‹ Traité de minéralogie. (Conseil des mines). 4 tom. [and Atlas] (volume 2)Chapitre 20 sur 118 · TRMTE · texte numérisé non relu

TRMTE

Gris obscur. A la Chine.

BnOiâtRe. Sur k io^ de Malabar.

Coièlmrs ifàtHes:

r nh Aii'

En par de limpide' et to- partie rôugé.

Passant du rouge au bleu, du jaune au rouge ^ du jaune au bleu. Hyalin, au Pégu. Harkb^pliàne^ à Ccylito. •'" ■ '•■-[ ■''■''- "" ^V' '

Bleu par réflexion et par- rëfràctîbii'lors^dé* lé rayon visuel est dans leseâs dé l'axé du HibiiQl>oî4;e^ bleu par réflexion et vert par réfracti6irlot'âî(][U:èle rayon visuel est perpendiculaire à J'àxè.'' ' ^"''

Reflets particùltëtsï-'

Nacré. Gris-verdâtre. HarDiophatné','âù'Béhgâë/

Itoiteux. A fond rbugebu bleur. 'R'obiirot^ saphir calcédoineux de quelques lapidaires. HyàUÈI , ' âiù Pégu. Haitoophanev â Céylto: ' '' • ' ^' ' * '

Chatoyant. A fond d'un blèii obiscuir; fe^xiliatbiè^ ment est bbnthâtre et très vî£ '. • "' ' '"* '

A base bronzée. Corindon prismatique' dè^ Mahbar. ^ ' - '

JËtoilé. Oflrant , sur un plan perpendicùrâite à l'axe, une étoile blanchâtre à six ray^bs, qui,' dans les cristaux où le même plan est un hexagone, tombent perpendiculairement sur le milieu des côtés. A fond rouge ou bleu. Astérie des lapidaires.

DE MllNÉRALOGIE. 89

Observations.

Je Tcôs reprendre deux des variétés précédente» pour les considérer sous le rappott de lai JPhysique. La première est celle qui est bleue dans tous les sens lors({u'on la r^arde par réflexion,* -et qui, étant yue par réfiraction, paraît bleue ou verte suivant la direction du rayon visuel. J'ai cité, en traitant de la :^cbaux fluatée, des cristaux cubiques de èett^ substance, qui réfléchissent le violet rougeâtre, et réfractent, dans tous les sens, la lumière verdâtré, c'est-à-dire celle qoi donne la couleur complémentaire du violet rougeâtre. Je ferai connaître dans la suite une -autre substance, savoir la cordiérite, qui donne da couleur bleue par réflexion y mais qui réfracte successivement le bleu et le mélange du jaune et de l'orangé , qui est la couleur '• - oom^ plémentaire du bleu ^ lorsque le rkyon vûàiellpatô^ de la direction qui coïncide avec l'axe des cndtatEËxà celle qui est perpendiculaire à l'axe. Or, stÉiivant la doctrine de Nevrton (*)^ lè^ ooi^s n'oni pas'sôtir^> lement la faculté de^ réfléchir et xie tran»Êaetti« - le»' rayons de la lumière, mais aussi odlé de Jes éteindre; et d'en arrêter l'action. Lorsque l'éj^tinctioti est td^

taie, le corps devient noit; mais souvent elle n'est

(*) NewtOj Opuscmathem,^ etc. Lau^annct et Genevœ, 1744 , t. II , p^ «39.

que partielle, et c'est ce qui a lieu à l'égard de la variété de corindon qui nou« occupe. Il en résidie que, dans la circonférence sous-divisée en sept parti/Çl^^isQnjt e^r^^portc^^Y^ealc^espaoesiOÇ^upëspardes çQul^pr^: duspectret solairei^ il na reste jio& cpé Vaxa qui ofire Ibl swio^mum .duve^rt ;et du: hleu |K)uc tefvér^ sont^r la portion d^hiimére^empl6^ la.c<^i»|liioni du cpEwdont. Ces» demi touleun s'aramileM à; oeUe» qili^ dw9 Jb c^sdi^érite^ agissent comme étant .complet HP^^taire^ Funeiide l/aulre, x^est-kr-'dke quâsleii TfkjQïkSii blism s^mt véfléchia. pas tous; les points de 1^: sui>f9W5 ^tt néfractpsi pai> tes*, molécules. d<«it le& a^^ QcSnoident avec teurf.disQçtiofiy: tandis qtie. Ik r4fi^<ictipii dea rpyops; veil3: ai li^u. Itinsque. œtte di^ i;eçtioQ: e^t piBrpoadicuJaîsei aus mémea axea.

[lçi;â^tg€^: y4^él^', e^t Q^e qud: est connufiisous ; h nom d\aatérie> Foil; r^elierchéè par les amateurs commer db}et . de otmosité,. elle au excité^aussi,. sous, l^iri^parfede la Bhy«tqiiie,,< l'itbéirét de plusieura^nà^

: JU)k9que^ le mUtai àm$\ lequel œ ; jeu» de luoDÛère e3Û4ei^.,6stiiiiiipip«me bexdà^ les. refletsi

W i pi^i)«ut< àni cetfbtoe s'étendent suivant ; des ligaest pMpmdi(n4ai^9^)èllXi<^91i latbâse,. [tandis ^qu'ils. 8ewbka:MWtcpiutiâtdei^0ii^GoïniQid&r:ayeft les rayons^ d^-l'heg^agoua .qu/ç préae^t^ cette base , , et >qui vont^ du. centre aux. angles^.

