‹ Traité de minéralogie. (Conseil des mines). 4 tom. [and Atlas] (volume 2)Chapitre 69 sur 118 · Grenat blanc, et grenat volcanique. L'amphigène · texte numérisé non relu

Grenat blanc, et grenat volcanique. L'amphigène

3. Grenats d'étain. On a aussi appelé de ce nom les cristaux mêmes d'étain brun (*).

Relations géologiques.

Le grenat, que l'on rencontre presque toujoiu*s a l'état de cristallisation dans la nature, et qui se trouve resserré dans des limites assez étroites, si l'on ne considère que la diversité de ses formes , devient, par l'étendue de son domaine , et par le rôle qu'il joue dans la structure du globe, une des substances minérales les plus remarquables sous le point de vue de la Géologie. Il remplit tout le tableau des diverses manières d'être dont un minéral est susceptible.

G)nsidéré seul , il forme des masses considérables qui le placent parmi les roches proprement dites.

(*) Henckel, pyritol. Traduct. franc. , p. 19a.

DE MINÉRALOGIE. i^S

Tel est celui qui se rencontre en couches dans lé calcaire primitif , à Àuerbach, près de Darmstadt, pays de Hesse.

Il entre comme principe essentiel dans la compo* sition d'une roche que l'on trouve en Stirie et en Carinthie , et dont les autres principes sont la diallage verte et le disthène, auxquels s'associent accidentellement le quarz et l'épidote blanc vitreux. J'ai donné à cette roche le nom d^éclogite.

G)mme principe accidentel, il se trouve dans le granité, dans le mica-schistoîde ( Glimmerschiefer , W. ) , dans le talc schistoïde , dans le feldspath leptynite ( Weiss-stein) , dans la serpentine (celle deZceblitz), toutes roches qui sont regardées comme primitives. Il existe aussi dans des roches d'une formation plus récente , comme l'argile de Finlande , la chaux carbonatée granulaire du pic d'Eredlitz^r Celle-ci est composée de couches alternativement blanches et d'un gris obscur. Les grenats qu'elle renferme sont de petits dodécaèdres primitif, dont la couleur varie du brun au blanc, suivant que la couche dans laquelle ils sont engagés, est d'une couleur grise ou blanche. Wemer a fiait de ces grenats une espèce particulièrequ'il a nommée pyrénaite.

Ailleurs, le grenat s'associe à la formation accidentelle des filons de cuivre, de plomb sulfuré (comme à Fahlun en Suède), et autres métaux.

Les roches rejetées par le Vésuve renferment aiû^

des grenats bruns et des grenats noifs , appelés mé^ i^mï^^ par les. minéralogistes. aUeihaAds.

Le grenat se trouve aussi quelquefois dans lës'ba^ «iltes proprement dits, comme à Bellas, aux eÀvirons de Lisbonne , où le même basalte renfenUe aussi de Tamphibole. Enfin , on trouve une nûiultitude de grenats libres et isolés dans les terrains de transport. Le. grenat a aussi des relations de rencontre avec ud grand nombre de substances. Je me borhe à citer celle ^uile montre associé à la variété de pyroxène dite a/^/ife, dans le Piémont.

Annotations.

La forme du dodécaèdre rbomboïdal ayant un caractère particulier de symétrie^ est, par là même, susceptible d'appartenir à des minéraux distingués ]^ar leur nature ; et si Ton consulte les analyses qui ont eu pour sujets les différens cristaux que j'ai décrits, on trouvetti entre elles des diversités qui paraîtront indiquer ici plusieurs espèces ; aussi les minéralogistes étrangeirs se sont^ib conôntnés à ces indications, comme on a pu en juger par là synonymie que j'ai citée* Cependant la distinction qu'ils ont établie entre les corps dont il s'agit, ne me paraît pas fondée sur des raisons décisives^ ainsi que je crois l'avoir jrrouvé par la discussion que j'ai donnée à ce si^ët dans mon Tableau comparatif. Il me semble que

