‹ Traité de minéralogie. (Conseil des mines). 4 tom. [and Atlas] (volume 2)Chapitre 83 sur 118 · Topaze dite/jycwife ; schorl blanc d'Altenberg · texte numérisé non relu

Topaze dite/jycwife ; schorl blanc d'Altenberg

io. Macle. Quoique rangée parmi les schorls, elle n'avait point d^kutre nom que celui de macle de Bretagne*

11. Prehnite^ du Cap. ÉUe n'avait point non plus de dénomination qui rappelât Fespèce dans laquelle on la plaçait ; mais on avait donné à la prehnite de France le nom de schorl en gerbes.

12, Titaiié o^dé de Hongrie : schorl rouge.

i*3. Tourmaline à\\iè ' siherite : schorl rouge de Sibérie.-

i4« Titane silicéo-calcaire : nouveau schorl violet (*).

(*) On aurait pu charger cette liste de plusieurs autres minéraux qui n'ont fait^ pour ainsi dire^ que passer à tra-

Relations géologiques. y

L'amphibole est du petit nombre des substances ;éôlogiques qui remplissent tout le tableau des différentes manières d'être dont un minéral est susceptible.

Seul, et à l'état lamellaire, il constitue deux espèces de roche , dont la première l'offre dans ce même état, sans aucun indice de séparation des lames , et porte le nom à^ amphibole lamellaire (Gemeine Hornblende, W.). Dans la seconde, la disposition des petites lames présente un tissu feuilleté ; c'est alors Vam^phibole schisioïde] nommé Hornblendschiefer par AVerner.

Le même amphibole lamellaire , uni comme, partie dominante avec le feldspath qui est souvent compacte et d'une couleur blanchâtre, constitue le grùnstein de Werner, dïorite de ma méthode.

Une des variétés les plus intéressantes de cçtte espèce est le dïorite globaire de Corse, dont les globes sont composés de couches successives d'amphibole et de feldspath. On en fait des vasçs et autres objets d'ornement.

Une autre variété est le dïorite amygdalaire , à

vers l'espèce du schorl , tels que le péridot des volcan^ , rampliîgène , l'émeraude, dite aigue-marine de Sibérie ^ la chaux phosphatée^ dite àpatite j la baryte sulfafée eh baguettes, Stangenspath des AUefnàiids:

base de grûnsteiii , regardé comme primitif; maii' delstein artiger urtrapp gestein de W.

Je supprime quelques autres variétés moins importantes, parce que je ne veux donner qu'une idée générale du rôle que joue l'amphibole dans la structure du globe.

Le dïorite est susceptible de passer à une roche dans laquelle l'amphibole prend un aspect compacte, et le feldspath est si imperceptiblement disséminé, que la roche présente l'apparence d'une matière uniforme , d'une couleur noirâtre. Je distingue cette roche sous le nom à^aphanite } c'est le trapp de Dolomieu et la cornéenne de plusieurs minéralogistes. Je citerai trois variétés de cette espèce.

L'une est Vaphanite porphyrique , grûnporphyr de W., vulgairement ophite et serpentin , c'était le porphyre vert des anciens. On voit sur sa surface des taches oblongues qui sont les coupes d'autant de cristaux de feldspath, et que l'on a comparées aux taches qui diversifient la peau des serpens. De là les noms d^ophite et de serpentin. On a fait avec cette matière de très beaux vases, dont on voit encore quelques - uns dans les collections d'antiques.

Une seconde variété est Vaphanite amygdalaire ; telle est celle que l'on a nommée improprement variolite du Drack, La formation des cavités occupées par des globules calcaires paraît indépendante

DE MINÉRALOGIE. SgS

de celle de ces globules eux-mêmes ; en sorte qu'elles ont été remplies en tout ou en partie par la matière des globules, à l'instar des géodes.

La troisième variété est Vaphanite variolaire; telle est celle qu'on nomme varioUte de la Durance^ à globules de feldspath compacte. Elle diffère de la précédente en ce que la substance des globules s'est séparée de la matière environnante à mesure que les molécules de celle-ci se réunissaient, et que c'est la formation de la variolite elle-même qui a déterminé celle des globules qui occupent les cavités.