Oi\. a im^gi^é^ diflFérei^teax in^nièî:eç d!expliquer ce phénomène, mais qui sont si peu satisfi^santes^

qu'elles nç mentent p^s ^^4tx^ citées {*). J'ai cru en trouver la v^table çàiise dans le laécamsme 4^ la sbnicjture du conndon.

Je s^is p^iirti d'uijie Qbsei:vatiQii que j'avais dé^ faite, da^^ d'autres ipi^a^éraux ^i^ ét^ant k l'état de cristallî^tîipA^ régulier^ ) oS^^tk 9u^|8i des refljeits chatpyans; de cç nQin)>re ^ntla, cyou^hane, le feldspath v^^el Iç j^d^p^ïh çp^lin. J'avaîa remwqué que. 1^ lif^ets dopt il ^'agit partaient d'^iplap qui cçïncffl^l^ siKec 1411 d(^^ jpinl^ i^atiuirels située dm$ l'ijE^téôeur de la pierre ^ en sorte quQ ces reflets étaîâa^,, pjmr. aipsi dire, dans l'ordre, de U rtnic- ■twe*5.

Ç^.^pas^(3^ ÇfOnpèv/Ons. qwe^ lîw. ÊBisse^ dans un PfWA^ ^ çpsvi^ uiH^ i^iipfipairail^Jjei à la hase; et, pour plus de simplicité, fiedsons passeï) 4^e1^ coupe par les trois diagonales horizontales prises vers un même sommet du noyau^ rtioinboïdal représenté figure 1^1. Soit ah (fig. 122 ) cette même coupe. Les cô^^ du tf^f^lfs i;[j(^jrppQ^d4s^ 9^ traisdiagon^ 4p^til;s'ia^;,^:CowQ4^ cç$ d«gpmtoî^|it sur li^,pJUa)^,<j(es;i;h9ipb^ primi^., les cotés dn tnaxiglç et;tpiMiW:le% lig^*si:q^i.l«^w^ parallèleaiatront da^ Içi s&g», des ioti^i^iwtiQigË d^aij^tap* dei jcwatii

Remarq^9p3^i|lj^tQII99t qmejks joiMsiqui partent {*) Voyez Saussure; Voyage dans les Alpes.

<)i2 TRAITÉ

<lu centre sont perpendiculaires sur les milieux des côtes auxquels ils aboutissent. Donc, s'il y a des reflets dans le sens de ces joints, ils se dirigeront aussi vers le milieu des cotés , et l'on pourra supposer d'autres reflets cc^t^us et parallèles aux précédens , d'où résultei^nt' comme des faisceaux de lumière ichatoyàBté, qui,=- en partant du centra, tomb^pilt à angle droit eut* les côtés (te FKêxagbné. i Quant aux jcnnts ' qui iié pai^tent pa^ du centré, ils n'entreront pour rien dans le phénomêiië. Le petit espace situé au centre est comme le fôyèr d'où jaillissé)cit' les Tayonschattoyaiis.qui pix>duiseiit l'étoile. Ce qui confirme cette explication, c'est qùè lels faisceaux chatoyans; vuô A la ioupfe^ ^paraissent composés d'une multitude de fibres 'réunies suiyiiit leur longueur. ■' î - ' '

APPENDICE. --OV -

Corindon granulàiré''firnfèrê. Smirgel, W;; vùlgaitfertieïit émerîl. Brttil j^ gffo-bîeîaâtre' ^ttû n6ir« grisâtre^ Casràré à gram^fiiiy qudqtiéfcâ^ eh^^'pàrtiié écailiteuse/ En la faisant i^oûvèir à la lubiièreV'on^y distingue de& {^rdelië^^brilfontës.' Actioh très sen^ sible sur l'aiguille ftïito^tttée. '^Quel^ues' iiïôree^ offiren t ;des * indices de la fiHmè prismatique . •

Substances étrangères au corindon bleu, auxquelles on a donné le nom de saphir (*).

Saphir d'eau. La cordiérite.

Saphir du Brésil. La tourmaline bleue.

Saphir (&ux). La chaux fluatée bleue.

Relations géologiques.

Les yariétés de corindon qui ont des relations bien connues avec des roches proprement dites, appartiennent aux modifications que j'ai nommées harmophane, compacte et granulaire ferrifere. La première entre comme principe accidentel sous la forme de cristaux ou de petites masses d'un gris obscur , dans le granité de la Chine, où elle est accompagnée d'une substance blanchâtre décrite sous le nom dejfibrolite par M. le comte de Boumon (**) , et de fer oxidulé massif très magnétique. Le corindon

(^) J'ai cité plus haut^ à l'artide de la topaze, les sulMtances qui ont été confondues ayec le corindon hjalin jaune, et l'on trouyera à l'article du spinelle l'indication des substances de nature différente qui ont porté le nom de rubis.

( ^ ) Cette substance fait partie de la dirision qui comprend les minéraux sur lesquels nos connaissances ne sont pas assez avancées pour permettre de leur assigner des places dans la méthode.

renferme assez souvent des grains du même fer, que Fon distingue à Foeil , ou par Faction qu'ils exercent sur Faiguille aimantée. Le feldspath de ce granité est rouge, et le mica d'un blanc argentin. Je n'y ai jamais vu de quarz , et il est possible que ce priiicipe y manque entièrement ; mais cela n'empêche paâ que la roche dont il s'agit ne doive être rângëe panxii les granités , d'après les raisons que j'exposerai lorsque je traiterai de la distribution minéralogique des substances géolo^ques.

