‹ Traité de minéralogie. (Conseil des mines). 4 tom. [and Atlas] (volume 2)Chapitre 99 sur 118 · En pyrdxètie trîiinitaire · texte numérisé non relu

En pyrdxètie trîiinitaire

Observations.

Le talc stéàtite se montre , d'ans certains ëiidroits , sous des formes qui appartiennent a d'autres espèces , et dont- rôrîgîné est ime sorte dé mystère qui peut-être exercera encore long-temps la sagacité dès naturalistes avant d'être entièrement éclaîrci. Oîi connaît depuis long-temps les corps réguliers semblables au quarz hyalin prisme , quisë tiroiivent à Bayreuth en Francomc , et dont la matière est de la même nature que celle de la stéàtite dans la-

Quelle ils sont engagés. Non - seulement ces corps n'offrent aucune différence dans la mesure de leurs angles avec les cristaux de quarz , mais plusieurs ont comme eux des stries qui sillonnent transversalement les pans de leurs prismes. En considérant ces corps comme des pseudomorpfaoses , on a de la peine à concevoir comment a pu s'opérer la destruction des cristaux quarzeiix qu'ils ont remplacés 5 et l'on ne conçoit guère mieux par quel accès une nouvelle matière serait venue se mouler, comme après coup , dans les cavités restées libres par leur retraite. D'ailleurs les pseudomorphoses différent ordinairement, par leur nature, de la matière enveloppante ; mais les corps dont il s'agit en partagent tous les caractères , la couleur blanc-jaunâtre , l'onctuosité au toucher , la propriété d'acquérir une forte électricité résineuse par le frottement , lorsqu'ils sont isolés , et celle de communiquer à la cire d'Espagne l'électricité vitrée, lorsqu'ils servent eux-mêmes de frottoirs. Ce qui paraît cependant confirmer l'opinion que ces corps sont des pseudomôrphoses, c'est que là notême stéatite contient aussi quelquefois de véritables cristaux quarzeux qui sont restés intacts. M. Champeaux , ingénieur des mines , a trouvé dans une stéatite de la vallée de Liège , près du glacier du Mont- Rose , des corps réguliers analogues à ceux dont je viens de parler, mais dans lesquels les arêtes contiguës aux sommets étaient remplacées par des facettes. Cette nouvelle forme avait paru

Age TRAITÉ

d'abord d'autant plus singulière, que jusqu^aloAOÉ ne l'avait point observée parmi les variétés du quarz* Mais la surprise a cessé depuis que M. Tondi a reconnu cette même forme sur des cristaux de ce dernier minéral, qui venaient d'Oberstein , et servaient de support à des cristaux de chabasie. Seulement, il fiaut y. j?egçirder de près pour apercevoir les. facettes additionpelles, qui soQt très étroites, quoique très prononcées. J'ai donné à cette variété le nom de grz^rs hyalin émarginé , parce qu'on peut- la considérer comme un dérivé de la variété dodécaèdre , dont toutes les arêtes, soit horizontales, sôit obliques , seraient remplacées par des facettes. On retire aussi, de la sléatite de Bayreuth des rhomboïdes semblables, les uns à la chaux carbonatée primitive, quelquefois k faces cui^vilignes , comme dans les cristaux ferro-manganésifères de la même substance ; les autres à la chaux carbonatée équiaxe; et de plus, des dodécaèdres qui ont exactement la même forme que celui qui. ^st connu sous Je nom de méUistatigue. En rapprochant cette observation de celle que fournissent lc;s, corps dont j'ai parlé en premier lieu, pn a une doi^d^le garantie en faveur de l'opinion que la stéatite n'offre ici que des.formes d'emprunt, dont les types existaient d'a- . van,ce dans les cristaux qui lui ont cédé leur place. .,. M. Brochant paraît avoir balancé entre cette ipêuie opinion ç.t celle qui consisterait à regarder les différens cristaux dont je viens de parler comme

Ipirovenant d'un mélange soit de quarz et de stéatite, ^t de chaux carbonatëeet de la même substance {*). Dans cette hypothèse, 1^ matière siliceuse ou calcaire aurait imprimé au mélange le caractère de sa propre forme ; comme dans la cristallisation du grès de Fontainebleau, la chaux carbonatée a maîtrisé les molécules siliceuses qui se sont mêlées a.yec les siennes , sans nuire à la tendance qu'avaient celle-ci pour produire le rhomboïde inverse. Mais ce qui semble contrarier cette dernière opinion , au moins à Fégard des corps qui ont pris des formes analogues à celles de la chau:Jc carbonatée , c'est que si l'on met dans l'acide nitrique un de ces corps, ou même sa poussière , on n'aperçoit aucune effervescence ; et cette observation , qui vient à l'appui de la conjecture que ces corps sont des pseudomorphoses , nous conduit, par l'analogie, à concevoir la même idée de ceux qui présentent la forme du quarz.

On dirait que, la stéatite est douée d'une disposition particidière pour copier les cristaux qui appartiennent à d'autres minéraux. Je suis redevable à l'amitié du célèbre Jurine d'un fragment détaché 4'un porphyre qui se trouve à Carlsbaden en Bohême, et dont la pâte paraît être un feldspath qui ^asse à l'état terreux. Ce feldspath renferme, outre des cristaux de quarz et quelques parcelles de mica, des corps verdâtres, dont la matière présente tous

(*) Traité élémentaire de Minéral.^ t. I , p. 4/5 et 476,

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les caractères d'une sléatîte , et dont la Ibrme est j autant que fai pu en )uger, celle du feldspath quadrihexagonal. 9à ces corps sont des pseudomorphoses, comment \tt feldspath qui les enveloppe at^il échappé à Faction de la cause qui a détruit ks cristaux de ce m^e feldspath que remplace aulourdliui la stéatite ? Mais dVne autre part on ne peut pas présumer que les coq>s dont il s'agit ne soiant autre chose que des épigénies, c'est-^à-rdire des cristaux de feldspath modifiés par l'effet d'une altération spcmtanée ; car lorsque le feldspath s'altère,* c'est pour se ccHivertir <en une matière que Voa appelle kaolin y et qui est aride au toucher.

'Ën&i j'ai acquis plus récemment des morceaux d'une roche argileuse dont j'ignore la localité, et dans laquelle sont engagés une multitude de corps réguliers d'un vert obscur, qui présentent d'une manière très prononcée la forme du pyi?oxène triunitaire. La matière de ces corps par^licipe des caractères du talc-chlorite vert ^ et du talc zographique dit terre de Vérone. On sait que les pyroxènes des différens pays présentent des diver^tés sensîJbles dans leur tissu; mais toujours ce tissu est lamel- {eux, et dans le cas présent il agirait été remplacé par un aspect terreux , si l'on supposait que les corps dont je viens de pajfler fussent des pyroxènes altérés plutôt que des pseudomcMrphoses.

Au reste, le seul but que je me sois proposé ici a été de rassembler sous un même point de vue les

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fo)rmes étrangjères qu'affectent la stéatite ou les ^ubstance3 qui ont du rapport ayec elle, et de fiaire çp^tiailr^ les conditioz^ du problème dicmt elles offirent le sujets et les difficultés qu'il ç'agit de leyer poi^ résoudre ce problème d'une pqianière satisSû* sante.

Substances étrangères à Vespèce du talo , aux^ quelles on a 4qnnfé son nom*

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