Ton peut expliquer les variations de l'analyse^ par rînfluence qu'ont eue les gangues sur la composition. Ainsi le pyrop de Werner, analysé par Klaproth, a donné 10 parties sur 100 demagné^e, tan« dis que cette terre ne s'est pas trouvée dans l'almandka ; mais on sait que lé pyrop est engagé dans une serpentine , à laquelle il poiirrait bien avoir dérobé des mclécides mag^sienties. Ecartez ce surcroît , Ta- Haljse du pyrop est presque la mézkie que celle de Fâloiandin , abstraction faite de la quantité de fer qui est plus considérable dans l'almandin ; mais Fattraction qiie le& grenats exercent sur l'arguîlle ai-« mantée , semble prouver que le fer n'est pas intime^ mesït combiné avec les autres principes, c'est-à-dire qu'il ne joue qu'un rôle accidentel.

Uiie ôonsidératioti tirée des ciî'con&tances géologiques dans lesquettea^ se trouvent les différens grenats, se joint au!î caifuctères géc^niëtiiques et physi- (fke^f pour îûdic^er qu'ils né constituent qu^une seider et même espèce. Nous avons ici une série de corps <{ui, Semblable pàt" teut forme, et n'oShcnt ^ rek^ v^Ètt«nt à leur dtïteti ei k leM |>^d»teu» spécîftip^^ que dÈsf diîBférenoes^ as^ ordi&âôrc^ entre les variétés d'une même espèce, se rapprochent encore pai? leur formation dàii& tes terrsdnis qu'ils oeoupent. Ce sont léëmémes terrmns oà Fott trouve d'autres corps, tàsque les tourmalines et les amphiboles ^ qm ofitait aii^de gtfàlides ééi^es dont les individus soii|t liés par kè formations àuxqu^tesf ils af^attienb^nt. J'ajoute

528 TBAITÉ

que les tourmalines, par exemple, que l'on rencontre dans les diffërens pays , se ressemblent peut-être moins entre elles par ce qu'on appelle Vair de famille^ que les corps appelés grenats ^ parmi ces derniers corps on n'en trouvera point qui diffèrent autant que les tourmalines vertes et transparentes du Brésil d'une part, et, de l'autre, les tourmalines noires et opaques du Groenland. Je pense donc que les grenats, étant, comme les amphiboles, les tourmalines et autres, le résultat d'un même travail de la cristallisation, qui n'a fait que se renouveler à différentes époques , doivent conserver dans la méthode le lien que la nature a formé entre eux.

Je ne nierai pas cependant que les minéralogistes n'aient peut-être placé trop légèi^ement certains corps dans l'espèce du grenat, d'après la seule indication de la forme, qui n'est pas décisive dans le cas présent, ainsi que je l'avais déjà remarqué dans la première édition de ce Traité (tome II, page 555 )j mais je répéterai que nos connaissances ne sont pas assez avancées pour qu'en essayant de rectifier des :i^prQchemens déjà faits , nous puissions nous promettre de ne tracer aucune fausse ligne de séparation. Je désirerais^ avant tout^ que l'on multipliât encore les analyses , avec le soin d'examiner scrupuleusement l'influence que peuvent avoir les gangues sur les résultats.

Le fer parait avoir une forte tendance pour s'unir avec le grenat. Rome de l'Iste- a qité des grenats

DE MINERALOGIE. Sag

opaques qui rendaient depuis huit jusqu'à trente livres de fer par quintal (*) : aussi les exploite-t-on dans plusieurs endroits comme mines de ce métal; mais ce qu'il y a de plus surprenant, c'est Fabondance du fer dans certains grenats, où il ne paraitrait faire que la fonction de principe colorant, k en juger par la transparence et l'aspect homogène de ces corps. Dans les grenats trapézoïdaux analysés par M. Vauquelin, et qui jouissaient de ces qualités, le fer s'est trouvé dans la proportion de 4^ pour 100, c'est-à-dire qu'il formait un peu plus des deux cinquièmes de la masse.

