‹ Traité de métapsychiqueChapitre 308 sur 327 · Animisme et spiritisme, 1895, tr. fr · texte numérisé non relu

Animisme et spiritisme, 1895, tr. fr

aux phénomènes de hantise. Mais il faut toujours faire des réserves pour les observations d'AKSAKOFF. Sa bonne foi n'est pas plus douteuse que sa crédulité.

Le cas duR. Shelp, raconté par M. Capron (Modem spiritualism) est très sujet à caution ; car il ne semble pas que M. Shelp ait pris toutes mesures pour s'assurer que son jeune fils, âgé de onze ans, n'était pas agent volontaire du phénomène. Des chaises s'élevaient en l'air, et retombaient avec un fracas terrible; un flambeau fut enlevé de la cheminée, battit contre le plancher à plusieurs reprises et se brisa. Une brosse fut jetée par la fenêtre avec fracas. Un verre quitta la table de travail et brisa le dernier carreau intact. Des vêtements se promenaient dans la chambre, gonflés de manière à ressembler à des figures humaines. (!!) Comme le Dr Shelp et son fils Harry faisaient une course en voiture, des pierres (seize) grosses comme des œufs furent lancées dans la voiture.

L'autre récit de perséattion signalé par Aksakoff est plus intéressant, et semble avoir été bien observé par M. Schtcharoef, contre qui la persécution sembla avoir été dirigée, et par M. Akoutine, ingénieur chimiste d'Orenbourg. Le médium (qui s'ignorait) était probablement la femme de M. Schtacharoff. Akoutine essaya de classer les phénomènes en répulsifs et attractifs, selon que les objets qui se mouvaient sans contact autour de Mad. S... étaient attirés ou repoussés ; mais il fut impossible d'établir une loi. Tantôt les objets s'envolaient de la table autour de laquelle on était assis : tantôt, quand on ouvrait une armoire, les objets de cette armoire tombaient sur Mad. S... pour se diriger ensuite au loin. Pendant plusieurs mois ces faits invraisemblables se répétèrent, parfois avec une grande intensité. Un canapé pesant de 90 à 100 kilogrammes, sur lequel était couchée la mère de M. S..., se mit à danser, s'élevant dans l'espace avec Mad. S... (!) Souvent il y eut des incendies de vêtements que rien n'expliquait. Divers récits très étranges sont encore rapportés par M. S... Il discute lui-même, avec un grand sangfroid, la question de savoir s'il y avait soit hallucination de sa part, soit supercherie de sa femme, et il conclut nettement à la négative. Mais nous serons plus prudents encore que lui, et nous conclurons, provisoirement toujours, par un très grand point d'interrogation.

Ce sera aussi notre même conclusion pour le cas de Lillian F... l. LillianF... à diverses reprises, dans les maisons qu'elle habita successivement, eut à souffrir de véritables hantises, dès son enfance. Dans une vieille maison de Memphis (Tarn), les portes s'ouvraient ; il y avait des coups sur les fenêtres, sur les miroirs, sur les lits. On entendait de lourds pas dans le hall. Lillian F... et sa mère entendaient également ces bruits, et en étaient terrifiées. A Maryland aussi il y eut des phénomènes analogues constatés par d'autres personnes que Lillian F..., aussi bien à La Fayette Street (Baltimore), qu'à Memphis, à Maryland et à New-York.

Macl. Mary Savage2, rentrant dans sa chambre pour se coucher, a entendu des bruits frappant le lit, qui devinrent bientôt assez violents, et qui semblèrent l'entourer par des sortes de cercles se mouvant concentriquement autour d'elle. Ce mouvement en forme de spirale s'étendit à ses vêtements qui tournaient violemment autour d'elle. Son amie, Mad. Sarah Soothywoode, qui était dans la chambre voisine, a entendu ces bruits terribles (atremendousnoisé), de sorte qu'il ne peut être supposé qu'il s'agit d'une hallucination.

Ada Sinclair3 a rapporté des phénomènes de télékinésie et de hantises dont le détail est intéressant. Il s'agissait d'expériences de typtologie, de sorte que ce ne sont pas tout à fait des phénomènes accidentels, puisqu'ils se produisent dans le cours d'expériences spiritiques. Mad. L..., une amie d'ADA Sinclair, était présente. Des objets furent arrachés du mur, jetés avec violence. Un vase de porcelaine fut lancé par terre et se brisa. Dans d'autres occasions, en présence d'autres personnes, de petits objets, allumettes et épingles, furent mis en mouvement. Les épingles se fixaient dans les vêtements et dans les murs. Quoique les phénomènes fussent accentués surtout quand Mad. L... était là, ils se produisaient encore, même quand Mad. L... s'était retirée dans la chambre voisine.

1. Carrington. The problems o, psychical Science, London, 1914, p. 341.

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