‹ Traité de métapsychiqueChapitre 273 sur 327 · A. S. P., 1910, XX · texte numérisé non relu

A. S. P., 1910, XX

ECTOPLASMES 679

Tout cela à la lecture paraît admirable, mais, malgré la liste imposante des personnes qui ont certifié l'authenticité des phénomènes, il faut refuser toute valeur scientifique à ces expériences. M. Couralès, le père d'OpÉuA, dit textuellement : « Il est prouvé que Mary a introduit dans la chambre une jeune fille inconnue. » Ces paroles énigmatiques permettent de tout supposer.

Donc ce serait un vrai attentat contre la science que d'accorder la moindre autorité à ces expériences complètement frauduleuses1.

Les expériences faites avec Lucia Sordi2, qui avaient d'abord donné des résultats satisfaisants à M. M arzorati, n'ont pas résisté à l'ingéuieuse expérimentation de Scurenck-Notzing. Lucia était enfermée dans une cage de bois, et (dans l'obscurité) elle pouvait, quand elle était entrancée, en sortir, mais Sghrenck a pris une boule de bois, exactement de la même dimension que la tête de Lucia, et la fit facilement sortir de la cage et y rentrer, grâce à l'écartement des barreaux3.

Le colonel Peters et Mad. Peters ont observé à Berlin, à la loge Psyché, une forme matérialisée remarquable.

La séance se produisit dans une toute petite chambre très suffisamment éclairée par une lampe rouge. Le médium (la femme masquée) était endormie sur une chaise. Il y eut d'abord à côté d'elle une figure masculine, dont on ne voyait le corps qu'au-dessus des genoux ; puis ce fut une autre forme, la soi-disant religieuse Cordula, grande, dépassant le médium de toute la tète. Elle portait le

1. M. Willy Reichel (Psychische Studien, octobre 1910 et A. S. P., 1911, XXI, 140) a considéré les phénomènes produits par Ofélia Corkalês comme des supercheries manifestes. G. de Vesme a pris la défense de Couralès et d'C-FÉHA. Cependant, en tout état de cause, il faut, même si l'on est très bienveillant, ne tenir aucun compte des expériences de Costa Rica. A. S. P., 1911, XXI, 214.

2. Lucee Ombra, X, novembre 1910, et A. S. P., XXI, janvier 1911, 225-230.

3. Lorsqu'on parle de séances à matérialisations, il faut toujours comparer l'autorité de ces séances avec celles qui ont été données par Eusapia. Pendant vingt ans, à Milan, Gênes, Rome, Naples, Turin, Paris, l'île Ribaud, Carqueiranne, l'Agnélas, Cambridge, Montfort-l'Amaury, Washington, Eusapia a été scrutée, analysée, approfondie par des savants comme Schiapakelli, Ouver Lodge, Lombroso, Fu. Myers, Aksakoki", de Rochas, A. de Gramont, P. Curie, Morselli, Bozzano, Ochorowicz, Foa, Bottazzi, Vassallo, Feilding, Carrington, Maxwell. Dariex, etc., etc. Il est douteux qu'on puisse avant longtemps retrouver un ensemble plus imposant d'irrécusables témoignages.

4. Matérialisation de deux formes humaines (A. S. P., 1907, XXVII, 25-35).

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costume des Dominicaines. Son visageétait absolument humaio. Ses yeux avaient un regard étiucelant. Elle se balança dans l'air, flotta au haut de la chambre, pendant trois minutes, à la hauteur de 2m,70, faisant des gestes, et parlant : « Remarquez-vous, disait-elle, comme mes yeux brillent! » Puis tout s évanouit peu à peu, le médium était toujours à la même place, à 1 mètre et demi de l'apparition.

Eglinton a été un médium très puissant, et, quoiqu'il ait été soupçonné de fraude, il a pu finalement prouver que les allégations de ses adversaires étaient calomnieuses. D'ailleurs il ne s'agit pas d'établir qu'il n'a jamais fraudé (ce qui est assez rare chez un médium professionnel), mais seulement que dans certains cas il a eu de grands phénomènes méUipsychiques1.

Miss Glyn, qui ne croyait pas aux matérialisations, a vu Eglinton chez elle, daus une séance à laquelle assistaient son père, son frère et un ami. Eglinton était au milieu de ce petit cercle et on lui tenait les mains. Alors deux formes apparurent, qui pouvaient parler, et qui se mouvaient. Miss Glyn les reconnut pour sa mère et un jeune frère. Les formes disparurent lentement mais souvent on reconnaît trop facilement les fantômes, et le désir d'avoir cette reconnaissance enlève beaucoup de valeur aux témoignages.

Le Dr Carter Blake, avec cinq personnes, de l'élite intellectuelle anglaise, raconte qu'il vit, à côté d'EGLiNTON qui restait assis dans un fauteuil, une grande forme brune qui vint se fondre dans le corps du médium.

L'éminent Rctssell Wali:A.ce, dans une lettre écrite à A. Erny, a vu Eglinton en une maison particulière, où il donnait des séances. A côté de lui, parut Abdulla.h, forme matérialisée d'un personnage oriental, avec des sandales, un turban, une tunique blanche, tandis qu'EGLiNTON était vu en même temps, assis dans un fauteuil, et en habit noir. Après la séance, Eglinton fut déshabillé, fouillé avec le plus grand soin, et on ne trouva ni sandales, ni turban, ni burnous.

Des séances importantes ont été tenues chez le peintre J. Tissot, qui les a reproduites dans un très beau tableau. Eglinton s'assit dans un fauteuil, près de J. Tissot, et y resta tout le temps. Les portes furent fermées à clef. Après quelques instants deux formes paru-

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