‹ Traité de métapsychiqueChapitre 258 sur 327 · P. Amer. S. P. R., mars 1920, 58b · texte numérisé non relu

P. Amer. S. P. R., mars 1920, 58b

2. Expériences in spiritualism with M. D. D. Home, by viscount Adare, with introductory remarks by the Earl of Dunraven (s. 1. n. d.). London, Thomas Scott, 1869 (?).

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Cette absence d'indications des précautions prises contre une fraude, consciente ou inconsciente, de Ho^e, ne laisse pas que de troubler quelque peu. Toutefois, comme les détails ont été très soigneusement notés par le vicomte Adare, on peut reconstituer ces admirables séances, supposer que des fraudes difficiles, presque impossibles, n'ont pas été pratiquées, et admettre qu'il eût fallu être terriblement aveuglé par la crédulité pour que le vicomte Adare, lord Dunraven, M. Jenckën, le major Blackburn, et les autres très honorables et instruits assistants n'aient pas été capables en deux ails de dételer ces fraudes énormes. Surtout il faut se dire que, lorsque Croûkës a pris avec le même Home des précautions multiples et rigoureuses, les mêmes phénomènes à peu près se sdht produits.

Si nous voulibns nous confiner strictement dans l'ordonnancement de ce livre, traité de métapsychique, il faudrait indiquer dans dès chapitres séparés les mouvements d'objets (télékinésie), les raps, les lévitations, et les autres phénomènes singuliers, rapportés par le vicomte Adàre. Mais il est peut-être mieux, au risque d'altérer pour un moment l'Ordre logique des choses, rapporter ici sommairement tous leâ principaux faits relatés dans les extraordinaires comptes rendus du vicomte Adarè.

Les mouvements d'objet sans contact ont été fréquents. Un accordéon, dont Home ne tenait qu'une partie, joua une mélodie extrémèriient belle. Il y avait de la lumière. On entendait en même temps des raps dans toute la pièce (p. 2-4).

Dans une salle complètement sombre (p. 13), Home s'assit au piano, et le piano s'éleva du sol à une hauteur d'environ 3 centimètres, puis de 25 centimètres environ. Ce jour-là Home s'élongea : (??) il n'y eut pas d'erreur possible, dit le vicomte Adare. Sa taille est de lm,73 ; il s'élongea jusqu'à avoir 1m,97.

La table s'éleva dans l'air un grand nombre de fois (17 fois), comme en témoigne l'index des principaux phénomènes, placé au début de ïbhvrage (XXIV-XXV), Une fois elle s'éleva à 0U1,45 de hauteur et resta ainsi quelque temps (p. 109). Dans la belle expérience du 12 mars 1869, une table à quatre pieds, placée à 0m,5o de la chaise où IÏome était assis, s'éleva dans l'âir, saris que personne la toUchàt, et se posa doucèriient sans hésitation sur une autre table

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où étaient quantités d'objets qui ne furent touchés par aucun des pieds de la table. Pendant tout ce temps on entendait des bruits étranges, comme des voix, et en même temps la table était animée de vibrations très fortes. Le 29 mars, avec de la lumière, la table s'éleva en se balançant et s'éleva dans l'air jusqu'à une hauteur de 60 centimètres, et, après être restée en l'air pendant quelques secondes, s'éleva jusqu'à au moius lm,52, puis redescendit avec un bruit vibratoire comme celui d'un chemin de fer.

Des phénomènes de lévitation ont été fréquents : plus fréquentes encore les élongations, fait singulier, prêtant d'ailleurs facilement à l'erreur, et au sujet duquel nous n'avons aucune analogie à présenter.

M. Home s'était placé contre le mur, M. Adare étant en face de lui. Alors les bras de Home parurent s'allonger, et sa poitrine se dilater. Home me dit : « Adare, vous voyez, l'extension vient de la poitrine: » Il se plaça encore contre le mur et étendit ses bras à leur longueur naturelle. Je fis sur le mur une marque au crayon, pour indiquer le bout de ses doigts. Alors il allongea son bras gauche et je fis une nouvelle marque pour indiquer le bout de ses doigts. Il allongea ensuite son bras droit, et je fis de même des marques. L'élongation totale, constatée de cette manière , fut de 24 centimètres (9 pouces 4/2).