A l'égard des roches qui renferment l'amphibole comme principe accidentel , on peut en distinguer en général de quatre sortes.

I*. Le talc schistoïdè, au Zillerthal, et ailleurs. C'est ordinairement la variété verte (actinote et strahlstein) qui est engagée dans cette roche ; quelquefois cependant c'est l'amphibole aciculaire noir.

2**. L'éclogite , au Sau-Alpe en Carinthie. Elle sert de gangue à laTariété laminaire d'amphibole noir, noromée d'abord blâttriger augit par MM. Karsten et Werner, et ensuite carinthine par le dernier.

3**. La chaux carbonatée compacte: telle est celle de Tirey en Ecosse , qui est d'un rouge de chair , et dans laquelle sont engagés des cristaux d'un vertnoirâtre qui se rapportent au strahlstein.

4*. La chaux carbonatée magnésifère granulaire. On la trouve surtout au Saint-Gothard , en grande» masses, qui contiennent des amphiboles blancs (tré-

394 ÏIIAITÉ

molit^) en fibres soyeuses ou en cristaux prismatiques. En Norwége et à New- York , c'est la variété lamellaire qui sert de gangue à l'amphibole dit trémolite.

5*. Les basaltes et autres roches regardées par les volcanistes comme un produit du feu. Les amphiboles qu'ils enveloppent sont ordinairement à l'état laminaire et d^un noir foncé.

On recueille , dans les terrains volcaniques , beaucoup de cristaux libres d'amphibole qui se sont dégagés des Uveâ qui les (enveloppaient.

Les roches rejetées par les.explosions du Vésuve , renferment aussi une multitude de petits cristaux d'amphibole d'une forme très prononcée.

Les amphiboles que l'on trouve au cap de Gâte , en cristaux très réguliers , sont engagés dans une roche qui est un feldspath porphyrique plus ou moins altéré j de là vient qu'on l'a regardée comme un porphyre ai^ileux (thonporphyr).

On observe encore dans certains pays l'amphibole associé à la formation accidentelle des filons : à Fahlun en Suède , c'est l'amphibole aciculaire ndir qui est engagé dans un plomb sulfuré , dont il parait pénétré, avec cuivre pyriteux.

Enfin 5 parmi les variétés qui ont des relations de rencontre avec divers minéraux , je citerai :

L'amphibole granuliforme ( strahlstein ) dit pargaaite et sodalite de Purgas en Finlande , disséminé dans la chaux carbonatée lamellaire.

L'amphibole en gros cristaux d'un noir fonce (hornblende), associés k la chaux carbonatéoi. laminaire. Même locaUté.

En cristaux prismatiques rhomboïdaiix , d'une couleur noire (hornblende). Dans le feldspath laminaire, rouge de chair. Près d'Arendal en Norwége.

En prismes d'un vert obscur (strahlstein) ; avec grenat, dans un talc chlorite. Au pays des Grisons.

En cristaux de la même variété , d'un gris vei^ dâtre (trémolite, calamité), dans un talc feuilleté d'un vert-noirâtre. A Fahlun en Suède.

En masses lamellaires d'un vert obscur (strahlstein), accompagnant des cristavix d'épidote et de feldspath. En Piémont.

annotations.

Les trois substances que nous considérons maintenant comme de simples variétés d'une espèce unique, avaient été anciennement réunies, ainsi que je l'ai dit, sous le nom commun de schorL L'amphibole était le schorl noir , l'actinote le schorl vert, nom que Ton donnait aussi à l'épidote, et la gramrmatite était le schorl fibreux. Gn les avait d'abord rapprochées sans trop savoir pourquoi ; on les sé« para ensuite d'après un examen qui n'était pas assez approfimdi. Leur nouvelle réunion est fondée sur des raisons positive», et sur l'indication de tout ce qu'il y a de plus précis et de plus décisif dans

les caractères des minéraux. C'est la Géométrie ellemême qui vient former entre elles un lien indissoluble. Mais avant de dissiper les préjugés qui s'opposent encore à ce rapprochement , je dois &ire en peu de mots l'histoire du schorL

Les minéralogistes y surtout ceux de France y avaient réuni sous ce nom , indépendamment de l'actinote et de la grammatite, au moins quatorze autres substances qui forment aujourd'hui des espèces séparées dans la méthode. L'Histoire naturelle ne présente nulle part une association aussi nombreuse d'êtres mal assortis et étrangers les uns aux autres. On dirait que les minéralogistes s'étaient proposé de résoudre le problème de resserrer le plus grand nombre d'erreurs possible dans le minimum d'espace.

