‹ Traité de minéralogie. (Conseil des mines). 4 tom. [and Atlas] (volume 2)Chapitre 105 sur 118 · Blanche, nuancée de violet. Prés de Limoges, en France · texte numérisé non relu

Blanche, nuancée de violet. Prés de Limoges, en France

Substances étrangères à cette espèce ^ ai^quelles

on a donné les noms tJ^iémer aude , ç^^aigue-i^arine,

de béryl, ou des nom^ analogues à quelqu^un

des .précédens.

La tourmaline verte : émeraudjB du Birésil.

La télésie verte : émeraude orientale.

Le cuivre dioptase : émeraude de forme piiipitive. Journal de Physique , 1 798 , page l54-

La ehaux fluatée verte : fausse émeraude, piîme d^ém^^^ude. ; .

La même , en oetaèdi^ )}éguli^r : iQioeraii4e mprijr Ion; émerauide de iCaartbEigène.

Le quarz-agate prase : piimie (|'iǥperaude.

La diallage. Saussure lui a <jl^c>nné }e npm 4e sjfior ragdite.

La chaux phosphatée , connue sous le oom d'apatite : béryl.

Le quarz verdâtre : béryl.

5i2 TRAITÉ

Le dîsthène : béryl bleu.

La pycnite : béryl schorlacé.

La topaze bleu-verdâtre : aiguë-marine orientale. Brisson, Pesant, spécif.

L'ëpldote : schorl aigue-marine. Voyez Saussure^ Voyage dans les Alpes , n"* 1918.

Relations géologiques.

On n'a eu pendant long-temps aucune indication des gissemens dans lesquels ont été trouvées les émeraudes que Ton tirait anciennement des montagnes situées en Afrique, entre l'Ethiopie et l'Egypte; mais M. Caillaud, voyageur français, ayant pénétré récemment dans le désert de la Haute-Egypte, jusqu'au montZabara, à sept lieues de lamer Aouge, a découvert des cristaux d'émeraude primitive d'un vert pur, engagés les uns dans le granité, et les autre» dans le mica schistoïde.

L'émeraude entre , comme principe accidaatel , dans des roches d'ancienne formation. Les granités de difierens pays en contiennent des cristaux qui appartiennent tous à la variété dite béryl. Tels sont ceux de France, aux environs de Nantes, et à Chaiitelub , du côté de Limoges. Les émeraudes que l'on a découvertes dans ce dernier endroit avaient pour gangue un quarz encaissé dans le granité ; mais j'ai des morceaux détachés de ce même granité , où il sert aussi d'enveloppe immédiate a des cristaux

DE MlNERAtiOGlE. 5i3

d'émeraude. Les granités de Rjenig en Saxe , ceux de Bavière aux environs de Salzbourg , ' ceux du comté de Wicklow en Irlande , et ceux des Etats- Unis , dans le New-Jersey , contiennent aussi des émeraudes. J'ai un fragment de ces derniers granités oii Ton voit une ëmeraude priniitive d'un vert clair , adhérente en même temps au feldspath iaunâtre laminaire, au quarz gris et aumicalamel^ liforme, qui se sont cristallisés autour d'elle. Les émeraudes qui ont été trouvées en Espagne , dans la Galice , font de même partie accidentelle' d'un gtanite.

Le voisinage de Salzbourg ^ où j'ai cité des béryls, ofire aussi des émeraudes ' vertes qui ont tous les caractères du smaragd de WérBier. lia roche qui les enveloppe est un mica sehistoîde. Quant aux éiÀeraudes blanches de Schlackëdwald en Bohême, et à celles d'tin Uanc-jatrtiâtre qm 's6 trouvent à Swisel en^ Bavière , et qui ont été confondues par quelques minéralogistes avec le scMrt^ nrtiger béryl de Wemer, celles que j'ai reçues sont engagées dans un quai'Z hyalin ; injecis x^'^àt la seule indication que j'aie de leur$?'relâtkHÏsgéol6<giques; .;..:•. •,.•:..■•/. •:,'.\-\' ■■

.Une autre manière -d'-etre-de- l'cmeraude nous la présent^ associée, à. diverses substances 'dl&ni les feptes ou les ^ cavités. . t^h iaf^emQmrpe^ t> hi Continuité des roches primitives. C'«&t aifisiiqui'on ila trouve en Amérique, près de Santa-Fé'de^ Bki^ôtéf, MiNÉR. T. II. 33

5i4 TRAITÉ

entre les montagnes de la nouvdle Grenade et celles du Popayân , qui borne le Pérou du oolé du Nwd. Le célèbre Humboldt Fa câbservée ^l—if uti filon qui traversait la rocbe que je nomme amphibole sohistoïde ( hcHnblendscfaiefer^ W. ) , et où çlle était accompagnée de chaux carbcoatée et dé £sr sulfuré (^)* J'ai un cristal de la variété {Primitive qui vient du même endroit , et dcmt la •ulr&œ est parsemée de petits cristaux py piteux d'un jeune éclatant. Ailleurs, la roche environnante est, suivant Dplomieu (^)j un schiste (tbonsf^definr, W.) ou même un granité. Les émeraudes qui oe^ cupent les cavités de celui-ci sont quelquefois groupées avec des cristaux de quarz , de feldspath, de mica^ etc.

