‹ Traité de minéralogie. (Conseil des mines). 4 tom. [and Atlas]Chapitre 117 sur 158 · Terne · texte numérisé non relu

Terne

Couleurs^

Gris-verdâtre obscur.

Brun rougeâtre.

La pierre grasse se trouve en Norvrége à Frîderîschv^^ern, dans le même endroit que le zircon. Elle y est associée au feldspath opalin ou plutôt à la siénite qui sert de gangue aux cristaux de zircon ; et quelquefois ces mêmes cristaux sont implantés dans la substance même de la pierre grasse.

On serait d'abord tenté de regarder ce minéral comme une variété de feldspath j mais outre que sa structure paraît s'opposer à ce rapprochement, il

DE MmÉRALOGIE. Sof

se trouve tellement juxta-posé au feldspath, qu'il semble refuser de s'unir avec lui ; il n'y a point de passage de l'im à l'autre, mais plutôt un saut brusque; On avait d'abord soupçonné que la pierre grasse était une variété du vremérite; mais d'après le résul«« tat de sa division mécanique , il ne paraît pas non plus que l'on puisse le rapporter à ce dernier minéral. Quand cette substance aura été mieux étudiée, et quand on l'aura trouvée sous une fprme régulière , on saura à quoi ^'en tenir sur la }>1ace cp 'oUe doit occuper dans la Méthode.

Xffi. SPINELLANE,

Nose , Étadès minéralogîques sur les montagnes du Bas-Mi'n^

La forme primitive de ce minéral parait être un rhomboïde obtus, dans lequel l'incidence de deux faces prises vers un même sommet serait d'environ 1 17^, Le spinellane raie le verre j il blanchit au chalumeau et s'y fond avec facilité en émail blanc et bulleux« Cette observation est de M. Cordier. J'ai trouvé de plus que le spinellane se résoud en gelée dans l'acide nitrique, mais avec beaucoup plus de lenteur que les autres substances qui jouissent de la même propriété.

La seule variété de spinellane qui me soit coimue est celle quç j'ai nommée sexduodécimale. Signe y

DPE"E.

Ce minéral se trouve sur les bords du lac de Laach, près du Rhin, dans ime roche composée

5o8 TRAITÉ

principalement de grains et de petits cristaux, de feldspath vitreux, avec mélange delà substance ellemême , de qusfrz , d'amphibole , et de fer oxidulé en grains et en petits octaèdres primitifs.

La variété que j'ai citée a du rapport avec la forme d'un dodécaèdre rhomboïdal, c'est-à-dire de celui qui a tous ses rfaombes de 109^ ^> dans lequel tous les angles solides composés de quatre plans seraient remplacés par des faces situées comme celles d'un cube. La petitesse des cristaux que j'avais à ma disposition ne m'a pas permis de m'assurerque la différence d'environ deux degrés que j'ai cru observer entre les angles de ces cristaux et ceux du dodécaèdre rbomboïdal existe réellement. Mais des considéra^ t Ions fondées sur l'analogie, et que j'ai exposées dans mon Tableau comparatif, paraissent indiquer que le spinellane à pour forme primitive un rhomboïde particulier. Au reste, comme elles ne sont pas décisives par elles-mêmes, je désirerais, avant de prendre un parti,pouvoir répéter les observationsque j'ai faites sur la mesure des angles du spinellane. Si cette mesure, en y mettant toute la précision convenable , s'accordait avec la première , il serait évident que le spinellane devrait être considéré comme une espèce particulière. Si au contraire la mesure conduisait définitivement au dodécaèdre rhomboïdal, la sodalite deviendrait ici le terme de comparaison. Les deux substances ont une certaine analogie d'aspeôt , et la propriété qui leur est commune , de se résoudre en

DE MINER ALOGIË. 509

gelée dans l'acide nitrique établit entre elles un nouveau rapport.

M. Nose, qui a publié des observations très savantes sur la Minéralogie et sur la Géologie du terrain qui avoisine le lac de Laach , a pensé qu'il existait entre le minéral dont il s'agit et le spinelle une certaine affinité, et qu'il offrait même des indices de passage au spinelle , ce qui l'a engagé à le nommer spinellane. Mais , puisqu'il est dans l'état de cristal^lisation , il doit être déjà arrivé au spinelle , ou bien il n'y arrivera jamais. Or, un simple, coup d'œil suffit pour faire juger qu'il marche en sens contraire. J'ai fait connaître ailleurs ce que je pense de ces prétendus passages entre une espèce et l'autre.

Page 1