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Voyez Hyslop, loc. cit

CRYPTESTHÉSIE SPIRITIQUE 173

certitude (indubitable évidence) qu'il y avait là quelque chose de supranormal. Telle semble être aussi la conclusion de M. J. Hyslop pour ses expériences, comme aussi celle de Lodge.

Ilest vrai que certains savants, qui n'eurent que quelques séances (Weir Mitchell, James Mark Baldwin, professeur Trowbiudge, professeur Eliot Norton), ne furent pas convaincus. Pourtant j'oserai leur déclarer qu'en uue question si difficile on ne peut se permettre quelque conclusion, dans un sens ou dans un autre, qu'après une longue série d'expériences. Or ils n'ont pas prolongé leurs études sur Mad. Piper. Et c'est une grave erreur.

M. Hyslop, répondant à Fr. Podmore, a fait une étude très minutieuse du calcul des probabilités appliqué aux cryptesthésies de Mad. Piper1. Il n'a pas de peine à montrer que la probabilité du succès, dans la plupart des cas, est tellement faible, qu'on ne peut l'expliquer par le hasard. On arrive, en faisant la preuve des

succès, à des chiffres comme -rr • Or, comme nous l'avons dit à maintes reprises, le calcul des probabilités, quand on le manie correctement, est un procédé admirable de coutrôle, à la condition que les expériences aient été bien faites. Tout est là. Et il semble que les expériences de Hyslop avec Mad. Piper aient été irréprochables.

Voici, pour l'application du calcul des probabilités, quelle fut l'ingénieuse idée de Hyslop. Il a interrogé diverses personnes (en grand nombre) en leur faisant les mêmes questions qu'il adressait à Mad. Piper, et comparé ces réponses des non-sensitifs aux réponses de Mad. Piper, sensitive. Il a fait ainsi 105 questions (auxquelles Mad. Piper avait bien répondu), il a supposé alors, avec raison, que les réponses des non-sensitifs étaient celles que donne le hasard, et

il arrive ainsi au chiffre prodigieux d'une probabilité de \tq) Pour donner un exemple de cette méthode, voici la question 46 : Votre père a-t-il fait un voyage dans l'Ouest ?

a. A-t-il eu alors un accident de chemin de fer ?

b. A-t-il été traumatisé dans cet accident?

c. Votre belle-mère était-elle avec lui?

1. Chance coïncidence and r/uessing in a mediumistic experiment (Proc. Americ. S. P. R., août 1919, XIII. 1-89).

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d. Le train a-t-il eu cet accident sur un pont ?

c. Y a-t-il quelque temps que cet accident a eu lieu ?

/'. A-t-il été malade à la suite de cet accident ?

Pour la question générale, sur 420 personnes, il y en a eu 1/4 qui ont répondu oui, 10 ont eu un accident de chemin de fer et une seule personne a eu cet accident sur un pont. En réalité, sur 420 réponses, personne n'a répondu « oui » à toutes les questions,

de sorte que la probabilité est certainement inférieure à -j^r- Mais

on doit aller plus loin, et calculer la probabilité séparée de chaque

question, ce qui donne une probabilité totale de : o kqq qqq quo

c'est-à-dire la certitude (morale) que le hasard n'a pas pu donner ces réponses à Mad. Piper.

La méthode que j'ai employée dans mes expériences avec Stella est plus simple, mais conduit aux mêmes conclusions ; impossibilité d'expliquer par le hasard les résultats, à la condition que l'expérience a été rigoureuse, comme je crois qu'elle le fut pour mes expériences et celles d'HysLOP.

William James relate1 les expériences faites avec Mad. Piper qui paraissent lui donner une preuve non seulement de lucidité, mais même de survivance, puisqu'il s'agissait de R. Hodgson, décédé, parlant par l'intermédiaire de Mad. Piper. Il cite le fait suivant : v Il y a un individu nommé Child qui arrive soudainement et qui envoie son amour à William (William James) et à sa femme (la femme de Child) qui est vivante. Il dit L... » Telles sont les paroles de Mad. Piper à Miss Robbins ; or, ni Miss Robbins, ni Mad. Piper ne connaissaient Child, lequel était l'ami le plus intime de William James (décédé). Le prénom de Mad. Child commence par L.

Et William James, cet admirable savant, conclut à la supernormalité des phénomènes (unquestionably suyernormal) .

Il est impossible, mêmeauxplus sceptiques, de ne pas être ébranlé par ce consensus d'hommes comme Fr.Myers, Oliver Lodge, William James, R. Hodgson, J. Hyslop, qui tous, après des enquêtes multipliées, laborieuses, ayant duré vingt ans, s'accordent à reconnaître la lucidité de Mad. Piper.