En Sibérie^ les émeraudes dites béryls ont des xdsLÛoa» Illogiques analogues aux précédentes, et dont qudques-une^ leur sont communes avec les topaaes. On en trouve un grand nombre a la montagiie d'Odon-Tchelon , où elles sont mêlées à di^ £^ren<« substances dans les fentes qu'elles occupent, et qui traversent en particulier le pegmatique (granité. graphique). Les unes sont implantées dans le quarz hyalin brun ; d'autres sont enveloppées de

n Il .1

O Note ODittmuiiiqnée par le même saraht*

.(^) Description dé Vémeraude, Magasin ençydopédiqae , ou Journal èsi ScienteSy Letlrés et Arts, t. II, n* €, p. ^49 «t suit.

PE MINÉRALCX>1E. 5i5

feir oxidé ou d'argile ferrugineuse; d'autres adhè-^ , rent à des masses de schéelin ferruginé , ou wolfram. Parmi les topazes qui les accompagnent, on remarque celles dont la partie inférieure est verdâtre et translucide , et la partie supérieure opaque et d'un blanc-jaunâtre (*). Il existe aussi des émeraudes dans les monts Altaï, dans les monts Oural et ailleurs. J'en ai une qui vient des bords du lac Achtaragda, et qui est engagée dans ime masse de fer arsenical..

A l'égard desémeraudes du Brésil, je ne les connais que par des fragmens isolés rapportés de ce pays, dont plusieurs sont dans ma collection, avec un très beau morceau taillé de la même gemme , qui a environ 2 centimètres ( g lignes ) dan^ le sens de la plus grande largeur, et dont je suis redevable â l'amitié de M. Geofl&oy de Saint-Hilaire. Sa couleur est d'un bleu-verdâtre comme celle des variétés que l'on nomme béryls. Enfin , cb trouve des émeraudes éparses dans les terrains d'alluvion de di* vers pays.

On voit par les détails précédais que Témeraude^ quoiqu'elle n'ait qu'une existence accidentelle dans la nature, considérée sous le point de vue de la Géologie , appartient à toutes les parties du globe ; et il est remarquable que la glucine, qui est un de ses principes composans, n'ait été retrouvée jus-

(*) Patrin , Hist natur. des Miner. , t. II , p. ai «t snir

CnC TRAITÉ

qu'ici que dans un seul minéral d'espèce dififerentr^ qui est l'euclase.

Les plus gros cristaux d'ëmeraude de Sânta-Fe. qui me soient connus, ont i6 centimètres ou environ 6 pouces de longueur, sur une ëpaisseùr de 54 millimètres ou 3 pouces. 11 semble qu'en Sibérie la cristallisation ait proportionné le volume des emeraudes à l'abondance de la matière qui se présentiait pour sid^ir ses lois, et tandis qu'on y trouve des cristaux de ce minéral presque aussi déliés qu'un fil, on en voit d'autres qui se sont accrus jusqu'à 3a centimètres ou à peu près un pied de longueur, sur une épaisseur d'un décimètre on environ 44 ^" gnes. Il existe dans la collection minéralogique du Muséum d'histoire naturelle, au Jardin du Roi, qui «st très riche en ce genre, une masse composée de plusieurs cristaux primitifs d'émeraude, d'une couleur bleuâtre et d'un blanc-bleuâtre , qui ont environ 3 décimètres (441igï^€s), et qui adhèrent au quarz hyalin gris, au feldspath laminaire et au mica. Ce morceau pèse plus de /\o kilogrammes (80 livres). Il a été apporté d[e la montagne d'Odon- Tchelon en Sibérie.

Annotations.

La variété d'émeraude d'un vert pur a été connue des anciens. Pline indique l'Egypte comme un des pays où on la trouvait (*). Mais on voit qu'ils

n HUt itat, lib. XXXVII; c.'5.

DE MlNÊftALOGlE. 5 17

appliquaient le même nom à des substances très différentes, lorsqu'ils citaient des masse» d'éme- '• . raudes qui avaient jusqu'à dix coudées de longueur, et qu'ils parlent de colonnes, de statues colossales, etc. , faites d'une seule pierre de cette nature. Ces récits se ressentent du temps où tout ce qui était vert passait pour émeraùde.

Wallerius cite des âigues-marines et des béryls que l'on trouvait dans l'Inde , à Madagascar , sur les rives de l'Euphrate et: en Bohême (*) ; et aptes avoir rapporté les diverses opinions des minéralogistes sur la nature de ces pierres, il ajoute c[ue l'aigue-marine ne diffère du béryl qu'en ce que celui-ci est d'un bleu-verdâtre plus intense , et que l'un et l'autre ont les mêmes propriétés que Témeraude : et ainsi c'est à ce savant célèbre qu'appartient l'initiative au sujet de la réunion du béryl et de l'émeraude dans une même espèce.