A vrai dire cette expérience est loin d'être aussi concluante qu'elle le paraît d'abord ; car l'extension du bras à volonté est assez variable, de sorte que l'élongation de Home est loin d'être un phénomène authentique, et, à mon sens, il est plus prudent de n'en point parler.

Les apparitions de mains, les attouchements, les luminosités autour de la tête se sont présentés fréquemment.

Je mentionnerai seulement avec quelques détails, d'après les récits de M. Adare une lévitation et l'expérience du feu (j'abrège un peu).

Le 16 décembre, à Buckingham Gâte (p. 82), en présence du vicomte Adare, du capitaine Gharlie Wynne, et de Master of Lindsay, Home s'élongea et s'éleva dans l'air. Alors il dit : « Ne soyez pas effrayés, et à aucun prix ne quittez vos places. » Alors Lindsay dit » : « Cest trop horrible. Il a passé par la fenêtre dans Vautre

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chambre, et il arrive par la fenêtre ». Alors nous entendîmes, dit le vicomte Adare, Home qui était dans la chambre voisine; il revint par la fenêtre, s'assit et se mit à rire. « Je ris, dit-il, parce que, si un policeman m'avait vu, il eût été surpris de voir un homme passer par la fenêtre, et se promener dans l'air le long du mur. Adare, ajouta-t-il, venez avec moi ». Nous passâmes dans la chambre voisine, j'ouvris la fenêtre, et alors il se précipita par la fenêtre, la tête en avant, horizontal et raide (his body being nearly horizontal and apparently rigid). Puis il revint et nous retournâmes clans la chambre voisine (les chambres étaient au troisième étage;.

On vit ensuite d'autres faits étranges, comme la forme d'un oiseau qui sifflait et volait dans la chambre, des langues et des jets de flamme qui sortaient de la tète de Home, puis comme le souffle d'un vent extrêmement violent, et des bruits indéfinissables (llie most iceird thing I ever heard).

Le fire test est plus étonnant peut-être encore. A. Norwood, dans la maison de Mad. Hennings (p. 68), d'abord Home donna à M. Adare le pouvoir de soulever un livre en tenant la main à plat au-dessus du livre. A un moment il y avait une distance de plus de 6 centimètres entre la main de M. Adare et le livre. Puis il alla vers la cheminée, prit un charbon allumé, deux fois gros comme une orange, le mit sur sa main et se promena ainsi dans la chambre en le montrant : il fit sentir alors ses mains, qui, au lieu d'avoir une odeur de brûlé, étaient parfumées ; il replaça le charbon dans le feu, et, s'agenouillant, se mit la figure au-dessus du charbon brûlant (placed his face right among the burning coals, moving it about as though bathing il in water) !! Puis il tint ses mains quelque temps au-dessus de la flamme d'une bougie. Il reprit dans sa main le charbon allumé et souffla dessus pour l'attiser. « Il me demanda si je voulais toucher ce charbon : je le touchai, je le mis dans mes deux mains, et ensuite il mit. ses deux mains dessus, et nous tînmes le charbon allumé enfermé entre nos quatre mains; c'est à peine si je sentis un peu de chaleur ».

Cette même effarante expérience a été répétée le 3 avril à Astley House (p. 147). Cette séance fut remarquable : elle a été corroborée par le témoignage de M. S. C. Hall. Un charbon en ignition fut mis sur la tête de M. Hall, il disposa les cheveux blancs de

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M- Hall autour du charbon, et laissa les cheveux (qui ne brûlaient pas) au contact du charbon pendant quatre qu cinq minutes environ (p. 178) : un instant après, ce charbon, qui n'avait pas brûlé les cheveux de M. Hall, était tellement chaud qu'on ne pouvait en approcher la figure.

Que ces faits inouïs soient vrais, ou doit en douter jusqu'à ce que de nouvelles preuves en aient été données. Mais il y a déjà eu en métapsychique tant de négations illégitimes qu'il faut être réservé dans toute négation.