1. Report on Mrs Piper' S. Hodgson Control (Proceed. Americ. S. P. R., 1909, III, 470.

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Quoique la cryptesthésie, dans toutes ces expériences de Mad. Piper, soit absolument et irréprochablement démontrée, la survivance, en réalité, ne l'est pas. Certes les divers personnages qui se présentent : R. Hodgson, Hyslop père, Phinuit, Georges Pelham, Stainton Moses, Fr. Myers, ont marqué en traits saisissants leur individualité psychologique, et l'ont conservée imperturbablement, qu'il s'agisse de la voix, de l'écriture, des gestes, du style ou de la pensée. Mais est-ce une preuve suffisante? Avec des personnalités factices, comme Marie-Antoinette d'HÉLÈNE Smith, il en est exactement de même.

Et alors une conclusion s'impose. Puisque avec un médium aussi puissant que Mad. Piper, — supérieure à tous les autres médiums — la survie n'est pas démontrée, elle pourra encore moins bien l'être par d'autres médiums. Mais il ne faut pas s'en émouvoir. A chaque époque suffît sa tâche. Notre tâche aujourd'hui est de prouver qu'il y a une faculté de connaissance supernormale, une cryptesthésie. Et Mad. Piper est, sans contestation possible, de tous les médiums, celui qui en a donné les preuves les plus nombreuses, les plus étranges et les plus décisives.

Non seulement ces expériences prouvent une faculté supernormale, mais encore elles établissent que la télépathie n'est pas une explication suffisante. C'est bel et bien la clairvoyance, la lucidité, c'est-à-dire la connaissance de faits qu'aucun être vivant ne connaît.

Quoique Home fût surtout remarquable par sa médiumuité objective, il a donné des preuves éclatantes de lucidité. Il avait parlé, chez des visiteurs qu'il voyait pour la première fois, à Hartford, d'une petite femme vêtue d'une grande robe de soie grise qu'il avait entrevue, et qui, paraît-il, était un fantôme, puisqu'elle avait disparu du monde des vivants. Home alors entendit une voix qui lui disait : « 11 me déplaît qu'un autre cercueil soit placé sur le mien; je ne le souffrirai point. » Il ne comprit pas ce que cette phrase énigmatique signifiait. Comme le lendemain on était allé au cimetière pour visiter la tombe de la dame à la robe de soie grise, au moment de mettre la clef dans la serrure du caveau, le gardien dit : « Pardonnez-moi; mais, comme il y avait un peu de place au-dessus du

cercueil de Madame, nous y avons mis hier le petit cercueil de l'enfant de L... Nous n'avons pas eu le temps de vous prévenir. »

Devant Home, Miss Andrews, non professionnelle, mais douée d'une notable lucidité, reçut la visite de M. Colley Grattam, auteur distingué, consul à Anvers et à Boston, et qui raillait quelque peu le spiritisme : « Ne raillez pas, dit Miss Andrews, vous avez près de vous un esprit qui s'appelle Emma, debout à vos côtés... — Que savezvous d'elle? dit M. Colley Grattam, tremblant... — Elle veille sur cous pour vous protéger ; car vous avez été bon pour elle. Par une nuit d'orage vous lui avez porté secours et la fîtes entrer chez vous, en lui donnant à boire du vin chauffé : vous avez provoqué son mari pour sa conduite lâche et inhumaine... — Oui, dit Colley, le monstre, quoique membre du Parlement, avait mérité l'échafaud. Adieu, je ne puis en entendre davantage, jamais plus je ne raillerai votre doctrine1 ».

M. Britton, écrivain célèbre, raconte qu'en faisaut une expérience avec Home, à Greenfield, la table, sur laquelle étaient frappés des coups d'une violence inusitée, s'adressant à M. Britton, lui dit : « On vous demande chez vous : votre enfant est très malade, partez tout de suite, ou ce sera trop tard... ». « Alors, dit M. Britton, je saisis ma valise, et je partis. Dans la rue j'entendais le sifflet de la locomotive; c'était le dernier train. En courant de toutes mes forces, je pus arriver au moment où le train allait partir ; je m'accrocbai à l'arrière du dernier wagon. Arrivé chez moi, je constatai l'absolue vérité du fait annoncé2. »

M. Hyslop a fait des expériences, très intéressantes aussi, quoique moins brillantes qu'avec Mad. Pipkr, avec Mad. X... qui n'est pas une médium professionnelle. Il se présenta chez elle sous le nom de Robert Brown. Or, dès qu'il entra, Mad. X... l'appela James H... en lui disant que le nom de Robert n'était pas sou vrai nom, mais le nom de son frère. Elle donna aussi le prénom Mary de la femme (décédée) de M. Hyslop.3

Un message médianimique annonce au prince Wittgenstein que

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