur mes expériences ultérieures, et sur celles des innombrables savants qui ont étudié la lucidité.

Le D'BlairThaw, de New-York, expérimentant avec Mad. Thaw, a obtenu des cryptesthésies très nettes pour les couleurs, suggestions mentales télépathiques évidentes2.

1. Ueber Hellsehen, Berlin, Haussmann, 1916. "2. Hyslop, Science and future life, 25-30.

COULEURS l'ENSÉES

COULEURS DITES i"> fois.

COULEURS DITES 2° fois.

Bouge clair.

Kouge clair.

Vert.

Vert.

Jaune.

Bleu.

Jaune.

Jaune clair.

Jaune clair.

Kouge foncé.

Bleu.

Rouge foncé.

Bleu foncé.

Orange.

Bleu foncé.

Orange.

Vert.

Héliotrope.

Misses Wïngfield, qui ont certainement des pouvoirs médianimiques notables, ont fait une belle série d'expériences (400) qui entraîneraient la certitude absolue s'il ne s'est pas introduit quelque erreur systématique (que j'ignore).

Sur 400 tirages, le nombre probable des succès était de 4. Or le nombre des succès obtenu par lecture de pensée a été de 27. Dans 41 cas le nombre a été donné renversé. La probabilité de ces deux nombres est extrêmement faible, et si elle ne donne pas la certitude mathématique, elle donne la certitude morale. Le hasard ne fournit pas de pareilles concordances. Mais l'expérience est-elle irréprochable ?x

Miss Lindsay - et M. Shilton 2 ont eu aussi de notables succès, bien au delà du chiffre probable3.

Mais en de telles expériences, si intéressante que soit l'appréciation mathématique, il faut toujours se rappeler que celle-ci n'a de valeur que lorsque aucune défectuosité n'est cachée dans le procédé expérimental. C'est la rigueur expérimentale absolue qui est la condition essentielle.

Un sujet observé par Lombroso a les oreilles et les yeux com-

i. Ph. of Ihe L., II, 653, 669.

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