‹ Traité de métapsychiqueChapitre 275 sur 327 · Voy. Delannk, loc. cit · texte numérisé non relu

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sur sa jaquette noire Je le tenais dans mes bras, comme j'avais cru teuir le Mahdi. »

A vrai dire cette coustatatiou faite par M. Colley a fait alïirmer qu'il avait été victime d'une fraude. Cependant il avait vu du corps du médium s'échapper comme une vapeur qui s'organisait peu à peu, devenait un nuage, et se constituait en vêtements flottants recouvrant un corps. La forme matérialisée se nommait Samuel, et on put voir le médium et Samuel se serrer la main, et se saluer fraternellement. Ils se promenèrent tous deux ensemble autour de la chambre.. « Ce sont des choses, dit l'archidiacre de Cantorbéry, que je publie pour la première fois, après les avoir méditées eu silence pendant vingt-huit ans. J'affirme que c'est la vérité, engageant ma parole de clergyman en des affirmations pour lesquelles je mets en péril ma position ecclésiastique et mon avenir professionnel. »

A ce propos, il y eut à Londres un procès retentissant. Le prestidigitateur Maskelyne prétendit pouvoir répéter le même phénomène par des trucs de théâtre. Il paria 25.000 francs, qu'il perdit. L'illustre Russell Wallace appuya de son autorité le témoignage de M. Colley.

Le Dr Hirschmann, président de la Société d'Anthropologie de Liverpool, a obtenu avec un médium non professionnel, M. B..., des résultats extrêmement curieux. De nombreuses photographies ont été prises. Il a pu mesurer la taille, prendre le poids, compter les pulsations des diverses formes qui apparaissaient et qui avaient toutes les caractéristiques de la vie. Ces apparitions, dit-il, semblaient s'organiser graduellement aux dépens d'une masse nébuleuse, et disparaître instantanément, d'une manière absolue. Dans une des photographies on voit, entre la poitrine du médium et celle du fantôme, comme un faisceau lumineux reliant les deux corps.

Chez le professeur E..., à Christiania, en 1893, M. de Bergen organisa une série de séances avec Mad. d'Espérance. Des hommes distingués, appartenant à l'Université, à la magistrature et au clergé, prirent part à ces importantes réunions.

Dans une des séances une forme féminine, d'adorable beauté, paraît-il, se manifesta, Nepenthès. « Elle se montrait à la lumière

en même temps que le médium, qui était assise avec les autres personnes, en dehors du cabinet, et se matérialisa au milieu du cercle. Elle plongea sa main dans la paraffine liquéfiée, ce qui donna un moule de rare finesse, extraordinaire, parce qu'on ne peut comprendre comment, après le moulage, la main en a pu sortir. Le mo- . deleur qui en fit un modèle en plâtre, ne pouvait pas en croire ses yeux, et déclara qu'il y avait là de la sorcellerie. »

« Nepenthès se dématérialisa au milieu de l'assistance. Elle baissa la tête, sur laquelle brillait son habituel diadème. Peu à peu cette Nepenthès si belle, si vivante, si réelle, était convertie en un petit nuage lumineux, comme une tête humaine sur laquelle brillait encore la luminosité du diadème, qui peu à peu s'effaça et disparut. »

Au sujet de Mad. d'EspÉuANCE, M. Aksakoff1 a publié un mémoire auquel on a donné, ce semble, beaucouptrop'd'importance. Garsiuon la réalité, au moins la très grande facilité d'une fraude est évidente, comme l'a bien montré M. Carrington. D'ailleurs, très loyalement, M. Aksakoff reproduit les témoignages de diverses personnes ayant assisté à cette soi-disant dématérialisation, et n'ayant pas du tout accepté qu'il y eut là une dématérialisation véritable, comme par exemple l'ingénieur SciioNELz/p. 92). On peut très bien admettre la bonne foi de Mad. d'Espérance, et supposer que par un mouvement en arrière de ses jambes (inconscient) elle a pu faire croire (ou croire elle-même) que ses jambes s'étaient pour un temps dématérialisées.

Un médium, nommé Sambor, ancien employé des télégraphes, a donné, de 1896 à 1902', une série de séances qui ont été racontées dans le journal spirite russe Rébus. Petrovo Solovovo, expérimentateur habile et d'un scepticisme scientifique excellent, a donné l'analyse complète de ces séances, et surtout de celles auxquelles il avait assisté2. Mais il a depuis lors élevé quelques doutes, très légitimes, sur ses expériences mêmes.

Dans uue séance de 1899, chez Mad. de A..., la forme matéria-

1. A. Aksakoff, Un cas de matérialisation partielle du corps d'un médium. Enquêtes et commentaires, Paris. Libr. de l'Art indépendant, 1S96.