Cette quantité considérable de fer que les grenats s'approprient, renferme souvent des molécules à l'état métallique, ainsi qu'on peut en juger par l'action que ces corps exercent sur le barreau aimanté; et ce qui offre un nouveau sujet de surprise, c'est de voir les grenats qu'on appelle orientaux-, c'est-à-dire les plus diaphanes et les plus par£ûts, manifester un magnétisme très sensible (**).

Le diamètre des grenats varie entre des limites très étendues. 11 y en a depuis la grosseur d'une tête d'épingle jusqu'à celle du poing fermé, et «u-^ delà. Ces derniers ont ordinairement la forme du dodécaèdre primitif, et l'on eji voit dans les collections minéralogiques qui ont été polis" sur toutes

(**) Saussure, Voyages dans les Alpes, n® 84.

33o TRAITÉ

lents faces et dégagés de la croûte talqueuse qui les enveloppait.

• Hill conjecture avec fondement que notre grenat était l'escarbouûle ou le carhunculus dés anciens > ainsi nommé parce que sa couleur, surtout aux rayons du soleil, tirait sur le rouge dé feu, ce qui donnait à la pierre Taspect d'un cbarboii ardent (*). Pline dit que les ësoarboucles répandaient une flamme tsmtôt plus claire, et tantôt plus obscure (**) 5 qu'on estimait surtout ceux dont l'éclat se terminait eA un violet d'améthyste : il ajoute qu'on faisait , avec ceux des Indes, des vases dont la Capacité égalait celle d'un septier (*^^). Ces détsiils et d'autres que nous omettons ppur abréger, paraissent convenir plutôt au grenat qu'à toute autre pierre.

Le, "dodécaèdre yl^mbcïdal peut être considéré comme un solide prismatique, ayant si:^ rhombes làtéi^àui, inoliné^ entre eux/ Cfomme ceux d'un prisme hexaèdre régulier, avec deux sommets composés chaôtûl dé trois rhombes* Diverses autres substances , telle* quel'flmphU)ole^lef cuivre dioptase, la chaux carbonatée, etc. , présefitent uneforme analogue avec des

A.1A/ ..11. .t/> .. . .. ^^ .iil. If . .11 1 .'il « ,1 wl> , ... . . . f . .^ .

f) Cotaméîifaik^sUrleTrâUédesPlert'eSjdëTfcéoplu^ traidttct.^ p.6l«

■ (**) Wisi. ' nàT.7V XXXVIT , c. 7.

<***) Cette mesure rcTient à peu près à 2S centilitres; ou une chopinef

DE MINÉRALOGIE. 53i

mesures d'angles différentes. Or, parmi une infinité de dodécaèdres possibles qui rentreraient dans cette même forme, le dodécaèdre du grenat, dont lés pans et les faces terminales sont des rhombes égaux et semblables , est celui qui , à capacité égale , donné le minimum de surface.

Cette observation nous conduit à un rapprochement qui m'a paru intéressant , entre la forme dotlt il s'agit ici et celle des alvéoles de cire que construisent les abeilles. Chacun de ces alvéoles a pour base un hexagone régulier g^h'z^g'y'x' (fig. 43), sur les côtés- duquel s'élèvent verticalement six trapès^s tuz^g'^ stgy\ etc. ^ couronnés par trois rhombes oitie , ouply osrL

Ayant mené les diagonales^ h^ tMj lu y canàeYOh^ que les trois rhombes, en restant fixes par les pdinti^ s^ u, ly s'inclinent dans un sens ou dans l'autréy en se balançant sur les dit»gohales^ de s(^te que lé sommet o s'élève ou s'abaisse en même temps que les* points ty py r s'abaisseront ou s'élèveront par deê? mouvemens contraires.

