‹ Traité de métapsychiqueChapitre 310 sur 327 · HANTISES DE PERSONNES · texte numérisé non relu

HANTISES DE PERSONNES

au milieu de nos instruments, sans que cependant, cherchant à mettre la main sur eux, nous puissions les atteindre, car ils se dérobaient adroitement cà nos tentatives pour les saisir. Quelquefois ils s'agitaient dans l'air, comme animés d'un mouvement de balancement ondulatoire. » Pendant six semaines, ces faits se reproduisirent et furent constatés par diverses personnes, Les morceaux de bois paraissaient vivants et même intelligents; ils s'amassaient dans un des angles de l'atelier en piles. C'est quand on les regardait le moins qu'ils s'agitaient le plus. Malgré la vitesse avec laquelle ils paraissaient projetés dans l'air, décrivant des cercles et des spires compliqués, ils retombaient sans bruit.

Mad. H.-E. Sidgwick, et Fr. Myers, qui ont analysé avec grand soin ce cas extraordinaire et demandé à M. Bristow des explications détaillées, rattachent cette hantise à un certain John Gray, neveu du propriétaire del'immeuble, qui n'avait pas payé ses créanciers. Son oncle, s'appelant John Gray aussi, ne les avait pas payés davantage. Une fois que l'oncle John Gray eut payé ce que devait son neveu, les manifestations cessèrent.

Évidemment il s'agit ici d'un cas très complexe et d'interprétation difficile. Et puis, quoiqu'il soit bien difficile à accepter, il est presque aussi difficile de contester les témoignages formels de Briston (et de ses compagnons).

A l'Absie (Deux- Sèvres) en 1867, d'après les rapports de la gendarmerie1, il y eut des pluies de pierres dans une maison fermée. Les rapports qui eurent lieu à cet effet ont été détruits, paraît-il. Nulle fraude ne put être découverte. Le gendarme Mousset a constaté : l°que les pierres tombaient sans faire de mal ; 2° que la lampe en verre qui était sur la table fut enlevée par une grosse pierre et placée par terre, sans être cassée, ni éteinte; 3° que les pierres tombaient dans tous les sens et n'étaient aperçues que lorsqu'elles roulaient par terre ; 4° que les pierres s'amassaient dans la chambre, alors que quelqu'un était dans la cheminée pour observer, et qu'il n'y avait pas le plus petit trou dans les murs ou les fenêtres.

Mais le témoignage de Mousset est bien insuffisant.

Il en est de même du cas de Oels (en Poméranie). Les phénomènes de hantise (lumières, bruits, personnage fantomatique) ont été constatés par divers témoins (1916). Mais un magistrat, ayant fait une enquête conclut qu il s'agissait de faits naturels l, dus à la supercherie consciente ou inconsciente des jeunes enfants qui étaient dans la maison. Ces assertious de Bohn ont été contredites énergiquement par Derter (Das Geheimnis des Spukhausen in Oels im Lichte des Uebersinnlichen'2.)

A Niedelsdorf en Suisse M. Joller, conseiller national, raconte que pendant douze jours, du 15 au 27 août 1862, sa maison fut le théâtre de phénomènes mystérieux. Des tables et des chaises furent renversées. Des bruits terribles ébraulaient la maison de haut en bas, comme par un marteau. Des objets furent enlevés des murs, des loquets furent arrachés, des tableaux étaient, sous nos yeux, dit M. Joller, retournés contre les murs. Des pierres étaient-jetées de tous côtés, malgré serrures et verrous. Ces choses étranges se reproduisirent encore pendant six semaines, au grand jour. Il y eut aussi des bruits inarticulés, des kirs, des chants, imitations du bruit de bois qu'on fend, d'argent qu'on compte, de montre qui se remonte. (Tous ces faits ont été décrits par M. Pertv, professeur à l'Université de Berne. Die mystischen Erscheinungen der menschlichen Natur.)

Rattachons aux phénomènes de hantise les faits observés par Hector Durville sur le jeune Raymond Charrier, âgé de quatorze ans3 (à Saint-Sauveur, Yonne). On a constaté les phénomènes habituels aux hantises ; objets lancés dans la chambre, matelas et literie jetés par terre, chaussures jetées en l'air. Un jour, pendant le déjeuner, bombardement formidable qui assaillit les assistants de toutes parts. M. Durville amène Raymond chez lui, à Montmorency. Des brochures, des livres, des ustensiles de cuisine et les objets les plus divers sont projetés de tous côtés. Raymond sort ; il est déjà dans le couloir ; la canne de M. Durville qui était accrochée au porte-manteau est projetée dans sa direction et tombe derrière lui avec fracas.

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