Le corinaon du Thibet est engagé dans uiîe roche qui lie diffère de la précédente qu'en ce qu'elle est mélangée de talc stéatite verdâtre.

n paraît que le corindon qtd se trouve au Saint- (îothard, dans les environs d'Ayrolo, a aussi un granité pour enveloppe (*).

Le fer oxidulé, avec lequel le corindon harmophane n'a qu'une analogie ae rencontre dans les granités de l'Inde, lui sert de roche environnante aux environs de Gellivara en Suède, où il est disséminé, en petits cristaux d'un blanc jaunâtre de la

variété basée, dans les couches épaisses de èette

substance métallique. M. Suedenstierna , directeur des mines de Suéde, a reconnu ces cristaux en

(*) On a cité du corindon harmophane rouge, trouvé en i8o4 dans le mica schistoïde de la Tallée Gamonica en Italie; mais cette découverte ne s'est pas confirmée.

parcouarant une suite d'échantillons de minéraux du même pays, qu'il avait apportée à Paris.

Le corindon compacte découvett en )Plémont, près de Mok^o , a pour gangue immédiate des masses de feldspath compacte plus ou moins altéré /disséminées dans les détritus d'une roche en partie décomposée, qui, d'après la description qu'en a donnée M. Lierre dans le Journal des IMBnes (^), se rapporte à l'aphanite de ma méthode.

La seule manière d'être, connue jusqu^ci, du corindon granulaire dit èmeriî, est celle qui a été observée en Saxe, près d'Ochsenhopf, ou sa variété d'un gris-bleuâtre est engagée daiis des couches de talc laminaire et de talc stéatite subordonnées à un schiste primitif.

Quant au corindon du Camate , on le trouve envdoppé d'une substance blanche granolatiiellaire, qui a des rapports avec le feldspath, maos qui en diffère à plusieurs égards d'après les observations dé M. k comte de Boumon , qui fait de cette substancfè «ne espèce particulière k laquelle il a donné le nom ê^mdianite (^), Le même savatnt cite diverses autres substances qui se rencontrent aux mêmes endroits avec le corindon, savoir, le feldspath, la fibrolite,

(^) Tome XXXI, p. 127 et suiv.

( ** ) Celte substance sera décrite parmi celtes que renferme- la- dî vision citée plus haut.

Fépidote, l'amphibole, le mica, le talc, le grenat,

le zircon et le fer oxidulé. -.

Le corindon hyalin n'a été trouvé jusqu'ici qu'en cristaux épars dans des, terrains d'alluyion , au P^u , à Geylan, sur les bords du ruisseau d'Expailly , près de la ville du Puy en France , etc. J'ai parlé, à l'article du zircon, des autres minéraux qui se rencontrent dans ces deux derniers gissemens. J'ai dans ma collection un petit cristal translucide et bleuâtre de corindon prismatique, que j'ai dégagé avec d'autres semblables d'une certaine quantité de sable apporté du ruisseau d'ExpaiUy ; et j'ai vu un très beau saphir monté en bague , qui venait du même endroit.

Annotations.

Si l'on parcourt les différentes espèces minérales qui, dans l'état actuel où se trouve ma méthode, résultent du rapprochement de plusieurs substances qui ont été considérées par d'autres et quelquefois par moi-même , comme devant être distinguées , on n'en verra aucune qui ait offert autant de difficultés à vaincre que celle-ci pour la circonscrire dans ses véritables limites. Je vais d'abord remonter à l'origîne de l'opinion d'après laquelle sont tracées aujourd'hui ces mêmes limites; j'exposerai ensuite les observations qui ont d'abord paru la contrarier, et enfin les recherches qui ont amené par degrés le terme où les preuves qui l'établissent sont devenues

DE MiNËRAJLOGIE. 97

dWe évidence à laquelle il est impossible de se refuser.

En 1786, Pelletier et Delamétherie (*), ayant examiné des cristaux de la substance appelée spath adamantin y qui à cttte époque était peu connue, frouvèi'ent qu'ils présentaient la forme d'un prisme bexaèdre régulier. De plus, ayant fracturé un de ces qristiaux aux endroits de deux angles solides opposés sur les contours des deux bases , ils obtinrent deux joints naturels parallèles entre eux , dont l'incidence sur les bases leur parut être de 1 20^, et ils jugèrent que tout le prisme était composé de lames situées parallèlement aux mêmes joints. En réunissant au résultat de cette observation les caractères tirés de la pesanteur spécifique et de l'infu$ibilité de la sub- Mance dont il s'agit , ils conclurent que le spath adamantin était probablement une pierre sut ge-neris.