Nous devons au docteur Pallas la coûnaissance des béryls ou aigues-marines de Sibérie. Rome de l'Isle , en ayant reçu des oristdux', observa qù^iïs avaient la forme de la variété péridodécaèdre que l'émeraude présente souvent ; et en combinant cette analogie de forme avec la dureté et avec la pesanteur spécifique , il avait jugé que les deux'sùbstaiices étaient de la même espèce (**). Il semble que les

(*) Syatema Mineraleg. , édïi. I778, ;p.' aS'l et a55/ (^*) On connaît beaucoup d'autres minéraux' ^1 pfenninit

5i« TRAITÉ

auteui $ qui ont, écrit depuis Wallerius et Rome de risle auraient dû trouver dans une étude plus aj>profondie des mêmes substances, la confirmation d'un rapprochement dont la justes^ sera encore mieux sentie d'après ce que je dirai dans la suite : mais on a cru , au contraire , apercevoir dsms les résultats de cette étude l'indice d'une ligne de separation; et la Chimie elle-même a paru, pendant un instant, opposer au rapprochement dont il s'agit une preuve d'autant plus prqpre à faire impression, qu'elle était liée à une découverte importante. Le récit de ^e qui s'est pa^é à ce sujet m'a paru mériter d'être exposé aVec un certain détaiL

Wemer, en comparant le béryl avec l'emeraude , d'après les principes de sa méthode , a jugé que led caractères auxquels il donne la préférence y. tels que sont Surtout ceux qui se tirent de l'aspect des surfaces, faisaient contraster assez fortement les deux substalices pour qu'on dût les ranger dans deux espèces distinctes. En premier lieu, la côulçur de l'émeraude était constamment le vert pur, dont eDe exprime si bien la véritable nuance, qu'on en fait vu terme de comparaison, en la dés^ant sous le nom de vert d^émeraude. Le béryl, indépendamment de la couleur verte , dont la teinte était

cette ^ème forme. Aussi Rome de l'isle ne Femployait-il comme carac^e spécifique qu'en lui associant deux oaractères physiques* Cristallogr., t. K, p. 345 et 252*

beaucoup plus claire > présentait, suivant les individus, le vert bleuâtre, le bleu céleste, le jaune, etc. iD'une autre part, les pans des prismes d'émeraude étaient lisses , et les bases hérissées de petites aspérités. Dans les béryls, les pans étaient chairs de stries ou de cannelures longitudinales, et les bases étaient ui^ies. Enfin le béryl était plus sensiblement lamelleux qu^ l'émeraude (^).

U ne &ut qu'un peu d'attention pour sentir que toutes ces dififérences^ purement accidentelles,^ doivent disparaître auprès des raj^orts intimes qu'in--^ diquent entre, les deux substances les observations de Rome dq L'Isle. Le caractère lire de la couleur a ici , par rapport au béryl ^ le même défaut que dans une multitude d'autres espèces cp il éprouve des varia- ^ons qui le rendent vague , et ne permettent pas de l'adi^Qttre comme caractère spécifique^ Mm il pré-cise, €k l'égard de l'émeraude, une modification cen-^ ^taiite de la lumière réfléchie. On connaît la cause dé cette différence, qui provient de ce que l'exide de cbtom^ qui colore l'émeraude est toujours le même ,

(*) Ces caractères ont été recueillis B(m$ la dictée de Warner lui-^méme ^ comme étant ceux qui lui servaient k motiver U distinction des deux substances. Bf» Jameso^ > les cite parmi ceux qui ^ selon lui^ établissent cette distinc* tion, qu'il ne pousse cependant pas aussi loin que Werner, en ce qu'il se borne à diviser Pémeraude en deux sousespèces qui répondent au schmarag et au béryl de ce savant. System ofMineralogy, t. I, p. 70.

52a TRAITÉ

au lieu que Foxide de ter qui fait dans lé béryl la fonctiqii de principe colorant, est susceptible de pa^ ser par diverses teintes, suivant le degré d'bxidartioo. Une iaduction qui paraîtrait d'abord favorable àFopi' niqn de . Werner, est. celle que Fon pourrait déduire de ce qu'a dit un célèbre chimiste, que le chropie était dan^ l'émeraude k l'état de comlnnaison proprement dite (*). Mais il fournit lui-même la réponse à cette induction lorsqu'il convient de l'identité de compositicHi dans l'émeraude et dans le béryl, qui cependant ne renferme pas un atome d'oxide de chrome (^^). Les molécules des deux métaux sont donc simplement interposées entre les molécules propres des substances qui les renferment; et ce qui achèye de prouver qu'elles n'y existent qu'accidentellement^ c'est qu'U y a des émerâudes dont le vert est très pâle, et des béryls presque limpides; en sorte que le. principe colorant approche du terme où étant nul^ les deux substances se trouveraient réduite&à leur3 seuls élémens.

