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PROPORTION CENTÉSIMALE DES SUCCÈS

Eaux souterraines

Cavités souterraines

Métaux et pilons

métalliques

Houille

On remarquera que c'est un calcul défavorable que de compter la proportion centésimale des succès ; car un cas suivi d'un éclatant succès compense (et au delà) beaucoup d'insuccès. Autrement dit la probabilité d'un succès n'est pas de 1/2, mais beaucoup plus faible.

Par exemple M. Pélaprat et M. Viré (exp. inédite) ont donné à M. A. C... conseiller d'État, des indications pour creuser un puits dans sa propriété de Juillac (Lot). Plusieurs sondages avaient été faits sans résultat. MM. Pélaprat et Viré indiquèrent un filet d'eau à 13 mètres de profondeur. Un puits fut foré au point indiqué, et à 13 mètres on trouva un filet d'eau, suffisant pour l'usage.

Les observations des Anglais2 concordent avec celles des Allemands et des Français3.

Sciences, 22 décembre 1913, GLVII, 1460). Voir aussi E. A. Martel, Traité des Eaux souterraines. Paris, Doin, 1921, 740-752, et P. Landesque, Hydrologie et Hydroscopie, Paris, Dunod, 1920.

1. Voir Verband zur Klârung der Wùnschelruthefrage, Suttgart, 1912.

2. Outre le mémoire de Barrett, voir Sanitary Record, 2 mai 1913.

3. (L'analyse des travaux du Congrès de Halle a été donnée par E. Noël dans le journal l'Eau (15 nov. 1913). V. Das Wasser (Leipzig, 1913). M. Argner est le

286 METAPSYCHIQUE SUBJECTIVE

M. Landesqde, conducteur des pouts et chaussées, dans un très intéressant livre, a donné le récit de ses propres expériences en Tunisie. Je ne citerai que le fait suivant, caractéristique. Le poste de Ramsa avait un puits en dehors du camp. M. Landesque dans le camp indiqua une source à une profondeur de 6 mètres. On fit un forage et on ne trouva rien. Alors M. Landesque dit qu'il ne fallait pas se décourager, mais creuser un peu davantage, et à 7 mètres on trouva de l'eau.

Ces faits sont très importants, et M- Martel, qui résume toutes les opinions, conclut impartialement pour la probabilité d'une force rhabdique, en ajoutant, ce qui est d'ailleurs évident, que de nouvelles expériences sont nécessaires : j'ajoute que c'est pour éclaircir les conditions du phénomène, mais non pour établir ce phénomène lui-même, qui paraît incontestable.

Ce qui nous intéresse, c'est de constater ce fait, confirmé par des expériences multiples, et riche de conséquences théoriques importantes, qu'au-dessus d une masse d'eau la baguette tourne vigoureusement dans la main du sourcier.

Dans une expérience1, deux baguettisants, Falcoz et Probst, reconnurent par la baguette des plaques de métal enveloppées dans du papier. Les cinq métaux étaient différents. Les deux expérimentateurs tombèrent d'accord pour la reconnaissance de ces cinq métaux, et ce fut exact. Ainsi sur 10 expériences à probabilité de 4/5, il y a eu 10 succès, ce qui donne la certitude Cl/5)10.

Mais, puisque le fait est avéré, nous n'avons pas ici à calculer la probabilité plus que s'il s'agissait de savoir combien de fois l'aiguille aimantée va se mouvoir quand on l'approchera d'un courant.

S'il y a encore tant d'hésitations pour les conclusions relatives à la baguette influencée par les sources, ou même les métaux, c'est qu'on veut en faire un instrument de mesure. On prétend à son utilisation industrielle pour la direction et le captage des cours d'eau souterrains, et alors les interprétations sur le sens et la profondeur des courants dépendent de l'observateur plus ou moins expérimenté. Mais ce que nous cherchons ici, ce n'est pas la prévi-

directeur d'une revue spéciale, uniquement consacrée à cette étude, Die Wiinschelrulhe, Leipzig (1909-1921).