Au commencement de l'annéq suivante, Pelletier m'ayant confié un des cristaux dont je viens de parler , je trouvai que la section faite parallèlement aux joints naturels avait lieu sur trois aiigles solides situés alternativement autour de chaque base, et qui de même alternaient d'une base à l'autre. 11 résultait de cette observation que la forme primitive du ^ath adamantin était un rhomboïde .aigi^ ; et en

adoptant l'angle de 120^ indiqué par Pelletier etDe-

(*) Journal de Physique. 1787, t. XXX, pu la. MïKÉii, T. H. 7

98 TBAITÉ .

Umëtherie pour rincîdence des joint;s naturels sur les bases du prisme ^ je trouvai que le rhomboïde dont il s'agissait pouvait êtr^ assimilé à celui du sulfate de fer, dont en efiet il se rapprochait beaucoup dans l'hypothèse de l'incidence citée , celle qui y répond dans ce dernier rhomboïde étant d'environ 119^. Ce n'est que quelques années api^ qu'ayant soumis aux mesures mécaniques des cris* taux de spath adamantin d'une forme très prononcée ^ je m'assurai que l'incidence de 132^^ environ devait être substituée à celle de iao4.

Dans le cours de la même année j Rome de l'Isle reçut de M. Wemer deux modèles en bois de cria^' taux que ce célèbre professeur lui annonçait comme appartenant au rubis , ou à ce qu'on a appelé gemme orientale, et qui avaient la forme d'un rhômboidid aigu légèrement modifié par des &cettes additionnelles. La vue de ces modèles ramena Rome de l'Isle à l'opinion, qu'il avait déjà émise dans sion Essai de Cristallographie (*) , et qu'il avait depuis abandonnée 9 savoir que la forme primitive du rubis pouvait être assimilée au rhomboïde du £^ sul&té {**). Or, en rapprochant de cette idée celle

•Mèi

(*) Page aao.

{**) Journal de Physique, t. XXX ^ p. 368. Cette opinion avait été suggérée à. Rome de l'Isle par l'obsen^ation d'un saphir dont la forme ayait effectivement beaucoup d'ana*logie avec celle du rhomboïde dont il s'agit ici. Mab ayant

que m^avaient fait nattre mes observations sur la fotme primitive du spath adamantin, et de plus en ayant ëgard aux rapports de dureté et de pesanteur spécifique, Rome de Flsle crut être bien fondé à présumer que le prétendu spath adamantin (ce sont ses expressions) était du même genre que la pierre orientale, c'est-à-dire de la même espèce dans le sens où il l'entendait.

La publication de l'article dans lequel Rome de Ilsle avait consigné cette opinion, fut suivie immédiatement de celle d'une lettré de M. le comte de Boumôn, adressée à M. Delamétherie (^), dans laquelle il émet une conjecture toute différente, qui lui avait été suggérée par' la description que ce dernier, conjointement avec Pelletier, avait donnée du spath adamantin dont j'ai parlé plus haut. Suivant cette conjecture, la substance ainsi appelée était taie émeraude fnékngée de spath pesant; la première déterminait la foriùé, et l'autre l'accroissèment de pesanteur spécifique. Mais' deux ans après, c'est-â-dirè en ^^69 (**) , le même savant adressa à

remarque depuis que ce saphir avait été poli par le lapidaire, il n^eut aucun égard à sa forme ^ dans soii grand IVaité dé Griistallographie publié en 1785^ oh it y suBstitua celle du dodécaèdre composé de deux pyratmidés'drôiflîA réunies b^e il base. (-Cristallographie 9 t. II| p. 2iâ.)'

(*) Ihid, j p. 370.

(** ) Journal d^ Physique, t. XXXlY,ïp. 45i et suiv! ■

loo IRAITÊ

M. Delamëtherie une nouvelle lettre , dans laquelle il annonce qu'il a changé d'avis à l'occasion d'un prisme hexaèdre de spath adamantin y dont les plans extrêmes étaient bien sensiblement . les véritable^ plans de la nature, et non des cassures. Or c^ mêmes plans étaient situés, obliquement à l'axe y et naissaient sur deux arêtes longitudinales opposées^ avec lesquelles ils faisaient d'une part un angle de 1 15^, et d'une autre part un angle de 65^. Cette forme est exactement celle de la première des variétés de feldspath décrites par Rome de l'Isle,.et que représente la figure 84 a de la planche 3 de. sa Cristallographie , ainsi que le remarque M. de Bour-^ non ; d'où ce savant conclut que le spath adamantin appartient d une variété de feldspath (^). Quant à la manière dont il essaie d'expliquer l'excès de é^ur !reté et de pesanteur spécifique qui a lieu dans le spath adaniantin comparé au feldspath ordinaire, j'aurai occasion de la faire connaitre lorsque je traiterai du feldspath apyre (andalusite, W.), que M. de Boumon rangeait dans la même espèce. J'ajouterai ici que je n'ai cité les deux opinions précédentes, qui n'ont fait que passer, que dans la vue de ne rien omettre de ce qui concerne l'histoire du corindon. :. Plusieurs années après, M. le comte de Bournon jBlitreprit sur le sujet dont il s'agit un nouveau travail dans lequel! il fut secondé par le savant et res-s < ■■ i« I. ., III Il II

( * )' Journal de Physique , t. XXXIV, p», 454*:

DE MINÉRALOGIE. loi

pectable M. Greville , qui s^était procuré une nombreuse suite de t)ristaux de spalh adamantin et de saphir, ou, ce qui revient au même, de gemme orientale. La science prit alors sa véritable direction etk marchant vers le but qu'avaient indiqué comme <ie loin les observations de Rome de l'Isle ; et dans un Mémoire qui fait partie des Transactions philosophiques pour l'année 1 798 (*) , MM. GrevîUe et de Boumon annoncèrent comme une chose probable que le spath adamantin n'était qu'une variété du saphir, et que les diflférences que l'on remarquait entre ces minéraux provenaient d'un défaut de pureté dans les morceaux apportés jusqu'ici en Burope.