Les stries qui sillonnent les pans de la plupart des prismes de béryl , ne sont autre chose qu'une altération de la forme primitive, due à une cristallisation accélérée. J'ai quelque^ims de ces prismes dont les pans sont très lisses : faudra-t-il les exclure de l'espèce , parce qu'ils ont un degré de plus de perfec-

(*) Statique chimique; t. I, p. 439.

(**) Ibid.^ p. 448.

DE MINÉRAI-OGIE. 5ai

tk)ii que ^es autres? A l'égard des petites aspérités dont les bases des prismes d'émeraude sont hérissées, c'est une de ces nuances légères que Werner savait si bien saisir^ à l'aide de ce tact fin et délicat qui ne laissait rien échapper, même de ce que l'on aurait pu négliger sans aucun préjudice pour la science.

Enfin j il arrive assez souvent que parmi les corps qui appartiennent à une même espèce, les uns ont le tissu plus sensiblement lamelleux que les autres. Sans quitter l'espèce qui nous occupe, je puis citer des -béryls du Brésil, dont les joints naturels ne se prêtent que difficilement à la division mécanique , et ne deviennent apparens qu'à la faveur d'une vive lumière. Ce qui est invariable , ce sont les directions et les inclinaisons respectives de ces joints, et à cet égard il n'y a absolument aucune diflférence entre l'émeraude et le béryl.

Les caractères dont il s'agit ont décelé d'euxmêmes leur insuffisance , en indiquant la place du Schôrlartiger Béryl, dans l'espèce qui porte ce dernier nom, tandis que l'indication de la pesanteur spécifique suffisait seule pour lui. donner l'exclusion J

Les découvertes qui ont été faites en France, en Bavière et ailleurs, ont amené de nouvelles variétés qui sortent du cadre dans lequel l'auteur de la méthode avait renfermé les deux espèces. On a trouvé près de Salzbourg des cristaux.prismatiques^ dont les uns offrent le vert pur de l'émeraude, et les autres le bleu céleste du béryl, en même. temps que leur sur*.

5m traité

&ce latérale est Ksse. Ainsi les deux séries ^ l'une de béryls^ l'autre d'émeraudes , dont les pooilîoBs daaÈ& la nature, séparées par la distance entre le J?étùa et la Daourie , semblaient favoriser leur distinction dans la méthode, viennent se rattacher à des IbrmaticMis qui ont eu lieu dans le même terrain. Les envinx^ de Svrisely située aussi en Bavière, et ceux de limoges et de Nantes, en Frimce, ont £bumi des cri»taux de la même forme , quelquefois modifiés par le» fiatcettes de la variété liiombifère , et qui joignent à l'opacité des tontes de Uanchâtre , de blanc-*jaus&tre^ de gris -brunâtre. Leurs pans sont exemf^s de stries, et leurs joints naturels scmt beaucoup moins sensibles que dans les béryls de Sibérie* U faut pourtant bien les réunir à ces derniers ^ par la seule nisùm qu'ils n'offrent ^as le vert d'émeraude. L'embarras provient de ce que l'auteur de la méthode ayant fidt cadrer ses caractères spécifiques avec l'aspect sous lequel s'offraient les individus qu'il avait sous ks yeux, a supposé faussement que tous les antres que l'on découvrirait dans la suite leur ressembleraient , sous le rapport des mêmes caractères, et que les limites de ses observations Im donnaient celles de la nature.

U me reste à faire connaître la part qu'a eue la Chimie dans la réunion du béryl avec Pémeraude , que ses résultats avai^t d'abord paru contrarier. Ayant comparé ks formes de divers cristaux choisîs parmi ceux qui appartenaient aux deux substances ,

DE MINÉRAJLOGIE. 5a5

j'avais retrouvé panni les béryls les variétés rhambifère et annulaire que présentent aussi certainei» émeraudes. Il en résultait que les deux substances avaient une molécule semblable, qui était le prisme triangulaire, ayant des carrés pour faces latérales. La pesanteur spécifique était d'ailleurs la même de part et d'autre. La réfraction m'avait d'abord paru simple dans le béryl, au lieu que je l'avais trouvée double dans l'émeraude ; mais la dififêrence provenait de ce que le prisme de béryl que j'avais employé était taillé de manière qu'une des faces de l'angle réfringent avait une position perpendiculaire à l'axe. J'en fis tailler un second, où elles étaient toutes les deux inclinées, soit entre elles , soit à l'axe ; et les images des objets vus à travers ce prisme parurent doubles. C'est même à cette occasion que je découvris la propriété qu'ont en général les substances qui jouissent de la dou-* ble réfraction, de ne donner qu'une seule image lorsque l'une des faces de leur angle réfringent est dans l'une des positions qui sont comme les limites de tou«r tes les autres. Ainsi, toutes les propriétés physiques se réunissaient à la Géométrie des cristaux , pour solliciter la réunion du béryl et de l'émeraude dans une même espèce.

