A. S. P., XIX
3. On a séries of siltings with Mrs Osborne Léonard, par Miss Radclyffe Hall et lady Tuoubridge, P. S. P. R., décembre 1919, XXX, 330-547.
4. Quoique sûres de la sincérité de la médium, comme il s'agissait, somme toute, d'une médium professionnelle, Miss R. H... et Lady T..., qui n'avaient d'ailleurs jamais fréquenté les médiums et les cercles spirites, se sont assurées, par des détectives, qu'aucune enquête secrète n'avait été conduite par Mad. Léonard.
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2° Des descriptions complètes ont été données de lieux absolument inconnus de Mad. Léonard, et que Mad. A. V. B..., pendant qu'elle était en vie, a visités avec Miss R. H... Il s'agit notamment de Ténérifïe et des Iles Canaries. Elle parle de deux petits singes, d'un climat ni trop chaud, ni trop froid, d'une route où on marche sur des cendres, d'un endroit nommé Cruth, Vera.,. Vera Cruth... Téuérifïe, Mazagal. (Ténérifïe, Santa Cruz, et (au Maroc) Mazagra, sont les lieux que Miss R... et Mad. A. V. B... ont visités.)
3° D'autres preuves de grande lucidité ont été ensuite données, pour lesquelles Miss R... et Lady T .. ne peuvent fournir de détails, car il s'agit de choses trop intimes pour être publiées. La maison de Lady T..., sa robe de chambre bleue, sa salle à manger, ont été exactement décrites.
4° Des détails abondants out été apportés par Féda sur une personne nommée Daisy (pseudonyme) que Mad. A. V. B... avait conuue, détails que ne pouvaient savoir ni Miss R... ni Lady T..
Sans pouvoir entrer dans un récit plus circonstancié, il demeure évident que la cryptesthésie de Mad. Léonard est très puissante, et eu outre qu'elle a, tout comme Mad. Piper, connaissance de faits qu'aucune transmission mentale ne peut expliquer. Ainsi ces expériences remarquables prouvent, une fois de plus, que la cryptesthésie existe et que, dans nombre de cas on ne peut, pour l'expliquer, invoquer quelque télépathie
Mad. Thompson a donné de beaux exemples de cryptesthésie à Fr. Myers » et à d'autres personnes.
Cette cryptesthésie se manifeste chez elle quand elle tombe en état de somnambulisme, état qui survient spontanément, dès qu'elle veut faire une expérience. Alors c'est une petite fille (Nelly, une enfant qu'elle a perdue) qui s'incarne en elle et parle avec un langage enfantin (comme Féda de Mad. Léonard).
Les phénomènes présentés par Mad. Thompson sont intermédiaires entre la cryptesthésie hypnotique et la cryptesthésie spiritique.
Mad. Thompson m'a donné une très belle preuve de lucidité.
1. Voir auisi Dr Fr. van Eedeh, Quelques observations sur les phénomènes dits spirites. Congr. Univ. de psychologie de Paris. 1900 et A . .S. /'.. 1901, XI, 240-52.
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Fr. Myers l'avait amenée chez moi, pour expérimenter. Ce soir-là, mon fils Georges lui remet sa montre, en lui demandant si elle ne pourrait pas en dire quelque chose. Mad. Thompson prend la montre, et, après quelque hésitation, dit : « Three générations mixed. » Il était difficile de mieux dire. En efïet cette montre avait été donnée par le grand-père de Georges (Félix Aubry) à son fils Georges Aubry. Après la mort de Georges Aubry, tué à la bataille de Vendôme en 1870, M. Félix Aubry avait repris cette montre, et en mourant il l'a laissée à mon fils Georges.
Mad. Thompson, étant dans le jardin de la terrasse de Monaco, voit un vieux monsieur et une vieille dame jouant avec un petit chien. Alors elle s'approche d'eux et leur adresse la parole, tout de suite, sans aucune raison valable, ex abrupto. Bientôt elle leur dit qu'elle leur a parlé parce qu'elle a vu le mot de Carqueiranne au-dessus de leur tète. Or, précisément, M. et Mad. Moutonnier devaient aller à Carqueiranne pour rencontrer Mad. Thompson elle-même, avec Myers qui était à ce moment mon hôte à Carqueiranne. Mad. Thompson n'avait jamais entendu parler de M. et de Mad. Moutonnier.
Le D1' Fkédéric van Eeden, médecin hollandais, habitant Bussum, fut mis par Myers en relation avec Mad. Thompson. On prit un soin extrême pour cacher son nom et sa nationalité. Or, dans le cours de la séance, Mad. Thomson l'appela M. Bussum, dit qu'il avait un parent s'appelant Frédéric, et qu'il était jardinier d'EDEN. M. van Eeden avait apporté une pièce de vêtement d'un jeune homme qui s'était suicidé, sans mettre personne dans la confidence. Mad. Thompson a donné son prénom et décrit son caractère. Elle a indiqué qu'il avait du sang sur la gorge (ce qui est conforme au genre du suicide). Quand M. van Eeden s'exprimait en hollandais, Mad. Thompson, sans cependant parler cette langue, la comprenait très bien. Elle a rappelé exactement à M. van Eeden la conversation qu'il avait eue avec le suicidé. M. van Eeden a fini par être absolument convaincu qu'il y a eu réelle communication avec une personne décédée. Or cette conviction personnelle d'uu psychologue expérimenté comme M. van Eeden a un grand poids.