J'ai maintenant à exposer les motifs qui m'ont engagé ,* lorsque j'ai composé mon Traité de Minéralogie, a sous -^ diviser en deux espèces, savoir la tél&ie et le corindon, l'ensemble des corps, que je réunis ici sous ce dernier nom comme n'étant ' que des variétés d'une espèce unique.

Mais je dois avertir avant tout que ceux de ces corps que je rangeais dans la télésie, étaient tous du noioibre des cristaux de gemme orientale apportés anciennement du Pégu, dçnt la plupart présentaient la forme de la variété ternaire, ou de celle que j'ai nommée assortie, et quelques-uns celle de la variété prismatique. Us étaient surtout caractérisé»

Il >i r I II I I ■ ■ I *» ■ ■ • — fc—

(*) Page a33 et suiy.

par leur tissu trës sensiblement lameUeux suivant des plans perpendiculaires à l'axe. M. le comte de Boumon paraît n'avoir pas eu CK>iuiaissance de ces corps lorsque, dans un Ik)iiveau Mémoire qu'il a publié en 1 80 a sur la réunion définitive du spath adamantin avec la gçnune orientale {*), il disait, en parlant des cristaux qui se rapportent à cette der^ nière substance, ou à ce qu'il homme -corindon par^ fait, que les fractures que l'on y avait faites dans un sens perpendiculaire à l'axe n'o&aient aucim indice de tissu lamelleux, et qu'elles étaient tou-* jours inégales et e^n partie concboïdes. J^avais acquis en même temps des corindons dé Ceylan, d'un rouge de rubis et d'une belle transparence, qui appartenaient aux variétés que j'appelle prisma-^ tique, bîsalteme et additipcy et en profitait d'une observation faite par M. Brocjiant sur un cristal de la première, dans lequel II avait remarqué des indices de joints naturels aux endroits de trois angles solides autour de chaque base, qui alternaient entre ejix et ayçc ceux de la base opposée, j'avais réuni ces cristaux au corindon , d'après le tissu très lamelleux qu'iJb offraient dans le sens des joints dont j'ai parlé, sans indices sensibles de divisions perpen* diculairès à l'axe. Or ces corindons étaient de vrais rubîs orientaux, dont j'avais fait, pour ainsi dire^

( * ) Description of ike corundjmi stone ^ etc. , p. 3a et 33.

DE MINÉRALOGIE. io3

les avant-coureurs de la télésie^ qui n'était pas encore au moment de les suivre.

Mais ce qui m'avait paru d'abord s'opposer au i^pproebement de celle-ci avec le corindon, ce n'était pas seulement le contraste que présentent le» deux -substances à l'égard de leur tissu et de ces éetrx espèces de joints qui semblent s'exclure muliièHc^ent dans une grande partie des individus de ^hdéune d'elles (*); c'étaient encore les observations if^latiVes à la réfraction , que j'avais reconnue être doublé dans le corindon de Ceylan, et que d'habilei physiciens avaient jugée simple dans la gemme erienfôle (**). Je n'étais pas à portée de vérifier par moi-même un fait qui est lié si étroitement à la* n^ùre intime des corps, que la différence qui 6â^ i^ésultait entre les deux substances, si elle eût

(^) Plusieurs corindons m'avaient offert de^ indices de jbints perpendiculaires h Yaxe j et j'en avais^ aperçu dans ceitaiMa tâésie» qui avaient des directions (Cliques ^ mais qui étftîeHt^ si légers et si fugitif ^ que je n'avais pu m'assiufer s'ils étaient parallèles aux faces du rhomboïde primitif.

(** ) Brisson> pes. spécif^y n*** log , ii3 et ii8. L'obser^J vation a été faite par ce savant sur les' trois variétés qui portant les noms de rubis j topaze et saphir d'Orient,

Buffon^ mst. nat. des Minéraux, édit. in*- 12 de 1787 , p. 346

et 5^7. Ce célèbre naturaliste cite, ^ l'appui de l'opinion que la

. réfraction de la gemme orienrtdiè est simple , les expériences

doîM. Rodion, physicièti d'un mérite tris distingué > qui

s'est beauodûp occupé d'Optique.

io4 trmiTÉ; .

été réelle, aurait suiE seule pour les faire $épsret l'une de l'autre.

Telles furent les considérations qui m'empêchèrent alors d'adopter un rapprochement dont la ju&tesse était susceptible d'être contestée tant que les doute» qu'elles tendaient à faire naître ne seraient pa» dissipés. Eu plaçant la |;élésie dans une «spèçe à p>art,, je lui.açsîgn^i pour forme primitive le prisme hexaèdre régulier, dont les bases étaient indiquées par les jpints perpendiculaires à l'axe, et j'avertis en même, temps que cette forme pourrait Inea n'être qu'hypothétique (^). Dans l'article où je donnai la description du corindon, j'allai plus loin^ et, après avoir exposé les considérations dont je viens de parler, je fîs voir combien le passc^e du système de cristallisation relatif au prisme hexaèdiie à celui qui dépendait du rhomboïde, serait facile, en donnant la traduction d'un des signes représentatifs qu'offrait le premier système , en celle de sont analogue dans le second. Cette traduction^ qui ré*^ pondait de toutes tes autres, m'avait été suggérée par un fort pressentiment de la réupion future dés deux substances dans une même espèce.