Il paraît que c'est le caractère tiré de la fusibilité par le chalumeau^ employé sans autre examen, qui a d'abord été pris pour le point de ralliement de tous ces schorls. Après s'être accoutumé à confondre des substances très distinctes, sur la foi d'un ca-^ ractere souvent peu décisif, on en vint, comme par degrés, au point de prononcer comme machinalement le nom de schorl à la première vue d'une substance dont les cristaux, lorsqu'ils étaient réguliers, avaient une forme rhomboïdale alongée, ou^ dans le cas' d'une cristallisation confuse , se présentaient sous la forme de prismes striés y qui leur donnait quelque ressemblance avec d'autres schorls déjà

DE "minéralogie, 597

connus. On prenait cette ressemblance vague pour Pair de famille. Il suffisait même que le minénil ne ressemblât à rien de ce qu'on connaissait ; on en feiisait un schorl par la seule raison qu'il fallait bien en faire quelque chose.

Cette réponse y c^est un schorl y était une manière scientifique de dire, je n^en sais rien. L'illustre géomètre Lagrange disait assez plaisamment , à cette occasion, que le schorl était le nectaire des minéralogistes. Il faisait allusion à cette partie de la fleur qui n'est ni étamine ni pistil et qui varie beaucoup par sa forme et par sa position. Tantôt c'est un prolongement en manière d'éperon, situé derrière la fleur, comme dans le delphinium, tantôt ce sont des espèces de 1 cornets interposés entre les étamines, comme dans le nigella; tantôt c'est une écaille ou une glande en cœur, située à la base intérieure des pétales, comme dans les renoncules, etc. Linnaeus a donné le nom de nectaire à toutes ces parties; et, selon M. de Lagrange, le schorl était à la Minéralogie ce qu'était le nectaire à la Botanique.

On aurait pu conserver le nom dé schorl à l'une des substances qui l'avaient porté , et le choix serait naturellement tombé sur la hornblende, qui était le schorl par excellence ; mais ce nom aurait fait un double emploi, parce que les minéralogistes allemands l'appliquent à la tourmaline. D'ailleurs, peut-être convenait-il de faire pour ainsi dire un exemple de ce mot , qui avait occasionné tant d'er-

398 TlliUTÉ

reurs, en le proscrivant de la langue niinéral(^ique. Je lui ai substitué celui d^ amphibole , c'est-à-dire douteux y équivoque , comme pour avertir l'observateur de se défendre de l'illusion , qui a fait con fondre ce minéral avec tant d'autres.

J'ai maintenant à faire vpir que l'état actuel de nos connaissances fait disparaître entièrement les lignes de démarcation que l'on aivait tracées entre les trois séries désignées sous les noms de hornblende y de strahlstein et de trémolite^ et qui subsistent encore dans les Traités publiés par les minéralogistes étrangers.

La seule diflFérence notable qui pût s'opposer à la réunion de la trémolite avec les deux autres substances, serait celle dont un minéralogiste justement célèbre a cru avoir trouvé l'indication dans les résultats de la Géométrie des cristaux. Elle consiste en ce que la forme primitive de la trémolite serait vm prisme rhomboïdal droit , dont les pans feraient entre eux des angles de 126*^ S2! et 53^ 8'; au lieu que, dans le strahlstein et l'amphibole, le prisme est oblique, et les inclinaisons mutuelles de ses pans sont de 124*^ \ et 55 7.