2. A. S. P., novembre et décembre 1899, IX. 105 et 109, XI, 243-256; 1902, XII, 257-302.

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lisée d'une petite fille apparut entre les rideaux, Sambor continuant à être dans la chaîne formée par les assistants. Une colonne blanche sembla sortir du plancher et se dirigea vers Sambok. La forme matérialisée (Olia) souleva une table en l'air, et à plusieurs reprises une petite main (d'enfant) toucha les assistants. Dans un autre cas, en présence de M. S... et de M. Bonjunski seulement, ce fut une autre forme qui apparut (Friedrich). Pendant longtemps les assistants purent voir Friedrich à côté de Sambor. Friedrich, tout différent de Sambor, comme taille et comme allures, se promena dans la salle avec Sambor. La lumière était assez forte, et tout se passait dans un petit appartement de M. Bonjuiski à Saint-Pétersbourg, le 20 juin 1899; c'est-à-dire en une saison où il n'y a pour ainsi dire pas de nuit. Entre autres phénomènes Friedrich inscrivit quelque chose sur l'intérieur du verre de la montre de M. S...

Chez M. Erfurt, directeur d'une grande imprimerie à Pétersbourg, on prépara uu cône en tôle, avec un bout de papier et un crayon. M. Zabasky et M. Eichwald, ingénieurs, fermèrent le cône avec un couvercle de fer, fixé par des rivets spéciaux. L'objet fut laissé pendant plusieurs jours chez M. Erfurt dans uue chambre où Sambor n'avait pas pénétré. Dans la séance du 8 mars 1902, Sambor déclara que quelque chose avait été écrit. On ouvrit le cône, non sans difficulté, et, après avoir constaté que tout était intact, on trouva les mots écrits sur le papier avec le crayon.

Mad. Youdenitch a communiqué le compte rendu de séances avec Sambor1 qui ont eu lieu daus la maison de M. Qlchowski. L'obscurité était presque complète. On faisait la chaîne de telle sorte que les mains du médium n'étaient jamais libres. Une petite fille, Olia,' apparut à côté de Sambor. On put la voir, la toucher; on l'enteudit parler- Elle était lumineuse, d'une couleur bleue tirant sur le blauc. Elle avait l'air de trembler tout le temps. Les traits de son visage n'offraient rien de défini ; elle disparut peu à peu, prenant l'apparence d'un ruban qui tremblait. Dans une chambre voisine, où n'était certainement personne, avait été posée une mandoline, qui se mit à jouer toute seule. On vit cette mandoline, blanche, visible

1. Séances avec Sambor au printemps de 1902, .1. S. P., 19'Ji, XIV, 193.

dans l'obscurité, sortir de la chambre et venir se poser sur la table dans la salle des séances.

L'hypothèsed'un complice explique une part de ces phénomènes, mais non pas tous. Or cette hypothèse, si invraisemblable quelle paraisse d'abord, s'est vérifiée. Petrovo Solovovo a appris plus tard qu'une des personnes du cercle laissait volontairement Sambor libre de faire avec sa main libérée, considérée par toute l'assistance comme tenue, tous les mouvements qu'il lui plaisait de faire. Il n'y a donc pas lieu d'insister sur le soi-disant phénomène de la chaise. La présence d'un fantôme vu par toute l'assistance à côté du médium n'est cependant pas explicable ; car la complicité paraît avoir consisté uniquementà ne pas tenir solidement la main de Sambor. Tout de même, il est bien légitime déconsidérer comme absolument suspect tout ce qu'a fait Sambor, puisqu'on n'est sûr ni de sa probité, ni de la probité de l'assistance. '

C'est à peine si l'on doit citer les très anciennes expériences de Dale Owen (à New-York, en 1860). En effet, comme il s'agit d'une des sœurs Fox (devenue Mad. Underhill) comme médium, on ne peut regarder les phénomènes comme authentiques- Pourtant il est vraisemblable qu'il y a eu, comme si souvent dans les expériences de Léa Fox, un mélange de phénomènes vrais et de phénomènes frauduleux. Le Dr Gray, dans un cas, put couper un bout de vêtement de la forme matérialisée, mais ce morceau fondit peu à peu dans ses mains1. Voilà un phénomène qui doit être accepté comme indiscutablement authentique, à moins que le Dr Gray ne soit le dernier des imposteurs. Un banquier de New- York, M. Livermore, eut une centaine de séances chez lui, avec Léa Fox, et à maintes reprises reconnut sa femme morte, qu'il désirait ardemment revoir.

Dans une séance privée, en Australie, M. Brown, expérimentant avec un de ses amis qui était médium, suspendit un rideau dans un angle de son salon. Le médium se retira derrière le rideau, et peu de temps après on vit apparaître successivement une douzaine de

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