Depuis cette époque , M. le comte de Boumoxi a publié un second Mémoire, dont j'ai déjà parlé (*^)^

(*) Traitéy t. II, p. 48o, note i.

( ** ) Description of the corunckim stone j etc. Ce Mémoire a été inséré dans les Transact. philos, pour l'ann. i8oa<;

DE MINÉRALOGIE. io5

et dans lequel il développe les preuves que ses nombreuses observations lui avaient ofiertes de l'identité des deux substances ; mais il s'y arrange de manière à n'être point arrêté par les deux considérations dont j'avais parlé, et dont l'une concerne la réfirao-i tion, et l'autre l'existence des joints perpendiculaires à l'axe dans la télésie. Il passe la première 80Uft:siience, et il oppose à la seconde le témoignage de' sies prc^res yeux ^ qui lui ont montré constamment, dans les cristaux de genune orientale brisés suivant la direction indiquée , une cassure con-* choïde y et jamais un tissu lamelleux ; ce qui sup|k>se <]u'il n'avait pas encore vu de télésies proprement * dites.

L'étude que j'ai continué de faire des deux substances m'a enfin conduit aux observations qui ont mis en évidence l'accord de leur structure et celui* de leur réfraction, et dont j'ai exposé les résultais: à l'article des. caractères géométriques et physiques; en; sorte que d^ns mon Tableau comparatif je les ai? réunies, sous le nom de corindon, en une seule es-' pèce, dans laquelle j'ai compris le minéraljappèlé vulgairement émeril.

Ce que je* v^ ajouter a pour but de prouver que les cai^actèces qu'on nomme extérieurs'^ loin des'op^' poser à cette réunion, parlent plutôt eux-mêmes en sa ûiveur, et tendent. à faire disparaître la distinction qu'ils ont paru indiquer, et qui subûste

io6 TRAITÉ

encore dans plusieurs méthodes, entre le demant spath , le corund, le saphir et le smii^eL

Je prends d'abord la forme en ne la considérant^ dinsî que le fait M. Werner , que relativement à son aspect, et indépendamment des lois de la structure. Les variétés que j'ai nommées bisalteme et sousiracUve existait à la fois parmi les cristaux de demant ^atli et parmi ceux de saphir que l'on trouve » Geylan ; il n'y a de diSërenoe que dans le»: qualitës dé ta matière, qui d'un côté. est opaque et d?un gris obscur, et de l'autre est transparente- et d^àn miige dfi vQse plus ou moins fimoé. Le corindon unitemaire dn Saint -GoUiard^ qui appartient au; torubd^ ne diffère du corindon ternaire qui se rapporte au saphir du P^u qu'en ce que les sommets de ses pyramides sont remplacés par des faûette» perpendU-dilaôres à l'axe.

Si j'examine ensuite le tissu, je trouve qtae les saphirs dé Geylan^ qui présentieiut 1^ variétés que yài viens d^ citer, offrent à cet égisiyd eomtne un meyen terme ent|:8 le demâoït dpatboa le corund é|!k|iï saphirs du PégUé Us participent des premiers en Ce qu'ils sont très lamelleux, et d^s' seconds^^par leur transpanrence et par leur belle couleur. Dê]f>lus, le passage du tis»! lamelleux à l'aftpect vitreux senuantre quelquefois dans un même morceau, soit de demant spath , soit de corund^ où^ parmilës trois joints nécessaires poui* mettre à découvert uii même

DE MIRÉRALOGIE. 107

angle soHde du rhomboïde primitif, deux sont très nets, tandis qu'on n'obtient, au lieu du troisième ^ qu'une cassure viti^use.

A l'égard de la couleur, il est visible que c'est au mflange d'une matière étrangère, qui est probablement le fer, que l'on doit attribuer les teintes obscures de gris ou de brun que présentent le de* mant spath de la Chine et le corund de la cote de I^fd^bar. Celui du Qengale, qui est pur et translur* eide , pause du gris-yerdâtre à différentes teintes d^ rouge, et approche, dans quelques morceaux, dju rouge çra^loisi , qui caractérise la variété de saphii; nomjpckée rubis oriental.

Oft a dppc ici , relativement aux caractères exl4^ rieurs, des séries de nuances qui servent à lier les extréoies, et qui sont tellement graduées, qu'il esl) impos^le d'y tracer quelque part une ligne nette de séparatijCMi.

Quant à l'émeril, l'influence que le fer dcmt ijl est mélwgé exerce sur ses caractères, m'a aigagi» à le placer dans im appendice à la suite des autres variété» de corindon. On l'avait regardé pendant» long- temps comme un quarz pénétré de fer, d'aprèa^ tme analyse publiée par Wiegleb, et dont le sujet avait peut«^tre été quelque autre substance, telle qu'un grès ferrujgineux. Mais M* Smitlison T^onant^ célèbre chimiste anglais, ayant soumis à l'analyses l'émeril de Naxos , a trouvé que sa composition, était la même que ccllç du spa^h adaroa^ntin. de, la Chkie,

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et en a conclu que ces deux substances, qui d'ailleurs ont titie grande analogie par leur dureté, appartiennent à une même espèce (^).