Mais , en faisant même abstraction de la division mécanique , un coup d'œil attentif jeté sur les cristaux du St.-Grothard , qui présentent les variétés bisunitaire etdihexaèdre, avertit l'observateur que l'existence du prisme droit est exclue ici par la loi de symétrie. Dans la première , le sommet est terminé par deux

faces qui se réunissent sur une arête oblique à l'axe, et qui devraient se répéter en sens contraire , si le prisme était oblique. Dans la seconde , les mêmes faces sont séparées par une facette dont les intersections avec elles sont exactement parallèles. Cette facette est dans le sens de la base du prisme, et se montre comme pour achever de convaincre ceux à qui l'observation précédente ne suffirait pas.

Les joints naturels obtenus à l'aide de la division mécanique dans des cristaux du même endroit, ainsi que dans d'autres de divers pays , offrent à l'œil la continuation de ce qu'il avait déjà lu dans l'aspect des sommets. Si l'on met un cristal intact de la variété dihexaèdre en rapport de position avec un cristal divisé dans le sens transversal , de manière à faire coïncider lés reflets de lumière renvoyés par les faces latérales de tous les deux , on en voit d'autres qui jaillissent à la fois de la base naturelle du premier, et de la face que la division m^ canique a mise à découvert sur le second ; ce qui prouve qu'elles sont situées sous le même degré d'obliquité.

A l'égard de la différence que l'on a cru reconnaître entre les angles des faces latérales, dans les trémolites et les amphiboles , M. Cordier , qu'elle avait engagé à considérer ces deux minéraux comme formant deux espèces différentes , a reconnu qu'elle n'était que l'effet d'une déviation accidentelle à laquelle sont sujets une grande partie des cristaux de

4oo TRAITE

tremolite que l'on trouve au Saint - Gothard. Elle consiste en ce que leurs pans s'arrondissent en partant des arêtes longitudinales contiguës aux angles supérieurs et inférieurs de la basé , ce qui tend à augmenter leur inclinaison mutuelle d'une quantité quelquefois imperceptible à l'œil; en sorte qu'il est possible qu'elle échappe au gonyomètre^ conune à l'insu de l'observateur. Mais on est averti de se prémunir contre l'illusion, lorsqu'en comparant successivement différens cristaux de tremolite, on commence à apercevoir sensiblement Teffet de l'arrondissement dont il s'agit , et qu'on le voit ensuite . s'accroître par degrés d'un individu à l'autre , jusqu'au terme où la coupe transversale du cristal présente l'aspect de deux arcs surbaissés qui se regardent par leurs concavités. C'est à la variété qui en 4 résulte que j'ai donné le nom de comprimée.

M. Cordier, ayant répété ses mesures sur des cristaux dont la perfection ne laissait rien à désirer, a vu s'évanouir cette différence qui lui avait d'abord paru réelle , et a fini par ne plus douter que les deux minéraux ne dussent être réunis dans une même espèce , d'après l'identité dé leur forme primitive. J'ai dans ma collection des trémolites de Norwége et autres pays , dont les angles soutiennent la comparaison avec ceux des cristaux les plus réguliers d'amphibole.

U ne me reste plus qu'à détruire le préjugé que pourrait faire naître , contre la réunion des trois se-

DE MINÉRALOGIE. 4ol

lAeH en une même espèce , la considération des différences à l'aide desquelles on les a distinguées : si l'on compare la blancheur et le tissu soyeux d'une trémolite fibreuse du Saint-Gothard avec l'aspect lugubre d'un amphibole d'un noir foncé , tel qu'on en trouve au cap de Gâte, il semblera d'abord que vouloir allier dans une mêm,e espèce des caractères si disparates , ce serait supposer que des corps qui se repoussent par tous les points, fussent faits pour rester en contact les uns avec les autres. Mais le contraste disparaîtra si , au lieu d'isoler les deux corps , on les met à leur place dans l'ensemble dont ils font partie, et que l'on suive la gradation des intermédiaires qu'ils laissent entre eux. Les diversités qui ont paru indiquer des points de partage au milieu de cette gradation, spnt tirées principalement des couleurs, de l'éclat et de l'aspect des formes considérées en général.