Pendant tous ces chimgemen& de positiotiy IW capacité de l'alvéole restera k même, c^est-àJ-dire qu'autant elle diminuera d^ns^ la partie située entk^ les diagonales et le sommet o par l'abaissement de ce même sommet, autant elle croîtra <iâind léd paiv^ ties situées vers les poifats t^ p^'r par l'élévati<^ de ces points , et réciproquement j mais la surface va--

5Sa TRAITÉ

riera contmiielleiDeiit ^ et cela de manière qu'elle ira en diminuant jusqu'à une certaine limite j passé laquelle elle commencera à croître. Or cette limite , €|ui donne le minimum de surface , a * lieu lorsque les rhombes des sommets ont leurs angles de \oç^ 28' 16'' et de 70^ 3i'44''5 comme dans le greàatet dans l'alvéole des abâlles, ou, ce cpii revient au même, lorsque toutes les inclinaisons des faces \<:Âsines sont de 120^; il en résulte, dans le travail des abeilles, une double économie et de temps et de matière. Réaumur proposa autrefois ce problème à Kœnig, et fut flatté de voir que le géomètre eut été conduit, par ses calculs, au résultat des abeilles.

Nous avons supposé que les lignes sy\ uz\ Ig' étaient d'une longueur donnée, puisque les points 8y u^ l sont censés immobiles; mais si l'on conçoit que le solide varie à la fois dans toutes ses dimen^ sions en conservant toujours la même capacité, on* trouve que le minimum de surface a lieu lorsque, \e^ angles des sommets étant toujours de 1 09^ 28' 16'', le solide est semblable à la moitié d'un dodécaèdre rhombôïdal, que l'on aurait coupé transversalement par un plan perpendiculaire à l'axe qui va de o en ^r ( fig. 37). L'alvéole des abeilles a une hauteur beaucoup plus considérable, eu égard à son épaisseur; 'mais cette dimension est assortie aux usages de ces alvéoles, qui ne sont pas seulement destinés k recevoir le miel, mais encore à servir de logement aux

abeilles nouvellement écloses, jusqu'à ce que leur développement soit achevé (*).

Le grenat d'un rouge mêlé de ^olet , appelé grenat syrien y et celui qui est d'un beau rouge de coquelicot, sont les plus estimés dans le commerce. Le rouge des derniers est si intense, que si on les taillait à facettes, ils en paraîtraient presque noirs. On les arrondit en dessus, et on les chève, c'est-àdire qu'on les creuse par dessous, afin que les reflets de leur riche couleur puissent se dégager, çt s'étaler avec plus de liberté. En général, le rougé des grenats est sujet à être offusqué par une teinte sombre qui provient de la grande quantité de fer que renferme )îette espèce de gemme. L'auteur de l'article Diamantaire^ Encyclopédie méthodique (**), dit qu'un beau grenat syrien est estimé au même prix que le saphir, qui est notre corindon bleu.

TROISIÈME ESPÈCE

HELVIN.

Caractère géométrique. Forme primitive : le dodécaèdre rhomboïdal. Molécule intégrante : tétraèdre symétrique.

(*) Maraldi, Observations sur les Abeilles, Mémoires de r Académie des Sciences , 1712.

(**) Arts et Métiers y t. II, première partie, p. i52.

Caractères physiques. Pesant, spécif. 3,5.

Dureté. Rayant le Terre.

Caractères chimiques. Sa poussière se dissout dans l'acide sulfurique yen répandant une fumée épaisse.

Fusible au chalumeau , arec additicm de borax, en verre transparent.

Annotations.