Cette expérience n'est guère comparable à la célèbre épreuve du feu que certains fakirs1 proposent à l'admiration publique, car toute constatation fait défaut, et on ne sait pas bien dans quelles conditions précises cette épreuve a lieu. Peut-être après une marche rapide, si la transpiration est abondante, peut-on échapper à la brûlure (??).

En tout cas, pour Home, si le compte rendu de Lord Adare (corroboré par les témoignages de Mad. Hennings, de M. et de Mad- Jencken, de M. Saal, de M. Hart) est exact, on ne voit pas d'explication naturelle possible.

III. — Il est hors de doute qu'avec des médiums puissants ou observe des phénomènes singuliers, presque uniques, qui rentrent difficilement dans le cadre des descriptions habituelles.

Voici un phénomène que m'a présenté Eusapia, phénomène dont je ne connais pas d'analogue.

Dans une séance qui avait lieu à Paris, chez G. Flammarion je tenais la main droite, et Flammarion tenait la main gauche. A diverses reprises, avec ma main droite, je percevais derrière le rideau la main forte et résistante de John. Alors je dis à Eusapia : « Je vais piquer cette main pour savoir si c'est bien réellement une main vivante ». Il y avait une demi-lumière; on me passa une épingle. Aussitôt, prenant cette épingle dans ma main droite, je pique la main de John à travers le rideau. Alors soudain je sens à mou épaule gauche, traversant mes vêtements, comme une épingle qui s'enfonce et va jusqu'à ma peau, eu la piquaut réellement,

1. Ou les Aissaouas. Voir J. D.wane, Les Aissaouas charmeurs de serpent. Paris, Dentu, 1862, 2« éd., et Davyl, Paris, 1882.

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sans nie faire grand mai, mais pourtant avec assez de force pour que j'aie été contraint de m'arrêter : j'ai dû cesser de piquer à travers le rideau Ja main n'indique, hypothétique, de John. La piqûre que je sentais à l'épaule n'était nullement une hypothèse. Evidemment il faut s'abstenir de toute tentative d'explication.

IV. — Comme autre phénomène étrange, et jusqu'à présent unique, je citerai le cas de cette lettre qui annonçait un événement grave, et qui, placée sur uue cheminée, donnait des raps, assez forts pour attirer l'attention.

V. — D'ailleurs, pour la constatation de ces phénomènes, uniques, isolés, rien n'est plus utile que de connaître par le menu la vie de tels ou tels médiums puissants. Les hagiographies ne sont certainement pas toujours des erreurs, des illusions ou des impostures. Mais la distinction du faux et du vrai est impossible. Ce serait folie que d'accepter sans discussion les faits racontés dans les vies des saints : mais il serait peut-être imprudent de les nier tous. Quand il y a des phénomènes rares, uniques, ou presque uniques, comme la constatation est toujours plus ou moins défectueuse, il vaut mieux attendre avant d'émettre une opinion ferme. Plus que toute autre science, la métapsychique nous réserve bien des surprises.

Eu somme il faut conclure, non pas d'après les faits exceptionnels, mais d'après les faits en quelque sorte vulgaires, que la métapsychique nous donne sur les ectoplasmies.

Télékinésies ou ectoplasmies, c'est, à de fortes nuances près, le même phénomène, c'est-à-dire l'pbjectivatiou, la projection d'une force mécanique (qui est intelligente) hors de l'organisme. Cette force mécanique est tantôt invisible, comme lorsqu'un accordéon se meut sans paraître touché, tantôt visible, comme lorsque cette force prend l'apparence d'une main animée de mouvemeuts. Mais dans un cas comme daus l'autre, c'est toujours, suivant l'expression excellente de A. pb Rochas, l'extériorisation de la motricité.

Or le fait qu'il y a eu dehors de l'organisme projection de forces intelligentes, agissant mécaniquement, remuant des objets, et fai-

saut entendre des bruits, est un phénomène aussi certain maintenant que les phénomènes les plus avérés de la physique. La seule différence entre cette télékinésie (se traduisant par des mouvements et des raps) et les actions mécaniques ordinaires, banales, c'est que la télékinésie est un phénomène exceptionnel, ne pouvant être produit que par un petit nombre d'individus — une infime, très infime minorité — et même alors ne se manifestant qu'exceptionnellement et difficilement.