Avant de terminer cet article, y'j'ajouterai quelques détails sur le corindon considéré dans ses rapjports avec Tart, ou comnie objet du travail' dés lapidaires. Les premières variétés de cette gemme qui aient été connues venaient du royaume, de • Pégii , et les lapidaires en firent différentes espèces ndùs les noms de rubis, topaze et saphir, en ajou-' làiit' r^pîthète di oriental j parce qu'on les avait d'a&ôrd trouvées dans les Indes dites^Owntofe^y et l'on appelait occidentales d'autres pierres, telle» que la topazéf de Saxe, qui se trouvaient diins les pays occidentaux. Les variétés delà gemme orientale étant plus estimées que ces dernières pierres, à'-Taison de leur dureté, de leurs vives couleurs, du beau poli dont elles étaient susceptibles, les noms d^ oriental et di occidental emportaient avec eux l'idée d'une plus grande ou d'une mcnndre pei^ feciîon; et ils ont fini par n'être plus que led signes de cette idée , lorsqu'on eut rencontré dans les pays occidentaux des pierres qui ne le cédaient' en rien aux premières : c'est dans ce sens que le saphir du Ptiy peut être appelé oriental. On a étendu la même acception aux variétés de l'agatç, de l'albâtre, qui ont une pâte plus fine, plus translucide que les au-

{* ) Jbiirnal des Mines ^ t. XIII, n** 73, p* 6i et suit»

DE MINÉRAIX)GI£. 109

tres« En un mot, ce sont les qualités qui flattent Fœil , et non pas les localités., qui , dans le langage des artistes, décident de l'application des mots oriental et occidentaL

L'usage qui s'était introduit ie classer les gemmes d'après les coideurs, avait jeté une grande confusion dans cette partie de la lithologie. Je vais donner, l'échelle de ces diverses coulexirs avec les noms qui en dérivent, en la rapportant ai spectre solaire produit par la réfraction de la Limière à travers un prisme.

Rouge. Rubis.

Rouge mêlé d'un peu d'orangé, f^ermeille.

Rouge mêlé de beaucoup d'orangé. Hyacinthe la belle^

Orangé. Hyacinthe.

Jaune. Topaze.

Jaune-verdâtre. Chrysolite.

Vert-jaunâtre. Péridot.

Vert. Emeraude.

. Vert-bleuâtre. Aigue-marim ou beryL

Bleu- verdâtre . Id.

Bleu. Saphir.

Indigo. Saphir indigo.

Violet. Aijiéthyste.

U résultait de là que le corîidon hyalin appartenait à trois espèces, tandis (ue la topaze jaune et le corindon de la même codeur étaient des variétés d'une même espèce. On trouve des gemmes

no TRAITÉ

orientales de deux cculcurs : il y avait dofic alors deux espèces réunies dans un même individu.

Les naturels de Fîhdé, guidés par les feîts qui viennent d'être cités^ comprenaient toutes les télésies sous là dénomination commune de rubis, et ili9 disaient rubis range, rubis jaune , rubiè bleu, àu lieu de rubis, topaze et saphir d^ Orient: mais leur théorie ne répoidaît pas à la justesse de leur observation ; ils s'imaginaient que le crîstaï, d'abord sans couleur, mûrissait, pcfur ainsi dire, dans sa mine, en passant successivement par diverses teintes jusqu'à ce qu'il fût arrivé au rouge , qui 'était le point de maturité (*).

Aujourd'hui les amateurs de pierres fines s'accordent avec les minéralogistes à considérer le rubis, le saphir et la topaze d'Orient comme de simples variétés d'une même espèce de pierre, qu'ils désignent sous le nom de piern orientale ou de gemme onen-

taie. Dans cette opinion , qui est la véritable , le principe colorant, qû paraît être le fer, offre tm fait remarquable, en ce que ses diverses modifications font de la gemme oiientale le point de réunion des trois couleurs mères dans toute leur perfection, le rouge, le bleu et le jaune, de celles qui, par leurs mélanges artificiels, produisent toutes les autres ; en sorte que les anôiens^eintres se sont bornés pendant long-temps à emplo/er ces trois couleurs, dont ils

(^) D6 rislcj t. II; 1. 220. Mercure indien ^ chap. 2.

faisaient, en les mariant ensemble, des couleurs intermédiaires assorties à celles des objets qu'ils se ]^N^)osaient de rendre sur la toile. Ainsi le vert résultait d'un mélange de jaune et de bleu; le rouge €0 »- unissant au jaune produisait l'orangé, et en se mêlant avec le bleu donnait le violet; et ces couleurs mâangées se retrouvent encore dans certaines varifilés» éà corindon hyalin. On pourrait dire de eette pierre qu'elle offre le type du colons.

De^ trois variétés dont je viens de parler, le rubis est celle qui tient le prenuer rang dans Festime dea aniateurs ; on peut même dire que dans la réali^sé elle n'a point de rivale parmi les pierres fines , pmsque ce nom ne convient, plus au diamant Sa plus belle teinte est le rouge cramoisi. On donne le second rang au saphir, et le troisième à la tor paze. Les teintes laiteuses qui ofiiisquent assez souv^it la transparence du rubis et du saphir, sont r^ardées comme des imperfections qui otent à ces pierres upe partie de leur valeur. A l'égard des variétés nommées Vm^/%ii/(ie orientale et améthyste orientale y on en rencontre ires peu de morceaux dans le commerce ; et elles perdent trop , du côté de leurs couleurs^ à la comparaison avec l'émecaude de Santa^ Fé et le quarz violet de Sibérie.,, pour, que les amateurs aient lieu de; regretter qu'elles^ soient si rares, même dans la nature.

