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HANTISES. CONCLUSION

comme démontrée que la télépathie, et à nier aussi bien la clairvoyance (cryptesthésie sans télépathie) que les phénomènes physiques. Podmore, en particulier, était arrivé à cette conclusion qu'il n'y a que la télépathie. Mais peu à peu il a fallu à nos savants collègues de la S. P. R. admettre successivement la clairvoyance et les phénomènes physiques. Comment, sans être volontairement aveugle, nier les faits produits par Home et par Eusapi\ ?

Donc, puisqu'il y a, à n'en pas douter, télékiuésie expérimentale, on doit admettre, au moins comme possible, la télékinésie accidentelle.

D'ailleurs, ce n'est pas l'hypothèse de l'hallucination qui est la principale objection à la télékiuésie accidentelle; c'est l'hypothèse de la supercherie. On dit que. s'il y a des bruits étranges, et des mouvements d'objets sans contact, c'est qu'un enfant vicieux et malicieux réussit à produire ces désordres qui l'amusent, et par lesquels il se plaît à mystifier les curieux. Mais on ne peut pas, sauf exception, adopter cette hypothèse de la mystification; car dans la plupart des cas on se méfiait intensivement1.

Je me souviens de la parole naïve qu'on me disait un jour. « Avez-vous songé, me dit-on, que vous avez pu être mystifié? » De fait cette crainte de la mystification a été le souci presque unique ou, pour mieux dire, unique, de toutes mes expériences. Alors je ne puis m'imaginer que, dans une maison hantée, quand retentissent des bruits stridents, des cris aigus, et que les portes se ferment et s'ouvrent avec fracas, les habitants de la maison, gens honorables et intelligents, ont un autre souci que de savoir s'ils ont affaire à quelque farceur qui se moque d'eux ou à quelque malfaiteur qui tâche de les dévaliser.

L'hallucination et la mystification sont deux hypothèses, insuffisantes dans bien des cas, qu'on admet quand on ne veut pas reconnaître les faits : car on ne veut pas les reconnaître, on se refuse à accepter un phénomène inhabituel. Et cependant il y a de l'inhabituel.

1. On jugera de la sévérité (justifiée) dans l'investigation des phénomènes en lisant la critique qu'a donnée Kit. Podmohe (P. S. P. R., XV, 98) du livre de miss Goodrich FuEciii et du marquis de Bute. T/te alleged haunting of B llouse, including a journal kept during the tenancy of colonel TAYi.on, London, Redwey,

Ric.het. — Métapsycbique. 48

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Une fois les faits reconnus, il faut chercher à les expliquer. Mais tout de suite ils nous déroutent par leurs étranges allures.

Quand c'est un fantôme qui apparaît, il semble bien qu'on puisse rattacher le phénomène à un événement tragique ancien, ou môme à une préoccupation du mort, préoccupation qui a survécu à la mort. On est tenté de supposer une volonté du défunt de faire quelque chose, de révéler sa présence. Mais c'est probablement une conception étroitement anthropomorphique. Et, plutôt que de supposer à une conscience humaine (dont la survie est problématique) des intentious humaines (d'un symbolisme très vague), j'aime mieux sans aucune fausse honte dire que je ne comprends pas. Donc je préfère rester dans l'indécision, tout en faisant remarquer que cette indécision ne porte pas sur le fait lui-même, mais sur son interprétation..

Les lancements de pierres, les vaisselles brisées, les objets qui se déplacent, les portes qui claquent, les bruits terrifiants, tout cela, à notre point de vue humain, est tellement absurde que les hypothèses sur les intentions des forces qui déterminent ce branlebas de nos objets domestiques, sont ridicules, et ne méritent pas qu'on s'y attarde.

En somme — loin de toute hypothèse — on peut résumer ainsi les faits qui se dégagent de cette étude sur les hantises :

1° En certaines localités des fantômes apparaissent, parfois à plusieurs personnes successivement ou collectivement, qui gardent des formes qui sont toujours les mêmes, pendant des semaines et même des mois.

Voilà une première affirmation qui n'est pas bien établie encore, et un doute scientifique est nécessaire.

2° En certaines maisons, mais en général sans qu'il y ait de fantôme perceptible, il se produit des bruits, des mouvements d'objets, que nous ne pouvons expliquer rationnellement. Le plus souvent les phénomènes sont sous la dépendance d'une personne qui joue alors, peut-être sans le savoir et sans le vouloir, le rôle d'un médium. De même qu'un médium, dans une séance spiritique, fait que des meubles, des chaises, des boîtes à musique, se déplacent, de même les médiums (qui s'ignorent) des maisons hantées, font

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