Lorsque je publiai les résultats de mon travail,, l'émeraude était la seule des deux substances dont la

composition eût été examinée. Les résultats des ana^ lyses qui en avaient été faites par MM. Klaproth et Vauquelin indiquaient enviroin 65 parties d'alumine

sur loo, et 3o de silice. Le principe colorant qui formait le reste du total était , suivant M. Klaproth , l'oxide de fer; mais M. Vauquelin l'avait reconnu pour être ce même chrome qu'il venait de découvrir dans le plomb rouge de Sibérie, à l'état d'acide, au lieu que dans l'émeraude il n'était qu'oxidé ; et l'on doit remarquer comme une circonstance heureuse que la première analyse entreprise par ce savant, après celle du plomb rouge , ait doublé pour lui le plaisir de la découverte, en lui en ofirant de nouveau l'objet sous une forme difierente.

Ce fut quelque temps après la publication des résultats dont j'ai parlé que M. Vauquelin , ayant entrepris l'analyse du béryl , retira de ce minéral une terre jusqu'alors inconnue, qu'il nomma glucine.

On m'objecta que cette terre n'existait pas dans l'émeraude , d'où l'on concluait que les deux substances différaient essentiellement par leur nature , et que la théorie , fondée sur les lois de la structure, se trouvait ici en défaut. Je ne répondis qu'en témoignant le désir que l'analyse de l'émeraude fut recommencée.

Ce désir me paraissait d'autant plus naturel que les découvertes dépendent souvent de quelque circonstance particulière, qui ne se présente pas toujours dès le premier pas , et que peut-être la divergence entre les deux analyses provenait de ce qu'à l'époque de celle de l'émeraude , le moment de la glucîne n'était pas encore arrivé. M. Vauquelin crut lui-même

DE MINÉRALOGIE. SaS

voir dans mes résultats une invitation à répéter cette dernière analyse, et l'émeraude lui ofirit de nouveau la glucine dans le même rapport que celui qui avait lieu pour le béryl.

La conséquence qui se déduit de tout ce qui précède est que les lapidaires et les amateurs de bijoux ont seuls le droit de distinguer l'émeraude du béryl ; et il faut convenir que cette distinction est justifiée parles qualités qui leur servent de règle pour apprécier les objets de ce genre.

L'émeraude du Pérou, inférieure en dureté à la gemme orientale, à la cymophane et au spinelle^ se dédommage de ce qui lui manque à cet égard par le charme de sa couleur. On se plaît à considérer suc-r cessivement les gemmes qui présentent les autresteintes: chacime d'elles n'arrête l'œil que comme en passant, et bientôt est remplacée par une autre dont la teinte fait naître à son tour le plaisir du moment ^ mais le vert de l'émeraude est la couleur amie de l'œil, celle sur laquelle il semble se reposer après avoir parcouru les autres, la seule qui, selon lé langage de Pline , le remplisse sans le rassasier : SoU smaragM oculos implent nec satiant (*). Si nous» contemplons avec tant de plaisir la verdure, qui est comme le fond du tableau que la nature nous offre y lorsque la végétation est dans toute sa forccî^ ;c?est un attrait du même genre qui appelle, qw fixe notre

(*) Hist nat., 1. XXXYilj û 5.

5a6 ' TRAItR

vue sur l'ëmeraude, comme sur une espèce de miniature des prairies au printemps.

Malheureusement cette perfection est assez souvent altérée par des glaces , des nuages et autres défauts y qui interrompent ouoffusquent la transparence de la pierre , en sorte que les émeraudes qui réunissent une réfiraction pure à un certain volume empruntent un grand prix de leur seule rareté.

On connsdt des émeraudes qui sont très probablement de celles que Ton avait rapportées anciennement des montagnes situées en Afrique , entre l'Ethiopie et l'Egypte. Elles le cèdent de beaucoup à celles du Pérou , quoique leiur aspect indique que le chrome est aussi leur principe colorant. Elles n'ont qu'un léger degré de transparence ; leur teinte, qu'accompagnent souvent des reflets chatoyans, a d'ailleurs moins de pureté que celle de l'émeraude , et quelques-unes sont mélangées d'une matière étrangère grisâtre.

L'émeraude qui orne la tiare du souverain pontife Pie y II , est senkblable aux précédentes. Sa forme est celle d'un cylindre court , arrondi à l'une de ses extrémités. Elle a environ 27 millimètres (2 pouces) d«ns le sens de son axe, suf 34 millimètres (i5 lig.) de diamètre. Ce qui peut faire conjecturer que cette émeraude vient d'Afrique, c'est qu'elle existait à Rome du temps de Jules II , qui vivait avant la conquête du Pérou.

Quant aux autres dont j'ai parlé, j'en ai trouvé

DE MINÊRàLOGIE. 627

plusieurs fois dans le commerce, dont le trayail annonçait qu'elles avaient été employées comme objets d'ornement. Elles étaient percées d'un trou dans lequel on faisait passer un axe pour les attacher. Leur surface était plane d'un côté, et on les avait arrondies du coté opposé qui était celui qu'elles présentaient en avant.