î. Mager, loc. cit., 24.

sion exacte et la minutie des renseignements fournis par la baguette, mais seulement de savoir si réellement il y a une émanation, une force rhabdique — c'est le terme nouveau que je propose — agissant sur l'organisme nervo-museulaire de l'homme, et, par l'intermédiaire de cet organisme, sur la baguette.

Il semble bien qu'on n'en puisse plus douter aujourd'hui l.

Mais est-ce un phénomène de physique, ou un phénomène métapsychique ?

Par définition même, le mouvement de la baguette semblerait échapper à la métapsychique, puisqu'il ne s'agit pas de forces intelligentes actionnant notre sensibilité.

Pourtaut l'histoire de la baguette divinatoire doit nous occuper. Si des forces naturelles (nappes d'eau souterraines, métaux cachés) exercent une action inconnue sur notre intelligence inconsciente, c'est qu'il y a là des vibrations inconnues qui éveillent notre sensibilité cryptesthésique. Par là nous rentrons dans la métapsychique qui étudie les vibrations inconnues des choses.

L'inflexion de la baguette est-elle un phénomène de contraction musculaire inconsciente du baguettisant, ou une action directe sur la baguette d'une force physique quelconque émanant des choses?

Éliminons tout de suite les hypothèses de la supercherie, du mouvement volontaire, du hasard. Ce n'est ni par le hasard ni par la fraude que les sourciers découvrent les sources souterraines. La baguette tourne fortement entre leurs mains, malgré eux, pour ainsi dire, et elle tourne aux bons endroits, en donnant, par le sens de sa force et de sa rotation, des indications — d'ailleurs fort difficiles à interpréter correctement— sur la profondeur et la direction de la uappe souterraine.

Il n'y a, en définitive, que deux hypothèses :

.4. Les mouvements de la baguette sont dus à des contractions musculaires inconscientes.

B. Les mouvements de la baguette sont indépendants des contractions musculaires de l'opérateur.

1. Pour ne citer que des faits tout récents, je mentionnerai les travaux de M. Landesque, conducteur des Ponts et Chaussées, sur les nappes souterraines de Tunisie. Ses indications ont été vérifiées par les ingénieurs des Ponts et Chaussées (Voy. Marage, Ce qu'il faut penser de la baguette des sourciers. Revue scientifique, 14 février 1920.

288 MÉTAPSYGHIQUE SUBJECTIVE

La première hypothèse est très simple, et sans doute la seule acceptable : c'est celle qu'ont adoptée Ghkvreul et Barrett. Incitée par une force physique (force rhabdique) inconnue, l'inconscience du baguettisant fait contracter se9 muscles, qui font alors tourner la baguette.

Mais cette hypothèse soulève certaines difficultés.

En effet les mouvements de la baguette sont tellement forts que parfois la baguette se brise. Les parties qui se trouvent dans la main de l'observateur ne bougent pas ; c'est le reste de la baguette qui tourne. On peut même, comme l'a fait P. Lemoine, mettre les deux bouts de la baguette dans une sorte d'étui qu'on tient à la main. La baguette tourne dans l'étui (voyez la figure que donne Paul Lemoine).

Est-ce une observation suffisante, malgré sa précision, pour nous faire admettre que les muscles sont sans action? Nous ne le pensons pas. Comment supposer que la baguette est influencée physiquement et directement par les nappes d'eaux, les métaux ou les sels métalliques ? Est-il possible qu'elle se meuve toute seule, pendant que les muscles de la main demeurent absolument inertes?

S'il en était ainsi, point ne serait besoin des sourciers pour découvrir les sources. Un appareil de physique à déplacement angulaire suffirait, et on noterait l'angle par une simple lecture, comme on lit des mesures galvanométriques, barométriques ou thermométriques. Mais ce n'est pas ainsi que les choses se passent. Dans ces conditions toutes les baguettes restent désastreusement immobiles. Il faut un baguettisant, un rhabdomancien, un sourcier. L'influence de la personnalité humaine est nécessaire et prépondérante.