James Hyslop a étudié avec un soin extrême un cas de cryptes-
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thésie qui lui paraît une preuve d'identification personnelle . M. Thomson, orfèvre-photographe, avait un peu connu un peintre distingué, Robert Swain Gifford, qu'il avait rencontré une ou deux fois aux marais de Nord Bedford. Une fois même il lui avait rendu visite.
Gifford meurt en janvier 1905, et Thompson, dans l'été de 1905, ressent une première impulsion (l'impulsion d'esquisser et de peindre).
A l'exposition des œuvres de Gifford, il lui sembla entendre une voix lui disant : « Finissez ce que j'ai commencé. » A la sortie de cette exposition, Thomson se mit à dessiner des tableaux tout à fait dans le style de Gifford, quelques-uns d'une étonnante similitude.
S'il était rigoureusement prouvé que Thomson n'avait ni vu ni pu voir les dessins de Gifford, la démonstration de la cryptesthésie serait étonnante. Or Thomson, malgré toute sa loyauté, ne peut répondre des souvenirs pantomnésiques de son inconscient, et alors le cas n'est pas bien probant. Il faudrait établir que les dessins de Gifford ont été absolument inconnus de Thomson. Flournoy a été bien plus sévère, et avec raison, pour Hélène Smith.
Il nous paraît impossible d'admettre la possession de Thomson par Gifford.
De môme le cas cité par Aksakoff ne peut être considéré comme démonstratif. Dans la petite ville de Tambofî, en Russie, meurt une infirmière, Anastasie Perelyguine, qui s'est empoisonnée le 16 novembre. Le 18 novembre, dans cette même ville de Tambofî, le nom d'ANAsTAsiE arrive, avec des détails sur son suicide. Il importe peu que les assistants et le médium déclarent avoir ignoré tout. Il suffit qu'ils aient pu en entendre parler dans la ville (et l'avoir oublié) du 16 au 18 novembre, soit pendant deux fois vingtquatre heures, pour que leur mémoire inconsciente soit en cause.
Ce sont là des cas douteux, extrêmement douteux, dont il ne faut pasfaireétat;car, en métapsychique comme dans les autres sciences, les démonstratious insuffisantes font plus de tort que de bien.
Grasset, dans son livre de 1908, semble avoir délibérément omis
\. Amer. S. P. U.. 1910 et A. S. P., 1910, XX, 193-264.
Ricukt. — Métapsychique. 13
les cas (Je télépathie probante, et, comme il ne fait mention que des récits médiocres, incertains, il n'a pas de peine à établir le néant de la télépathie (cryptesthésie). Mais ce ne sont pas là procédés de discussion équitables. Les histoires de Y Écho du merveilleux, comme aussi trop souvent les récits d'AKSAKOFF, sont en général très contestables, autant pour l'observation môme que pour l'interprétation *.
Mad. G..., qui n'est nullement médium professionnelle, donna une séance à M. Venzano et à M. Bozzano au Cercle Minerve à Gênes. Dès le début, il est indiqué par les raps à Mad. C.., que son jeune enfant Robert, qu'elle avait laissé bien portant chez elle, est atteint d'une forte fièvre. Aussitôt Mad. C... quitte la séance, et elle constate qu'en effet son fils Robert, à la grande iuquiétude de la domestique, était en pleine crise fébrile (40°).
Le fait n'est guère probant pour maintes raisons.
M. Venzano, expérimentant avec Mlles G... qui ne sont pas des médiums professionnelles, et qui ont seules les mains sur la table (les réponses s'opérant par des raps), pense à un sien ami, camarade mort il y a quelques anrîées. Ce nom est donné, et aussi le nom d'un des condisciples de Venzano lui-même et de l'ami. Au moment où l'expérience allait prendre fin, le nom de Giompari est donné. Or, en fouillant dans sa mémoire, Venzano découvre que c'était le nom (familier) d'un sien parent assez proche, mort octogénaire il y a quelques années. Puis la table donne, sans que Venzano l'ait demandé, le nom de Teresa Bartolini, qui fut la femme de Ciompari 2.
Le comte Ugo Baschieri3 dans une séance privée, chez Mad. J. H... à Paris, rue Saint-Charles (XVe Arr.) près des fortifications, le 31 juillet 1914, dit tout à coup : « Un personnage très important va être assassiné. Que de sang ! Quelle heure est-il ? » Alors on regarde l'heure : il est 21 heures 40. « Eh bien! il se passe quelque
1. Grasset, Loc. cit., 316. Le chapitre Exposé des faits a 13 pages, sur lesquelles Mad. Gouesdon (la voyante de la rue Saint-Denis), en a deux, et M. Dace (ce jeune occultiste bien connu) (??) en a deux aussi. Est-ce une critique digne de Grasset ?