Les béryls que l'on taille le plus conununément sont d'un vert-bleuâtre ou d'un bleu-verdâtre. On en trouve dans le commerce qui sont remarquables par la gra^deur de leur volume; mais ils n'offrent que des nuances plus ou moins légères de bleu et de vert, ee qui leur ôte beaucoup an pnx qu'on y attacherait, si les mêmes couleurs iétaieiHt d'un ton assez élevé pour répondre à la beauté du poli dont ces pierres sont susceptibles et à la vivacité de leurs reflets. Les béryls bleus , dont la teinte est mcnns &ible , sont encore à oét ^ard fort au-dessous du corindon hyalin dit saphir.

La couleur de certains béiy la jaunes est assez foncée pour les faire ôonfi>ndre avec la: topaze du Brésil, par eeuQi: qui is'en rappoi'tent au simple coup d'oeil ; msos iUsont moins edtimés des lapidaires.

L'émeraude yerfee a été employée anciennement pour la gravure; mais, suivant le rapport de Pline, les Romains avaient une si haute estime pour cette gemBEie,qu'41n^'était pas permis à leurs graveurs d'y porter le burin. Us n'ont pas eu le même respect pour le béryl. Parmi les pierres. gravées que l'on admire

dans la collection de la Bibliothèque du Roi^ on en voit une qui appartient à cette varié të, et qui représente Julie, fille de l'empereur Titus.

SECONDE ESPÈCE

EUCLASE.

{Euklasj W. )

Caractères spécifiques.

Caractères géométriques. Forme primitive : prisme rectangulaire oblique (fig. 149, pi. 72) dans lequel Tincidence de P sur M est de i3o^ 8'.

Ce prisme se sous- divise, par un plan perpendiculaire à l'axe, en deux prismes droits triangulaires, ayant pour bases les moitiés des pans hrtn et fkol (fig. i5o), et pour hauteur la ligne kroxxnl. La fig. i5i représente un de ces prismes (*).

Les divisions parallèles à T sont d'une extrême netteté, et très faciles à cJ;>tenir ; celles qui répondent à M sont moins nettes , et s'obtiennent plus difficilement. Les deux autres joints , l'un oblique et l'autre perpendiculaire à l'axe, se montrent dans certains cristaux auxendroits des fractures, et s'annoncent de

(*) Le rapport entre les trois dimensions /r, nr et nh est celui des quantités 6V^3, 3V/5 et 4V/2.

DE MIINÊBALOGIE: 5^9

plus par des réflexions intérieures très éclatantes, lorsqu'on observe un cristal d'euclase à une viye lumière y en sorte que si l'on fait osciller celui-ci dans un plan parallèle à T, on aperçoit successivement des indices sensibles des deux joints.

Molécule intégrante : prisme droit triangulaire. , Cassure transversale, conchoïde.

Ckzractères physiques. Pesant, spécif. , 3,o6^5. Consistance. Rayant le quarz^ et en même |;emps fragile, et réductible en lames par une légère perçus-^ sion.

Réfraction. Double à un très haut degré. . Electricité. Très électrique par la simple pression. Elle conserve sa vertu pendant 24 heures.

Couleur. Vert -bleuâtre. Ordinairement peu intense.

Caractère chimique. Au chalumeau Feuclase perd d'abord sa transparence, et se fond ensuite en émail blanc.

Analyse par M. Berzelius, (Nouveau Syst. de Min., p. 390):

Déduite de l'expérience. Silice..... 43?2a

Alumine • • 3o,55

Gliicine. ...... . 21,78

Oxide de fer. • • • 2,2a

Oxide d'étain . . . 0,70

' MlNÉR. T tl. 34

ê36 TRAITÉ

Calculée d'après la théorie

des proportions définies. • Silice 44f^^

Alumine 31^83

Glucine a3,84

Suivant ce célèbre chimiste , Peuclase est composée d'un atome de siliciate de glucine , et de deux atonies de siHciate d'alumine.

Caractère d^élimination. Ses indications : i^dans la topaze couleur d'aigue-marine. Elle résiste beaucoup plus à la percussion, et ses divisions se font perpendiculairement à VsoLe des cristaux , tandis que celles de l'euclase ont Heu dans le sens longitudinal. 2^ Dans la tourmaline du Brésil. EUe est électrique par la chaleur , et n'ofire aucun joint naturel qui soit bien sensible.

VARIÉTÉS

FOaHES DÉTBllMINABLES.

Quantités composantes des signes représentatifs.

pt«g«g«*gçM(e^og»)(e;^G5C')cc(Ug*c*)(*)

ê -i^ h If y

(îAG»C*xUg»C')À(AB'C').

{*) Ce décroissement pourrait être représenté d'une ma*

DE MINERALOGIE. 53 1

Combinaisons sept à sept.

. I. Euclase téimeptaèdre. T"(Î"G-^GG"GPC

T # i h p^ (E^G»C«(^AG»C*) (fig. iSa). SetrouveàVaiarica,

au Brésil.

Douze à douze.

a. Surcomposée. T»G*G?*GG"g(EÎC-G»)CC

T #. i h c ji

(•AG»O)(^AG»C*XUG*C0A(iB*C«) (fig. i53 ).

Au Pérou.

