Massif
Le lazulit cristallisé se trouve aux environs de Salzbourg, dans un schiste gris-verdâtre recouvert de petits cristaux de quarz entremêlés de lamelles de mica. On a associé les cristaux dont il s'agit ici à la substance en Qiasses informes d'une couleur bleue ^ connue depu «ong-temps sous ce même uopk
fio4 TRAITÉ
de lazuUt, et qui se trouve à Woraii et à Steinmarck en Autriche, dans un quarz blanchâtre avec des lamelles de talc et quelquefois du fer oligîste.
Il existe des cristaux déterminablés de cette substance; je n'en voudrais d'autre preuve qu'un échantillon qui m'a été envoyé il y a très long-temps par M. le baron de MoU , et qui présente des indices très marqués d'une cristallisation régulière. Quand Ta Cristallographie aura parlé clairement sur le lazHlite ^ la classification dé ce minéral ne sera pîus douteuse et sa description sera plus exacte.
On m^à reproché quelquefois d'en revenir toujours aux cristaux , comme s'i| n'y avait rien que cela en Minéralogie. Je sa» quil s'y trouve bien d'autres choses; mais souvent elles ne disent rien que de vague, quand la Cristaîlographie n'a pas parlé la première. 11 en est des minera vix quin^ont poihtencore été vus sous des formes régulières , comme de ces plantes apportées d'un pays lointain avapt la fleuraison , et qui refusent même quelquefois pendant long-temps de fleurir dans nos serres. Les botanistes attendent pour les classer qu'elles aient montré leiu?s étamines et leurs pistils^
XVIL MÉLILITE.
Ce minéral a été découvert par M. Fleuriau de BeïJevue, aux environs de Rome, à Capo diBove, sur la même roche qui sert de gangue à la substance que le même savant avait nommée pseudosonimite ,
DE MINÉRALOGIE. 5o5
et que J'ai réunie à la néphéline. Le inéliKte s'y présente sous la forme de très petits parallélépipèdes rectangles dont la couleur varie entre le jaune pâle et l'orangé. C'est cette couleur, analogue à celle du miel , qui a suggéré le nom de mélilite. D'autres cristaux de la niême substance sont des octaèdres rectangulaires; cette forme est compatible avec celle du parallélépipède rectangle. La couleur naturelle est souvent altérée par un enduit d'un rouge-brunâtre.' Le mélilîte , suivant M. Fleuriau , étincelle par le choc du btiquet. Cette expérience si simple a dû être ici difficile à faire, vu la petitesse des corps. Le mélilite est fusible avec bouillonnement en verre transparent j sa poussière , mise dans l'acide nitrique , donne une belle gelée transparente ; lesfragmens y perdent seulement leur couleur, et deviennent plus difficiles à fondre. M. Fleuriau a essayé de mesurer les incidences des faces des cristaux octaèdres ; mais je ne sais si en opérant sur des cristaux aussi petits il est permis de prétendre même à des mesures approximatives , et je crois qu'il faut se contenter de voir le mélilite à l'aide de la loupe, en attendant qu'il devienne visible au moyen du goniomètre.