Werner a donné le nom d^^elvin à u&e substance en petits cristaux d'un jaune clair ou safrané, dont la forme eçt celle d'un tétraèdre régulier , tronqué sur ses quatre angles solides. Ils se divisent par des plans qui interceptent les bords des troncatures, ce qui paraît conduire au dodécaèdre rhombo'idal comme forme primitive. On les trouve à Schwarzenberg en Saxe, où ils sont disséminés dans un talc chlorite qui renferme aussi de petites masses lamelleuses de zinc sulfuré brun, et des lames de chaux fluatée blanche ou violette. Ce minéral n'ayant pas encore été analysé soigneusement , et sa composition n'étant connue que par aperçu, sa place jtie sam^ait être iwée sans retour dans la méthode. Je lui conserve provisoirement celle que lui ont assignée les miné* ralogistes allemands.

DE MINÉRALOGIE. 3Jf5

QUATRIÈME ESPÈCE

HAUYNE.

( Latialite de GismondL )

Caractères spécifiques.

Caractère géométrique. Forme primitive : le dodécaèdre rhomboïdaL Quelques fragmens oflPrent des indices sensibles de joints naturels. \ Molécule intégrante : tétraèdre symétrique.

Cassure, inégale, médiocrement luisante.

Caractères physiques. Pesant, spécif. 3,33.

Dureté. Rayant sensiblement le verre, quoique fragile.

Eclat. Vitreux.

Couleur. Bleue dans les morceaux opaques, d'un vert-bleuâtre dans ceux qui sont translucides.

Electricité. Isolée et frottée, elle acquiert l'électricité résineuse.

Caractères chimiques. Soluble en gelée blanche et transparente dans les acides nitrique, sulfurique et muriatique.

Action du chalumeau. Sur le charbon, elle perd sa couleur, et fond en un verre buUeux. Avec le borax, elle se dissout avec effervescence en formant un verre transparent qui devient jaune par le refroi: dissement (Berzelius).

Analyse par Vauquelin (Journal des Mines, n* 125 , p. 376) :

Silice 3o

Alumine i5

Chaux 5

Potasse II.

Oxide de fer i

Sulfate de chaux . ^ . 20,5

Hydrogène sulfuré. . un atome

Perte 17,5

VARIÉTÉS

Formes déterminables .

1. Haùyne pri/TiifoW. Du Latium, où a été faite la découverte de ce minéral; d'Andernach , dans les produits volcaniques ; celle-ci a été prise d'abord pour un spinelle bleu-

Indéterminables.

1. Haùyne granuliforme. Saphirine de Nose. Dans les roches rejetées par le Vésuve; et dans celles des bords du lac de Laach, département du Rhinet-Moselle, composées principalement de grains et de petits cristaux de feldspath vitreux.

m MINÉRALOGIE. 53;

a. Massive. Se trouve en Italie, dans les environs de Nemi , d'Albano et de Frascati, où elle est accompagnée de mica et de pyroxène veirt ; et à la Somma , où elle a pour gangues des fragmens de roches rejetées par les explosions volcaniques , et qui renferment de Fidocrase, du pyroxène, de la méïonite, et du niica.

Annotations.

La haùyne a été découverte par M. l'abbé Gismondi, naturaliste d'un mérite distingué, aux environs de Nemi, dans les montagnes du Latium; et c'est de cette localité qu'il avait emprunté le nom de latialitey sous lequel il a décrit ce minéral. On Va. retrouvé depuis dans les roches rejetées par le Vésuve. Plus récemment, on lui a associé d'autres variétés d'une couleur bleue, qui se trouvent dans des gangues volcaniques de différens endroits, comme dans la lave des volcans éteints d'Andemach et de Closterlach , laquelle est un feldspath porphyrique altéré j dans une autre du département du Puy-de-Dôme; dans un feldspath compacte sonore porphyrique (Klingstein porphyr , W.), du département du Cantal, qui contient, outre les cristaux de feldspath, de petits cristaux d'amphibole; et enfin dans la roche des bords du lac de Laach, citée plus haut. M. Nose minéralogiste allemand, a fait, de cette dernière variété, une espèce particulière, à laquelle il a donné le nom de sapphirin^ tiré de sa cduleur.

