‹ Traité de minéralogie. (Conseil des mines). 4 tom. [and Atlas] (volume 2)Chapitre 40 sur 118 · Trapézoïdale À? A? (fig. 188). Cette variété · texte numérisé non relu

Trapézoïdale À? A? (fig. 188). Cette variété

a été obtenue par M. Pluvinet.

Formes indéterminables.

Ammoniaque muriatée concrétionnée plumeusê- En ramifications semblables à des barbes de plume,' et qui, examinées à la loupe, paraissent composées de petits octaèdres implantés les uns dans les autres.

Amorphe. En masse informe, striée à l'intérieur. Se trouve à la Tolfa.

• Accidens de lumière.

Couleurs.

Grisâtre.

Blanche.

Transparence.

Translucide^

Annotations.

On trouve l'ammoniaque muriatée , suivant Wallerius (*), dans, la Perse et au pays des Calmouls, tantôt mêlée avec de l'argile ou avec d's^utres terres , tantôt à la surface , en efflorescence ou sous forme pulvérulente. On la trouve aussi en petites

(*) Systema minerai, j t. II, "P'-JJ*

2!ï4 TRAITE

masses, autour des volcans de Sicile et d'Italie, ou elle s'est formée par sublimation.

C'est de l'Egypte que nous vient la plus grande partie de l'ammoniaque muriatée du conmierce. Dans ce pays, où l'on manque de bois^ on ramasse avec soin la fiente des animaux^ et en particiilier de ceux qui se nourrissent de plantes salées. On la mêle avec un peu de paille séchée, pour lui donner de la consistance, puis on la fait sécher au soleil et on l'emploie comme combustible. On recueille la suie que cette combustion produit avec abondance , et on la renferme dans des vaisseaux de verre que l'on échauffe par degrés ^t où l'ammoniaque muriatée se sublime. Les |>ains de ce sel qu'on nous envoie de l'Egypte sont plus ou moin» noircis par le mélange d'une matière fuligineuse qui monte dans la sublimation 3 mais, on parvient aisément à le purifier, en le faisant dissoudre , puis en le filtrant , pour le laisser cristalliser une seconde fois.

On fabrique de ce même sel dans la Belgique , en faisant brûler à la fois de la suie , des ossemens , dé la bouille et delà soude muriatée. On obtient un dépôt de fumée chargé d'anunoniaque muriatée, de suie et de bitume ; ensuite , au moyen de la subliâiation ,' on sépare le sel des matières hétérogènes qpi allèrent sa pureté (*).

I 11 1 I - Il ■ . Il 1

^f).. Voyez le Mémoire de M. Baillct sur cet obîet ^ Journal des Mines j u" 10^ p.. 3 et suit.

MINÊRALOGIIL m5

Le refroidissement produit par l'ainmoniaqne muriatëe dans Peau qui dissout ce sel, va, suivant Macquer , jusqu'à i8 degrés de Réaumur au-dessous de la température qu'avait d'abord le liquide. Aussi obtient-on un froid artificiel considérable, en mêlant de l'ammoniaque muriatée avec de la glace pilée. On parvient de cette manière à faire congeler l'eau renfermée dans un vase entouré de ce mélange.

Ce même sel a deux principaux usages dans les Arts, l'un pour l'étamage et l'autre pour la teinture. Dans le premier cas, il sert à dçcaper les mé* taux , et a de plus l'avantage de prévenir l'oxidation de la surface métallique , par le principe buileux et charbonneux qu'il contient. On l'emploie en vapeur, pour décaper les lames de fer que l'on se propose de convertir en fer- blanc.

Dans les teintures , il sert à convertir l'acide nitrique en acide nitro-muria tique. On en dissout, pour cet effet, dans le premier de ces acides, une quantité qui varie entre un huitième et un seizième.

On a remarqué que l'ammoniaque muriatée avait la propriété de rendre le plomb aigi-e , lorsqu'on la mêlait avec ce métal fondu ; et c'est d'après celte observation qu'on l'emploie dans quelques ateliers où l'on convertit le plomb en grenaille (^).

La cristallisation ordinaire de l'ammoniaque muriatée en petits cristaux plumeux , a été décrite avec

(*) Détails communiqués par M. Chaptal^

MiNÉn. T. II. i5

aa6 TRAITÉ

beaucoup de soin par Monge, dans le Mémoire treô intéressant qùll a publié sur la Météorologie (*). Si Ton remplit lui vase de verre , profond et chaud , d'une dissolution de ce sel saturé à chaud , et qu'ont laisse ensuite refroidir lentement celle-ci dans un air calme , la surface du liquide est la première qui torive à la supersaturation , tant à cause du refroidissement direct auquel elle est exposée , qu'à cause de la concentration que lui fait éprouver l'évaporation; et c'est à la surface que les premiers cristaux se forment. Ces cristaux , d'une extrême petitesse , sont aussitôt submergés que formés; et parce que leur pesanteur spécifique est uii peu plus grande que celle du liquide qui lés contient^ ils descendent avec lenteur : en même temps leur volume augmente^ par une addition de cristaux semblables qui se forment sur leur passage , en sorte qu'ils arrivent au fond du vase en flocons blancs, nombreux et volumineux. Ce que Monge trouVe surtout de plus remarquable dans ce phénomène , c'est le progrès rapide de la cristallisation dans un liquide dont la supersaturation n'est pas assez avancée pour lui donner naissance par elle-même. Mais il se passe ici un efiet analogue à ce qu'on observe lorsqu'on place un petit cristal salin dans une dissolution du même sel, ou Pon ne voyait encore rien paraître : la jprésence de "■I p.^— ^— »^— — — »«»^— »^— — — — ^1^— ^— ^— ^^w»^^.».^^^^— .^^— — ~— i-^"^^*

(*) Annales de CShimic; par Morveau,Lavoîsîer, Monge, etc-^r t. V, p. 1 et siiiv.

DE MiNÊRALOGIE. aay

ce €iistal sollicite à rinslant les molëcules disseminées dans le liquide, à des mouvemens qui leur font vaincre les petits obstacles que ce liquide opposait à leur réunion, et de nouveaux cristaux naissent de toutes parts. De même , dans le cas dont il s'agit, le passage des petits cristaux d'ammoniaque muriatée qui descendent dans le liquide, devient comme le signe de ralliement de toutes les molécules qui avaient une tendance prochaine à se réunir, en Tertu de leur affinité mutuelle.

Monge compare avec beaucoup de justesse , à ce phénomène, la formation de la neige ,. dont les premiers cristaux, qui ont pris naissance au haut de l'atmosphère, déteiminent, à mesure qu'ils descendent , par l'excès de leur pesanteur spécifique ,. la cristallisation des molécules aqueuses, que l'air environmant aurait retenues en dissohition , sans leur présence. 11 en résulte des étoiles à six rayons, lorsque le temps est calme et que la température n^est pas assez élevée pour déformer les cristaux , en occasionnant la fusion de leurs angles j ou des flocons irréguliers, lorsque l'atmosphère est agitée, et que les cristaux, tombant de trop haut, se heurtent et se réunissent en groupes.

aa8 TRAITÉ

Page 1