H. Mager incline à penser que tous les individus, s'ils prennent les précautions nécessaires, sont aptes à devenir baguettisants ; mais il ne donne aucune preuve de cette affirmation. Le fait positif, indiscutable, c'est qu'entre les mains de certaines personnes la baguette tourne avec grande force, tandis que, tenue par d'autres, elle reste absolument immobile.

Mager a construit, pour déceler les métaux, un appareil (indicateur galvanométrique des eaux souterraines) qui n'a pas réussi encore, mais qui, paraît-il, — sans que la présence d'un sourcier

soit nécessaire — est impressionné par le potentiel des forces qui accompagnent les eaux souterraines en mouvement. Mais jusqu'à quel point ces légères variations de l'aiguille aimantée sont-elles comparables aux énormes courbures des baguettes de coudrier? L'action d'un courant d'eau sur un galvanomètre est un problème de pure physique, sur lequel nous n'avons pas à insister ici. Eu tout cas cette action, si elle existe, est extrêmement faible. Donc il paraît impossible d'attribuer à ces minuscules phénomènes électriques la très forte flexion d'une baguette de coudrier.

Tout est obscur d'ailleurs dans cette difficile question. Les baguettes de différentes substances n'ont pas la même aptitude à tourner ; ce qui semblerait bien indiquer qu'il y a une action physique sur la baguette même, car, si c'était uniquement contraction inconsciente, on ne voit pas pourquoi la baguette de cuivre tournerait plus mal que la baguette de coudrier, et mieux que la baguette de fer.

On doit tout de même conclure qu'il n'y a aucun mouvement propre de la baguette sans le secours des muscles humains. Alors nous dirons avec Ghevreul, avec Barrett, qu'il y a uniquement contraction musculaire inconsciente.

Mais souvent le sourcier s'oppose (ou paraît s'opposer) au mouvemeut de la baguette. « La baguette, dit P. Lemoine, tourne malgré la volonté de l'opérateur. Dans certains cas, quand elle tourne à fond, il a beaucoup de peine à la retenir ; quelquefois cela lui est même impossible. »

Remarquons l'analogie de ce phénomène avec le mouvement violent des tables tournantes, mouvement qui a une énergie extrême, quand un médium puissant a les mains sur uue table qu'il touche à peine.

A la fin de ses recherches, ajoute P. Lemoine, les mains de l'abbé Cadrin étaient couvertes de callosités, non seulement à la paume des mains, mais encore aux articulations des diverses phalanges. Quelques sourciers, ou bague Misants, sont persuadés que la baguette tourne elle-même, sans qu'il y ait action musculaire. Et il est à noter que si la main est dans un gant de soie, ou de laine, elle ne tourne plus.

Mais l'opinion de ces professionnels de la baguette divinatoire —

Richet. — Métapsycliique. 19

opinion qu'il ne faut certes pas négliger — n'est pas un article de foi. Ils sont très sincères évidemment, mais ils ne peuvent vraiment pas avoir conscience de leurs mouvements inconscients. Nous sommes donc aussi embarrassés que lorsqu'il s'est agi de savoir si les mouvements de la table tournante, quand ils sont violents, et que le médium touche à peine la table, sont dus à des contractions musculaires.

Nous montrerons plus loin que certains médiums, exceptionnels, produisent des raps et des mouvements à distance (télékinésie). Si les influences de la baguette ne sont pas dues à des contractions musculaires, elles constitueraient alors une sorte de télékinésie spéciale ? Car évidemment les forces qui actionnent la baguette n'agissent que par l'intermédiaire d'un individu humain.

Il serait très intéressant de rechercher méthodiquement si les baguettisants ne sont pas des médiums pouvant agir sur les tables, et, parallèlement, si les médiums agissant sur les tables ne seraient pas aussi des baguettisants. Ce serait là une question toute neuve, méritant d'être approfondie. t

Elle ne semble pas impossible à résoudre. D'après J. de Tristan, d'après H. Mager, il y aurait sur 100 personnes près de 20 individus capables d'actionner la baguette, peut-être même davantage. Ce devrait faire l'objet de recherches nouvelles, certainement fructueuses.