Les couleurs se rapportent à trois limites, savoir, le blanc pour la trémolite , le vert pour le strahlstein , et le noir pour l'amphibole. Or la blancheii'r qui est pure dans plusieurs variétés de trémolite , analogues à celle que j^ai citée plus haut, admet dans les cristaux aciculaires et prismatiques des nuances de grisâtre, de jaunâtre et de verdâtre, de manière que la couleur qui résulte du mélange reste en-deçà du terme où elle serait foncée. Dans le strahlstein, le vert, qui est dominant, passe à l'olivâtre, et quelquefois est ofRisqué par tme teiatA

MfNÉR. T. II. «i&

obscure. Le noir de Famphibole, qui est souv.ent . nuancé de verdâtre , arrive dans certaines variétés à une teinte bien voisine du noir parfait.

L'éclat varie du nacré au vitreux, et souvent, dans les corps d'une même espèce, il participe dç Fun et de l'autre ; et ainsi il manque de cette fixité qui est de l'essence d'un caractère spécifique.

Les cristaux des trois espèces présentent fréquemment desfoimes alongées, prismatiques, aciculaires ou fibreuses. La sous-espèce qui porte le nom de basaltische hornblende est la seule dont la description indique des cristaux complets et isolés , surtout de ceux qui offrent la forme de la variété dodécaèdre, tels qu'on en trouve au cap de Gâte et dans les terrains volcaniques; mais une découverte dont je parlerai bientôt prouve que cette forme, outre qu'elJe rentre dans le système de cristallisation commun aux trois séries, n'est pas particulière à la hornblende.

Parmi les diverses réflexions que l'exposé précédent peut faire naître , je me bornerai à deux ou trois. On a pu remarquer que la variation des cour leurs, en allant d'une espèce à l'autre ,, provient principalement de ce que celle de la trémolite , en partant de la blancheur, qui est sa limite, s'associe des nuances de la couleur verte, qui fait a soïi tour la fotiction de limite dans le strahlstein, et que cette dernière , ea s'obscurcissant par degrés , servait de paj»s9ge au noir, qui commence dans l'am-

DE MINÉRALOGIE. 4o5

phibole par le noir-verdâtre , et se termine par le noir foncé. Il en résulte qu'il existe des cristaux que l'on peut tout aussi bien rapporter à telle espèce qu'à telle autre dont elle est voisine. Dans ces sortes de cas, le caractère empyrique devieiit pour l'observateur un caractère distinctif.

Ainsi les premières trémolites qui aient été observées sont celles du Saint-Gothard , qui sont engagées dans la chaux carbonatée magnésifère granulaire appelée dolomie. On a trouvé depuis, * dans divers pays , de semblables cristaux qui avaient pour gangue une roche de la même nature , et quelquefois une chaux carbonatée lamellaire sans mélange de magnésie. Ces roches étant faciles à reconnaître, on a feit entrer leurs caractères dans le signalement des trémolites, et elles ont servi à lever les doutes que pouvait faire naître la considération isolée des cristaux qu'elles enveloppaient. Pour en citer uu exemple, je supposerai qu'un minéralogiste n'ait encore observé que les trémolites blanches ou d'un blanc légèrement vérdâtre du Saint-Gothard , et qu'on lui présente des morceaux de la même roche servant de support à des prismes rhomboïdaux d'un grisverdâtreun peu foncé, ou à d'autres qui ont été découverts plus récemment, et dont la couleur est un vert clair qui approche de celui qu'on a désigné sous le nom de vert-pomme. Si ces cristaux étaient sans gangue, l'observateur balancerait, à la vue des

4o4 TllAIÏÊ

premiers, entre la trëmolite et le strahlstein , «ft pencherait plutôt vers cette dernière espèce à la vue de ceux qui sont verts. Mais qu'on lui montre les uns et les autres accompagnés de leur gan-^ gue y Fidëe de trémolite s'offrira aussitôt à son esprit, et ce sera la gangue qui la lui aura nommée. Il en est du talc à l'égard du strahlstein comme de la dolomie par rapport à la trémolite.

