‹ Traité de métrologie assyrienne; ou, Étude de la numération et du système métrique assyriens considérés dans leurs détails, dans leurs rapports et dans leur ensembleChapitre 14 sur 33 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DÉTERMINATION ET TRADUCTION, EN UNITÉS MÉTRIQUES FRANÇAISES, DES MESURES AGRAIRES DE LONGUEUR ET DE SUPERFICIE, AUTREFOIS EN USAGE, CHEZ LES ASSYRIENS.

Dans l'ancien système métrique assyrien, les mesures agraires, ou, ce qui est la même chose, les mesures itinéraires, dérivaient toutes, comme je l'ai déjà dit,, du Pas^ unité fondamentale que M. Oppert désigne dans ses publications sous le nom français de Canne que j'ai conservé.

La longueur de cette unité métrique était, comme celle du Passus Romain, égale à 5 Pieds, et peut être considérée aussi comme égale à 3 Coudées ou à 6 Empans, ce qui permet de la régler très approximativement, en mesures françaises, à lm,62 lm,62

Les mesures déduites de ce passus assyrien sont, comme on l'a vu précédemment ;

1° Le Double-Pas, ayant 10 Pieds, 6 Coudées ou 12 Empans de longueur et par conséquent tout à fait comparable à la Pertica romaine, qui était, elle aussi, un double passus , ayant 10 pieds de longueur. Cependant M. Oppert s'obstine encore à donner à cette mesure le nom français de Toise qui ne lui convient en aucune manière, qu'elle n'aurait jamais dû recevoir et que j'ai toujours remplacé, dans mes publications, malgré la résistance incompréhensible de M. Oppert,

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par le nom plus régulier de Perche. Sa longueur est, en mesures françaises, de 3m,24, 3m,24

2° La Canne agraire de 5 Pas, ou ce qui est la même chose, de 25 Pieds de longueur, égale par conséquent à 15 Coudées ou à 30 Empans et en mesures françaises, à 8m,10 8m,10

3° La Perche agraire, double de la Canne agraire, comme la Perche ordinaire est double de la Canne ordinaire et par conséquent égale à 10 Pas, à 50 Pieds, à 30 Coudées et â 60 Empans, ou en mesures françaises, à 16m,20 16m,20

Et il résulte déjà de ce qui précède :

D'abord, que la Canne agraire est égale à 5 Pas, comme la Canne ordinaire, à 5 Pieds, et que la Perche agraire est égale â 10 Pas, comme la Perche ordinaire à 10 Pieds ;

Et ensuite, que la Canne agraire est égale à 5 Cannes ordinaires, égales chacune à 3 Coudées, comme la Perche agraire est égale â 5 Perches ordinaires, égales chacune à 6 Coudées ;

Ce qui permet dès à présent, si je ne me trompe, de considérer comme certain que les quatre mesures dont je viens déparier, la Canne et la Perche de la série ordinaire, aussi bien que la Canne et la Perche de la série agraire, ont été réglées et admises, dans le système métrique assyrien, â une époque où la numération assyrienne n'était encore que décimale et même peut-être à une époque où les Assyriens continuaient encore à compter sur leurs doigts, comme dans les temps les plus reculés de leur histoire, par quines et par dizaines.

Les autres mesures qui peuvent être rapportées encore au Pas, aussi sûrement que les précédents sont :

4° Le Plèthre, double de la Perche agraire et ayant

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ainsi 20 pas, 100 pieds, 60 coudées ou 120 empans, ci... 32ra,40

5° Le Demi- Stade ou Empan-gagar, ayant 60 pas (un sosse de pas), 300 pieds, 180 coudées ou 360 empans, ci 97m,20

6° Le Stade ou Ammat-gagar, ayant 120 pas, 600 pieds, 360 coudées ou 720 empans, ci 194m,40

7° Et la Parasange, égale â 30 stades, ou à 3.600 pas (60 fois 60 pas, un sar de pas) c'est-à-dire à 10.800 coudées ou à 21.600.empans, ci 5kil,832m,00

Cette dernière expression de la longueur de la Parasange, un sar de pas, achève de montrer, si mon illusion n'est pas complète, combien je suis fondé à dire, maintenant plus que jamais, que dans l'ancien système métrique assyrien, les longueurs de toutes les mesures itinéraires ou agraires étaient déduites de la longueur du Pas, et semble aussi donner le droit d'aller jusqu'à ' croire que, s'il en a été réellement ainsi, c'est parce que ces longueurs ont été réglées, à une époque où le Pas seul pouvait servir à la détermination des distances, par cette unique raison qu'aucune mesure proprement dite n'existait encore à cette époque reculée, et parce que les hommes ne se servaient alors, pour prendre les autres mesures dont ils pouvaient avoir besoin, que de leur coudée naturelle ou de leur propre empan.

Dans tous les cas et quelle que soit la vérité sur ce dernier point, il est nécessaire, ce me semble, de considérer les explications qu'on vient de lire comme assez concluantes pour prouver, avec toutes les apparences d'une vérité presque mathématique, que la Perche agraire, égale à la moitié du Plèthre assyrien, c'est-âdire égale â 10 Pas ou à 30 Coudées, et la Canne agraire égale à la moitié de la Perche, c'est-à-dire égale à 5 Pas ou à 15 Coudées, sont deux mesures très an-

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tiennes dont l'introduction dans le plus ancien système assyrien est incontestable.

Dans ce système, la Parasange carrée, en raison de sa grande surface (34 hectares environ), ne pouvait pas figurer comme mesure agraire et servait seulement comme grande mesure géographique, tandis que la Canne et la Perche agraires, le Plèthre, TEmpan- Gagar ou demi-stade et TAmmat-Gagar ou Stade étaient certainement employés, après leur élévation au carré, comme mesures agraires.

Leurs dimensions, leurs contenances et leurs rapports mutuels sont indiqués dans le tableau suivant :

Tableau indicatif des mesures agraires assyriennes

NOMS donnés à ces

MESURES

Longueurs des côtés exprimées

Canne agraire, en assyrien Se ... .

Perche agraire

Plèthre

Empan-Gagar ou demi-stade, en assyrien Sar. . .

Ammat-Gagar ou Stade

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