S'il était prouvé que le mouvement de la baguette n'est pas produit par une contraction des muscles humains, on aurait alors un vrai phénomène de télékinésie. H. Mager a essayé de démontrer que la matière dégage des forces (dont il a même essayé d'indiquer la direction et le potentiel) capables défaire tourner la baguette : phénomène de physique absolument nouveau et encore inconnu. Mais sa démonstration est faible, voire nulle. En tout cas un être humain est nécessaire pour la production de ces mouvements et il n'y a rotation de baguette que s'il y a un baguettisant. Donc, puisque une baguette pouvant tourner dans un appareil ne tourne pas, puisque la main du baguettisant est indispensable, il faut admettre ou bien que c'est la contraction musculaire de la main, on bien que c'est une sorte d'action télékinétique humaine.

Il n'est guère permis d'hésiter entre ces deux hypothèses. Quoique je n'aie pas d'expérience personnelle, je préfère à l'opinion des sourciers celle des savants. Pour les sourciers la baguette tourne toute seule ; pour le savant, la baguette tourne parce que les muscles du sourcier la font tourner1.

§3. — De la force rhabdique.

Donc les mouvements de la baguette sont dus à la contraction musculaire inconsciente de l'individu qui tient la baguette. Donc il est avéré que des nappes d'eau souterraines, des métaux, cachés sous terre ou dans une boîte, exercent une action sur notre inconscience, et que cette action mystérieuse est uue force physique inconnue; car ce n'est ni l'humidité, ni la chaleur, ni l'électricité. Evidemment cette force émanant des choses est profondément inconnue ; mais l'hypothèse que cette force existe est une hypothèse nécessaire; car on ne comprendrait pas, s'il n'y avait pas quelque influence énergétique déterminée, qu'il y ait mouvements musculaires en étroit rapport avec la réalité de telle ou telle chose extérieure.

Cette force rhabdique a été suffisamment étudiée pour q»'e* puisse déjà en indiquer quelques lois.

Tout se passe comme s'il y avait conduction de cette force par le corps humain du sol à la baguette même, et comn? j si cette force pouvait être, ainsi que l'électricité et la chaleur, arrêtée par de mauvais conducteurs, par des gants de soie ou de laine, par des chaussures en caoutchouc.

Cette force n'est pas seulement celle qui se dégage d'une nappe d'eau souterraine. Dans les anciennes observations il s'agissait presque uniquement de la détection d'eau par les sourciers; mais des expériences récentes ont montré que les métaux ont une même action manifeste.

Il y a des différences d'action entre les différents métaux. Cela a été prouvé par J. de Tristan, par H. Mager, Paul Lemoinb2.

1. Voir, le chapitre xvi, 1res obscur, de H. Mager, et J. de Tristan, Recherchée sur quelques effluves terrestres (1826), et les Comptes rendus du H» congrès international de psychologie expérimentale de 4 913.

2. Voir H. Mager, Les moyens de découvrir les eaux souterraines et de les utiliser, Paris, Dunod, 1912.

Les résultats obtenus indépendamment l'un de l'autre par H. Mager, d'une part, et d'autre part par P. Lemoine (avec l'aide de l'abbé Caubin), sont très concordants.

Soit 1 gramme la quantité d'or qui peut agir sur la baguette, il a fallu pour obtenir les mêmes effets :

Argent ier,2

Nickel 6 gr.

Aluminium 15 —

Zinc . ... 40 —

Plomb 75 —

Cuivre 125 —

Bien entendu on ne doit pas considérer ces chiffres comme aussi précis que la mesure d'une action magnétique, mais c'est assez pour établir que l'émission et la transmission de la force rhabdique sont abordables aux déterminations physiques précises.

En définitive, voici établi un fait de première importance, c'est qu'une certaine force se dégage des métaux, des nappes d'eau, des sels métalliques, force qui agit sur l'organisme de certains individus avec assez d'énergie pour déterminer dans leurs muscles des contractions violentes, involontaires.