Tout de même la certitude de la télékinésie est absolue : les observations prises sur Home, Eusapia., Stainton Moses, miss Goligher, l'établisseut avec grande force. Et assurément il est cruel pour la science de constater qu'il y a des phénomènes exceptionnels. Mais quoi! l'aimant attire le fer. C'est un phénomène exceptionnel, et pourtant personne ne songe à le nier.

La matérialisation d'une main, d'un corps ayant l'apparence de la vie, d'une figure, d'un fantôme, n'est pas plus douteuse que la télékinésie ; et alors nous avons plus de peine encore à comprendre ; car il semble bien que cette main, cette tête, ce corps aient tous les attributs de la vie. Les formes .matérialisées sont intelligentes ; elles ont, en apparence au moins, une personnalité. La main est chaude, vivante, les yeux regardent, roulent dans leurs orbites, la voix parle, la respiration dégage de l'acide carbonique; les jambes se meuvent, les mains saisissent des objets.

On a pu voir naître ces formes qui paraissent vivantes; elles se forment comme d'un nuage, et se concrètent dans ce nuage, ainsi qu'une nébuleuse se concrète en un astre. En même temps que la forme vivante, des vêtements, des voiles, des accessoires, naissent aussi, qui n'ont d'ailleurs, le plus souvent, qu'une existence transitoire s'évanouissant aussi nébuleusement qu'elles sont nées, ceu fumus in auras.

C'est déjà aller bien loin que d'affirmer tout cela. Peut-on aller plus loin encore? On le fera sans doute quelque jour, mais aujourd'hui il serait imprudent d'aller au delà. Ayons quelque frayeur de l'Au-delà.

Par suite de la facilité et de la fréquence de la fraude, les photo-

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graphies, les écritures directes, les apports, les productions de sons musicaux, et de lumière, tout cela n'est pas établi. Certes ces phénomèues, étant dounée l'étrangeté de la . métapsychique, sont possibles, et même, en notable partie, admissibles. On n'aurait jamais pensé à les simuler s'ils ne s'étaient pas parfois réellement présentés. Je n'hésite pas à les croire assez probables; mais ils ne sout pas prouvés. Nous devons nous arrêter, puisque nous sommes dans le domaine de la sévère science, au seuil du mystère, et nous ne pouvons affirmer que les télékiuésies et les matérialisations.

Eu parlant de la lucidité, nous avons dit qu'à elles seules les expériences de lucidité étaient impuissantes à établir scientifiquement la survivance; car la connaissance des choses inabordables à nos sens est une hypothèse plus simple que celle de la survivance d'un mort. Examinons maintenant si les matérialisations nous fourniraient cette preuve de survivance que la lucidité seule ne peut pas donner.

Et tout d'abord déclarons nettement que l'affirmation du fantôme qu'il est tel ou tel personnage ne siguifie pas grand'chose, ou plutôt qu'elle ne signifie rien. Quand le fantôme de Bien Boa apparaît, en disant qu'il est un prince indien, encore que la réalité objective de ce fantôme, dans les conditions où il apparaît, soit bien certaine, rien ne prouve que c'est la conscience de ce prince indien défunt qui, se souvenant de tout son passé, est venue animer ce fantôme. Hélène Smith dit qu'elle est Marie-Antoinette, mais ce n'est pas assez pour me faire croire que Marie-Antoinette revient sur terre, et parle par le larynx d'HÉLÈNE Smith. L'affirmation du fantôme Bien Boa a la même valeur ; comme celle de John King pour Eusapia.

Jusqu'à présent les idées, Jes paroles, les gestes des formes matérialisées ne nous permettent pas de dire que leur personnalité diffère de la personnalité du médium, plus que les personnalités provoquées par la suggestion chez Alice hypnotisée ne diffèrent de la personnalité d'ALicE. Alors il est bien imprudent doser dire que ce sont les consciences de Bien Boa, de Marie- Antoinette ou de John King qui reviennent.