MiKÉR. T. II. 22

J'ai dit que la première description de la haftynô était due à M. Gismondi. M. Neergaard , en profitant des observations que ce savant lui avait conununiquëes , et auxquelles il en a joint plusieurs qui lui sont propres 9 a fait^ des unes et des autres, la base d'un mémoire, où tout est dicté par la science , à l'exception d'un nom qui ne peut l'avoir été que par l'amitié.

aNQUIÈME ESPÈCE.

STAVROTIDE.

{Staurolith, W. Vulgairement pierre de croix. CrUtaux du Saint^Gothard j Granatitj Reuss.)

Caractères spécifiques.

Caractères géométriques. Forme primitive : prisme droit rhomboïdal (fîg. 44 )> ^^^^ lequel l'incidence de M sur M est de 129^ 3', et la hauteur H est le sixième de la grande diagonale qui va de E en E f*). Ce prisme se sous-divise dans le sens des petites diagonales de ses bases. Cette dernière coupe est plus nette que celles qui sont parallèles aux pans.

Molécule intégrante : prisme triangulaire à bases îsoscèles.

(^) Le rapport entre les moitiés des diagonales des bases et la hauteur H, est celui des nombres 3, V^a et i*

DE MINÉRALOGIE. SSg

Molëcule soustractive. Semblable à la. forme primitive.

Cassure. Raboteuse et un peu luisante dans les cristaux bruns; terne et tirant sur celle (fe l'aide, dans les cristaux d'une couleur grise.

Caractères physiques. Pesanteur spécifique , 3,286.

Dureté. Rayant faiblement le quarz.

Couleur. En général d'un brun-rougeâtre.

Caractères chimiques. Au chalumeau, elle commence par brunir sans se fondre , et se convertit en une espèce de fritte.

Analyse de la staurotide du Morbihan, par Vauquelin ( Journal des Mines ^ n* 53 , p. 354 ) •

Alumine •...••.••• 44

Silice • p 33

Chaux provenant de 1 3 parties de

sulfate de chaux. • • : • • 3,84

Oxide de fer. • • * • • t3

Oxide de manganèse. t

Perte • 5,i6

De la staurotide brune-roùgeâtre du Saînt-Gothard,' par Rlaprotli (Nouveau Bulletin dés Sciences de la Société Philomatiqué, t. II, p'. 1 «71) :

aâ. •

34o TRAITÉ

Alumine 5^,25

Silice 27

Oxide de fer • . i8^5

Oxide de manganèse. o,a5

Perte 2

De la staurotide noirâtre du même endnnt, par le même (ibid.):

Alumine 4'

Oxide de fer. «^ • • • • i8,a5

Magnësie o,5

Perte 2,75

Caractère â élimination.

Ses indications, i* dans le grenat sous forme prismatique, comparé à la staurotide unibinaire. Tous ses pans sont inclinés entre eux de i ao^ : dans la staurotide il y a deux inclinaisons de 1 29^ ^, et quatre de 1 15^ \. La pesanteur spécifique du grenat est plus grande dans le rapport d'environ 5 à 4* ^°* Dans le titane calcaréi^siliceux ditétraèdre^ comparé à la même variété de staurotide» Celle-ci a des joints naturels très sensibles , situés parallèlement à l'axe ; dans le titane, les joints sont obliques, et convergent deux

DE MINÉRALOGIE. S4i

à deux Vers chaque sommet, où ils se réunissent sur une ligne horizontale. L'incidence mutuelle des faces qva terminent le cristal dans le titane calcaréo-^ceux est de 60^ : celle qui lui correspond dans la staurotide est de 70^ Sa^ 3^ Dans l'amphibole. Son tissu est beaucoup plus lamelleux ; il fond aisément au chalumeau, en verre ou en émail.

VARIÉTÉS

FORMES DÉTERMINABLES

Quantitéê composantes des signés représentatifs,

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