Il n'y a pas d'effet sans cause. Si les nappes d'eau souterraine provoquent des inflexions de la baguette, c'est parce qu'elles agissent comme une cause — c'est-à-dire comme une force — sur la baguette. Evidemment c'est par l'intermédiaire de nos muscles ; mais il n'en est pas moins vrai qu'il y a là une force physique nouvelle, et une force doDt on peut mesurer le sens et la conduction.

Cette force rhabdique qui agit ainsi sur les muscles n'agit certainement pas sur les muscles eux-mêmes, mais sur le système nerveux qui donne le mouvement aux muscles : les muscles ne sont jamais que les serviteurs passifs du système nerveux. Et nous voici ainsi amenés à cette conclusion dont l'importance n'échappera à personne, c'est qu'une force émanant des métaux, des nappes d'eau, des sels métalliques, force inconnue qu'on peut appeler rhabdique, agit sur le système nerveux.

Allons plus loin encore dans l'étude du phénomène. Est-ce par une action directe sur le système nerveux inintelligent? Ou est-ce par une action sur l'intelligence inconsciente qui élabore la notion

reçue? Ce ne sont pas là deux données ideutiques. La lumière d'un signal ne provoque notre course que parce que nous en avons compris le sens. En soi cette faible excitation lumineuse serait tout à fait inefficace pour déterminer un mouvement quelconque. Si elle nous fait marcher et courir, c'est parce que cette lumière a, par un réflexe psychique compliqué, provoqué l'intelligence à répondre. Il nous paraît probable que le mouvement de la baguette est de cet ordre ; et que, si les muscles l'infléchissent énergiquement, ce n'est pas parce que le système nerveux est directement excité, mais bien parce que l'intelligence inconsciente a été éveillée par la force rhabdique. C'est une notion reçue par l'inconscience, puis élaborée par elle et transformée en un ordre de contraction : en tout cas ce n'est pas une excitation brute des centres moteurs. L'intelligence inconsciente intervient pour transformer cette excitation très faible en uue excitation très forte.

Si au lieu de la baguette on emploie le pendule, les résultats ne sont pas moins extraordinaires. Entre les mains du sensitif, en apparence inerte, tout d'un coup, lorsqu'il passe par certaines places, le pendule se met à osciller avec énergie; dans quelques cas c'est comme un tourbillonnement. Ce sont, bien entendu, des mouvements musculaires, mais parfaitement inconscients, tellement inconscients que l'opérateur en est lui-même surpris. Le pendule, comme la baguette, n'est que l'indice d'une certaine excitation nerveuse.

L'excitation nerveuse est quelquefois assez violente pour que certains sensitifs, comme A. Viré me l'a raconté, soient pris d'une sorte de crise convulsive, en passant au-dessus d'une source souterraine (qu'ilsignorent cependant). Une hyperesthésie aussi intense est très rare; mais dans bon nombre de cas le sensitif éprouve une sorte de frémissement, de vibration générale.

Ainsi l'ébranlement du système nerveux déterminé par la force rhabdique se rapproche de la cryptesthésie : c'est-à-dire qu'au lieu de donner une simple sensation il donne une sensation accompagnée d'une certaine connaissance des choses : et bien entendu cette connaissance des choses demeure toujours inconsciente.

Ce qui le prouve, c'est que, s'ils mettent dans la main qui tient le pendule et qui le fait inconsciemment osciller, un métal quel-

conque, fer, or, cuivre, le pendule ne tourne que si le sensitif passe au-dessus d'une masse de fer, d'or ou de cuivre. Si, c'est de l'eau, il lui suffira de prendre une bouteille d'eau dans la main ; et si c'est une grotte, une caverne, il prendra un petit tube vide creux, qu'il se mettra dans la main, et cela ne laisse pas que d'être assez comique. Le fait de pouvoir distinguer tant bien que mal des ossements, des grottes, des morceaux de foute, des liugots d'or, des sources, c'est plus qu'une simple excitation nerveuse, c'est la connaissance des choses, c'est-à-dire, somme toute, de la cryptesthésie. Aussi les études faites sur la baguette divinatoire sont-elles extrêmement importantes pour édifier quelque théorie sur la cryptesthésie. La divination par la baguette, c'est une sorte de cryptesthésie pragmatique.