Variétés dépendantes des accidens de lumière.

a. Transparente, ou translucide etcolorëe. 1 . Verdâtre. Au Brésil et au Pérou.

Annotations.

L'euclase était entièrement inconnue, lorsque Dombey en rapporta du Pérou lui certain nombre de cristaux, dont il fît présent à divers minéralo-

nière plus simple par le signe A. J'ai préféré le signe du décroissement intermédiaire , pour conserver l'ordre prc^es* sif des exposans \!^ ^^ \ relatifs aux faces i, Uy r.

gîstes français ; mais il n'avait conservé aucune noie relative à cet objet, et, àur les questions que je lui fi» avant son départ pour son djernier voyage , il m'avoua qu'il avait entièrement oublié en quel endroit il avait fait la découverte de ces cristaux.

La curiosité qu'ils excitaient par leur nouveauté, n'avait pas encore fait naître le désir de les étudier pour l'intérêt de la science, lorsque j'entrepris d'en faire une description , destinée pour mon Traité de Minéralogie , auquel je travaillais alors.

Ayant acquis quelques fragméns die la même substance , qui avaient passé dans le commerce, je m'en servis pour déterminer le résultat de sa division mécanique , et ses caractères physiques. Le noiti d'euclase que je lui donnai me fut suggéré par sa grande facilité à se briser dans le sens longitudinal, et par la netteté parfaite des joints naturels, qui se montrent aux endroits des fractures.

Je profitai bientôt après de la bonté qu'eut M. le marquis de Drée de me confier le beau cristal de sa collection , qui est représenté figure i53 , pour y appliquer la théorie des lois de la structure.

J'ai fait connaître dans mon Traité le défaut de symétrie que présentait sa forme dans l'hypothèse d'un prisme droit pour noyau, et qui m'avait engagé à doubler les faces qu'on observait de chaque côté , pour la ramener à l'analogie des autres formes, dont le noyau était du même genre. Elle ressemblait alors k celle dont on voit la projection figure i54.

DE MINÉRàLOGIC. 555

•Mil

Je n^al pas non plus dissimulé Pembarras où m'a* vait jeté la complication des lois de déicroissement auzqilelles j'avais été condnit ; et après avoir kiéià. que je ne donnais mes résultats, qu'avec réserve, fai ajouté qu'il se pourrait que le véritable fil pour wrtir dé cette espèce de dédale m'eût échappé , et que peut-être entre des mains plus' heureuses lie signé représentatif du cristal prendrait une expression f^lus simple et plus conforme à la marché dés décroisse"mens ordinaires. , . ' • .' : « ; ."

Des recherches postérieures , fiàites sur' le même sujet, m'ont appris que mes résultats- considérés en. eux-mêmes étaient exempts des inexactitudes qye^'jr avais soupçonnées, et qu'il né fallait, pour les mettre entièrement d'accord avec la théorie, que lesiramener à un nouveau poiht de vue, que les moyens employés à mon premier travail ne m'avaient pas permis de saisir. ; i: \:r r.:

Le trait de lumière qui me l'a &it apercevoir esf venu d'un beau cristal d'euclase,' de! la variété i^-r traeptaèdrè (6g. iSs) , et dont je suis redevable aux bontés de M. de Souza , ancien tmnistre. plénipotentiaire de Portugal en France. Il: provient dés nûnes de Villarica, aà'Brésil, où l'-on a:trouvé depuis; quelques années un grand nombre d'euclasés , qui ne ht cèdent point à celles du Pérou. Ce cristal était terminé, par une face P, qui ne se trouvait 'point sur celui de M. le marquis de Drée. Gr, eh. le faisant

534 *tIlAITÉ

mouvoir à la lumière, je vis soii intérieur persane d'une multitude de petites lamés trè» éclatantes^ dia»t Je9.&cettes réfléchissaient vivement les rayons 4ifi aviuentpénétiséleoriktal, et les renvoyaient yein l'œil. -Toutes eèë réflexiobs se îniMi traient au knéme instaiit que celle qui avait lîëù vers là faceP, et ëUé$ ' dispâraiissaient avec elle aussitôt ^le la positioii dqi cristal vvienait à varier: je conclus, de bette observa^ tionqu!iI existait dans l'éùclase en mèotô temps que le joint perpendiculaire à l'axe , dont l'existence s'annonce aùàsi par des réflexioias ultérieures ^ d'autres joints obliques et situés parallèlement à là face P. Pijisf rapprochant cette indication dé celle qù'offi^ttt natUreUesbent l'aspect du cristal de M; de Drée, CQOr sidéré sous le rapport de la loi de symétrie, je fus conduit à la conséquence que la forme primitive de l'euclase iae pouvait être qu'un prisme obliqué. Un résultat de division mécanique qui séinblait dire le contraire^ parce qu'il ne disait pas tout,.ni'avait &it prendre jusqu'alors pour une exception à la kn doki il s^agit , une Configuration qui ofifrait un des eneinjples les plus ïrappans que l'on puisse citer «l &veur dé cette même loi.