Le mérite du corindon ne se borne pas à occuper une place distinguée parmi les ol^ets d'<imement,

lia TRAITÉ

lorsqu'il jouit de sa transparence et qu'il développe ses riches couleurs. Danjs l'état d'émeril, où il n'a plus rien qui flatte les yeux, il travaille pour eux en servant à polir diverses substances , telles que les métaux et les glaces. Avant de Remployer , on le broie, à l'aide de moulins d'acier, et on le réduit en une poussière dont les grains rudes et acérés seraient capables d'attaquer tous les corps, si le diamant n'existait pas.

. L'émenl qui a été simplement broyé , renferme des particides de toutes les grosseurs. - Qr il était intéressant de pouvoir trier, dans cet assemblage, des particules de plusieurs degrés de tépuité , assorties à différens usages. On y parvient à l'aide du moyen suivant. On met une certaine quantité d'émeril au fond d'un bocal que Ton remplit d'eau jusqu'aux deux tiers, et l'on agite le mélange.. On laisse l'eau déposer pendant une demi-heure, et on la transvase doucement. Dans cet intervalle , il s'est précipité successivement des particides toujom*s plus déliées, en sorte que xe. qui reste suspendu est com^ . posé de celles que l'eau n'a la faculté de retenir que pendant trente minutes, et de celles qui, plus déliées encore , sont susceptibles d'y être tenues plus long- temps en suspension. Mais, parmi les particules qui se sont précipitées, il doit s'en trouver d'aussi fines que celles qui sont demeurées dans.l?eau, parce qu'une masse déterminée de liquide a, pour ainsi dire , un point de saturation qui ne lui

DE >nNÉRALOGI£. yi3

permet de retenir, pendant un temps donné y qu'une certaine quantité de particules de tel degré de ténuité y en sorte que tout ce qui excède le pmnt de saturation se précipite pour reprendre cet excédant ; on verse de nouvelle eau , que Ton agite de même avec Tëmeril, et que l'on laisse déposer encore pendant trente minutes, puis on la transvase. On réitère cette opération jusqu'à ce que l'eau reste claire au ixmt des trente minutes , et alors on est certain qu'il ne se trouve plus dans la masse du fond que des particules plus grossières que celles qui sont dans les quantités d'eau transvasées.

On recommence en ne laissant l'eau déposer suc-* cessivement que pendant quinze minutes, huit minutes^ quatre minutes, deux minutes, une minute^ «t trente secondes; et chaque opération se répète {Ausîeurs fois comme la première, pour retirer toutes les particules qui avaient dépassé le point de saturation.

Les premières quantités d'eau qui ont séjourné dans le bocal pendant trente minutes, sont jetées, conmie renfermant des particules trop déliées; mais on laisse déposer* séparément les autres quantités d'eau apxès le transvasement, et l'émeril qui en provient te nomme émeril de quinze minutes, émeril de huit^ minutes, émeril de quatre minutes, etc., suivant le temps pendant lequel l'eau dont il est retiré avait séjourné d'abord dans le bocal. •- . : : .

MiNÉR. T. a. 8

i%6 niAITÉ

Caractères diatintifs. i*. Entre ralumine sul- £fttée et la magnésie sulfatée. La saveur de la première est douceâtre , et celle de l'autre très amère. La magnésie sulfatée affecte des formes toutes différentes de celles de Falumine sulfatée, qui sont l'octaèdre régulier et ses modifications, t!". Entre la même et la soude boratée. Celle-ci se réduit en verre au chalumeau, ce qui n'a pas lieu pour l'autre. Ses cristaux ont des formes prismatiques, au lieu que ceux de l'alumine sulfatée présentent l'octaèdre r^ulier simple ou modifié. 3"*. Entre l'alumine sulfatée fibreuse et le fer sulfaté sous la même forme* Celui-ci a une saveur beaucoup plus forte et plus astringente ; sa dissolution dans l'eau colore en noir l'écorce de chêne et l'infusion de noix de galle, ce qui n'a pas lieu pour l'alumine sulfatée. 4*^. Entre la même variété et la chaux sulfatée fibreuse. Celle-ci n'a point de saveur sensible comme l'alumine sulfatée ; elle est très peu soluble j elle blanchit et devient pulvérulente sur un charbon allumé , au lieu de s'y liquéfier avec boursoufHement comme l'alumne sulfatée.

VARIÉTÉS

Formes jdéterminables^

1. Alumine svMditée primitive, P (fij. i23). Incidence de deux faces* voisines quelcoi^ues l'une sur Fautre, 109*^ ^tS' 16". On voit de ce$ octaèdres qui jusqu'à 4 pouces d'épaisseur.

DE MUnLRÀLOGIE. «17

u. Cunéiforme. De Flsle, 1. 1, p. 3i4î ▼Af- ib. Segminiforme. Semblable à un segment extrait d'un octaèdre cc|ipé parallèlement à deux de tes faces opposées. Oerrisle , t. !> p. 3 16 ; var. 6 et 7. a. Cubique. A* A* (fig. ia4).

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