On ne peut donc pas nier l'existence de forces pragmatiques, ou telluriques1, mais que je préfère appeler rhabdiqiœs, qui mettent en jeu la cryptesthésie du baguettisant, absolument comme chez un sensitif, le coutact d'un objet lui apporte des connaissances spéciales que ses sens normaux ne lui peuvent révéler.

§ 4. — Conséquences au point de vue de la cryptesthésie.

Nous paraissions, par 1 étude de la baguette divinatoire, nous être écartés de la métapsychique, et voici que l'existence de la force rhabdique nous fait rentrer complètement dans l'histoire de la cryptesthésie.

En effet, dans le chapitre de la cryptesthésie pragmatique, ou psychométrie, j'ai pu montrer que les choses exercent certainement sur notre intelligence une certaine action. Si l'on donne à une médium ou à une somnambule quelque objet qui a appartenu à une personne A.., le médium ou la somnambule vont quelquefois donner quelques caractéristiques de A..., encore qu'elles ne puissent par leurs sens normaux en rien connaître. J'ai appelé cette cryptesthésie pragmatique, parce qu'elle paraît liée à une émanation (inconnue) des choses. Certes la cryptesthésie pragmatique est loin d'expliquer tous les cas de lucidité ; elle n'en explique même qu'un

1. C'est le terme dont se sertie professeur M- Benedikt. Ruten und Pendellehre. 1 vol. 12». Hartleben, 1917.

assez petit nombre. Tout de même il est incontestable qu'elle existe.

Et alors je conclurai en disant :

La baguette divinatoire est un instrument capable de mettre en jeu la cryptesthésie pragmatique : c'est-à-dire de révéler sur les choses des faits que nos sens normaux sont impuissants à nous apprendre.

L'étude des conductions, des résistances, des obstacles à ce flux de force nous montre que uolis pourrions, sans doute, par une analyse attentive, avoir quelques données précises sur ces forces inconnues, émanant des choses, et capables d'émouvoir sinon notre conscience, au moins nos organes.

Il n'y a qu'une analogie assez, lointaine entre la force qui se dégage d'une nappe d'eau souterraine pour faire contracter les muscles d'uu sourcier, et la force mystérieuse qui se dégage d'une mèche de cheveux, d'une montre, d'une bague, pour faire dire au médium que ces objets ont appartenu à Marguerite, Georges ou Robert, et lui permettre de donner quelques indications sur les personnalités de Marguerite, Georges et Robert.

Tout de même c'est un phénomène du même ordre de grandeur.

Nous ne les assimilons pas : nous ne prétendons pas que les mouvements de la baguette soient identiques à la cryptesthésie pragmatique, ni même qu'ils expliquent les mouvements de la table tournante. Pourtant il se dégage deux lois, qui, bien comprises, donnent un solide point d'appui à la métapsychique.

A. Des forces inconnues se dégagent des choses, obéissant à des lois physiques susceptibles de mesure et de comparaison.

B. Ces forces inconnues n'influencent ni notre sensibilité consciente, ni nos appareils de physique, et cependant elles agissent — suivant des lois ignorées encore — avec une très grande énergie sur notre organisme inconscient, de manière à lui faire connaître des réalités que les sens normaux ne pourraient lui apprendre.

On peut comparer les baguettisants aux médiums qui font tourner les tables. En réalité l'analogie est très grande. La force rhabdique qui agit sur un organisme humain et fait contracter les muscles, révèle à la conscience des faits que la conscience n'aurait pas pu savoir toute seule; de même qu'un médium fait par l'in-

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termédiaire de la table des réponses qui le stupéfient lui-même. Les mouvements musculaires inconscients sont donc — pour la baguette divinatoire comme pour la table tournante — révélateurs des vibrations que les émanations des choses provoquent dans notre intelligence inconsciente *.

i. Ce chapitre relatif à la baguette divinatoire est très écourté ; j'aurais du donner de tout autres développements à cette question importante. Mais ce livre est déjà si étendu qu'il ne m'était pas possible d'insister davantage.

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