- Je publiai Uentât après un MémcSre dùis lequel je ramenai à ce nouveau point de vue les lois de la strûctui^ de là variété surcomposée^ et où j'eus l'avantage de réaliser moi-même Fesipoir que j'ayais conçu ^ qu'entre les mains d'un autre le signe re-

prëseutatif prendrait une forme plUs ùmple, et plus en rapport avec la marche ordinaire de la cristallisation.

Dans le |)ri8me droit que j'ayais adopte ^ et que représente la figure 155^ le rapport entre les bords B,C de la base était le même 'que celui des bords kr^ nr ( %. i5o ) du rectangle donné pair le joint perpâidiculaireàl'axe; mais ladimensioh 6(fig. i55)n'ë^ tait pas égale à la ligne rt{ fig. i5o}; elle était plus l^rande dans le rapport de 3 à a. C^eiïdant, comme ce rapport est eommensutâble ^ outre qu'il est très ntnple, il en résuUé que, pour passer <le ma pre* miére détemùnatibn à celle qm se rappcArte au prisme oblique, je n'ai rien eu à changar aiïx valeurs des angles, et il m'a suifi dé traduire lès expressions des décroissemens relatif à l'ancien type, ai x^eux auxquels conduit l'adoption du nouveau.

La variété tétraeptaèdre ( fig. 1 52 ) est caractérisée par les &ces P, qui ne se trouvent point sur l'euclase surcon^oséç, et par les facettes ^^, qui renqplaoent les bords de jonction sur lesquels les faces f, l tendent à se réunir. Quoique le nombre i5, qui est le plus grand de ceux que renferme l'expression du décroissement qui donne ces facettes, se retrouve de même comme dénominateur dans les siggKs relatif à des variétés qui appartiennent à - d'autres»^ substances, sa coexistence avec les nombres i3 et 9 office un exemple qui j au pi;emier ooup'tl'^sîly pourrait faire soupçonner d'inexactitude la détermina-

tion dont il dérîiii. Mais j'ai été conduit comme nécessairement à ces résultats par une considération puisée dans la forme elle-même. En examinant attentitement les fecettes^, on juge que leur» intersections fi, 7^ avec les faces jT, / sont très sensobiement parallèles entre elles. Or, si l'on joint à la condition de ce parallélisioie la valeur de l'angle qui mesinre l'incidence dey sur une des deux faces y ^ 2, on a les données nécessaires pour déterminer la loid^ décroissement qui dwne les facettes j^. Ces. sortes de parallélismes sont très familiers à la cristallisation, et il arrive quelquefois que le décroissement qui lès fait naître est bien ékngné d'être simple ; c'est ce qui a lieu en' particulier dans la variété de chaux carbo-

natée que j'ai nommée identique j oii le décroisse-

7 7 ment dont il s'agit, a pour signe ("^^^^D^B*).

La cristallisation dans ces sortes de cas n'arrive à un résultat qui semble l'attirer vers lui, qu'en s'écartant de sa marche ordinaire ; et le défaut de implicite qui en résulte, est comme couvert par le caractère de symétrie auquel'il est lié.

La double réfraction de l'éuclase est une des plus fortes qui ait lieu dans les substances terreuses ; je ne connais que le zircon auquel l'éuclase soit susceptible d'iêtre comparée sous le rapport de cette propriété. Je l'ai observée dans plusieurs fî-agmens de cristaux sur lesquels la face jf du sommet (fig. 1S2) a été conservée, et se trouve située entre deux joints

DE MINÉRALOG^IE. 53;

natuieU parallèles à P. Cette facette fSuit un angle de 53*^ 9' avec le pan opposé à T; ce qui détermine un écartement très considérable entre les images d'une épingle vue à travers ces faces. : -.

J'ai éprouvé Feuclase relativement à la faculté conservatrice de l'électricité , en employant successivement la pression et le frottement pour l'électriser. Elle m'a paru ne ' le céder <Ju^S ïa chaux carbonar tée, dite spath d^ Islande ^^us le. premier rapport , et à la topaze sous le second. Cê.n'est qu'envirop'au bout de 24 Heures qu'elle a cçssé d'iagir sur la petite aiguille d'épreuve.

La grande facilité avec laquelle TeuclaisiEî se Hiyise, s'oppose à ce qu'elle puisse \être travaillée cdrimiçs objet d'ornement. Du reste , cette .substance pijena bien le poli. Elle est d'un vert assez àgréal>iéV,quoique peu intense. Tous Içs morceaux que j.ai vus avaient une belle transpa!rence, et çiaieiit exempts de glaces et de nuages. Ces différentes ijualités, ]omtes â une forme cristalline qui* a quelques xàp{>orts avec celles dé la topaze^ du péridot^-etc^, seàiblent^ au premier aspect, annoncer une véritable'^ ^emme; et l'on est étonné de l'excessive fragîtlté qiri' i'end cette apparence si trompeuse. '

M8 ' tRAITÉ

SILICE œMBlNÉË AITÊC L'ALtfMHf E ET

LA CHAUÎ. ,

PREMIÈRE ESPÈCE

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