Aussi bien, malheureusement pour la doctrine spirite, la preuve est-elle impossible à faire; ou du moins jusqu'à présent elle n'a

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pas été faite. Le cas de Georges Pelham, où cependant il n'y avait aucune matérialisation, est énormément plus probant, au point de vue de la survivance, que toutes les matérialisations connues jusqu'à présent. Je ne vois même pas bien comment la preuve décisive pourrait être donnée. Même si — ce qui n'est pas le cas — on pouvait photographier un fantôme dont la forme serait identique à celle d'un individu défunt, je ne comprendrais pas comment cet individu mort il y a deux cents ans, et dont le corps est réduit à l'état de squelette, pourrait revivre, avec ce corps disparu, plutôt qu'avec toute autre forme matérielle.

En somme les matérialisations, si parfaites qu'elles soient, sont incapables de prouver la survivance : la preuve qu'elles semblent donner parfois est beaucoup moins frappante que la preuve donnée par la métapsychique subjective.

Il ne faut pas s'effarer quand on nous parle de la matérialisation d'un fautôme tout entier. Après tout, qu'il s'agisse d'une main, ou d'une personne tout entière, le problème est le même; il est tout aussi difficile de comprendre la matérialisation d'une main vivante, chaude, articulée, mobile, ou même d'un simple doigt, que de comprendre la matérialisation d'un personnage tout entier qui va et vient, se promène, parle, agite les voiles qui le recouvrent. C'est exactement la même invraisemblance.

Ces personnages qui se meuvent ont-ils une existence psychologique personnelle?

Si l'on n'avait pour en décider que les matérialisations expérimentales, on serait tenté de dire non; car les personnalités de ces fantômes qui apparaissent dans le cours d'une expérience semblent bien n'être pas plus conscientes d'elles-mêmes que les personnalités qui se manifestent par l'écriture automatique, et dépendre plus ou moins de la fantaisie, consciente ou inconsciente, du médium.

Mais on ne peut isoler les matérialisations expérimentales des matérialisations accidentelles. Il y a les maisons hantées, dans lesquelles une forme apparaît, qui semble indépendante de la volonté ou de la fantaisie des personnes présentes. Il y a des monitions qui

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ne sont, pas uniquement subjectives, puisqu'elles sont perçues par plusieurs personnes (monitions collectives), de sorte que l'existence d'êtres indépendants des êtres humains, si elle ne peut pas être prouvée, ne peut guère être niée non plus.

Certes, il est pénible de toujours arriver comme conclusion dernière à l'incertitude. Mais heureusement il n'y a incertitude que pour la tbéorie, car le fait lui-même, c'est-à-dire la matérialisation (avec la télékiuèsie), ne peut pas être contesté.

En tout cas nous pouvons, grâce aux expériences de Crawford, d'OcuoRowicz, de Mad. Bisson et de Schrenok-Notzing, nous faire quelque idée sur la genèse de ces phénomènes, ébaucher une sorte d'embryogenèse des matérialisations. Il est possible que cette embryogenèse ne soit pas identique dans tous les cas; mais, dans quelques cas observés avec précision, et que la photographie a illustrés, une sorte de masse gélatineuse, nuageuse, émane du corps du médium, et peu à peu s'organise en une forme vivante, mobile. La nuée ectoplasmisée deviendrait substance vivante, en même temps qu'autour d'elle s'organisent des voiles qui servent à les couvrir et à dérober aux yeux le mécanisme de sa condensation en tissu vivant.

M. P. Lecour a comparé les phénomènes de matérialisation aux formations des nébuleuses1. Il y a d'abord une sorte de condensation de la matière cosmique, qui s'agglomère en amas plus ou moins compacts, ou en spirales, parfois en anneaux, puis en masses compactes qui deviennent des soleils, ou, si elles sont entraînées autour d'un centre, des planètes d'une nébuleuse dont la masse est plus grande. Pour les formations ectoplasmiques, il y a uue grande analogie avec cette condensation des nébuleuses, et M. Lecour reproduit les images photographiques obtenues soit par Ochorowicz, soit par Aksàkoff. De même à la villa Carmen des nuages ont apparu qui se sont condensés. De même dans les expériences de Linda, d'EusApia, de Mad. (I'Espérancè, de Fr.. Marryat, de Gibier, de Stainton Moses . L'identité dans les processus de condensation de ces nuages blanchâtres et vapeurs lumineuses est saisissante. Vbnzano a vu à coté d'EusAriA une masse à contours vaporeux bou-

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