‹ Traité de métapsychiqueChapitre 260 sur 327 · B. - DES PRINCIPALES ECTOPLASMES EXPÉRIMENTALES · texte numérisé non relu

B. - DES PRINCIPALES ECTOPLASMES EXPÉRIMENTALES

Nous réunirons dans ce chapitre divers cas de matérialisations1.

Les expériences certainement les plus célèbres, certainement les plus décisives, sont celles de Sir William Crookes, dont il paraît impossible de douter.

Expérimentant avec Home, Sir William Cuookes a vu des matérialisations. Les attouchements simples ont lieu souvent, mais les matérialisations vues sont moins communes. Pourtant, dans des cas relativement assez nombreux, on peut voir des mains eu pleine lumière2.

« Une petite main, d'une forme très belle, s'çleva d'une table de salle à manger et me donna une fleur. Elle apparut, puis disparut à trois reprises différentes, en me donnant toute facilité pour me convaincre que cette apparition était aussi réelle que ma propre

1. Quand l'expérience a été décrite avec trop peu de détails pour permettre, à quelqu'un qui n'en a pas été le lémoin, d'avoir une opinion autorisée, je prends soin de l'indiquer, et, à plus forte raison, quand pour une cause ou une autre, l'expérience nie paraît manifestement défectueuse, je n'hésite pas à exprimer mon sentiment. Si au contraire l'expérience me semble probante, je n'hésite pas davantage à le dire. Mais le plus souvent, je cite les faits et les indications bibliographiques, en laissant au lecteur le soin déjuger.

2. Home désirait que les phénomènes se passassent en pleine lumière. « Sa puissance était asse^ forte, dit Crookes, pour surmonter cette iniluence contraire. Excepté en deux occasions, tout ce dont j'ai été témoin a été produit par lui en pleine clarté. »

ECTOPLASMIES DR D. HOME 029

main ; cela se passa à la lumière, daus ma propre chambre, les mains et les pieds du médium étant tenus par moi pendant ce temps.

« Nombre de Cois moi-même, et d'autres personnes, avons vu une main pressant les touches d'un accordéon, pendant que nous voyions les deux mains du médium, qui quelquefois étaient tenues par ceux qui étaient là.

« Un doigt et une forme furent vus arrachant les pétales d'une fleur qui était à la boutonnière de M. Home.

« Les mains et les doigts ne m'ont pas paru être toujours solides et comme vivants. Quelquefois ils offrent plutôt l'apparence d'un nuage vaporeux, condensé : un nuage lumineux semble se former autour d'un objet; puis il se concentre, prend une forme et se change en une main parfaitement faite, la chair semble être aussi» humaine que celle des personnes présentes. Au poignet ou au bras, elle devient vaporeuse et se perd dans un nuage lumineux l.

« J'ai retenu une de ces mains clans la mienue, bien résolu à ne pas la laisser échapper ; aucune tentative ni aucun effort ne furent faits pour me faire lâcher prise ; mais, peu à peu cette main semblait se résoudre en vapeur, et ce fut ainsi qu'elle se dégagea de mon étreinte 2.

« Une autre fois, chez moi, je vis s'agiter les rideaux d'une fenêtre qui était à environ huit pieds de distance de M. Home. Une forme sombre, demi transparente, semblable à une forme bumaine, fut aperçue par tous les assistants, debout, près de la croisée, et cette forme agitait le rideau avec la main. Pendant que nous la regardions, elle s'évanouit, et les rideaux cessèrent de se mouvoir.

« Un autre jour une forme de fantôme s'avança d'un coin de la chambre, et alla prendre un accordéon, et ensuite glissa dans l'ap-

1. C'est exactement ce que j'ai pu observer dans les matérialisations de la villa Carmen; un nuage lumineux dont les contours deviennent peu à peu distincts, et qui prend une consistance et une forme humaines, qu'il n'avait pas d'abord. Dans certaines photographies que donne Aksakoff, les seules peut-être, parmi les photographies spiritiques anciennes, qui aient quelque valeur, on voit un nuage lumineux qui finit par s'organiser et constituer une ébauche de forme humaine.

2. Cette expérience, véritable e.rperimentum cvucis, ne m'a réussi ni avec Eusai'ia, ni avec Marthe. Il est vrai que, contrairement à ce que dit Chookes de Home, les mains fluidiques d'EusAPiA et de Marthe faisaient de grands etîorts pour se dégager (Voyez ce qui est dit plus haut, p. o93, sur les mains qui fondent).

parlement en jouant de cet instrument. Cette forme fut visible pendant plusieurs minutes par toutes les personnes présentes. En même temps on voyait M. Home. Le fantôme s'approcha d'une dame qui était assise à quelque distance. Elle poussa un petit cri, et aussitôt l'ombre disparut.

« J'ai enfin obtenu, dit sir W. Crookes, dans une lettre mémorable (mars 1874) la preuve absolue que je cherchais.

« Le °2 mars, pendant une séance chez moi, Katie (l'apparition) ayant marché au milieu de nous, se retira derrière le rideau, et un instant après m'appela en disant : « Entrez dans la chambre et soulevez la tête du médium ». Katie était debout devant moi, vêtue de sa robe blanche habituelle et coiffée de sou turban. Je me dirigeai vers la bibliothèque pour relever Mad. Cook, et Katie fit quelques tpas de côté pour me laisser passer. Eu effet Mad. Cook avait glissé, et j'eus la satisfactiou de constater que Mad. Cook u'était pas revêtue du costume de Katie, mais qu'elle portait sou vêtement ordinaire de velours noir... Il ne s'était pas écoulé plus de trois secondes entre le moment où je vis Katie devant moi, et celui où je relevai Mad. Cook sur le canapé... Alors le gaz fut éteint, et Katie me demanda ma lampe à phosphore. Après s'être montrée à sa lueur, pendant quelques secondes, elle me la remit dans les mains en disant : « Maintenant entrez et venez voir mon médium. » J'entrai et je vis Mad. Cook sur le sofa. Un autre jour Katie me dit qu'elle pourrait se montrer eu même temps que Mad. Cook... Je vis Mad. Cook vêtue de velours noir, et ayant toute l'apparence d'être endormie. Elle ne bougea pas quand je pris sa main. Élevant la lampe, je regardai autour de moi, et je vis Katie qui se tenait debout tout près de Mad. Cook et derrière elle. Elle était vêtue d'une draperie blanche et flottante. Tenant une des mains de Mad. Cook dans la mienne, et m'agenouillant encore, j'élevai et j'abaissai la lampe, tant pour éclairer la figure entière de Katie que pour pleinement me convaincre que je voyais bieu la vraie Katie. Elle ne parla pas, mais remua la tète. Par trois fois différentes, j'examinai soigneusement Mad. Cook pour m'assurer que la main que je tenais était bien celle d'une femme vivante, et à trois reprises différentes je retour-

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