Je n'ai parlé jusqpi'ici que des teintes qui se succèdent dans différens individus; mais on trouve en Norwége des groupes de cristaux aciculaires , dont plusieurs sont terminés par des sommets dièdres, et sur lesquels la couleurnoire passe au vert foncé, de manière qu'on peut à volonté, en ne laissant apercevoir qu'une partie du morceau , faire prononcer le nom de hornblende ou celui de strahlstein. Maïs lorsqu'on voit les deux parties intimement unies et comme fondues l'une dans l'autre, il faut bien convenir que le strahlstein et la hornblende appartiennent à une même espèce ; autrement on serait forcé de dire qu'il existe deux espèces dans un niéme individu, ce qui implique contradiction.

M. Laugier , qui a fait l'analyse du strahlstein qu'on trouve au Zillerthal , a retiré de ce nlinéral 5 parties sur loo d'oxide de chrome; et, à en^ juger d'après l'analogie , il paraîtrait que la couleur verte qui caractérise en général le strahlstein serait due a un mélatige du même oxide, quoique le fer soit

DE MllSÉRALOGlE. 4a'î

aussi susceptible de la produirii ; mais ce dernier métal a exercé sur la composition d'une partie des strahlsteins et sur toutes les hornblendes une in-^ fluçnce d'un autre genre, à laquelle on doit attrirbuer ces teintes obscures qui deviennent toujours plus foncées à mesure que le stralilstein se ; rapproche de Famphibole, et qui finissent par déterminer dans celui-ci une absorption totale de la lumière>

Cette gradation se trouve confirmée par les analyses qui ont été faites de différentes variétés dé > strahlstein et de hornblende , et dans lesquelles la quantité de fer a • varié depuis 7^ jusqu'à environ ^'i • de. la masse. Mais, sans qu'il soit besoin de recèuriih;^ à la Chimie, la Physique nous fournit ua m(oyetx>' dé forcer ici le fer à se déceler lui-même , par l'at'^* . traction qu'il exerce sur l'aiguille aimantée. Dans la plupart des strahlsteins, cette attraction n'est sensible que quand on emploie la méthode du double* > magnétisme; mais les amphiboles la manifestent dans l'expérience ordinaire, et quelques-uns î^ommencent à agir sur l'aîguille à la distancé d'environ 5 millimètres, environ 2 ligues ^.Or, de, même, que le chimiste qui voudrait ramener l'analysé d'unû • amphibole à sa limite, où elle n'indiquerait que lesi^ principes essentiels à ce minéral,, ferait abstraction/ du fer et du chrome , ainsi le nunér^ogiste qui aurait l'intention de caractériser une éspècei d'api?è$e:

4o6 TBAITE

ce qu'il y aurait d'invariable dans les individus qui la composent, devrait en écarter les mêmes métaux par la pensée ; et l'exemple que je vais cItter , et qiù sera le dernier , fera connaître le ré^ sultat auquel il serait conduit.

On a découvert à Stromfiord , dans le Groenland , des Cristaux que leur couleur d'un gris-verdâtre , jointe à un éclat nacré, font reconnaitre pour appartenir au strablstein. Leurs joints naturels, qui sont très sensibles , indiquent pour leur forme primitive le prisme de l'amphibole , et leur forme est parfaitement semblable à celle de la variété dodécaèdre. Celte forme est ici d'autant plus remarquable qu'elle n'a été observée jusqu'à présent que ' dans des cristaux de la sous-espèce appelée basaltiache hornblende ; en sorte qu'elle paraissait lui appartenir exclusivement. Ces cristaux n'exercent pas la plus légère action sur l'aiguille aimantée , d'où il sidt que c'est l'absence d'un principe accidentel et fu^lif qui d'une hornblende a faitunstrablstein. Je leur donne ce nom parce qu'ils sont sans gangue j car s'ils étaient accompagnés de celle dans laquelle ib ont été formés , il serait possible .qu'ils devinssent des trémolites. Cet exemple , et beaucoup d'autres du même genre que je pourrais ajouter , prouvait que plua lé nombre des variétés d'ampbibcde s'accroîtra par de nouvelles découvertes , et ■ plus souvent il arrivera qu'elles feront disparaître à de 'on a cru voir

DE MmÉRAIiOGÏE. 407

dans lai nature, «t qui n'existent que dans les méthodes à l'aide desquelles on s'est flatté en vain de la représenter fidèlement.

S£GOI«D£ ESPÈCE.

Page 1